CHAPITRE IV
THÉSÉE
L'enfance de Thésée. ^ La pierre soulevée. — La robe traînante. — L'arbre de Sinis. — Le lit de Procuste. — Le brigand Sciron. — La coupe empoisonnée. — Le Minotaurc et les jeunes filles. — Le taureau de Marathon. — Le labyrinthe. — Le fil d'Ariadne. — L'abandon d'Ariadne. — Retour de Thésée. — Les Amazones. — Thésée et Pirithoiis. — Thésée aux enfers. — Mort de Thésée.
Enfance de Thésée. — La légende héroïque d'Athènes se personnifie dans Thésée, fils d'Egée, roi d'Athènes. Il avait été élevé à Trézène chez Pitthée, son grand-père maternel. Hercule, étant un jour venu voir Pitthée, quitta sa peau de lion pour se mettre à table. Plusieurs enfants de Trézène, parmi lesquels était Thésée, âgé au plus de sept ans, s'approchèrent du héros, mais à la vue de la peau de lion, ils s'enfuirent tous à l'exception de Thésée, qui, loin de montrer aucun effroi, arracha une hache des mains de quelqu'un des domestiques, et fondit courageusement sur ce qu'il croyait un lion véritable.
La pierre soulevée. — Egée, avant de quitter Trézène, avait mis son épée et sa chaussure sous une grosse roche, et avait recommandé
Fig. G2o. — Thés 'c (d'après une iiioniKiic antique;.
a sa femme Ethra, de ne pas lui envoyer son fils à Athènes avant qu'il fût en état de lever cette pierre. Car il tenait à ce que le vieux Pitthée, ([ui avait une grande réputation de sagesse, dirigeât entièrement la première éducation de son fils. A peine Thésée eut-il atteijit l'âge de seize ans, qu'il souleva la pierre et s'étant emparé du dépôt qu'elle cachait, il résolut de se rendre à Athènes, pour y acquérir de la gloire.
HERCULE ET THESEE.
Un bas-rcliof du imisôc Cujipana nous mnntriî le héros soulevant, au milieu de sa famille étonnée, l'énorme picire qui recouvrait les armes
Fig. G2C. — Thésée soulevant la pierre (d'après un bas-relief antique).
de son père Egée (lig. 026). Cette scène est aussi reproduite sur une monnaie, mais Thésée est seul (fig. 625).
Arrivé secrètement près de la Aille, où il était absolument inconnu, Thésée montra de nouveau sa force. Il avait une robe traînante et des beaux cheveux bien frisés qui retombaient en boucle snr ses épanles.
La robe traînante. — Les vêtements longs étaient fort méprisés à Athènes oi^i on les regardait comme un signe de mollesse. Comme il passait près d'un temple d'Apollon qu'on achevait de bâtir, Thésée entendit les ouvriers qui disaient en riant : Oii va donc cette belle grande fille ainsi toute seule? Le jeune héros se sentit piqué de cette plaisanterie; il ne répondit rien, mais, ayant dételé deux bœufs qui étaient attelés près de là à un chariot couvert, il prit la couverture du chariot et la lança par-dessus le toit auquel les ouvriers travaillaient. Songeant ensuite qu'on ne l'aurait pas pris pour une fille, s^il s'était signalé par quelque exploit qui le rendît fameux, il résolut de ne pas entrer immédiatement dans Athènes, et de ne se montrer cà son père que lorsqu'il en serait digne.
L'arbre de Sinis. — Toutes les contrées du voisinage étaient alors infestées de brigands : Thésée prit la résolution de les détruire tous. Il se dirigea d'abord du côté d'Épidaure, où Périphètes, qui passait pour fils de Vulcain, gardait la grande route et assommait les voyageurs avec une massue d'airain. Il le tua et garda sa massue comme trophée. En-
THÉSÉE
suite il se rendit vers l'isthme de Corinthe qui était gardé par le brigand Sinis ; celui-ci courbait deux grands pins l'un contre l'autre, et les laissait se redresser après y avoir attaché ceux qu'il avait vaincus. Ces arbres, en se relevant, tiraient chacun d'un côté différent, et comme les
Fig. 6'27. — Sinis et Thésée (d'après une peinture de vase).
liens ne cédaient ]»as, les malheureux ainsi attachés étaient mis en pièces. Thésée le fit périr par le même supplice. Sur un bas-relief du musée Campana on voit Sinis lié à un pin et le héros qui s'apprête à le frapper. La même scène est figurée sur des vases (fig. 627-628). L'arltre
Fig. G'28. — Thésée tuant le brigand Sinis (d'après une peinture de vase).
<le Sinis est toujours représenté par un arbuste dans les monuments archaïques, parce que les artistes, qui ne se piquaient pas d'être paysagistes, se contentaient d'indiquer le sens de la légende et nullement d'en haduiie 1a réalité pittoresque.
Le lit de Procuste et le rocher de Sciron. — Le brigand l'rocuste a\ait inic manie singulière: il voulait ([ue tout le monde tut
HERCULE ET THESEE.
(le la iiK'iiic laillc (lUc lui, cl potii' cela il faisait coucher suc sou lit les vovaiicurs (|u"il aNait arrêtes. S'ils dépassaieut la mesure du lit. ou leur coupait rextrémité des jauibes, et si au contraii'o ils étaieut trop petits pour eu couviir toute la lougueur, ou les tirait avec des corde.s jusqu'à ce qu'ils eussent atteiut la grandeur voulue. Thésée en purgea la contrée, et courut ensuite après le brigand Sciron, qui était moins mania([ue, mais qui ne valait })as mieux.
Scir(Mi était très-gourmand, et il aimait particulièrement les tortues; pour en rendre la chair plus délicate, il les noiu'rissait de sang humain. IjCS voyageurs ([u'il avait dépouillés étaient anu'ués en haut d'un rocher et précipités de là sur le sol où étaient les tortues ([ui venaient aussitôt prendre leur repas et qui paraissaient très-friandes de cette nourriture. Thésée ayant pris Sciron le leur jeta en pâture. C'est toujours la peine du talion, expression primitiv(> de la justice chez les
Fig'. CrVJ. — La iiioi-t de Pi-ocnstP 'd'apiès uno pcinturo de vase).
hommes, qui reparaît dans ces légendes, et Thésée, comme Hercule, se fait le grand redresseur des torts, le protecteur des populations opprimées, et l'adversaire redoutable des ennemis du genre humain.
La coupe empoisonnée. — Après avoir ainsi purgé l'Attique des l)rigands qui la désolaient, Thésée pensa qu'il pouvait sans rougir se ju'ésenter devant son père, et arriva à Athènes qui était alors troublée par de graves dissensions. Les Pallantides, neveux du roi, cherchaient à s'emparer du pouvoir : ils étaient au nombre de cinquante et avaient de nombreux partisans, car personne dans la ville ne connaissait personnellement Thésée et beaucoup doutaient que le fils du loi fût encore vivant. D'un autre coté, le vieil Egée était complètement sous l'influence de la magicienne Médée, qui, se déliant de cet étranger, voulut le faire empoisonner avant que son père eût [»u le reconnaître. Mais le monarque athénien, ayant aperçu l'épée que Thésée portait avec lui, le reconnut pour son fils et lui arracha des mains la coupe empoi-
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soiiiu'c, qu'il lui a\ait dabord servie. Un fragment de bas-relief anti- (jue représente cette scène, où on voit Médée debout derrière Thésée
Fig. IVW. — Egée retire la coupe empoisonnée destinée à son fils Thésée 'd'après un fragment antique).
à qui son père enlève la coupe, et attendant Teffet de son liltre (fig. 630). La magicienne, voyant ses artifices découverts, prit aussitôt la fuite.
Le taureau de Marathon. — Quelques années auparavant, Androgée, fils du roi de Crète Minos, était venu à Athènes pour les jeux gymniques et avait vaincu tous ses concurrents. Un taureau énorme dévastait en ce moment la plaine de Marathon ; Androgée, comptant sur sa fore, voulut le combattre, mais il fut tué par le taureau. Minos ac-
Fig. G3I. — Le Minotaure emmenant les jeunes filles (bas-relief du vaso d'Orsay)
ciisa Egée de la mort de son fils, et vint assiéger Athènes avec une armée formidable; n'étant pas parvenu à s'en emparer, il s'adressa à Jupiter vengeur, qui envoya une peste auv Athéniens. Ceux-ci consultèrent l'oracle, qui leur ordonna, pour apaiser le Dieu, d'envoyer à des intervalles réguliers sept jeunes gens et autant de jeunes filles dans l'île de Crète, pour servir de pâture au Minotaure, monstre à tète de taureau. Un bas-relief sculpté autour d'un vase connu sous le nom de vase d'Orsay paraît représenter le Minotaure entraînant les jeunes Athéniennes pour les immoler. C'est du moins une des explications qu'on donne de cette singulière composition où d'autres ont vu Bacchus conduisant les j)léiades. Ce vase remarquable a soulevé de grandes discussions parmi les savants, mais il à perdu toute sa valeur archéologique, depuis qu'on
a contesto son antiquité : on ci'oit aiijourdluii (|ii(> c'o^if im (Uivi-agc fie la Renaissance {(\g. 631).
Les Athéniens avaient déjà payé deux fois le (rihul demande, (jiiand Thésée aii'i\;i. Il eoninienea par alh'i- dans la |»laine de Marathon a la
Fig. C3"2. — Le taureau de Marathon (d'après une peinture de vase'.
rencontre du taureau furieux qu'il ramena tout vivant dans la citadelle et il le sacrifia à Apollon. Une peinture de \ase représente ce combat : Thésée a dompté le taureau auquel il fait courber la tête devant Minerve, j)rotectrice d'Athènes. La Victoire vole à ses côtés et l']gée assiste au triomphe de son fils (fig. 632).
Thésée et le Minotaure. — Thésée résolut ensuite d'aller combattre le Minotaure. L'entreprise n'était pas aisée : car ]c Minotaure
Fig. G33. — Le Minotaure. Le lahyrintlie.
(D'après une monnaie antique.)
était d'uiu; force prodigieuse, et son père Minos, désirant le soustraire à tous les regards, l'avait placé au milieu d'un labyrinthe inextricable bâti par Dédale. Il était impossible d'en retrouver l'issue une fois qu'on y était entré. Thésée n'ignorait pas les dangers de toutes sortes qu'il allait eourii' : avant de s'embarquer il alla consulter l'oracle d'Apollon,
THESEE.
qui lui conseilla de se mettre sous la protection de Vénus. Ce fut en effet cette déesse qui inspira à Ariadne, tille de Minos, une passion poulie héros, auquel elle donna un peloton de fil pour le guider dans les
Fig. 63't. — Thésée tuant le Minotaure id'apiès une peinture de vase).
chemins tortueux du labyrinthe, afin qu"il put retrouver son chemin (juand il voudrait en sortir. Thésée combattit le Minotaurc et le tua : ce fut en mémoire de sa délivrance qu'il éleva plus tard un temple dans la ville de Trézène. Suivant Raoul Rochette, cette victoire de Thésée sur le Minotaure doit être considérée comme un symbole de la religion grecque, qui, déplus en plus humaine dans ses développements, tendait à faire disparaître autour d'elle les sacrifices humains. Cette scène a été représentée sur des monuments de style primitif. Sur un vase de style très-archaïque, on voit Thésée qui perce le 31inotaure de son épée. Le monstre essaye en vain de se défendre avec une pierre qu'il tient à la main. Deux jeunes Athéniens que Thésée est en train de délivrer sont nus et tiennent chacun une lance, mais ils ne prennent aucune part à l'action, dont ils sont simplement spectateurs ainsi que deux Jeunes filles vêtues de tuniques longues et étroites (fig. 634).
Dans l'art moderne, Canova a fait sur ce sujet deux groupes qui sont à Venise. Dans l'un des deux, le héros est assis sur le monstre dans une attitude empruntée à un camée antique; dans l'autre il lui tient la tète qu'il se prépare à écraser avec sa massue.
Ariadne abandonnée. — Quand Thésée victorieux quitta l'île de Crète, Ariadne s'embarqua avec lui, mais le héros, ne voulant pas contracter avec une étrangère une union qui eût été mal vue à Athènes, l'abandonna dans l'île de Naxos, où elle fut ensuite trouvée par Bacchus
HERCULE ET THESEE.
dont clic devint la femme. L'abandon d'Aiiadne pai- Thésée est ti^nré snr plusieurs ouvrages antiques. Une peinture d'ilerculanum nous montre la fille de Minos qui voit le navire s'éloigner et l'amour qui pleure à coté d'elle (fig. G^o).
(-et étrange abandon d'une jeune fille à ([ui il devait la vie n'a jamais été bien e\|di([ué par les mythologues. Les uns ont dit que le héros
l'"ig. G-iô. — Ariadno abandonnée dans File de Naxos (d"après une peinture anti<|Ui découverte à Pompci).
a\ait obéi aux ordres de Minerve; les autres, que c'était Bacchus luimême qui lui avait enjoint de ne pas emmener plus loin la femme qu'il voulait épouser. Mais cette scène a fourni à l'art des sujets qui ont é'té reproduits sous toutes les formes. La mode vint au commencement <hi dix-huitième siècle de faire faire son portrait avec les attributs des héros mythologiques, et Largillière acquit dans ce genre une grande réputation. <( Il est curieux, dit M. Cli. Blanc, devoir la fameuse comédienne du dix-huitièn)e siècle, au temps de Louis XIV et du régent, la Duclos, paraître dans le rôle d'Ariadne vêtue à peu près comme l'étaient niadame de Tencin ou madame de Prie : la robe retroussée, la taille en cœur, avec des demi-paniers, des pendeloques, des nœuds de ruban, et pour coiffure un panache qui produit l'effet le plus grotesque sur la tête d'une Arindne désespérée. Dans cet accoutrement, la Duclos se plaint du départ de Thésée, dont on aperçoit au loin le navire, tandis qu'au second plan, on remarque les bacchantes et Silène ajustés à l'antique.
THESEE.
mi
Ce uV'sl pas tout : un (tetit j^^t'iiic, digue de Kul)eiis, \a deposci- une couronne d'étoiles sur la tète eni[»anacliée de la Dut los, et tient d'une seule main le sceptre de la tragédie, le uias({ue de Melpomenc et une branche de laurier. Le tout fait une eveelleute j>einture : on n'est pas plus amusant, on n'est pas plus peintre. >•
L'histoire de Thésée et d'Ariadne est développée eu (piatre scènes différentes dans une grande mosaïque découverte près de Salzbourg- et maintenant à Vienne (tig. 630). Cette mosaïque n'a pas moins de dix-huit pieds de long sur quinze de large. Au centre, on voit le labyrinthe construit par Dédale, avec Thésée combattant le Minotaure. Dans le compar-
linuMit à gauche, Ariadiie remet à Thésée le peloton de lil ([iii doit le j-uidei- dans le lahyiinlhe, et dans celui (|ui est au-dessus, elle donne la main à Thésée, qui la fait monter dans le navire (jui doit les emmener.
Fig. 037. — Rcmcrciuients à Thésée (d'api-ès une peinture antique \
Enfin le dernier compartiment, celui qui est à droite, montre Ariadne assise dans une attitude triste et probablement abandonnée.
Thésée avait ramené avec lui les jeunes enfants d'Athènes qu'il avait ravis à la fureur du Minotaure. La reconnaissance de ces malheureux est très-bien exprimée dans une peinture d'Herculanum, où le héros vainqueur reçoit leurs embrassements (fig. 637).
La mort d'Egée. — Avant de retourner à Athènes, Thésée débarqua dans lîle de Délos, et exécuta devant le temple d'Apollon, avec les jeunes gens qu'il venait de délivrer, une danse qui retraç<ait les détours du labyrinthe. A son retour dans sa patrie, un oubli du pilote fut cause de la mort d'Egée, qui était convenu avec son fils, que, s'il revenait victorieux de son expédition, il mettrait une voile blanche sur le naAire, qui en portait de noires habituellement à cause de l'usage néfaste auquel il était destiné. Mais le signal ayant été oublié, le malheureux Egée crut son fils mangé par le monstre, et se précipita du haut de la citadelle. Les Athéniens conservèrent comme une relique la galère qui avait ramené Thésée victorieux, et l'employaient chaque année à j)orter leurs offrandes à Délos. Ce navire était tout rapiécé, car à mesure qu'une planche était pourrie, on la remplaçait par une autre. Mais, bien qu'il fût un peu comme le couteau de Jeannot, dont on avait remplacé plusieurs
IliiiillilIliillllIllIlJlIlllllliiiii^^
Fig. 638. — Thcsép (d'après uiio statue antique).
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lois le manche et la lame, et qui néaiiiiioius était toujours le même, on l'avait en grande vénération et on le montrait encore aux voyageurs, ail temps de Démétrius de Phalère.
Thésée combat les Amazones. — Thésée s'occupa d'abord de l'organisation intérieure de son royaume, puis il accompagna Hercule dans son expédition contre les Amazones. 11 épousa leur reine Antiope et en eut un fils qu'il nomma Hippolyte. Mais, après son retour, ayant abandonné Antiope pour épouser Phèdre, les Amazones voulurent venger cet affroni et firent une grande invasion dans l'Attique, où elles
Fig. (j:S9. — Tlicséo combat les amazones (d'après une peinture de vase)
furent exterminées. Sur une peinture de vase, on voit Thésée, transperçant de sa lance la nouvelle reine des Amazones, Hippolyte, qui est suivie d'une autre amazone, décochant une flèche à Thésée pour secourir sa compagne (fig. G39). Au reste, cette guerre des Amazones, que les Athéniens regardaient comme un fait capital dans leur histoire héroïque, fait le sujet d'une quantité innombrable de représentations sur les vases et sur les bas-reliefs qui ornent les sarcophages ou décorent les monuments. Elle était sculptée sur le temple de Fhigalie.
Thésée et Pirithoûs. — Après cette mémorable affaire Thésée avait pris la résolution de rester désormais paisible dans son royaume, quand il apprit que Pirithoûs, roi des Lapithcs, se préparait à entrer dans ses Etats avec une puissante armée. Le roi d'Athènes fut donc obligé d'aller au-devant de lui. Mais quand les deux héros furent en face l'un de l'autre, ils furent pris mutuellement d'une telle sympathie, qu'au lieu de se combattre ils se tendirent la main. Pour cimenter cette alliance, Pirithoûs invita Thésée et les Athéniens à ses noces avec la belle
<n2 HEHCULE ET THÉSÉE.
lli[)|K)(laini(', (iiii dcNaicnf avoii' licti [trochaiiicmciil, et c'est à cette occasion qu'eut lieu le lanieiix couihat coiiti-c^ les Centaures dont nous avons parlé plus haut. Les deux amis se lièrent intinuMUiMit et Piritlioiis aida Thésée à enlevei' Hélène (jui était encore dans la [treiniere jeunesse. Mais Thésée ne put profiter de son rapt, car les deux frères d'Hélène, Castor et P(dlu\. vinrent re[>rendre leur sœur, qu'ils ramenèrent à Sparte et qui plus tard devint la femme de Ménélas.
Thésée aux enfers. — En échange du service ([u'il avait rendu à Thé-sée, Pirithoiis lui avoua qu'il avait une passion pour Proserpine, et l'éclama son assistance pour l'enlever. La commission était rude, mais l'amitié impose des devoirs, et Thésée fut obligé de s'exécuter. Ils se rendirent donc tous les deux au cap Ténare en Laconie oii il y a une entrée des enfers, et ils y pénétrèrent sans trop de difficulté. Cette expédition ne fut pas heureuse, et même elle .finit par être ridicule : les deux amis ne purent remplir le but de leur voyage, car, étant trèsfatigués, ils voulurent s'asseoir sur une pierre, mais ils y restèrent collés sans pouvoir bouger en aucune façon. Thésée y serait même encore, si Hercule n'avait obtenu de Pluton l'autorisation de le délivrer : encore quand Hercule l'enleva, laissa-t-il ime partie de sa chair sur son malencontreux siège. Quant à Pirithoiis, Hercule ne jugea pas à propos de le tirer de cette situation désagréable.
Mort de Thésée. — Thésée, outre les exploits qui se rattachent directement à l'histoire héroïque des Athéniens, avait fait partie de l'expédition des Argonautes, pris part à la chasse du sanglier de Calydon et à tous les événements de son temps. 11 eut pourtant une fin assez triste; étant allé voir Lycomède, roi de Scyros, celui-ci, jaloux de sa réputation ou corrompu [)ar ses ennemis, le fit précipiter du haut d'un rocher.
n y avait à Athènes deux tableaux très-célèbres représentant Thésée : l'un était peint par Parrhasius et l'autre par Euphranor. Ce dernier passait pour rendre mieux le caractère du héros, et Euphranor disait que le Thésée de Parrhasius était nourri de roses tandis que le sien était nourri de chair. Ce mot, rapporté par Pline, suffit pour montrer clairement quelle pouvait être la tendance des deux écoles rivales.