I.E RAPT D'HÉLÈNE
Les murs de Troie. — La vengeance de Neptune. — Hésione délivrée par Hercule. — La nymphe Œnone. — Hélène et Paris. — Départ d'Hélène.
Les murs de Troie. — Tros, le fondateur de Troie, avait trois fils, Ganymède, Assaracus et Ilus. Ganymède fut enlevé par Jupiter à cause de sa beauté : il sert d'échanson au roi des dieux et forme une brillante constellation. Assaracus fut le père d'Anchise qui fut aimé de Vénus : de leur union naquit Enée, un des plus vaillants défenseurs de Troie. Ilus bâtit la citadelle de Troie, qui prit de là le nom d'Ilion ; et son fils Laomédon songea à l'entourer de murailles. Neptune et Apollon, s'étant déguisés, se chargèrent de les construire : jusque-là on bâtissait en posant les pierres l'une sur l'autre et sans y mettre aucun ciment ; c'est ce qu'on appelle les constructions cyclopéennes. On imagina ensuite d'unir les pierres au moyen d'une sorte de terre mouillée qui se durcit en se séchant au soleil. Neptune, qui est l'eau, et Apollon, qui est le soleil, étaient donc particulièrement aptes à cette besogne. Mais avant de l'entreprendre, ils avaient fixé d'avance le salaire qu'ils recevraient.
La vengeance de Neptune. — L'ouvrage étant fini, le roi manqua à sa parole, refusa de satisfaire les dieux, et joignit le parjure à l'injustice. «^ Ton crime, dit Neptune, ne demeurera pas impuni. » La vengeance suivit de près la menace, et on vit dès ce moment couler les eaux de la mer vers le rivage de Troie avec tant d'impétuosité^ qu'en peu de temps tout le pays en fut couvert, les campagnes inondées, et l'espérance du laboureur ensevelie sous les flots. Peu content d'un châtiment si terrible, Neptune exigea encore que la fille de Laomédon fût exposée à la fureur d'un monstre qui devait sortir de la mer. (Ovide.)
La délivrance d'Hésione. — La malheureuse Hésione, fille de Laomédon, fut donc exposée sur le rocher où elle allait être dévorée par le monstre. Laomédon promit à Hercule, s'il délivrait sa fille, des chevaux superbes qu'il tenait de Jupiter. Hercule en effet tua le monstre et délivra Hésione. Laomédon, selon son habitude, refusa la
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récompense promise, et Hercule furieux assiégea Troie, tua Laomédon, et donna Ilésiono à Télanion, le guerrier (|ni le premier avait pénétré dans la ville, il laissa à llésione la liberté de délivrer à son choix un des captifs, et elle choisit son jeune frère Podarcès, qui devint roi de Troie sous le nom de Priani. La délivrance d'Ilésione est figurée sur quelques monuments antiques, et entre autres sur une mosaïque provenant de la villa Alhani (lig. 048). On voit Hercule qui tient d'une;
Fig. Gi8. — Délivrance d llésione (d'après une mosaïque antique).
main sa massue et de l'autre l'arc et les flèches dont il s'est servi pour tuer le monstre. Son compagnon, Télamon, donne la main à Hésione et l'aide à descendre du rocher oii elle était attachée. Au bas est la mer avec le monstre percé d'une flèche. Dans l'art moderne Lebrun a fait sur le même sujet un tableau que la gravure a popularisé.
La nymphe Œnone. — Priam,^ revenu à Troie, épousa Hécube et en eut un grand nombre d'enfants dont les plus célèbres sont Hector et Paris parmi les garçons, Cassandrc et Polyxène parmi les filles. La polygamie était en usage en Orient : suivant Homère, Priam avait cinquante fils, dont dix-neuf étaient nés d'Hécube, et un nombre égal de filles, ils avaient tous été élevés dans le palais de leur père, à l'exception de Paris qu'on croyait mort, parce qu'il avait été exposé à la suite du songe de sa mère.
Paris, au moment où il prononça son fameux jugement, n'avait donc pas encore paru à la cour du roi Priam et il vivait comme un simple berger. Sa beauté l'avait fait remarquer de la nymphe OEnone qui habitait le mont Ida et était devenue son épouse. Cette nymphe avait été autrefois aimée d'Apollon qui lui avait donné le don de la divination. Comme elle savait lire dans l'avenir, elle prédit ta Paris que s'il réalisait son idée d'enlever Hélène, il causerait le malheur de sa famille et la ruine de sa patrie. Mais Paris, ne voyant qu'une jalousie de femme
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