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CHAPITRE III

Les Bacchantes. — Les Ménades. — Les Bacchanales. — Les Pans. — Les Satjres. — Les Faunes.

Les Bacchantes. — Les premières femmes vouées à la célébration des mystères de Bacchiis, appelées Bacchantes ou Ménades, furent les nymphes qui avaient élevé le jeune dieu. Dans les bas-reliefs de

Fig. 499. — Bacchante (d'après une pierre gravée antique, sardoine-onyx).

bacchanales, et notamment dans celui du vase Borghèse, qui est le plus beau, le jeune dieu, calme au milieu de l'ivresse générale, tient son thyrse en écoutant une bacchante qui joue de la lyre. Les centaures et les satyres figurent aussi dans le cortège habituel du dieu ; les centaures traînent son char et les satyres dansent devant lui en jouant du iambourin, tandis que les enfants, montés sur des lions ou des panthères, précèdent la bruyante procession.

5^0 BACCHUS ET SON CORTÈGE

L'art no fait aucune différence entre les Ménades et les Bacchantes, mais un passage d'Euripide montre qu'il y en a une mytiiologiquement. Les Bacchantes sont les femmes tliébaines retirées sur le mont Cilhéron, et les Ménades sont les compagnes que Bacchus avait en Asie et qui l'ont suivi en Grèce. Cependant le poète Nonnos qualilie de bacchantes les femmes qui accompagnèrent Bacchus à la conquête de rinde et il fait d'ailleurs un iableau fort piquant de leurs façons d'être.

« Parmi les bacchantes, dit-il, celle-ci a entouré sa tète d'un bandeau de vipères ; celle-là retient ses cheveux sous le lierre parfumé ; l'une fait vibrer dans sa main frénétique un thyrsc armé de fer ; l'autre, plus furieuse encore, laisse tomber de sa tète dégagée de voiles et de bandeaux sa longue chevelure ; et les vents se jouent dans les boucles déployées des deux côtés de ses épaules. Tantôt elles agitent le double

Fig. 500. — Satyres d'un style archaïque (d'après une peinture de vase).

airain des cymbales en secouant sur leurs têtes les anneaux de leurs cheveux ; tantôt, en proie à des accès de rage, elles multiplient sous la paume de leurs mains les roulements des tambourins tendus ; et le bruit des combats gronde répercuté. Les thyrses deviennent des piques ; et Tacier que cache le feuillage est la pointe de cette lance ornée de pampres. Une bacchante, dans son ardeur pour le carnage, rattache sur sa tête les couples des serpents les plus voraces ; une autre place sur sa poitrine l'enveloppe tigrée des léopards, tandis qu'une troisième, se faisant un vêtement de la peau mouchetée des faons montagnards, emprunte ainsi sa robe à un cerf élégant. Celle-ci, portant sur son sein un lionceau arraché à la poitrine velue de sa mère, confie au lait d'une mamelle humaine cet illégitime nourrisson. Celle-là, entourant sa taille virginale des triples anneaux d'un serpent, s'en sertcomme ceinture intérieure, car il vibre sa langue autour d'elle, siffle doucement, et devient le gardien vigilant de la pudeur de la jeune fille, pendant qu'elle som-

incillc livrée aux vapeurs du vin. L'une, dont les talons dégagés de brodequins foulaient dans les montagnes les buissons et les ronces épineuses, monte et se tient sur un arbre hérissé de piquants; l'autre, se glissant par surprise sur le dos d'un chameau aux longues jambes, aiguillonne de la pointe du thyrseson cou recourbé ; puis elle disparaît à demi emportée par ces pieds qui ne voient pas le sentier. L'énorme animal, qu'aucun frein ne dirige, fait mille détours dans sa marche impétueuse, et fra^tpe en glissant la terre qu'il creuse de ses pas jusqu'à ce qu'il se replie et se couche lui-môme sur le sable. Celle-ci, sur les pentes des forets où paissent les bœufs, saisit la peau d'un taureau furieux et indompté ; puis, de ses ongles cruels déchirant le cuir de l'animal, elle le dépouille de son enveloppe toute brute, tandis que celle-là en gonfle de son souffle les entrailles. On apercevait en haut dun pic, privée de voile et de chaussure, une vierge bondissant d'une roche aiguë à l'autre bord des précipices, sans frémir ; et les cailloux pointus de la colline ne laissaient aucune meurtrissure à ses pieds nus. »

Le sculpteur Scopas, qui vivait vers l'an 450 avant notre ère, paraît avoir fixé le type de ces ménadeséchevelées. ^{\ Bacchante, représentée en état d'ivresse, portait un chevreuil qu'elle avait égorgé et ses cheveux épars semblaient agités par le vent. Malgré l'expression de sa fureur bachique, elle conservait la souplesse et la grâce d'une femme et le dieu qui l'agitait n'altérait point la beauté de ses traits. « Qui a, disait un poète, enivré cette bacchante? Est-ce Bacchus ou Scopas? — C'est Scopas. — Arrêtez, arrêtez cette statue ! s'écriait un autre, elle va s'enfuir. »

Une épigramme de Y Antholojjie grecque fait la critique d'une statue de bacchante qui ne répondait pas assez au caractère que leur attribue ordinairement la mythologie : « Le statuaire a fait cette bacchante pudique, ne sachant pas encore sans doute agiter les cymbales. Avec ses yeux baissés, elle a un air si réservé qu'elle semble dire : « Sortez, et je jouerai des cymbales quand il n'y aura plus personne. »

Les Pans et les Satyres. — Outre les bacchantes, le culte de Bacchus a fourni à 1 art (h'S types associant dans une certaine mesure la forme animale avec la forme humaine : c'est la troupe dansante des pans et des satyres. Nonnos représente les pans comme ayant pris part à la conquête de l'Inde. « Ceux qui, sous leurs grottes natives, portent le nom de Pan leur père, ami des solitudes ; ces pans dont la forme humaine se mêle à la forme d'un bouc velu, prenaient place dans l'armée de Bacchus avec cette apparence empruntée à des têtes cornues : douze égipans vigoureux s'avancent, et tous ils se vantent d'être issus du Pan primitif, le dieu montagnard. » (Nonnos.)

Les satyres participent aussi de l'homme et de la chèvre avec laquelle d'ailleurs ils aiment à folâtrer, comme on le voit sur plusieurs pierres

BACCHUS ET SON CORTEGE

gravées antiques (fig. 502). Mais la mythologie établit une différence entre les pans et les satyres. Le satyre est d'un ordre plus élevé, parce

Fig. 501. — Satyre faisant danser un enfant (d'après une pierre grîivée antique).

qu'il participe plus de la nature de l'homme et moins de la nature de l'animal. L'animalité est marquée dans les satyres parles oreilles poin-

Fig'. 502. — Satyre (d'après une pierre gravée antique, agate barrée).

lues, mais ils ont souvent des formes charmantes, quoique toujours dépourvues de noblesse. Les jeunes satyres avec leur petit nez camard.

leurs rudiments de cornes, et les loupes qu'ils ont souvent sous le menton comme des chevreaux, ont toujours une expression de gaieté très-caractérisée. Ils se moquent volontiers des pans auxquels ils se sentent supérieurs et leur font mille malices.

Les bergers, couverts de peaux de chèvre, ont pu donner lieu originairement à la forme que les satyres prennent dans la mythologie : l'humeur gaie et bouffonne qu'on leur attribue a fait donner le nom de satyre à des poèmes comiques.

Les pans, les égipans et les faunes diffèrent très-peu des satyres. Toutes ces petites divinités apparaissent dans la mvthologie comme des êtres intermédiaires entre les dieux et les animaux, et leur vie, tout instinctive, participe entièrement de ces derniers, et plus particulièrement du bouc, dont ils ont emprunté les mœurs aussi bien que la forme. Leur rôle mythologique répond donc, dans la vie animale, à celle des héros dans la vie humaine, puisque les héros supérieurs aux autres hommes, quoique subordonnés aux dieux, participent à la fois des deux natures.

Toute cette troupe bondissante, qui accompagne partout Bacchus, est adonnée à l'ivrognerie et passionnée pour la musique. Les satyres dansent en jouant des cymbales, courent après les nymphes, se reposent en faisant entendre avec leur flûte des accords joyeux. La création de ces types appartient à la sculpture ; ce sont de purs caprices. Rien de philosophique n'a donné naissance à leur légende, et ils n'ont d'autre mission que d'égayer le jeune dieu toujours à demi endormi dans les vapeurs du vin.

Les satyres ont, comme tous les suivants de Bacchus, accompagné le dieu dans sa guerre contre les Indiens, mais, d'après ce que JNonnos nous apprend sur leurs habitudes, ils n'ont pas dû être d'une bien grande utilité sur les champs de bataille. « Sans cesse, nous dit le poète dans ses Dionysiaques, la troupe cornue des satyres s'enivre de coupes pleines jusqu'au bord ; toujours menaçants dans le tumulte, toujours fuyants cà la guerre ; lions loin de la mêlée, lièvres dans le combat, habiles danseurs, plus habiles encore à épuiser à longs traits le vin des plus larges amphores. Peu de capitaines parmi eux apprirent, sous les ordres du valeureux Mars, l'art si varié de la guerre, et surent faire manœuvrer les bataillons. Dans l'armée de Bacchus, les uns se revêtaient de peaux de bœuf toutes brutes, les autres se fortifiaient sous les peaux hérissées des lions ; ceux-ci s'entourent de la formidable enveloppe des panthères, ceux-là s'arment des plus longues massues ; tantôt ils passent autour de leurs reins des peaux de cerfs aux bois rameux, et s'en font une ceinture diaprée à l'égal du ciel étoile ; tantôt, sur leurs tempes, autour de leurs fronts, s'allongent les pointes aiguës de leurs cornes ; de rares cheveux croissent sur k^ur tête raboteuse et viennent

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BACCHANTES ET SATVUES. o'u

liiiii- a leurs sourcils toi'tiunix. Ouaiid ils iiiaicheiit, les vents ailés soufflent contre leurs oreilles raidies et le lon^- de leurs joues velues ; une ([ucue de cheval s'étend sur leur dos, s'arrondit autour de loui's reins et se dresse. »

L'antiquité primitive représentait les salues sous des lornies grotcs- (jues ou effrayantes et se plaisait à se les figurer comme des ravisseurs de nym])lies. On continue toujours à faire de vieux satyres barbus ; mais l'art de la grande époque fit aussi des satyres plus jeunes, dans lesquels l'élégance de la tonne et une aimable espièglerie se trouvent associées au caractère [)iiniitif des compagnons de Bacchus. p]nfin, il y eut des

Fig. ôOô. — Bacchus conduit par un satyre (d'après une peinture de vase).

satyresses et des satyres enfants, toujours bien potelés, avec l'air malicieux, mais nullement méchants. Les satyres ont, comme signe distinclif de leur race, le nez canlard, les oreilles pointues, les yeux obliques, les cheveux hérissés, des cornes naissantes et deux petites loupes de chair sous le menton comme des chevreaux. Hésiode appelle les satyres une race propre à rien; l'épithète peut être juste, mais comme ils courent sans cesse après les nymphes, qu'ils poursuivent à travers les bocages, les peintres et les sculpteurs ont trouvé dans leurs mœurs les sujets d'une foule de compositions ravissantes.

C'est le sculpteur Praxitèle qui paraît a\oir li\é le l\[)e des satyres tels que nous les voyons sur de nombreuv monuments antiques. Il avait fait un satyre en bronze qui avait acquis dans l'antiquité une telle réputation qu'à Athènes on ne l'appelait jamais autrement que le Célèbre. Parmi les autres représentations fameuses de satyres on citait celui de Protogène. C'est ce tableau que Protogène était en train de faire quand Démétrius vint assiéger Rhodes, où habitait lillustre artiste, dont le vainqueur ordonna de respecter la maison.

Nous avons dans nos musées |)lusieurs statues admirables do faunes

:iîS 15 A ce III" s ET SON COHTKCiK.

on (lesnhrcs. Le Fautif flùtnir {\\[ Louvre est ic^aidé coniiiu' mio iinilîitioM <riiiio sculpture (le PiaxitMc. Ce nom de Jaune llnteni' réi)on(l an reste à deux statues |>i'es(|ne analogues et sur lesquelles le eatalotine du musée donne la notice sui\ante : *< Ces deu\ charmantes statues i'e[)resentent des satyres adolescents, jonaiit de la llùte traversièrc (tig-. .iOT el 508). Les jambes croisées, ils s'appuient nonchalamment, le premieicontre un cippe, le second contre un tronc d'arbre. Leurs pardalides en écharpe, attachées sur Tépaulc, recouvrent une partie de ces supports, placés sur le côté gauche. Le Satyre au repos, peint par Protogène, s'aj»puyait penl-ètre aussi sur une colonuette. On admet généralenKMitffue le

l''ig. 500. — Faune et faunesso (d'après un buste antique, musée de Naplcs).

célèbre satyre de Praxitèle, connu sons le nom de Périboëtos (le Fameux.), a été Toriginal de nos statues, hypothèse d'autant plus vraisemblable, (|ue [nescpie tous les musées possèdent ce motif souvent répété. Le style et l'idée rappellent, en effet, les tendances de l'école de Praxitèle et la lloraison de la poésie bucolique ; mais le Périboëtos portait une coupe. Quant au travail, le jeune satyre au cip[te est bien su|iérienr a l'autre. »

Le Faune au repos du Vatican passe également et peuf-étre a\ec plus de raison pour une imitation du satyre de Praxitèle (fig. \\\^). Va' Faune dansant de la- galerie de Florence est un satyre moins jeune ({ue les précédents et dont les formes se rapprochent de l'âge viril. On peut en dire autant de la belle statue connue sous le nom du Faune jonant des cymbales (fig. 509), sur laquelle Clarac, dans son grand ouvrage sur les statues antiques de l'Europe, a fait la remarque suivante : « On voit ici une des

Fig. 507. — Faune llùteur au cippc (d'après une statue antique, musée du Louvre;

BACCHANTES Eï SATYRES.

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|iliis belles slaiiics antiques. Elle est aussi précieuse parle savant travail <lc lai liste (pu^ par la connaissance qu'elle donne de rinstriiment attache à son pied droit. Cette machine était composée de deux petites crotales (aujoui-d'luii castagnettes) fixées à deux planches réunies par une espèce de charnière, de sorte qu'on pouvait les frapper l'une contre l'autre. Elle était appelée scabillum;o\\ attachait le dessus de cette machine au pied comme on le voit à notre faune. On fra|)pait les castagnettes

Fig. 50^. — Faune flùtcui" au tronc darbre (d'après une statue antique^.

en cadence, soit pour marquer la mesure, lorsqu'il n'y avait qu'un scahillum dans un chœur de musiciens, soit pour accompagner les autres instruments, lorsqu'il y en avait plusieurs. J'ai appelé Faune cette statue avec les écrivains qui m'ont précédé, mais son véritable nom doit être Satyre. D'abord, on ne peut douter que Faune ne soit une divinité de la mythologie romaine seule, et ce beau marbre est indubitablement ou une statue grecque, ou la copie d'une statue grecque. Fnsuite les satyres, dans l'ancienne mythologie, avaient les formes humaines excepté les oreilles et la queue d'un cheval. Les faunes leur

î)o2 • UACCIIIS KT SUN COliTKd K.

r('SS(MVil)K'iviil. mais (l('|iiiis Zciixisoii Iciii- (l<iiiiia iiiic (|iictk'(l(' boiic. »

Les Faunes. — Le Nciilable Faune est piimitiveiiienl un dieu italien, (jue l'art a eontoiidn avee les satyres. Il est pirscnté ehez les aiieicMS auteurs a\ee tous les caiaetrivs d'un ciN ilisateur. (|ui adoiu'it

Fig. :m. — F;iuiie jouant des cymbales (d'après une statue antique).

les mœurs nomades par la musique. 11 est l'inventeur du chalumeau. Lorsque le culte des Grecs se répandit en Italie, les rapports que Faune présentait a\ec Pan les firent confondre, malgré la diversité de leur légende. Comme tous les dieux primitifs de Fltalie, Faune veillait à la fécondité des troupeaux et recevait les hommages des hergers. Plusieurs belles statues antiques le représentent avec un caractère pastoral et portant un chevreau sur ses épaules (fig. 512).

l'ig. ôlO. — Faune au repos (d'après une statue antique, à Rome;

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Le brillant cortège de Bacchiis a fréquemment inspiré les artistes modernes; mais aucun ne s'est pénétré autant que le Poussin du caractère de la mylhologie grecque. Nous en avons de très-beaux exemples au musée du Louvre, à la Galerie Nationale de Londres, et dans plusieurs grandes collections de l'Europe. Il y a une ivresse et une gaieté charmantes chez ces satyres qui courent après les nymphes des bois, et aucun artiste n'a mieux compris ces types étranges. Qu'elle

Fig. r>ll. — Faune dan^^ant (d'après vino statue antique).

est jolie aussi cette composition où nous voyons un satyre, un faune, une hamadryade et deux amours qui voyagent ensemble pour se rendre a la fête de quelque divinité rustique, où U y aura sur l'herbe des danses joyeuses et des repas dont le raisin fera tous les frais. L'Amour porte les pipeaux devant le cortège; mais l'hamadryade fatiguée veut se faire porter par le satyre, car on est pressé d'arriver : il semble qu'on entende déjà la bruyant(> joie des fêtes de Pan ou de Bacchus. Fraironanl

BACCHUS KT SOiN CORTEGE.

(fig. 513) et Clodion aimaient aussi à représenter les joyeux satyres et ils y inettaicnt tout l'esprit \ir cl cliarmaiit (1(> l'art français du dixhuitième siècle.

Les sujets de ce genre ne pouvaient manquer de jtlaire à Hubens, qui voyait là un prétexte à une grande variété de teintes pour les carnations et à ce tumulte de mouvements qui plaisait à son imagination. Dans une quantiti' r-nonne de tableaux, disséminés dans nos collections,

yis:. 013. — Faune au chevreau (d'après une statue antique).

il a peint des réunions de bacchantes et de satyres, avec des fruits, des Heurs, des tigres tachetés, des enfants joufflus, des nymphes endormies, et partout il a répandu une gaieté, une richesse de tons, un entrain merveilleux. La grande Bacchcmale àa Jordaens, au musée de Bruxelles, est aussi un chef-d'œuvre d'éclat et de lumière ; toute cette mythologie matérialiste des peinti-es flamands séduit la vue comme un bouquet, sans arriver jamais, néanmoins, à cette cadence <pii fait le charme des conceptions antiques.

Les scènes bachiques sont fréquemment représentées sur les sarcophages ou sur les bas-reliefs qui se déroulent autour des vases. Le vase lîorghèsc, au musée du Louvre, est particulièrement célèbre pour ce genre de représentations. La bacchanale qui le décore forme le sujet

BACCHANTES ET SATYRES. o.)/

de nos figui-cs 503 et 5<M. Dans la première, Haeeliiis, couronne d'tni bandeau et dune hianciie de lierre, tient de la main droite son thyrsc et pose l'autre sur l'épaule d'une bacchante qui joue de la lyre. Uinautre bacchante auite un tambourin derrière le dieu; en l'ace de lui ou

Fig. .">13. — Satyres et nj-n]plies (d'apiù? Fragoiiard).

voit une panthère couchée et un satyre qui danse. Sur l'autre coté du vase (fig. 504), le vieu\ Silène se baisse péniblement pour ramasser sa coupe. Près de lui une bacchante joue des crotales, un satyre de la double flûte, etc. Ce magnifique vase en marbre pentélique a été trouvé au xvf siècle, à Rome, près des jardins de Salluste.

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