CHAPITRE VIII
]AL SAC DK TROIE
4.e cheval de bois. — Prédictions do Cassandre. — Laocoon. — Sinon d'Argos. — Mort de Priam. — Mort d'Astyanax. — Ménolas et Héli'ne. — Les captives. — Uécni)e, Androniaquo, Cassandre. — Sacrifice de Polyxène.
Le cheval de bois. — Les Grecs se trouvaient donc en itossession de tout ce que les devins avaient demandé. Le sculpteur Epéos, guidé pai* les conseils de Minerve, construisit un cheval de bois dans lequel on cacha des guerriers commandés par Ulysse. Ce cheval était consacré à Minerve, mais, pour qu'il fût agréable à la déesse, il fallait Tinti^oduire dans la ville, ce qui ne se pouvait l'aire sans le consentement des Troyens. Beaucoup étaient d'avis de le laisser entrer, dans Tespoir de se -rendre la déesse favorable, mais Cassandre s'y opposait.
Prédictions de Cassandre. — Cassandre, la i)lus belle des filles de Priam, avait été aimée d'Apollon, et le dieu, voulant lui être agréable, lui avait enseigné l'art de prédire l'avenir, scène qui fait le sujet d'une peinture d'iierculanum. Cassandre néanmoins ne voulut jamais s'unir à lui, et conunc un dieu ne peut pas retirer ce qu'il a donné, Apollon décida que la prophétesse, bien que disant toujours la vérité, ne serait jamais crue des mortels. Aussi fut-ce vainement que, parcourant la ville tout en larmes, Cassandre disait aux Troyens : « Insensés, quel aveuglement veut vous faire introduire dans vos murs ce cheval, ouvrage de la perfidie ! Ne voyez-vous donc pas que vos ennemis sont cachés dans cette prodigieuse macliine?)) Mais les Troyens ne la croyaient pas, bien que Laocoon, prêtre d'Apollon, fût du même avis.
Laocoon. — Laocoon avait même lancé son javelot contre le cheval de bois, dans l'espoir d'en faire sortir les soldats qu'il soupçonnait d'y être cachés. Mais un jour que Laocoon sacrifiait un taureau sur les autels de Neptune, deu\ serpents, venus de Ténédos, s'avancent vers le rivage. « Leur poitrine se dresse au milieu des flots, leurs crêtes sanglantes dominent les ondes; de leurs flancs ils rasent l'abîme et leur vaste croupe se recourbe en replis sinueux; l'onde retentissante écume. Déjà ils ont atteint la plage ; leurs yeux ardents brillent, rouges de sang et de flamme ; leur langue, telle (ju'un dard, s'agite dans leur gueule qu'ils lècheiiten sifflant. A cet aspect tout fuit épouvanté. D'un même élan, les deux monstres vont droit à Laocoon ; et d'abord ils
LE SAC DE TROIE
saisissent ses deux enfants, enlacent leurs faibles corps, et par d'horribles morsures, déchirent leurs membres palpitants. Laocoon s'arme de^ ses traits et vole à leur secours. Ils le saisissent à son tour, et Uétrcignent
E.MANCHti}.
Fig. 733. — Laocoon et ses fils (d'après un groupe antique).
de leurs longs replis; déjà deux fois ils entourent le milieu de son corps, et deux fois, sur son cou, sur son dos, ils roulent les écailles de leur croupe, et dépassent son front de leurs tètes et de leurs crètes^
LA GUERRE DE TROIE
altières. H veut, de ses mains, écarter ces nœuds terribles ; son sang et de noirs poisons souillent ses bandelettes, et il jette \crs les cieux dhorribles hurlements. Tel mugit un taureau, quand, sous le fer qui Ta frappe, il s'échappe de l'autel, et rejette de son cou la hache mal assurée. Cependant, les deux dragons s'enfuient en rampant vers les hauteurs du temple, entrent dans le sanctuaire de la redoutable Pallas et se cachent aux pieds de la déesse, sous l'orbite de son bouclier. Alors un nouvel effroi pénètre dans les cœurs frémissants. On dit que Laocoon a reçu la juste peine de son crime, pour avoir frappé le chêne sacré et lancé dans ses flancs un javelot impie. Le peuple alors demande à grands cris que le colosse soit conduit au temple de Minerve et que la protection de la déesse soit implorée par des prières. » (Virgile.)
La fin tragique de Laocoon et de ses fils fait le sujet d'un des plus fameux chefs-d'œuvre de la statuaire antique (fig. 722).
Sinon d'Argos. — Une ruse vint confirmer les Troycns dans leur
Fig. 723. — Le perfide Sinon se présente aux Troyens (d'après une peinture du Virgile
du Vatican).
idée d'introduire le cheval dans leurs murailles. Le Grec Sinon d'Argos s'était fait blesser à dessein par ses compatriotes et il avait le corps cou-
LE SAC DE TROIE
vert de meurtrissures. Il alla tout ruisselant de sang se jeter aux pieds de Priam et, se plaignant de la manière dont les Grecs l'avaient traité, il lui demanda de venger son injure. Priam le combla de présents, et le questionna sur le cheval de bois. Sinon répondit que les Grecs seraient perdus si le cheval entrait dans la ville. Dès lors, les Troyens,
l'ig. T24. — Les Grecs descendent du cheval (d'après une pierre gravée antique)
ne doutant plus de l'appui de la déesse, s'attelèrent eux-mêmes au cheval, qu'ils traînèrent dans la ville, précédés de joueurs de flûte, et au milieu des chants d'allégresse. Un monument antique nous montre les Grecs descendant [tar une échelle du cheval dont Sinon d'Argos vient d'ouvrir les entrées secrètes : au fond, Cassandre, du haut de la muraille, gémit en voyant ses prédictions réalisées (fig. 724).
Mort de Priam. — Les Grecs, entrés dans la ville, courent ouvrir les portes à leurs compagnons d'armes qui, de toutes parts, se précipitent vers le palais de Priam. Déjà la ville est en feu, le bruit des armes retentit de toutes parts. Le vieux Priam, voyant le palais envahi, se réfugie avec sa famille aux pieds de l'autel oii étaient ses pénates. Pyrrhus, le fils d'Achille, poursuit ses enfants, et Politès, couvert de sang, vient expirer aux pieds du vieillard, qui de sa faible main jette contre le meurtrier de ses fils un javelot impuissant. Pyrrhus alors se jette sur Priam qu'il saisit par les cheveux et le transperce de son épée. '< Ainsi finirent les destins de Priam ; ainsi tomba à la vue de Troie embrasée, ce superbe dominateur de l'Asie, roi de tant de peuples, ce n'est plus qu'un tronc sanglant, une tête séparée des épaules, un cadavre sans nom. » (Virgile.)
Plusieurs peintures antiques représentent la fin tragi([ue de Priam (ît de ses enfants. Benvenuto a fait sur le même sujet un tableau fort oublié. aujourd'hui, mais qui a fait beaucoup de bruit au commencement de ce siècle.
LA GUERRE DE TROIE
Mort d'Astyanax. — Pendant (jue Priain expirai!, Androniaque, réponse (llleetoi-, courait allbiée dans les salles du palais tenant dans SCS bras son tils Astyanax, dont elle prévoyait le sort infortuné. L"en-
Fig. 755. — Mort d'Astyanax (d'après une peinture de vase).
lant ]deurait et se cramponnait après sa mère. « Tu pleures, mon fils, lui disait-elle; as-tu le sentiment de tes maux? Pourquoi tes petites
Fig. 72G. — Hécube tenant Astyanax sur ses genoux (d'après une peinture de vase).
mains me serrent-elles si fort ? Pourquoi t'attaclier à ma robe comme un jeune oiseau s'abrite sous Taile de sa mère? Hector ne sortira point
LE SAC DE TROIE
delà terre, arme de sa lance redoutable, pour être ton libérateur ; ni sa famille ni la puissance phrygienne ne peuvent te secourir; mais, impitoyablement précipité du haut d'une roche, tu \as rendre le dernier soupir. C'est la valeur de ton père qui te tue; elle fut le salut de tant d'autres; la vertu de ton père t'a mal servi, 0 fils chéri, que ta mère presse entre ses bras, douce haleine que je respire, c'est donc en vain que ce sein t'a nourri, en vain je me suis épuisée de peines et de tourments. Pour la dernière fois, embrasse ta mère. » (Euripide.)
Cependant Pyrrhus, affamé de carnage, cherchait partout le fils d'Hector. C'est en vain qu'Andromaque embrassera ses genoux ; le farouche guerrier saisit l'enfant par une jambe et le précipite du haut d'une tour. Cette scène de meurtre a été très-bien rendue dans un groupe de Bartolini.
Paris est tombé, frappé par une des flèches d'Hercule, que Philoctète lui a décochée. Hélène, cause de tous ces malheurs, se réfugie près des
Fig. 727. — Mciiclas reconnaît Hélène (d'après une peinture de vase}.
autels, car elle redoute Ménélas. Le héros furieux la poursuit partout, l'épée à la main ; il a reçu d'elle un outrage que le sang seul peut réparer. Mais, dès qu'il arrive près d'elle, il est ébloui par sa beauté, et tout le passé est oublié. Une curieuse peinture de vase, dans le style archaïque, nous montre le héros ébahi et laissant tomber son épée dès qu'il voit Hélène, la plus belle des femmes (fig. 727).
Une peinture circulaire sur un vase deNola, au musée de Naples, nous montre les principaux épisodes du sac de Troie (fig. 728). Nous voyons d'abord le pieux Enée quittant la ville avec son père Anchise qu'il porte sur ses épaules et son fils Ascagne qui marche devant 1 ui. Dans le groupe suivant, la prêtresse Cassandre vient se réfugier aux pieds de la statue de Minerve, et elle est poursuivie par Ajax fils d'Oilée, qui la saisit par les cheveux et semble disposé, bien moins à lui faire un outrage qu'à la transpercer de son épée. La femme qu'on voit sous un palmier et qui semble invoquer les dieux est probablement une autre fille de Priam. Le vieux Priam est la première figure de la seconde bande qui
montre l'autre côté du vase. II est assis sur un autel et couvre vainement sa tète avec ses mains, pour se garantir du coup que va lui porter Pyrrhus. Sur les geuouv du vieux, roi, on voit Astvanax, son pelil-lils^ et son fils Politès, (jui vient d'être tué par Pyrrhus, est étendu mort a
ses pieds. Ensuite nous voyons un guerrier grec, parant le coup que s'apprête à lui porter une femme furieuse i^probablement Ilécube), et enfin une jeune fille, qui est peut-être Polyxène, implorant un autre guerrier qui, dans ce cas-là, serait Ulysse.
LE SAC DE TROIE
Les captives. — Onnnd la ville fut prise, les Grecs se partagèrent le butin, et emmenèrent captifs, pour les vendre sur la terre étrangère, le petit nombre de ceux qu'ils avaient épargnés. Le souvenir de ces
Fig. 7"29. — Cassandre poursuivie par Ajax (d'après une pierre gravée antiquel.
malheureux qui, après avoir si vaillamment défendu leur pays, trouvaient dans leur vieillesse une dure captivité, paraît avoir vivement impressionné les artistes de l'antiquité. Car les belles figures qu'on voit
Fig, 730. — Prisonnier (d'après une statue antique;.
dans nos musées et qu'on iniïhilc priso?iiiiei-s, portent t( ujours le costume d'un Troyen et semblent rêver à la patrie perdue (fig. 730).
Les femmes étaient les plus malheureuses. La vieille Hécube, échue
à Ulysse, se lamentait au milieu des autres captives : « J'étais reine, je devins l'épouse d'un roi, et je donnai le jour à de nobles enfants, non pas seulement d'un mérite vulgaire, mais les premiers des Phrygiens, et tels qu'aucune femme, troyenne, grecque ou barbare, ne peut se glorifier d'en posséder de pareils. Je les ai vus périr sous la lance des Grecs, et j'ai coupé ma chevcdure sur leur tombeau. Et Priam, leur père, ce n'est pas sur le récit d'autrui que je l'ai pleuré ; je l'ai vu de
Fig. 731. — Hccubç (d'après une statue antique).
mes yeux égorgé au pied de l'autel de Jupiter Ilercéen, et,avec lui, j'ai vu tomber son empire ; et mes filles, que j'élevai pour d'illustres hyménées, c'està d'autres qu'elles sont échues; on les arrache d'entre mes bras, et il ne me reste plus d'espoir d'être jamais revue par elles, et moi-même je ne les reverrai plus jamais. Enfin, pour mettre le comble à mon malheur, je deviens, dans ma vieillesse, esclave des Grecs ! Ils m'imposeront les services les plus humiliants pour mon âge; moi, la mère d'Hector, on me chargera de veiller aux portes et de garder les clefs, ou de faire le pain ; je serai réduite à coucher sur la terre mon corps épuisé, qui fut habitué à la couche rovale, et à revêtir mes membres
LE SAC DE TROIE. 757
des lambeaux déchirés de la misère ! Ah ! malheureuse ! que de revers , l'amour d'une seule femme a-t-il attirés sur moi, et quels maux il me réserve encore ! 0 ma fille Cassandre, qui partages les transports des dieux, quelle calamité a flétri ton innocence !...Et toi, infortunée Polyxène, oi^i es-tu ? De toute ma postérité si nombreuse, ni un fils ni une fille ne peut soulager mon infortune. Pourquoi me relever? Dans quelle espérance? Conduisez mes pieds, jadis si délicats au temps de Troie et esclaves aujourd'hui, conduisez-les sur la terre qui doit me servir de couche et sur le bord d'un rocher, pour y tomber et mourir épuisée par les larmes. Apprenez ainsi à ne donner à aucun des plus fortunés le nom d'heureux avant sa mort (fig. 731). » (Euripide.)
La prophétesse Cassandre, la plus belle des filles de Priam, était la part du chef de l'expédition, du roi Agamemnon. Autour d'elle, les Troyennes pleuraient et s'arrachaient les cheveux. Cassandre pourtant est en proie h son délire et entonne un chant nuptial : « Heureux l'époux ! heureuse aussi l'épouse ! 0 Hymen ! ô roi Hy menée ! Ma mère, puisque, vouée au deuil et aux larmes, tu déplores la mort de mon père et la ruine de notre patrie, c'est à toi d'allumer pour mes noces le flambeau sacré. Venez, ô jeunes Phrygiennes, parées de vos voiles précieux, venez chanter mes noces glorieuses et l'époux que les destins m'ont choisi... Ma mère, orne ma tête victorieuse, et réjouis-toi de mon royal hy menée ; conduis-moi toi-même à mon époux, et si je n'obéis avec assez d'empressement, emploie la contrainte; car, s'il est vrai qu'Apollon soit un dieu, plus funeste encore que l'hymen d'Hélène sera l'hymen que contracte avec moi l'illustre roi des Grecs, Agamemnon... J'entrerai victorieuse parmi les morts, après avoir vu détruire la maison des Atrides, auteurs de notre ruine. » (Euripide.)
On ne crut pas la prophétesse, et Agamemnon partit emmenant sa
captive.
Une peinture de vase nous montre la malheureuse Cassandre se réfugiant auprès d'une idole de la Pallas troyenne, pour éviter les outrages d'Ajax fils d'Oïlée, qui déjà a saisi sa victime parles cheveux, tandis qu'une prêtresse de Minerve s'enfuit épouivantée (fig. 732).
Sacrifice de Polyxène. — Les Grecs, après s'être rassasiés de carnage, songèrent au départ. Mais, au moment de mettre à la voile, une tempête retint leurs vaisseaux. A ce moment lombre d'Achille appamît tout couvert de son armure d'or: « Oiioi ! vous partez, fils de Danaiïs, et vous laissez mon tombeau sans olîrande ! » Achille avait dû épouser, si la paix s'était faite, une des filles de Priam, Polyxène, qui était d'une éclatante beauité. Or les devins déclarèrent qu'il voulait l'avoir pour épouse dans les enfers, et on vint la prendre malgré les supplications d'IIécube, pour l'immoler aux mânes d'Achille.
Euripide nous a laissé un récit détaillé de la mort de Polyxène. «L"ar-
LA GUERRE DE TROIE
mée grecque tout eutière se pressait en foule devant le tertre, pour le sacrifice de Polyxène. Lefilsd'Achilleprendlajeune fille par la main et la place surl'éminence même. L'élite des jeunes Grecs choisis pour contenir les mouvements de la victime, se tenaient par derrière : le fils d'Achille,
Fig. 732. — Cassandre poursuivie par Ajax (d'après une peinture de vase}.
prenant dans ses mains une coupe d'or pleine, fait des libations à son père mort, et fait signe au héraut de commander le silence à l'armée.
Fig. 733. — Polyxène sacrifice devant le tombeau d'Achille (d'après une pierre gravée).
Alors il dit : « Fils de Pelée ! ô mon père ! reçois ces libations propi- « tiatoires, par lesquelles on évoque les morts; viens boire le sang pur « de cette jeune fille, que l'armée t'offre avec moi. Sois-nous propice ; « que nos vaisseaux puissent quitter le rivage et mettre à la voile, et ac-
LE SAC DE TROIE. 759
« corde-nous à tous un heureux retour d'Ilion dans notre patrie. «Ainsi parla le fils d'Achille, et toute l'armée se joignit à sa prière. Ensuite il saisit son épée enrichie d'or, et, la tirant du fourreau, il fait signe aux jeunes Grecs de saisir la vierge. Mais elle, lorsqu'elle vit leur dessein, dit ces mots : « 0 Grecs destructeurs de ma patrie, je meurs volontairece ment; que personne ne porte les mains sur mon corps, j'offrirai ma « tête d'un cœur résolu. Mais, au nom des dieux, en m'immolant, souf- « frezqueje meure les mains libres, en personne libre; car être appe- « léeesclave chez les morts serait une honte pour moi qui suis reine. » La foule fit entendre un murmure d'approbation, et le roi Agamemnon commanda aux jeunes gens de lâcher la jeune vierge. Polyxène, lorsqu'elle eut entendu ces paroles, déchira sa robe jusqu'à la ceinture et offrit aux regards sa poitrine et sa gorge semblable à celle d'une belle statue; et, ayant fléchi un genou vers la terre, elle prononça les paroles les plus résignées: « Jeune homme, voici ma poitrine : si tu veux la frapper, « frappe ; si c'est à la gorge, la voici qui s'offre à tes coups mortels. » Saisi de compassion pour la jeune fille, il hésite ; enfin de son fer il tranche le conduit de la respiration et il en jaillit des flots de sang. Cependant, même en mourant, elle eut grand soin de tomber avec décence et de cacher ce qu'il convient de dérober aux regards des hommes. Lorsque, sous le coup mortel, elle eut rendu le dernier soupir, chacun des Grecs s'occupe de soins divers : les uns couvrent son corps de feuillage, les autres, pour dresser un bûcher, apportent des branches de pins.» (Euripide.)
Sur une pierre gravée antique on voit Pyrrhus, l'épée nue, saisissant Polyxène par les cheveux, pour l'immoler devant le tombeau d'Achille (tig. 733).
Le statuaire Polyclète avait fait une figure de Polyxène sur laquelle le grammairien Pollien nous a laissé l'épigramme suivante : « C'est la Polyxène de Polyclète. Aucune autre main n'a touché à cette œuvre divine, fraternel pendant de la Junon. Le voile de la jeune Troyenne est déchiré ; mais voyez comme elle cache d'une main pudique ses charmes mis à nu. L'infortunée demande la vie, et dans ses yeux se peignent toutes les douleurs de Troie. » [Aîith.)