ET DU VENT
L'invention du feu est sans contredit le fait le plus considérable deTenfance de Thumanité. Après Tapparition du langage articulé chez quelques primates ainsi devenus hommes, rien ne pouvait contribuer davantage à la victoire de ceux-ci dans l'incessant combat pour l'existence que nous devons livrer à toutes les forces naturelles qui nous enserrent et nous oppriment. L'art de faire du feu a été la première de ces découvertes qui, petit à petit, a conduit l'humanité, dans ses représentants les plus nobles, à la puissance sur le milieu ambiant encore si fort et si redoutable. Les vestiges les plus anciens de l'industrie humaine nous montrent que l'action du feu n'était point ignorée des premiers hommes ; l'être (nous n'osons pas l'appeler un homme) qui, dans les terrains tertiaires, nous a laissé quel • ques fra'gments de silex intentionnellement éclatés, façonnés dans un but de commodité, connaissait l'usage du feu, puisque plusieurs des instruments qu'il a laissés en portent la marque indiscutable. Mais ce feu, Tavait-il produit artificiellement? ou bien, comme on dit que le font quelques singes, s'efforçait-il de le conserver, de l'entretenir après qu'il avait été allumé par une cause accidentelle? Nous ne pouvons îe dire, et il est douteux qu'on arrive jamais à savoir la chose avec précision. Le culte universel du foyer, du feu éternel, semblerait indiquer qu'une longue période s'est écoulée, pendant laquelle il fallait veiller at-