I PRÉFACE
ques des peuples civilisés du nouveau monde avant la découverte et la conquête espagnole. C'est qu'il nous a paru intéressant à un haut degré d'étudier les procédés suivant lesquels l'évolution religieuse s'est produite dans des races très-distinctes ou séparées depuis très-longtemps de celles du monde que l'on appelle ancien par rapport à notre histoire à nous, Européens. De l'étude des mythes du Pérou, du Cundinamarca, de l'Amérique centrale et du Mexique, il est ressorti pour nous que la transformation des idées fétichiques en polythéisme s'est faite dans un ordre régulier et semblable à la transformation de même nature qui s'est opérée en Asie et en Europe. Non pas que nous prétendions que toutes les mythologies proviennent d'un fonds commun, d'une origine qui ait été la même pour toutes ; bien au contraire, si nous constatons l'unité dans les lois de développement, nous estimons que les matériaux dont les diverses religions ont été composées sont absolument différents , non-seulement dans les deux continents, mais même dans chacun d'eux : en Amérique, par exemple, le polythéisme mexicain et le polythéisme péruvien nous paraissent différer si profondément l'un de l'autre, qu'il serait bien difficile, pour ne pas dire impossible, d'établir que le premier a donné naissance au second, ou vice versa. Tout au plus pourra-t-on découvrir un jour qu'à une époque
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relativement récente quelques idées ont été échangées par une voie très-indirecte entre les deux civilisations.
Dans le second groupe nous avons réuni les religions anciennes qui ont exercé une influence notable sur notre civilisation. Le second volume de cet ouvrage a été consacré entièrement à cette catégorie. Les mythologies sémitiques et indo-européennes en constituent naturellement la plus grande partie. Aussi bien, notre société moderne est-elle encore sous l'empire de ces deux familles de mythes. Mais nous avons dû les faire précéder d'études relatives aux croyances des Finnois et des Egyptiens. Ceux-ci, représentants fameux des Khamites, sont liés si intimement, et par tant de côtés, aux Sémites, qu'il serait tout à fait fâcheux de passer leurs conceptions théologiques sous silence. De plus, il n'est pas démontré que l'Egypte ancienne n'ait pas fait sentir son action intellectuelle et, par conséquent, religieuse, à la branche la plus éminente et la plus parfaite de la souche indoeuropéenne, à. la race hellénique. Les Finnois, d'autre part, ont été mêlés si souvent et si confusément au monde slave, que ce dernier leur a emprunté une foule de mythes dont il importe de déterminer l'origine,, de préciser la provenance.
Enfin, le travail de condensation se continuant, certaines agglomérations ethniques en sont venues à