CHAPITRE Vil
LA CONSCIENCE
Les Furies. — La famille de Pélops. — Mort d'Œnomaiis. — Le crime dAtrée. — Clytemnestre et Agamemnon. — Electre et Oreste. — Oreste et les Furies. — Le vote de Minerve. — Oreste et Iphigéaie.
Les Furies (Euménides ou Erinnyes). — Les Furies sont les remords personnifiés. Quand un meurtre s'est accompli, et surtout quand un fils ou un parent a trempé ses mains dans le sang de son père ou de ses proches, elles ne tardent pas à apparaître et font entendre leur chant funeste, entourant le criminel de leur ronde infernale, et lui hurlant à Toreille un hymne affreux dans lequel elles retracent son forfait. Nul mortel ne peut leur échapper : elles le poursuivent partout, comme le chasseur poursuit le gibier, et finissent toujours par l'atteindre. Les supplications et les larmes ne sauraient les émouvoir. Mais si les Furies sont impitoyables avec les criminels, celui dont les mains sont pures n'a rien à redouter d'elles.
x\ntérieures à Jupiter et aux dieux olympiens, qu'elles nomment des divinités de fraîche date, elles représentent, dans l'opinion publique, l'antique justice, la seule que connaissent les peuples primitifs, la loi du talion : à tout crime il faut un châtiment. Ces inexorables déesses, qui ne connaissent pas le pardon et que la prière ne peut toucher, sont reléguées au fond des ténèbres; elles ne quittent leur sombre demeure que quand l'odeur du sang versé et les imprécations de la victime les appellent sur la terre. Divinités malheureuses, elles ne s'asseyent jamais au banquet des Immortels; mais elles sont infatigables quand il faut poursuivre le coupable et ne lui laissent jamais aucun repos.
Le peintre athénien Nicias avait fait sur les Furies un tableau effrayant, qui était très-célèbre dans l'antiquité. Elles apparaissent quelquefois sur les vases peints. Elles sont figurées sous une forme archaïque, sur l'autel des Douze dieux, au Louvre. Elles tiennent un sceptre surmonté d'une fleur de grenadier, symbole de leur pouvoir, et leur main gauche ouverte signifie la justice dont elles exécutent les arrêts (fîg. 91).
Dans l'art moderne, Jules Romain a représenté les Furies dans sa fameuse décoration du palais du Té. Pierre de Cortone, dans son tableau emblématique de la Paix, a peint les Furies chassées par la puissance ecclésiastique qui ferme le temple de Janus. Le Titien a peint aussi les
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Furies, et par un anachronisme mythologique assez singulier, il les a mises au nombre de quatre, tandis que dans l'antiquité elles ne sont jamais qu(; trois.
Flaxman a montré les yieilles et inexorables déesses cédant la place aux jeunes di\inités de l'Olympe qui admettent les purifications. Bien
Fig. 91. — Les Euménidc's (bas-relief antique tiré de l'autel des Douze; dieux, musée
du Louvre).
qu'elles fussent honorées à Athènes sous le nom d'Euménides (ou bienveillantes), parce que les innocents n'ont rien h redouter d'elles, l'art de la grande époque ne s'est pas préoccupé de leur fixer un type.
Dans les enfers, les Furies, Alecto, Tisiphone et Mégère, ont pour mission de châtier les coupables et de leur ôter tout espoir de miséricorde.
La famille de Pélops. — Chez les peuples primitifs, l'idée de clémence et de pardon ne vient que tardivement, parce qu'elle semble incompatible avec ridée de souveraine justice. Cependant il arrive un moment où la conscience humaine se demande si une faute ne peut être expiée par certaines purifications et certaines pratiques religieuses. D'ailleurs l'hospitalité est le plus saint des devoirs : les temples sont des asiles sacrés et les dieux ne peuvent repousser leurs suppliants. En face des Furies qui réclament le coupable au nom de la justice inexorable, se dressent les dieux de l'Olympe qui veulent parfois accorder le pardon. Comment déterminer le point exact où la justice doit s'arrêter devant la clémence? Tel est le problème que la mythologie a posé dans la fable des Atrides,
Pour en comprendre la portée morale, il faut se rappeler que dans l'âge héroïque un meurtre ne peut être vengé que par un autre meur-
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tro, et que celui qui laisserait un crime impuni serait lui-même considéré comme un criminel. La vendetta est la loi fondamentale de cette époque : de là vient qu'un attentat en amène forcément plusieurs autres et qu'une famille comme celle dont nous allons parler peut offrir une succession de meurtres et de crimes sans nom, dont la Fable n'offre nulle part une suite aussi effroyable.
Les Atrides sont descendants de Pélops, fils de Tantale. Obligé de quitter ses États à cause d'un tremblement de terre, il alla en Grèce demander asile cà OEnomaûs, roi d'Élide, et devint épris de sa fille Hippodamie. OEnomaûs voulait obliger sa fille à garder le célibat.
Fig. 92. — Pélops abreuvant ses chevaux (d'après un camée antique).
parce qu'un oracle avait prédit que son gendre serait cause de sa mort. Il avait des chevaux qui couraient comme le vent : voulant écarter les [)rétendants à la main de sa fille, il annonça que })Our l'obtenir, il fallait l'avoir emporté sur lui à la course des chars, mais qu'il tuerait impitoyablement ceux qui, ayant voulu se mesurer avec lui, n'auraient pas obtenu la victoire.
Pélops, qui était protégé par Neptune, reçut de ce dieu un char et des chevaux magnifiques. On voit sur un camée antique Pélops abreuvant dans une auge les chevaux qu'il vient de recevoir en don. Son cocher, vôtu selon la mode phrygienne, est accroupi près des chevaux et boit dans un vase à deux anses richement sculpté.
Malgré le présent qu'il avait reçu de Neptune, Pélops, pour être encore plus sûr de la victoire, corrompit Myrtile, le cocher d'OEnomaûs. Myrtile ôta la clavette qui tenait la roue du char d'OEnomaûs qui tomba et se brisa la tète. Cette scène est figurée sur un bas-relief antique.
Victorieux par sa perfidie, Pélops épousa Hippodamie; mais, au lieu de donner à Myrtile la récompense promise, il le jeta dans la mer. C'est ainsi qu'un crime n'est jamais impuni. OEnomaiis n'était pas encore vengé : Hippodamie s'en chargea. Elle avait donné deux fils à son mari, Atrée et Thyeste ; mais Pélops avait d'une autre femme un fils
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appelé Chrysippo, qu'il chérissait plus que tous ses autres enfants. Ilippndaniic eliargca ses fils de tuer Clirysippe, et Pélops les chassa de sa
Fig. 93. — OEnomaûs et Pclops.
présence. Hippodamie se tua : ses deux fils, Atrée et Thycste, se réfugièrent auprès du roi d'Argos, dont Atrée épousa la fille. Mais Thyeste, jaloux de la fortune de son frère qui avait hérité du trône, séduisit la reine, et fut chassé du royaume.
l''ig. 9i. — Le cliar d' OEnomaûs (d'après un bas-relief antique).
Thyeste avait un fils nommé Plisthène ; il le chargea de tuer Atrée, qui |irévintle coup en le tuant lui-même.
Le crime d' Atrée. — Atrée, ne se trouvant pas suffisamment vengé, feignit de se réconcilier avec son frère Thyeste qui revint à Argos trompé par ses perfides sollicitations. Atrée fit tuer les enfants de Thyeste, et les ayant coupés par morceaux, il invita son frère à un festin et lui fit servir les membres de ses fils qu'il venait d'assassiner. Le Soleil recula d'horreur à ce crime et se cacha poui" ne pas voir un pareil repas. Thyeste s'enfuit ne songeant plus qu'à sa vengeance.
Comme il traversait pendant la nuit un bois consacré à Minerve, Thyeste rencontra une jeune fille et lui fit violence sans la connaître ; c'était Pélopée, sa propre fille, qui ne sut pas quel était cet inconnu. Cependant un oracle avait prédit que la fille de Thyeste "mettrait au monde le vengeur de son père. Atrée, qui redoutait cet oracle, fit enlever Pélopée et l'épousa. Son enfant, Égisthe, fut élevé sans connaître son véritable père, et en compagnie des deux enfants qu'Atrée avait eus d'une
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autre femme, Ménélas et Agamemnon, qui étaient ses cousins. Ils arrivèrent ainsi à Fàge d'homme.
Cependant Thyeste nourrissait toujours ses projets de vengeance, et Atrée,qui le redoutait, ne cessait de lui dresser des embûches. Thyeste, ayant été découvert à Delphes, fut amené à Mycènes, où il fut aussitôt jeté en prison. Alors Atrée, par un raffinement bien digne de ces temps et de cette famille, chargea p]gisthe de l'assassiner. Egisthe qui se croyait fils
Fig. 95. — Atrce (d'après un groupe antique du musée de \aples)
d'Atrée, vint en effet à la prison où Thyeste était détenu et se préparait à l'égorger avec une épée que lui avait donnée sa mère Pélopée. Thyeste, envoyant cette épée, reconnut que c'était la sienne, qu'il avait abandonnée dans un bois consacré à Minerve, le jour où il avait rencontré une jeune fille et raconta l'histoire cà Égisthe. Celui-ci apprit alors de qui il était véritablement fils, et, comprenant que sa vengeance devait s'exercer ailleurs, revint trouver Atrée qui était occupé à offrir un sacrifice et le perça de son épée au pied de l'autel. Ainsi fut vengé le
ciin.e d 'Atrée.
Agamemnon et Ménélas, fils d'Atrée, furent aussitôt chassés du royaume, et Thyeste, délivré par son fils, s'empara de la couronne.
Pélopée,quand elle apprit que l'étranger qui lui avait fait violence, était son propre père, se tua de désespoir. Les fils d'Atrée se réfugièrent au-
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prèsdcTyndarc,roidc Sparte, qui les accueillit favorablement. Tyndaro avait deux filles, Hélène et Clytemnestre.Ménélas épousa Hélène, et Aganiemnon épousa Clytenmestre. Ils marchèrent alors sur Argos avecleur beau-père, chassèrent Thyeste et Égisthe,ct s'emparèrent du trône. Agamemnon devint roi d'Argos, et Ménélas fut roi de Sparte.
Agamemnon étendit ses États par des conquêtes et mérita bientôt d'être appelé le roi des rois. Qwf^nd survint la guerre de Troie, il fut nommé commandant eii chef de l'expédition. Mais au moment du départ, comme Agamemnon avait tué une biche consacrée à Diane, le devin Calchas déclara que ce sacrilège ne pouvait être expié que par le sacrifice de la propre fille d' Agamemnon, Iphigénie, et que si le roi s'y refusait, l'expédition ne pourrait réussir. Mettant son ambition
Fig. !)G. — Retour d" Agamemnon dans su patrie (d'aiirès Flaxnian;.
au-dessus des sentiments paternels, Agamemnon résolut de sacrifier sa fille, et pour décider Clytemnestre à la laisser partir, il lui fit dire que c'était pour la marier avec Achille. Au moment où le sacrifice allait s'accomplir, Diane enleva Iphigénie et substitua une biche à sa place ; le devin déclara la déesse satisfaite et l'armée partit.
Clytemnestre et Agamemnon. — Cependant Clytemnestre, ignorant la substitution faite par la déesse et croyant réellement que sa fille était morte, conçut un violent courroux contre son mari, et décidée à tirer de ce meurtre une éclatante vengeance, elle commença par appeler auprès d'elle Égisthe, l'ennemi mortel d'Agamemnon. Tout le temps que le roi fut occupé à la guerre, Égisthe vécut axec Clytemnestre et fut maître absolu d'Argos.
Égisthe et Clytemnestre étaient bien convaincus qu'Agamemnon ne pourrait jamais revenir de l'expédition lointaine où l'armée des Grecs
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s'était si imprudemment engagée. Il y ayait plusieurs années qu'ils vivaient ainsi paisiblement quand un fanal qui s'allume au loin sur la côte annonce que les Grecs sont victorieux, que Troie est détruite et qu'Agamemnon va revenir. La joie éclate partout, et Clytemnestre, qui ne pense qu'à sa vengeance, veut pourtant dissimuler. Elle envoie le héraut Talthybios, au-devant du roi victorieux : « Va, dis à Agamemnon qu'il s'empresse de se rendre aux vœux des Argiens. Sur le seuil de sa maison, il trouvera sa femme telle qu'il l'a laissée, fidèle, chienne vigilante du foyer, dévouée à son maître, hostile à ses ennemis. Pour une femme, quel plus beau jour que celui où, la guerre finie, elle ouvre la porte à un mari sauvé par les dieux ! » (Eschtle.)
Le roi arrive, Clytemnestre va au-devant de lui : elle lui raconte ses angoisses, ses inquiétudes, les fausses nouvelles qui ont circulé. Enfin, elle le voit: « Quel bonheur ! Enfin, il est à l'abri de tout danger! A
Fig. 97. — La mort d" Agamemnon (d'après un vase grec).
présent Agamemnon, si cher à mon cœur, descends de ton char. Mais, ô mon noble héros, devrait-il toucher la terre, ce pied qui a touché les ruines de Troie? Esclaves, qu'attendez-vous? partout des tapis sur sa route, vite, de la pourpre sous ses pieds. Qu'il soit reçu comme il doit l'être, dans cette maison où on ne l'attendait plus ! » (Eschyle.)
Clytemnestre sait qu'Agamemnon ramène avec lui sa jeune captive, Cassandre, la fille de Priam, qui lui est échue dans sa part de butin ; la jalousie la ronge, elle est mortifiée jusqu'au fond du cœur, mais elle fait un accueil souriant à cette jeune fille qu'elle hait : «Entre aussi, toi Cassandre, puisque Zeus, dans sa bonté, t'a destinée à venir prendre ta part de la vie commune à un opulent foyer, descends de ton char, résignetoi de bonne grâce. Quand on est réservé par la fortune à de telles extrémités, c'est un grand bonheur encore de tomber sur des maîtres depuis longtemps faits à l'opulence. Des parvenus à la richesse, au lendemain d'une moisson inespérée, sont insolents, en tout durs à l'esclave. Ici du moins c'est une maison où l'on ne manque de rien. »
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Cassandrc n'entend pas, Cassandic ne répond pas aux paroles qu'on lui adresse : tout entière à son délire prophétique, la lilie de Priamsc sent dans la maison^des Atrides, elle lit dans l'avenir, et ses phrases incohérentes ne sont comprises par personne. « Ah ! cette maison, la maison des Atrides, il ne la quitte plus le chœur dont les voix s'unissent en un affreux concert de malédictions. Elle s'est gorgée, pour exalter sa fureur, elle s'est gorgée de sang humain, l'orgie assise à ce foyer, l'orgie des sœurs qu'on n'en peut plus chasser, l'orgie des Erinnyes. Elles redisent dans leurs chants, hôtes obstinées de ces demeures, elles redisent le premier forfait dont tous les autres sont sortis.... Ce sont des enfants morts, morts sous les coups de leurs parents. Leurs propres chairs. )tà-
Fig. 98. — Clytemnestre après le meurtre d'Agamemnoa (d'après une composition
de Flaxman).
lure de la famille^ horrible régal, le père en prend sa part !.. De ce forfait il médite les représailles, le lion sans cœur... Et le chef de la maison, le dévastateur d'Ilion, il ne soupçonne pas ce qu'il y a sous les sourires de l'odieuse chienne, fatalité blottie dans l'ombre, ce qu'il y a de perfidie pour son malheur Elle l'ose, la femelle, elle ose égorger le
mâle... Quel cri elle a poussé, l'audacieuse, comme un cri de victoire
dans les batailles Et moi, au lieu de l'autel de Priam, c'est une
table de cuisine qui m'attend. C'est là que je tomberai toute palpitante sous le couteau sanglant de la mort. Du moins ne mourrai-je pas sans vengeance ; les dieux y pourvoiront. Un autre viendra quelque jour, pour châtier le crime, un fils meurtrier de sa mère, vengeur de son
père La maison sent le meurtre. Ah ! quelle odeur de sang! »
(Eschyle.) Cependant le palais est en fête : au milieu de la joie on entend tout à coup des cris perçants : d'où viennent-ils ? quel est celui qu'on assassine? Clytemnestre est là, tenant à la main une hache à deux tranchants, et
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près d'elle sont deux cadavres : « Le voilà, dit-elle, ce bourreau do sa femme, le consolateur de Chryséis sous les murs dUion... La voilà aussi cette captive, la prophétesse Cassandre, venue avec lui sur la flotte ! Leurs outrages sont vengés. Lui, voyez ce que j'en ai fait. Quant à elle, elle a chante le chant du cygne, l'hymne suprême de la mort ;
elle est là gisante, la captive d'Agamemnon Oh I il m'a fallu plus
d'une combinaison avant de livrer bataille. De longue main, j'ai du préparer mon triomphe. Enfin j'ai réussi ! Je suis debout, il est par terre ; c'est chose faite... Oui, mes précautions étaient prises, je n'en fais point mystère, pour qu'il ne pûtm^échapper. Deux fois je le frappe, deux fois il gémit et ses genoux fléchissent. Quand il est à terre, je lui porte
Fig. 99. — Les hésitations d"Égistlie :d' après une peinture de vase)
un troisième coup. Il râle, le sang sort en sifflant de sa blessure, le flot noir rejaillit jusque sur moi, véritable rosée du meurtre, plus douce pour moi que la pluie de Jupiter au calice des plantes en travail. » (Eschyle.) Cette scène sauvage est rendue avec une brutalité naïve sur une peinure d'un vase grec (fig. 97); le meurtre de Cassandre n'y est pas figuré. Le corps de la fille de Priam apparaît au second plan dans une belle composition de Flaxman; le sculpteur anglais a traduit le moment où Clytemnestre, après le double meurtre qu'elle vi^nt de commettre, apparaît avec la hache à deux trancliants placée sur son épaule.
Egisthe avait été l'instigateur du crime : cependant, sur une peinture de vase, il semble vouloir retenir Clytemnestre, qui, beaucoup plus résolue, s'élance vers sa victime la hache à la main. Le même sujet est traduit d'une manière tout à fait dilîérente dans le célèbre tableau de Guérin qui est au Louvre. Ici Clytemnestre paraît hésiter devant le crime qu'elle va commettre, et c'est sur ce moment d'arrêt que roule toute l'intention dramatique du peintre. Egisthe est placé derrière elle et semble l'exciter : s'il n'est pas l'exécuteur qui frappe, il est le conseiller intime, celui qui a tout préparé et qui dirige tout. Ce point de
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MIC du pointro français est d'ailleurs conforme à un autre passage d'Eschyle, où Égislhc expose lui-même la part qu'il revendique dans le meurtre d'Agamemnon.
« Pour les hommes, dit-il, il est des dieux vengeurs, dont les regards, du haut du ciel, suivent les catastrophes d'ici-has. Et la preuve, c'est cet homme couché dans la rohe, dans le voile d'Erinnys. Que cette vue me réjouit Tànic ! Car c'est là le prix des violences et des machinations de son père. Atrée, le chef de cette terre et le père d'Agamemnon, pour avoir à lui seul un pouvoir contesté, a chassé d'Argos, de la maison paternelle, son frère à lui, mon propre père, Thyeste, Plus tard le malheureux Thyeste revient en suppliant s'asseoir à ce foyer. Atrée le reçoit
Fig. 1(»0. — Égisthe et (Hytemnestre (d'après le tableau de Guérin, musée du Louvre).
comme son hôte : il a l'air de lui préparer un festin, et il lui fait manger la chair de ses propres enfants ! Assis au haut de la table, Atrée en dépeçait les morceaux pour les convives. Ainsi méconnaissables, Thyeste en prend sans défiance et dévore l'horrible aliment, aliment fatal aux descendants d'Atréc. Il ne tarde pas à comprendre ; alors il pousse des cris, se roule en rejetant l'abominable nourriture. 11 appelle sur les Atrides d'effroyables catastrophes,, et du pied renversant la table, il enveloppe dans ses imprécations toute cette race vouée à la ruine. Voila pourquoi celui-ci est là gisant, et c'est moi ([ue la justice a armé pour
ce meurtre. J'étais le troisième fils du malheureux Thyeste Avec
mon pauvre père, on me chasse, tout petit que j'étais, enfant encore au
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berceau. Devenu grand, la vengeance m'a ramené. Et en vérilé cet homme a péri de ma main, tout absent que j'étais au moment de l'exécution. Car toute la trame ténébreuse, c'est moi qui l'avais conduite. ••
(Eschyle.)
Electre et Oreste. — Agamcmnon avait une fille. Electre, qui avait assisté au meurtre de son père, et n'avait pas même pu lui faire de funérailles. Ce n'est qu'en secret qu'elle pouvait aller pleurer sur sa tombe solitaire, et Flaxman nous la présente, suivie de ses servantes, qui rend les pieux devoirs d'une fille au roi Agamcmnon, dont nul dans le palais n'osait môme prononcer le nom.
Agamemnon avait aussi un fils en bas âge, Oreste. Electre, redoutant pour son frère un sort pareil à celui de son père, le cacha et l'envoya en Phocide, chez le roi Strophius qui le fit élever en même temps que son fils Pylade. Quand il eut atteint l'âge d'homme, Oreste.
Fig. 101. — Electre, à la tète d'un chœur de jeunes filles, porte des dons au tombeau d'Agamemnon (d'après Flaxman).
poussé par un. oracle qui lui a ordonné de venger son père de ses meurtriers, revient dans sa patrie en compagnie de l'inséparable Pylade : il arrive au tombeau d'Agamemnon. Après avoir invoqué les mânes de son père, il dépose sur sa tombe une boucle de ses cheveux, qui le fait reconnaître de sa sœur Electre. Elle venait aussi, elle, suivie des captives troyennes, faire les libations sacrées ; Clytemnestre elle-même l'avait envoyée dans l'espoir de détourner les présages funestes d'un songe qu'elle avait eu. Oreste, reconnu par sa sœur, lui annonce les projets de vengeance dont il est animé et dans lesquels elle ne fait ([ue le confirmer davantage.
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Alors le frère et la sœur combinent ensemble la manière dont ils doivent agir. Ils con^iennent qn'Oreste lui-même va se présenter au palais où il se donnera comme un étranger, venant du pays oii était Oreste et annoncera sa propre mort. Une fois dans le palais, l'heure de la vengeance étant sonnée, les assassins d'Agamemnon périront à leur tour.
Oreste eiPylade entrent en effet dans le palais et mettent leur projet à exécution. Un moment Oreste a hésité en voyant sa mère : mais le souvenir de son père égorgé l'emporte, Clytemnestre est frappée en même temps qu'Égisthe. Oreste fait alors déployer devant le peuple d'Argos le voile dans lequel les assassins avaient égorgé son père sans qu'il put se défendre. Le meurtre de Clytemnestre et d'Egisthe apparaît sur
Fig. 102. — Mort d'Égistlie et de Clytemnestre.
quelques monuments antiques, notamment sur des bas-reliefs et des pierres gravées.
Il est bon d'observer que sur les représentations antiques, Egisthe est toujours frappé par Pylade et Clytemnestre par Oreste, Sur un bas-relief antique du musée Pio-Clémentin, Electre elle-même prend part à la scène. On voit Egisthe assis sur le trône d'Agamemnon et prêt à succomber sous les coups de Pylade qui l'a saisi par les cheveux et pose h' pied sur son genou pour le renverser : de l'autre côté Electre tient un marchepied ou un objet semblable avec lequel elle s'apprête à frapper aussi Egisthe, tandis que derrière elle, Oreste, que la vieille nourrice cherche vainement à retenir, immole Clytemnestre déjà tombée à ses pieds. Un jeune Argien cherche à défendre la reine avec un vase, la seule arme probablement qu'il aura trouvé sous sa main dans le monient fatal (lig. 103).
Sur un autre bas-relief qui est au Vatican, on voit apparaître les Furies. Egisthe a déjcà été frappé par Pylade qui, après l'avoir tué, enlève le manteau qui le couvrait. Clytemnestre est également tombée sous les coups d'Oreste. La vengeance des hommes est satisfaite, mais
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celle des dieux \a commencer. Les terribles Erinnyes font déjà leur apparition, secouant leurs serpents et leurs torches contre Oreste, qui cherche un refuge en s'appuyant contre le trépied de Delphes.
Oreste et les Furies. — En elTet. Oreste sent tout à conp que sa raison s'égare ; ce sont les Furies qui s'acharnent après lui. 11 veut fuir à Delphes pour se mettre sous la protection d'Apollon, et obtenir la purification du sang versé ! Cette scène est figurée sur une peinture de
Fig. 105. — Oreste suppliant.
vase de style archaïque. Oreste est à genoux entre Apollon et Minerve dont il semble implorer la clémence : derrière lui on aperçoit le trépied de Delphes, Minerve coiffée du casque et tenant en main sa lance semble agréer sa prière. Apollon placé de Fautre côté est debout dans son rôle de dieu expiateur et purificateur. Ses longs cheveux flottent sur ses épaules, et on voit derrière lui le laurier sacré, portant sur ses branches les bandelettes de l'initiation et des tablettes votives.
Le dieu protège son suppliant contre deux Furies. La première est <lebout, vêtue d'une tunique courte comme les chasseresses, chaussée <le brodequins et pourvue de grandes ailes : elle tient un gros serpent qui se dresse menaçant au-dessus de sa tête. La seconde Furie, vue seulement à mi-corps, n'a pas d'ailes, mais elle est également pourvue de serpents. Le soleil éclaire cette scène, où l'on voit apparaître aux deux coins de la partie supérieure la tète de Pylade et celles de Clytemnestre, l'une pour protéger Oreste, Fautre pour l'accuser.
LA CONSCIENCE
Les Furies poursuivant Oreste figurent également, mais sous un tout autre aspect, sur une autre peinture d'un yase qui est au musée de Naples. Elles n'ont pas d'ailes et toutes les deux tiennent en main des serpents. L'une d'elles a le sein nu et présente au coupable un miroir où l'on aperçoit la tête de Clytemnestre, symbole de ses remords. Le héros, entièrement nu, est debout entre les deux Furies et cherche à se défendre contre leurs attaques avec l'épée qui a frappé sa mère.
En général les peintures de vases que nous connaissons sur ce sujet sont extrêmement froides et pèchent par l'absence absolue de tout sentiment dramatique. Mais il ne faut pas oublier que les vases peints étaient
Fig. 106. — Oreste et les Furies.
une fabrication courante et que les compositions que nous y voyons figurer ne peuvent en aucune façon nous donner une idée de la manière dont ce sujet a pu être traité par les véritables artistes, dans la grande période de l'art.
Un tableau d'Hennequin, qui fait partie des collections du Louvre, nous donne une interprétation un peu théâtrale, mais bien autrement puissante des remords d'Orestc. Ce tableau, absolument oublié aujourd'hui, a produit une sensation énorme en 1810, époque où il a été exposé à Paris. Les Furies s'attachent après le coupable qu'elles déchirent, et l'une d'elles lui montre à ses pieds sa mère, le poignard encore plongé dans le sein. Electre soutient son frère, tandis que Pylade, au fond du tableau, se cache le visage. Cette scène est rendue avec une énergie sauvage qu'on n'est pas habitué à trouver dans l'école de David.
Ce qu'aucune peinture ne rendra jamais, c'est le récit d'Eschyle. Tandis qu'Apollon veut protéger son suppliant, l'ombre de Clytemnestre réveille
ni
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les Furies qui s'étaient endormies : « Ce fantôme qui vous appelle, c'est moi, c'est Clytemnestre... C'est trop dormir, sans souci de ma vengeance. Mou meurtrier, Oreste, le parricide, vous échappe... Dors-tu encore? — Allons, ta besogne à toi, c'est de tourmenter les gens... » Alors les vieilles divinités titaniques veulent s'acharner sur leur victime, et quand
Fig. 107. — Les remords d'Oreste (d'après le tableau d'Hennequin, musée du Louvre)
Apollon prétend les en empêcher, elles tournent contre lui leur colère: « Ah ! dieu de fraîche date, tu es venu fourrager sur les terres des divinités antiques. Pour protéger ton suppliant, cet impie, fatal à qui lui a donné le jour, cet assassin de sa mère, c'est toi qui nous le soustrais, toi, un dieu ! Est-ce de la justice !... Lesvoilà bien ces parvenus de l'Olympe, ces usurpateurs. Sans mission, ils couvrent de leur protection ce caillot de sang, tout ruisselant des pieds à la tête... En l'admettant à son foyer, cet impur, il a profané lui-même son sanctuaire, le dieu prophète. Car c'est lui qiii l'y a appelé, lui qui, oubliant ce qu'un dieu se doit à luimême, s'est fait le complaisant des mortels, s'est attaqué à l'antique pouvoir du Destin. »
Cependant Apollon ne peut pas livrer son suppliant : il chasse les vieilles déesses en les menaçant de ses flèches. Apollon enjoint à Oreste de se rendre à Athènes et lui promet son aide. Le coupable, tenant un rameau d'olivier, va implorer la statue de Minerve (fig. 108). Les impitoyables Furies veulent encore le poursuivre dans cet asile et entonnent leur effroyable chanson : « C'est le chant teriible, délire, frénésie, folie, c'est Ihymne des Erinnyes, effarement des âmes, l'hymne sans lyre, effroides mortels. » Oreste, invoquant Minerve, déclare qu'il a été purifié par
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Apollon, et que le dieu a lavé ses souillures, mais les vieilles el implacables déesses, qui représentent la conscience d'autrefois, n'admettent pas les innovations introduites par les dieux olympiens et protestent
Fig. 108. — Oreste devant la statue de Minerve (d'après un vase peint).
indignées contre les expiations pieuses qu'on veut introduire dans le culte : « Viennent maintenant les bouleversements des révolutions, si force reste au'droit du crime, à la cause du parricide. Prestige de succès!
Fig. 109. — Les Furies (Érinnyes) devant Minerve et Apollon (d'après une composition
de Flaxman).
Je vois d'ici tous les hommes s'y rallier. Quel débordement désormais, au grand jour, d'attentats des fils contre les pères. — Plus de regards menaçants sur les hommes, plus de colères furieuses qui arrêtent et contiennent. Que tout aille comme il pourra, je ne m'en mêle plus. On entendra, tantôt ici, tantôt là, crier aux forfaits domestiques, à Timpuissance des remèdes, dans ce déchaînement de catastrophes sans trêve ni
HG
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relâche. Plaintes inutiles de l'infortune... Que personne ne nous appelle alors sous le coup de quelque malheur, que nul ne jette le cri désespéré : Justice, trône desÉrinnyes ! Père ou mère, victime d'un récent outrage qui crie sa douleur, n'importe. Du temple de la justice, il n'est plus que des ruines. » (Eschyle.)
Le vote de Minerve. — Minerve elle-même, la sagesse divine, est eniharrasséc et devant le terrible problème qui s'impose à elle, il senilde que sa conscience se trouble. Ne pouvant résoudre la question
Fig. 110. — Le vote de Minerve.
elle-même, elle la porta devant l'aréopage : mais les voix se partagèrent par nombre égal. Minerve, qui seule n'avait pas encore voté, mit une boule blanche dans l'urne et Oreste fut absous. Le vote de Minerve est figuré sur un bas-relief antique, qui décore un vase d'argent, dit de Corsini. La Furie tenant son flambeau est debout en face de Minerve ; les autres personnages sont Oreste debout derrière la Furie ; Erigosie, la fille d'Egisthe, assise derrière Minerve; enfin Pylade et Electre, qui attendent l'issue du jugement (fig. 110).
Le jugement d'Oreste est, au point de vue religieux, une des fables les plus importantes de la mythologie, parce qu'elle montre l'importance que prenaient dans le culte olympien, les purifications religieuses, qui, comme le baptême chez les chrétiens, finissent par laver toutes les souillures.
Oreste et Iphigénie. — La querelle des dieux de l'Olympe et des Érinnyes, filles de la Nuit, au sujet du crime d'Oreste, se termina par un compromis. Une solennelle e\i>iation était nécessaire et Oreste dut entreprendre un périlleux voyage pour aller en Tauride chercher une antique image de Diane. Les habitants de cette contrée sacrifiaient les voyageurs qui abordaient sur leurs côtes, et Oreste en arrivant fut pris avec Pylade et amené dans le lieu où ils devaient être égorgés. La prêtresse de Diane était Iphigénie, la sœur d'Oreste, qui avait été transportée en Tauride par
LA CONSCIENCE
Iti déesse, quand, devant être elle-même sacrifiée au moment du départ de l'armée grecque pour Troie, une biche avait été substituée a la victime par la volonté des dieux. Iphigénie reconnut donc son frère dans 1 un des étrangers qu'on amenait. Un combat de générosité s engagea alors entre les deux amis ; le sacrifice d'un seul était exige, et chacun des deux voulait mourir à la place de l'autre. ,
Dans une peinture d'Herciilanum, nous voyons les deux prisonniers paraître devant Iphigénie qui met son doigt sur sa bouche pour les inviter à -arder le silence. Le même sujet figure sur un bas-relicf antique, où pour accentuer davantage le caractère sauvage des sacrifices humains, l'artiste a mis des têtes humaines près de l'image de la déesse.
Fis
1 11. - 0,-este et PyUde reconnus par !,.higc„ie (a-après un bas-relicf antique).
Le gardien qui amène O.este et Pvlade enchaînés porte le eostnme des
'1r;,'5iî'nie put avoir avec son frère un moment d'entretieu, elle ui'deinairda qu'ue fatalité avait pu le ponsseï- sur 0»»^ -te inh spitaliére. Oreste lui apprit alors la fin tragique de ''^"■'^^Vy^s Lince qu'il en avait tirée par ordre d Apollon, les poursu tes destunes : 1 iig ment qui avait élé prononcé sur la colline de Mars. « Quand arrivé et que je comparus au tribunal, dit-il ie n,e P^'ï- -■;;les sièges et la plus vieille des Furies prit l'autre; .\pollon écoutant et Sondant à l'accusation de parricide, me sauva par son temo.gnag . Pallas compta les suffrages recueillis de ses propres mains,,! se t,ouvèrent égat!x des deu. côtés, et je sortis absous de celte accusation capitale. Celles des Furies qui acquiescèrent à ma «»'*"<=» ™J°'"™,';' : voir un temple près du lieu même où l'on avait recueilli l'^.«^"ff'^^^' mais celles qui ne se soumirent pas an jugement me poiirsuiviren sans relâche, jusqu'à ce que, étendu àla porle de son temple sans pren'l^ '^nourriture.je jurai de me donner la mort en ce lieu même, si .\poUon,
118 JUPITER ET JUNON
qui m'avait perdu, ne devenait mon sauveur. Aussitôt, faisant entendre sa voix par le trépied d'or, Apollon m'ordonna de venir en cette contrée, pour enlever la statue descendue du ciel et la déposer sur le sol dAthènes. Telle est la voie de salut que le dieu m'a ouverte; aide-moi à y marcher; si en effet je puis m'emparerde la statue de la déesse, délivré alors de mes fureurs, je t'embarquerai sur mon navire aux rames agfiles, et je te ramènerai à Mycènes. Ainsi, ô ma sœur, ô tète chérie, sauve la maison paternelle, sauve ton frère ; car je suis perdu sans ressource, et avec moi toute la race de Pélops, si nous n'enlevons la statue céleste de la déesse. » (Euripide.)
Cependant Iphigénie, étant parvenue à délivrer son frère, enlève l'idole de complicité avec lui. Ils se rendent alors en Grèce, et abordent à Brauron, où la fille d'Agamemnon fonde un temple en l'honneur de la déesse dont elle est prêtresse et propage son culte dans le Péloponèse, en lui ôtant ce qu'il avait de barbare dans la Tauride. « Il n'est pas possible, disait la prêtresse, que l'épouse de Jupiter, Latone, ait enfanté une divinité si cruellement stupide... Les habitants de ce pays, habitués à verser le sang humain, ont rejeté sur leurs dieux leurs mœurs inhumaines, car je ne saurais croire qu'aucune divinité puisse faire le mal. »
(Euripide.)