LES LIONS DE CYBÈLE
à prix d'argent, résolut de se mettre sur les rangs pour obtenir la main d'Atalante, et voici le stratagème qu'il imagina. 11 y avait, près du temple de Vénus, un arbre dont les feuilles elles fruits étaient d'or : il se procura trois pommes cueillies à cet arbre, et ainsi pourvu, se présenta pour luttera la course. Atalante ne tarda pas à le dépasser, mais Hippomèue fit rouler par terre une de ses pommes d'or, et tandis qu'Atalante, désireuse d'augmenter ses richesses, se baissait pour la ramasser, il rattrapa le temps perdu. On voit au jardin des Tuileries une statue de Coustou qui représente Ilippomene lançant ses pommes et près de là une statue de Lepautre qui représente Atalante courant après lui (fig. 18oetl86).
Fis;. 18.5.
Hippomène (statue de Guillaume Coustou).
Fig. 180. — Atalante statui Lepautre).
Hippomène recommença ainsi trois fois, si bien quil atteignit le premier le but. Atalante, vaincue, fut obligée de l'a.ccepter pour époux ; mais comme elle n'aimait rien au monde si ce n'est l'argent, et qullippomène de son côté avait toujours été convaincu que l'argent supplée à tout, ils ne montraient ni l'un ni l'autre aucune piété envers les Dieux et affectaient un véritable mépris pour Vénus. Ils allèrent jusqu'à nier sa divinité et profaner son temple ; mais la déesse se vengea cruellement des outrages qu'elle avait reçus, car elle les changea en /io)is, et, si nous en croyons Ovide, ce sont eux qui traînent habituellement le char de Cybèle.
Le triomphe do Cybèle forme le sujet d'une gracieuse composition de lAlbane. Assise entre deux lions sur un trône exhaussé de trois mar-
NEPTUNE ET GERES.
elles, la déesse invoque la douée elialeui- du Soleil ([ui fait naître et imaii- les produetions de la terre. Cybèle est ici considérée comme la grande déesse, qui préside à la végétation : Cérès n'occupe quiin rôle suhallei ne. et se lient assise sur les marches du Irone. Puis voici le
I'"ig'. 18". — Atahnito toiiant la pomme et arracliaiit le flambeau de l'Amour (d'après une pierre gravée d'origine douteuse .
cortéjie des divinités aimaldes qui composent la cour de Cybèle : Pomonc est assise par terre entourée de toutes les espèces de fruits, Bacchus debout presse le raistn dans une coupe d'or, et l'Amour a tressé une couronne qu'il vient déposer sur la tête de Flore, Au loin Pan et ses satyres conduisent des troupeaux, et, dans le ciel. Apollon radieux mène triomphalement son char en éclairant les humains.