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LE FÉTICHISME CHEZ LES CÀFRES

vague. C'est incontestablement le chef des mânes, le plus puissant de tous les esprits, mais son origine est assez obscure. Les Ama-Zulus disent qu' Unkulunkulu e%i sorti du tronc primitif, klangeni', mais ce mot signifie, selon plusieurs auteurs, Bleek entre autres, « un lieu planté de roseaux », et en ce cas Unkulunkulu serait sorti d'un lieu planté de roseaux. Somme toute, c'est un patriarche^ un héros éponyme, et non un dieu dans le sens polythéiste du mot.

D'autres légendes parlent d'un autre promoteur originel des Zt/Zt^^, un certain Umvelikangi y qui aurait été un véritable créateur, et d'où serait sorti Unkulunkulu luimême; néanmoins il y a des traditions dans lesquelles ces deux personnages sont placés sur le même pied et proviennent tous deux du tronc primitif.

Nous ne ferons que mentionner le mythe d'un couple primitif, ayant habité un beau jardin rempli de fruits exquis de toute sorte, d'où l'humanité serait issue ; ceci a trop de ressemblance avec la tradition biblique d'Adam et d'Eve pour qu'on n'en attribue pas l'origine à une prédication étrangère, aux missionnaires chrétiens ou peut-être même, et plus anciennement, aux navigateurs arabes du moyen âge qui fréquentaient les côtes d'Afrique et qui donnèrent aux peuples de la famille Bantu le nom de Gafres (arabe Kaffir^ infidèle, païen).

Nous avons déjà signalé la croyance des Bechuanas en un génie, JUorimo, qui aurait apparu dans l'univers en même temps que les premiers hommes et les animaux. Us seraient tous sortis d'une caverne du pays de Bakouij et Ton montre encore les traces de leurs pas. Ce nom de Mortmo est cependant le singulier d'un substantif dont le pluriel Barimo a pour synonyme Liriti, les ombres des morts, ce qui nous amène à les identifier certainement avec les esprits que nous avons vus déjà révérés par les autres

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Cafres. Gela est clair, d'après ce que disent les Bechuanas, lorsqu'on les interroge sur la destinée des morts, et qui répondent que ceux-ci deviennent des Barimos. Livingstone rapporte qu'un jour le soleil étant entouré d'un énorme halo, un Bechuana lui affirma que c'étaient les ^arimàs qui s'assemblaient pour le conseil autour du Marùno.

Les missionnaires protestants n'ont donc pas eu plus raison de dire que les Bechuanas n'avaient point un concept d'une vie future que d'affirmer le caractère exclusivement nuisible et malfaisant du Marimo; selon eux, la pensée de la bonté de ce génie ne serait venue aux Bechuanas qu'après leurs prédications. Cette assertion a le cachet de l'invraisemblance, puisque nous avons vu tout à l'heure que chez les Ama'-Xosas et chez les Ama-Zulus le Grand-Esprit, généralement redoutable, avait néanmoins un pouvoir favorable que l'on tentait de se concilier par des sacrifices et des offrandes. Lichtenstein assure que lorsque le Marimo n'a pas octroyé ce que les Bechuanas lui demandaient, ils l'accablent d'injures.

On retrouve chez les Bechuanas les mêmes sorciers, avec leurs pratiques, que chez les Cafres précédemment étudiés. La production de la pluie est la principale et la plus dangereuse fonction des magiciens ; nous disons la plus dangereuse, parce que, s'il est démontré par des expériences répétées qu'un sorcier assez hardi pour conjurer les nuages n'a pas le pouvoir de leur faire verser les ondées bienfaisantes, les gens de sa tribu lui font un mauvais parti.

Une divergence notable existe entre deux observateurs, M. Casalis et M. Fritsch. Le premier assure que les Be* chuanas considèrent une foule ^de choses et de situations comme impures et qu'ils se purifient par certaines cérémonies ; tout ce qui a rapport à la mort, ensevelissement ou guerre, serait dans ce cas ; mais le second fait observer

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