‹ La Mythologie dans l'art ancien et moderneChapitre 13 sur 111 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

LES FLEUVES

Le lleuve Occmii. — Attributs des fleuves. — Le Nil et le Til)re. — F,es fleuves

de France.

Le fleuve Océan. — Dans la mythologie primitive, la terre est une vaste plaine ondulée, qui présente la forme d'un disque et qu'entoure de toutes parts le fleuve Océan, époux de la Titanide Téthys, qui personnifie les profondeurs de la mer. Le fleuve Océan, qui n'a ni source ni embouchure, forme un orbe immense qui s'alimente lui-môme et donne naissance à toutes les mers, à tous les fleuves et à tous les rivières. Il a trois mille fils qui sont les fleuves, et autant de filles qui sont les nymphes océanides. Océan n'a pas dans l'art un type déterminé qui le distingue nettement des autres fleuves : la grande statue du Capitole qui représente ce dieu passait autrefois pour une figure du Rhin. On en a aussi un fort beau buste, où il est représenté avec des dauphins dans la barbe.

Les côtes lointaines du fleuve Océan sont habitées par des peuples fabuleux : au nord, les Cimmériens, qui ne voient jamais la lumière du jour; à l'orient, les Arimaspes et les Amazones ; au midi, lesPygmées. A l'occident le gigantesque Atlas supporte le ciel sur ses fortes épaules : il possède de nombreux troupeaux et habite le jardin des Hespérides.

Attributs des fleuves. — Les fleuves ont été personnifiés dans la mythologie comme tous les autres phénomènes de la nature et se trouvent mêlés à une foule de légendes, ainsi que les nymphes. L'art représente les fleuves sous la forme d'une figure appuyée sur une urne d'où sortent ses eaux. Les vieillards cà longue barbe et couronnés de roseaux sont les fleuves qui se jettent dans la mer, tandis que les rivières qui se perdent dans d'autres fleuves, sont caractérisées par des jeunes gens imberbes, et quelquefois même par des femmes, quand leur cours n'a que l'importance dun ruisseau, et peut être assimilé à celui d'une nymphe. Chaque fleuve a un attribut qui le caractérise et qui est choisi parmi les animaux qui habitent ses rivages ou parmi les poissons qu'il renferme dans son sein.

Le Nil et le Tibre. — Les plus belles statues de fleuves que nous ait laissées l'antiquité sont celles du Ni/ et du Ti/rrr qui furent découvertes

LES FLEUVES

à Rome versLi fin du quinzième siècle, dans l'endroit où était jadis \o temple d'Isis et de Sérapis, près de la Via Lata; elles faisaient l'ornement de deux fontaines qui embellissaient l'avenue de ce temple. Le Ml est aujourd'hui au Vatican, et le Tibre au musée du Louvre ; le jardin des Tuileries renferme deux très-bonnes copies de ces statues célèbres.

Fip. 121. — Flouves (Vaprès des médailles antiques l'composition de Gabriel Saint-Aubin'i.

Le Nil est un vieillard à longue barbe à demi couché dans une attitud(> pleine de nonchalance et de noblesse. Sa main droite porte un faisceau d'épis ; la gauche, appuyée sur le sphinx, tient une corne d'abondance. La crue de seize coudées, nécessaire pour les bonnes récoltes, est figurée par seize petits enfants qui folâtrent joyeux autour de lui ; l(>s vms jouent avec le crocodile et Lichneumon, les autres cherchent à escalader la corne d'abondance ou assiègent les membres du dieu, qni sourit d'un air paternel. Les eaux s'élancent avec impétuosité en soulevant un coin de la draperie qu'un des enfants s'efforce d(^ ramenerpour cacher le mystère des sources inconnues (tig. 120).

Les bas-reliefs de la base représentent des combats de crocodiles contre des ichneumons, ou des hippopotames, des ibis, des fleurs de lotus, des |)lantes de diverses espèces, et ces petits peuples nains que la tradition |>lacait dans les contrées lointaines qu'arrose le Nil.

Le Til)re n'est pas moins bien caractérisé que le Nil : il a la télé couronnée de lauriers, tient d'une main un aviron, syniboI(> dt>s fleuves navigables, et de l'autre une corne d'abondance, remplie de friuls,

^38 NEPTUNh: ET CÉIIKS.

n\oc un soc rie chaiTiic an milieu. |ioiii' rapiiclcr la fcitilifé (\uo

Fig. 1-23. — Lp Tihro.

Fig. 1?:?. — La Soino ot la Marne ^pn-niipo par Nicolas Constdn, jardin dos Tuilorips).

ragriciilturo a donnée à ses bords. Près do lui roposo la louvro de Mars

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avec ses nourrissons, Romulus et Rémus. Los bas-reliefs de la plinthe sont très-endommagés et représentent Enée assis sur les bords du fleuve ; derrière lui se trouve la laie, dont la fécondité désigne Taccroissement des descendants du héros. Sur les autres faces du socle, on voit le fleuve couvert de bateaux et des troupeaux paissant sur ses bords.

Les sculpteurs du dix-septième siècle ont fréquemment représenté des fleuves personnifiés ; mais ils apparaissent très-rarement seuls et font presque toujours partie d'un groupe. Les principaux fleuves de France sont figurés dans les statues du parc de Versailles. On peut voir aussi dans le jardin des Tuileries un charmant groupe de Coustou^ représentant la Seine et la Marne ; deux enfants les accompagnent. L'un joue avec un cygne, attribut de la Seine, l'autre tient une écrevisse qui désigne la Marne. Jean Goujon, dans des bas-reliefs de la plus exquise élégance, a figuré les nymphes de la Seine sous la forme de jeunes femmes assises sur un bateau. Rubens et Nicolas Poussin ont très-souvent personnifié les fleuves dans leurs tableaux.

Ajoutons, pour en finir avec les fleuves, que sur plusieurs monnaies antiques, ils apparaissent sous la forme d'un taureau à face humaine. C'est seulement sur les monnaies qu'on peut trouver les fleuves ainsi représentés, caria statuaire a toujours gardé le type du vieillard à grande bnrbe que nous avons vu dans le Nil et le Tibre.

Fiff. i'I'i. — Li' flouve Gelas.

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