CHAPITRE IV
LA DESTINER
Jupilt'i- et Thcaiis. — Los Heures. — Les Saisons. — Les Parques. — La naissance (le Méléagre. — Le sanglier de ('-alydon. — Le tison fatal. — La Fortune. — Plutus. — L'or du icii Midas.
Jupiter et Thémis. — La Justice personnifiée, Thémis, est l'épouse de Jupiter : la balance est son attribut. Thémis, assez fréquemment représentée dans l'art moderne, qui l'emploie à la décoration de nos tribunaux et de nos palais de justice, ne répond à auciui type particulier dans l'art antique, et on ne voit jamais ses statues. Aucune fable dans la mythologie ne se rattache à cette déesse, qui néanmoins occupe un rang éle\é dans l'Olympe, car, à la table des dieux, elle est assise à la droite de Jupiter. Mais Junon n'en montre aucune jalousie, et jamais les deux déesses n'ont eu de démêlé ensemble.
L<' Printemps.
L'AutoiiiiiP.
i;i-:tô.
Fi». .V2. — Les Saisons (d'après un bas-relief antique tiré do l'aïUol des douze dieux.
Musée du Louvre.)
Les Heures. — Thémis, ([ui représente l'ordre régulier de la nature, caractérisé par la l)alance, est mère des Heures et des Parques. Les Heures, que Théocrite ajipelle les plus lentes des divinités, se suc-
54 , JUPITER ET JUNON
cèdent sans jamais empiéter runc sur l'autre et apportent toujours quelque chose de nouveau. Primitivement confondues avec les Saisons, elles étaient au nombre de trois. Sur l'Autel des douze dieux au Louvre, nous les voyons figurer sous leur forme archaïque. Le Printemps tient une fleur, l'Été une branche de feuillage, et l'Automne, qui est entre les deux autres, est caractérisé par la grappe de raisin. L'Hiver, qui lans l'origiue n'était pas considéré comme une saison, n'y figure pas
fit;. :;2:
Plus tard \e nomltre des Heures a augmenté, et une pensée morah'
Fig. 5i. — L'Hiver, statue de Legros fjardin des Tuileries).
vint s'ajouter à leur ancien caractère physique. En môme temps qu'elles président à la succession des temps^ elles mûrissent les actions des mortels et veillent à la marche régulière des lois, à la justice et aux bonnes mœurs. Elles sont aussi devenues peu à peu les véritables Heures, distinctes des Saisons, et sont alors représentées sous la forme de jeunes filles qui dansent en chœur sur un rhythme harmonieux et régulier : la mission spéciale des Heures est d'ouvrir les portes au Soleil, lorsqu'il va parcourir sa carrière.
Dans la période romaine, les Saisons sont quelquefois représentées
LA DESTINÉE
sur les sarcophages. Elles sont au nombre de quatre et personnifiéespar déjeunes garçons portant des attributs qui les caractérisent.
Bacchus est alors considéré comme dieu des Saisons , et il apparaît fréquemment sous cet aspect dans les sarcophages; la figure 53 nous le montre assis sur sa panthère au milieu des génies des quatre Saisons : le Printemps, couronné de fleurs, tient un chevreau et une corne d'abondance; l'Eté, couronné d'épis, tient des épis en faisceau; l'Automne, couronné d'oliviers, porte des figues sèches enfilées et un panier contenant également des figues; l'Hiver, couronné de roseaux, tient des oies.
L'art décoratif des temps modernes a fréquemment employé des figures allégoriques représentant les Saisons, et ce sont presque toujours des femmes qui les personnifient. Cependant, dans les statues en hermès qui sont au jardin des Tuileries, Legros a montré l'Hiver sous les traits d'un vieillard barbu qui se chauffe les mains sur un brasier (fig. 54).
Les Parques. — Les Parques (ou les Moires) sont, aux yeux des anciens, la personnification delà destinée inévitable de chaque homme,
Fig. 55. — Lo pèscmcnt des destinées (d'après un miroir étrusque).
pouvoir très-vaguement défini, qui quelquefois semble soumis à celui de la divinité, et plus souvent encore paraît supérieur à ses arrêts. « Aujourd'hui, disent les dieux, nous sommes tous descendus de l'Olympe pour prendre part à ce combat et empêcher qu'Achille n'ait rien à souffrir de la part des Troyens. Cependant il doit subir le sort que les Parques lui ont filé à sa naissance lorsque sa mère le mit au monde. » (Homère.)
Virgile, aussi bien qu'Homère, a l'air de croire que Jupiter fait les fonctions d'un magistrat qui applique les lois de la Destinée, plutôt que celles d'un législateur qui les fixe. Sur une peinture de vase où nous voyons le combat d'Achille contre Memnon, Mercure montre du doigt
oC.
JLPITEII ET JUNOX.
la Ijalaiicc qui dcscoiid du côté de Momnoii, destiné à mourir, tandis <[u'olle se relève du côté d'Achille. Une. scène analogue se voit sur un miroir étrusque (fig. 55),
Lucien, dans son Jupiter confondu, cherche à mettre en contradiction la puissance qu'on prête aux dieux de l'Olympe avec celle qu'on attrihue aux Parques :
« Cyniscus. — Réponds-moi, Jupiter, à uiu^ question foi't siiu|ile.
JiPiTER. — Fais-moi toutes les questions qu'il te plaira.
CvNisr.rs. — Voici ce dont il s'agit, Jupiter. Tu as lu prohahleuKMit
Fifi. ô(). — Los trois Parques (d'après uno peinture de Micljel-Ange, musée de Florence).
les poèmes d'Homère et ceux d'Hésiode; dis-moi si l'on doit regarder comme vrai ce qu'ils chantent dans leurs rhapsodies au sujet de la Destinée et des Parques, (pi'il est impossihle d'éviter le sort qu'elles ont file à chacun au moment de sa naissance.
Jupiter. — C'est très-vrai. Il n'est rien qui ne soit ordonné par les Parques: tout ce qui arrive est l'œuvre de leur fuseau, et l'événement est toujours tel qu'elles l'ont filé dès l'origine.
CvMscrs. — ... Si les choses sont comme cela, si les Parques sont
LA DESTIiNÉE.
tellement nos souveraines qu'on ne puisse rien changer à ce (fu'elles ont une fois résolu, pourquoi donc, nous autres hommes, vous offronsnous des hécatombes, vous demandant en échange toutes sortes de biens? Je ne vois pas quel profit nous pouvons retirer de ce culte, si nos prières ne peuvent obtenir Teloignement des maux, ni aucune des faveurs dont les dieux disposent.
JrPFTER. — Je sais où tu vas chercher toutes ces questions : c'est à l'école
l''ig. ô7. — Les Parques (d'après le tableau de Rubeiis, musée du Louvre).
de ces maudits philosophes, qui nient notre providence sur les hommes. C'est leur impiété qui leur inspire de pareilles demandes... etc. »
Le philosophe va si loin que Jupiter finit par le menacer de sa foiiihe. mais Cyniscus reprend qu'il n'en arrivera jamais que ce que les Paiques auront décidé.
Les Parques sont habituellement au nombre de trois : elles tiguient quelquefois sur les miroirs étrusques. Ilabituellement Clotho est repre-
senti'c filaiil. Laclu'sis niar([iinnt la dcstiiu'o fiiiiire, et Atropos coupant le (il. (Jiic'lquol'ois aussi ou \oit Lacliésis ('•cri\ant ou portant un l'ou- Icau, et Atropos tenant la balance ou indiquant les heures sur une horloge solaire.
Michel-Ange a fait un célèbre tableau qui fait partie de la galerie de Florence et qui représente les Parques sous les traits de trois vieilles femmes qui filent la destinée des mortels (fig. 56). Rubens, dans la série de ses taldiMux du Louvre sur Marie de ^lédicis. commence par montrer
Fig. 58. — Les trois Parques (d'après un groupe de Debay).
les trois Parques sous la forme déjeunes femmes très-dodues, qui, assises sur les nuages, sont -occupées à filer la destinée de la reine. Jupiter et Junon témoignent par leur présence de l'intérêt qu'ils prennent cà la jeune princesse qui va naître (fig. 57).
Le statuaire Dehay a représenté les Parques sous les traits de trois jeunes filles, dans un grou|ie dont le modèle a figuré au salon de 1827. Clotho, couronnée de fruits, pour indi([uer l'aliondance (jue Ihomme sait se procurer par le travail pendant la durée de sa vie, occupe le milieu du groupe. Elle tient dans ses mains le fil de l'existence d'un mortel que linexorable Atropos, couronnée de cyprès, s'apprête déjà à couper. A gauche est Lachésis qui préside à la naissance : elle vient de
LA DESTINÉE
puiser dans l'urne de la Destinée la boule indicative de l'être qui doit passer sur la terre quelques instants, dont elle va tracer le cours sur la sphère {fig. 58).
Dans un bas-relief du musée Pio-Clémentin, nous voyons le rôle que jouent les Parques dans la formation de l'espèce humaine. Prométhée, assis sur un rocher, près d'une colonne cannelée, tient un ébauchoir et est occupé à modeler une femme avec du limon de la terre. Divers ani-
Les Parques
Prométhée.
Fig. b"^. — La destinée humaine.
mau.vqui paraissent au-dessus rappellent une tradition d'après laquelle il aurait emprunté à quelques-uns d'entre eux divers éléments pour former les hommes. Mercure, le messager des dieux, conduit par la main Psyché^ personnification de l'âme humaine, caractérisée par ses ailes de papillon : Mercure lui montre le corps qu'elle va habiter. Dans la destinée humaine, la vie est inséparable de la mort : c'est pour cela qu'une figure inanimée est couchée aux pieds de Prométhée. et que les Parques qui président à la destinée humaine suivent l'âme que Mercure conduit par la main. La première, Atropos, montre un gnomon (cadran solaire), symbole de la durée de sa vie ; Lachésis tire son horoscope sur le globe qu'elle tient à la main, et Clotho tient dans chaque main un volume ou rouleau, sur lequel sont inscrites les destinées (fig. 59).
Si les Parques sont toutes-puissantes pour décider des événements qui doivent nous arriver, il paraît qu'elles ne fixent pas toujours exactement l'époque précise oîi leurs décisions doivent s'accomplir. Althée, femme d'OEiiée. roi de Calydon, avait un (ils nommé Méléagre. Sept
.irpiTKii i:t jl'.non.
jours après lu naissance de lonlant. les l*ar([uos vinrent prévenir sa mère qu'il ne vivrait pas plus longtemps qu'un tison qui à ce moment t'tait dans le l'eu. Altliéc aussitôt retira le tison cUi feu et le serra soi- ,tineusenienl dans un coffre.
Chasse de Galydon. — Quand Méléa<^re fut arrivé à l'âge d'homme, Diane, que le roi de Calydon avait oubliée dans un sacrifice, envoya dans la contrée un sanglier formidable, qui ravagea la contrée. Les blés sont saccagés, les vignes détruites, les oliviers abattus avec leur fruit : les troupeaux, les bergers, les chiens, les taureaux même les plus furieux, ne pouvaient se garantir de sa rage. Tout le monde fuyait; les campagnes étaient désertes et les villes seules otl'raient un asile assuré contre .sa fureur. (Ovide).
Cependant le lils du roi de Calydon, Méléagre, brûlant du désir de se signaler dans une occasion aussi périlleuse, résolut d'exterminer le san-
Fig. GO. — Atalamc ot Méléagre (mosaïque aiuique, à Lyon).
glier ; c'est pour cela que la hure d'un sanglier est devenue l'attribut du héros et figure toujours à côté de ses statues. Méléagre fut accompagné <lans cette chasse célèbre par les héros les plus fameux. Castor et PoUux, Jason, Thésée, Pirithoûs, Laerte, et les oncles de Méléagre, Toxée et Plexippe. Parmi les chasseurs était une jeune fille d'une admirable iteauté et d'un courage plus admirable encore, Atalante. Méléagre conçut pour elle une passion aidente.
Le sanglier, tracjué de tous côtés, s'élance aux travers des chasseurs, et en renverse i»lusieurs. Atalante eut la gloire de le blesser avec son javelot; Méléagre, s'élancant alors sur l'animal furieux, le tua. Après sa victoire, il dépouille le monstre, se tourne vers Atalante, lui offre la peau et la hure du sanglier.
Les autres chasseurs ne l'entendent |ias ainsi et ne peuvent supporter rid(''(' ([ii'une femme ait conquis une gloii'c plus grande (pie la leur. Les
Fig. 01. — Méléagre (statue antiqvio, à Rome]
LA DESTINEE
deux oncles de Méléagre notamment se jettent sur Atalante pour lui arracher la dépouille qu'elle vient de recevoir. Mais, au même moment, Méléagre, ne se contenant plus, saisit son épée et la passe au travers du corps de ses deux oncles, en délivrant Atalante injustement attaquée. (Ovide).
Fig. 62., — Le sanglier de Galydon (d'après un bas-relief antique).
La chasse du sanglier de Calydon était représentée sur le fronton du temple de Minerve Aléa à Tégée : les sculptures étaient de Scopas. Rubens a fait sur le même sujet un tableau dont Suyders a peint les animaux.
Le tison fatal. — Althée, mère de Méléagre, était allée remercier les dieux de la victoire que son fils venait de remporter : en route, elle rencontre le corps de ses deux frères qu'on rapportait à Calydon. A ce spectacle, elle quitte ses habits de cérémonie, se couvre de deuil, et fait retentir la ville de ses cris et de ses gémissements. Mais quand elle apprit que le meurtrier était son fils, elle ne songea plus qu'à la vengeance. Elle prit le tison fatal qu'elle avait autrefois enfermé si soigneusement, et, dans sa colère irréfléchie, le jeta au feu.
Méléagre, qui ignorait cela, se sent pris tout à coup d'un mal inconnu ; sa douleur devient plus vive à mesure que le tison brûle. Bientôt il tombe dans une sorte de langueur, et quand le tison est entièrement consumé, il rend le dernier soupir. Althée, ne pouvant survivre au désespoir où l'avait jeté son crime, se donna elle-même la mort. Un bas-relief nous montre la mort de Méléagre en trois épisodes. Au milieu, Méléagre expire entouré d'amis désolés ; d'un côté il tue ses oncles, et de l'autre, sa mère, Althée, jette au feu le tison fatal, tandis que la Parque marque
.iri>iTi':n v/v junon.
LA DESTINÉE
sur ses tablettes le moment exact où le héros doit rendre le dernier sonpir (fig. 63).
Les traditions relatives à Atalante et au tison d'Althée sont postérieures à Homère, qui dit simplement qu'après la mort du sangrlier de Calydon, une querelle s'engagea entre les Etoliens et les Curetés pour avoir sa dépouille. Méléagre, qui commandait les Etoliens de Calydon, vainquit d'abord les Curetés, et dans la lutte, il tua ses oncles, qui avaient pris parti pour eux. Plus tard, irrité des imprécations de sa mère, qui avait invoqué contre lui la vengeance des divinités infernales, il s'enferma dans les murs de Calydon et ne voulut plus combattre. Les Curetés vinrent alors assiéger la ville et les supplications de son père, de sa mère et de tout le peuple ne purent décider le héros h la défendre, en sorte que les murailles furent escaladées. Cédant enfin aux sollicitations de sa femme, Méléagre sortit de son inertie, et repoussa les Curetés qui allaient embraser la ville ; mais il ne revint pas du champ de bataille, car les malédictions d'Althée avaient produit leur effet. Cette version est figurée sur un bas-relief antique où l'on voit le héros qui vient de trouver la mort en combattant, et dont on rapporte le corps (fig. 64).
La Fortune (Tyciié). — La Fortune, fille d'Océan etTéthys, n'a j)as <!(' fable qui lui soit particulière dans la mythologie. Mais l'art lui donne
Fig. 65. — La Fortune (d'après une figure antique).
Jine physionomie et des attributs particuliers suivant l'aspect sous lequel elle est envisagée. Quand elle tient le gouvernail, eUe représente !•' destin qui gouverne le monde ; quand elle |tort(^ une corne d'abon-
6G JUPITEIt ET JUNON.
dance, elle devient le symbole de la ])rospéi'ilé. Les poètes lui prêtent des ailes pour montrer son instabilité, mais les artistes lui donnent plus volontiers un globe ou une roue pour attribut (fig. 65). Les Romains prétendaient qu'ayant quitté l'Assyrie et la Perse, la Fortune s'était arrêtée un moment en Grèce et en Macédoine, puis était venue se poser sur le mont Palatin, où elle avait rejeté ses ailes et sa roue |>arce qu'elle s'y était fixée pour toujours. Cette divinité sans légende était fort lionoréc dans l'antiquité et avait plusieurs temples à Rome.
La Richesse (Plutls). — Le dieu des richesses, Plutus, est fils (le Ceres et naquit dans un champ de la fertile Crète, fécondé par un ti-iple labour. Jupiter^ craignant qu'il n'anticipât sur ses attributions, le frappa de cécité dès sa naissance, en sorte qu'il ne voit jamais si ses dons s'adressent aux bons ou aux méchants. Ce dieu sans légende était représenté sous les traits d'un enfant qui tient une corne d'abondance. On voyait à Thèbes une statue qui représentait Plutus dans les bras de la Fortune; à Athènes, il était dans les bras de la Paix ; à Thespies, dans ceux de Minerve Ouvrière.
L'amour immodéré de l'or a donné lieu à une fable dont le roi Midas est le héros. Bacchus, à qui il avait rendu service, lui permit de choisir lui-même la récompense qu'il voulait. Midas lui demanda de faire en sorte que tout ce qu'il toucherait devînt or : Bacchus l'exauça. Midas, voulant vérifier son pouvoir, alla cueillir une branche d'arbre qui fut aussitôt changée en rameau d'or. Le roi rentra ravi dans son palais et à peine en eut-il touché les portes qu'elles commencèrent à jeter un éclat surprenant. Il ne pouvait contenir sa joie, mais elle ne fut pas de longue durée, car lorsqu'il fut à table et qu'il voulut porter à sa bouche un morceau de viande^ il ne trouva que de l'or sous sa dent; quand il voulut boire, il s'aperçutqueson verre ne contenait que de l'or liquide. Au milieu de l'abondance, il ne pouvait ni assouvir sa faim, ni étancher la soif qui le dévorait ; et cet or qui avait fait l'objet de ses vœux, devint l'instrument de son supplice. Il reconnut alors sa faute et implora de nouveau Bacchus, qui le rendit à son premier état et lui ordonna d'aller se baigner dans le Pactole, auquel il communiqua sa vertu. En effet, depuis ce jour, ce fleuve roule du sable d'or.
Le Poussin a peint le roi Midas priant à genoux le dieu Bacchus de lui reprendre le don de convertir en or tout ce qu'il touche : ce joli tableau est au musée de Munich.