‹ La Mythologie dans l'art ancien et moderneChapitre 101 sur 111 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Ce n'était pas ici le lieu de faire une exposition détaillée de la mythologie antique. Plusieurs volumes comme celui-ci n'y sufflraient pas. Nous avons dû nous borner aux explications nécessaires pour mettre les lecteurs de ce livre en état de comprendre comment et pourquoi se sont produits les mythes anciens, parfois si étranges à première vue. Nous avons vu qu'ils se rattachent parleur origine à deux sources principales : 1° l'observation directe des phénomènes célestes,. principalement au lever du jour; 2" la concordance de ces phénomènes avec la célébration du sacrifice. De là deux générations ou dynasties de dieux qui se ressemblent par la puissance de vaincre et de détruire les mauvais génies des ténèbres, mais qui diffèrent sensiblement par leur naissance et la nature de leurs rapports avec les hommes.

Les premiers, les dieux du ciel, Indra, Zeus, Jiqjiler, le soleil sous toutes ses formes et sous tous ses noms, etc., ont un caractère commun, c'est d'être complètement étrangers à l'homme et indépendants de son action. Ce sont des divinités puissantes, dont l'homme peut acheter le secours par la régularité et l'abondance de ses offrandes, mais dont aucune autre raison n'explicpie ni ne garantit la bienveillance pour l'humanité. Rien ne prouve absolument qu'un jour ou l'autre ils ne cesseront pas, pour une cause quelconque, de venir éclairer le monde, et que l'homme ne finira pas par se trouver abandonné sans secours à ses ennemis éternels. Aussi^ peut-on remarquer que le caractère général des cultes qui se sont arrêtés à cette conception est une régularité minutieuse et compassée plutôt que l'élan, la spontanéité et l'amour. Les rapports entre le ciel et la terre se bornent à l'accomplissement d'un traité, on pourrait dire d'un marché dont toutes les conditions et les formalités auraient été soigneusement débattues et réglées. Chaque cité doit uniquement à ses dieux un nombre fixé de sacrifices, dont les cérémonies etles rites sont déterminés d'une manière invariable. En effet, chez les Grecs, chez les Romains surtout, la question religieuse s'est longtemps réduite à un fait de légalité stricte, où le sentiment n'avait absolument rien à faire.

Les divinités de la seconde dynastie —qui est en réahté par sa date historique la quatrième ou peut-être même la cinquième — parlent de bien plus près au cœur de Ihomme. Ce sont les dieux nés du sacrifice lui-même, les dieux humains, médiateurs entre le ciel et la terre, tels que Soma, Agm\ Dwiiysos, Hi'ntrlh. Ceux-là sont fils de l'homme, en quelque sorte dépendants

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