‹ La Mythologie dans l'art ancien et moderneChapitre 18 sur 111 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

LA MOISSON

T\pe el attribuls de Cérès. — Honneurs rendus à Céiè^ pine. — Désespoir de Cérès. — Proserpine aux enfers. ■ Les fêles d'Eleusis. — Triptolèine.

— Enlévenienl de Proscr- - La faim dhirésichthon. —

Type et attributs de Gérés. — Cérès, chez les Grecs Dcmcter, est la Terre personnifiée, la sœur et réponse de Jupiter, dont elle eut une fille. Proserpine (A'o/r) qui personnifie plus spéciatement la véaétafi(ui.

Fift. Kid. — Gérés (d'après une peinture d'Herculanuiu

Mais Cérès est la terre considérée dans sa fécondité; quclqueluis elle est assimilée au blé lui-même, comme Bacchus-Liber est assimilé au vin. Cicéron, dans son Traite de la nature des Dieux, prend soin de nous prévenir que ce n'est là qu'inie forme du langage. « Quand nous

NEPTUNE ET GERES.

«lonnons, dit-il, au blé le nom de Cérès, au ^in celui de Liber, nous employons un langage reçu ; mais, dans le lait, quel est au monde I liomiue assez sot pour croire que ce ([u'il mange soit dieu? >

Plusieurs sculpteurs fameux, entre autres Praxitèle, avaient fait la statue» de Cérès ; mais nous avons anjoui'd'bui bien peu d'ouvrages au- Ihenlicpies, représentant l'image de celte (h'esse. Nosiunsées possèdent, il est vi'ai, un grand nombre de statues mutilées, an\(|nell('s on a donné on les restaurant les allnbiits de Cérès, des pa\ots et une couronne d'épis ; mais les véritables Cérès sont très-rares, et le type de la déesse nous est surtout connu par des peintures d'Herculaninn. Les deux figures que nous reproduisons sont extrêmement célèbres. Dans la figure 160, nous voyons la déesse debout et nimbée. Sur la main gauche, elle porte une corbeille d'épis et tient dans sa droite le llambeau qu'elle avait al-

Fig. IGI. — Ccrès assise (d'après une peinture do Pompci).

Ininéau mont Etna et d'oii est venu l'usagedes torches qu'on portait aux cérémonies d'Eleusis. Le même emblème apparaît dans la figure 161. Mais ici la déesse est assise sur un trône richement travaillé. Vêtue d'une ample tunique et d'un pépins jeté par-dessus, elle tient d'une main le llambeau et de l'autre les épis.

Les attributions des sculptures sont beaucoup luoins certaines. Ont^lques-unes des statues qui portent le nom de la déesse sont néanmoins très-remarquables : parmi les plus fameuses, il faut citer la Cérès colossale (fig. 102) et la Cérès Borghèse (fig. 1G3). L'atirihution de celle-ci n'est pas douteuse, puisqu'une partie delà couronne d'épis est antique, mais l'extrême jeunesse de la déesse paraît convenir plutôt à Proserpine qu'à Cérès.

« Cette déesse, dit Ottfried Muller, revêt le caractère d'une femme

Fig. \(\2. - Cérùs colossale (statue antique).

LA MOISSON

plus matrone cl plus mère que Junon; rexprcssion do son visage (\uc, cache derrière le vêtement de dessous ramené sur la tète ou un simple voile a quelque chose de plus doux et de plus tendre ; elle ne se montre qu'enveloppée dans des vêtements amples et traînants, seuls vêtements qui conviennent à la mère universelle. La couronne d'épis, le pavot ci les épis dans les mains, la corheille de fruits, et le cochon placé k côté d'elle, sont les signes qui la font reconnaître d'une manière indubitable. Il n'est pas rare de voir Cérès assise sur un troue, seule ou ayant sa fille, à ses côtés ; généralement cependant on est habitué à voir la déesse qui répand partout l'abondance, marchant à grands pas sur la terre... Le développement plus ample du caractère de Cérès dépend, dans l'art comme dans le culte, de la manière dont elle est envisagée dans ses rapports avec sa fille. Dans le rapt de Proserpine, elle est conçue et représentée comme une divinité profondément irritée, qui poursuit le ravisseur de sa fille, des flambeaux dans les mains, les vêtements fiot-

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