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Tu ne seras pas superstitieux

A part l'Evangile, la doctrine bouddhique est, sans contredit, la plus belle et la )ihis iiiililc> ipii ait jamais bril!é sur le monde. Elle paraissait desliiiee à régénérer les populations hindoues; l'Iiule, en effet, la reçut avec amour et enthousiasme; mais les bralimes . menacés dans leurs privilèges, la combattirent sans relâche. La lulle se perpétua pendant des siècles, et le bouddhisme, après de terribles persécutions, fut banni de l'Inde il y .a dix ou onze cents ans. Mais depuis longtemps il avait organisé une propagande active; des missionnaires dévoués avaient prêché dans toutes les contrées environnantes la parole de vie , le règne de l'amour et de la justice. L'ile de Ceylan lui appartenait; la Chine, au deuxième siècle de notre ère, il le .lapon, en 552, lui avaient ouvert les bras; et, fraii- .hissiiut les cimes neigeuses de l'Uiinaltiia , il s'était établi sur les hauts plateaux du Thibet; et c'est là surlout qu'il a jeté le plus d'éclat, c'est là qu'il a établi sa métropole et son sancliiaire. Coïncidence étrange , rapports dignes de fixer l'atlention di's philoscqihe's I Nous voyons

LA MYTHOi,0{iIE ILUlSTiilÎK.

deux religions civilisatrices, épralitairos , einicniics des castes, des privilèges , de l'exploil.ilion tic rimniiiie |i,ir l'homme, m-cnant naissance toutes deux ilnns lis cliaiiilcs rciçionsde l'Asie, et toutes deux ciiassées de Irui- Ijeician, clierciier un refuge vers le Nord , où elles linissent |iar régner en souveraines. L'une, le bouddhisme, initie :'i la civilisation les hordes sauvages du 'Ihibet, de la Mmigolie et de la Tartarie; l'autre, le christianisme, polit et régi'nére l'Italie déchue. la Gaule. l'Kspagne et rAUciiiagne. plongées dans les ténèbres de la harliarie, taiulis i|mo l'Imlr reste slationnaire . avec ses Brahnies à l'esprit jaloux cl despotique , ses Soudras et ses Parias, ses sacriiices humains et ses bûchers pour les veuves, et que la .ludée dépeuplée, stérilisée, annihilée, ne conserve qu'à peine quelques nii.sérables débris de son antique population, pour pleurer sa prospérité évanouie. Il ne sera pas sans intérêt de dresser, pour compléter notre parallèle , le tableau des partisans des deux religions du monde qui comptent le plus de croyants , en y joignant celui du brahmanisme.

B,ill)i. Piiikerloii.Walc- Hasscl.

k'-iiaiT, Eyiifs.

Bouddhisme, 170,000.000 180,000,000 51.3,977,000 Christianisme, iGO.OOO.OOO i5(), 000,000 ■2ô2.O00,n00 Brahmanisme, 00,000.000 «0,000,000 lll,5.'i5,0(IO

Les bouddhistes croient, du reste, que leur religion est destinée à éclairer un jour tous les peuples du monde. Selon Klaprolh, le bouddhisme forme une religion unique et indivise. Selon Abel de Rémusat, au contraire, il comprend trois grandes divisions: \eliou(hIhisme primitif, ou chamanisme, pratiqué dans le Dekan et à Ceylan ; le bouildhismc réformé, qui règne dans le Thibet , la Boukharie, la Chine, le Jajion, la Corée, etc., et même dans certaines parties de l'ile de Ceylan; le lama'isvu , professé par les Mongols, les Tongouses, et Jiuil la métropole est Lahsa.

Le lamaïsme otlVe, dans sa hiérarchie, une ressemblance frappante avec la religion catholique. Le souverain pontife, appelé Dalaï-Lama , représente Dieu sur la terre. Au-dessous de lui sont des patriarches charges du gouvernement spirituel des provinces; un conseil de lamas supérieurs qui, après la mort du pontife, se réunissent en conclave pour lui choisir un successeur; des couvents d'hommes et de femmes, etc. L'Eglise lamaïque prescrit : les prières pour les morts, la confession auriculaire . les prières aux saints qui intercèdent pour les hommes , le jeune, le baisement des pieds, les litanies, les processions, l'usage de l'eau bénite , etc. Les savants s'accordent peu sur l'origine de ces cérémonies. Les chrétieus les ont-ils empruntées aux bouddhistes ou les bouddliisles aux chrétiens? Cette dernière opinion a prévalu aujourd'hui.

Nous terminerons en exposant les principes philo-sophiqucs sur lesquels repose le bouddhisme. L'univers . d'après ses livres sacrés, est animé par une âme universelle, un esprit unique, Adibouddha, individualisé sans lin dans la matière. Mais la matière n'existe qu'en flgure , qu'en apparence, et si nous en jugeons autrement, c'est à Maia. rillusiou . que nous devons nous en prendre. Au-dessous de cet esprit unique, qui renferme tout, d'où tout rayonne, en qui tout s'absorbe, se trouve la Trimourli I trinité ) , création . conservation , destruction , à laquelle se rattachent les trois éléments, les trois feux, les trois couleurs , les trois mondes et les trois temps. Le monde est habité par trois sortes d'êtres : 1° les tchamas, ou reproductions par naissance, comprenant les hommes et les nat, ou dieux locaux qui jugent les hommes, et ont pour serviteurs les bons génies; ils habitent la terre et les régions atmosphériques, qui renferment le niout Mienmo etles six cieux des Devas; 2° les roupas, dieux visibles occupant les seize cieux les plus élevés, jusqu'au vingt-deuxième du monde di- Brahma iBrahma-loca); 5" les aroiipas, êtres immatériels , dieux invisibles qui . après avoir suivi avec zèle la doctrine de Bouddha . occupent les quatre cieux les plus élevés, du vingt-troisième au vingt-sixième. — Au-dessus de tous ces êtres planent les Bouddhas, qui résident dans le Bon . ou empire qui couvre les vingt-six cieux. L'âme ne quitte un corps que

pour venir en habil( r un autre; elle ne peut échapper .i relie loi universi'lle (lu'en détruisant ses passions . en s'annihilanl , eu s'identiliant à Bouddha. Elle arrive aliux au nirvana , non exisleuce. bonheur suprême; elle cesse d'être; elle est Dieu même; et tel est le but que doit chercher à atteindre le véritable croyant. Mais l'âme, uu(t fois parvenue à l'état de nirvana, n'y demeurera que jusqu'à la création d'un monde nouveau. Elle sera alors individualisée dans un autre corps, et ainsi à l'infini. Les Bouddhas, ou patriarches, sont seuls à l'nliri de celte infortune. Ces êtres privilégiés séjournent dans la réi;ioii indestructible située par-delà le ciel visible, dans l'elher lumineux. Ils descendent de temps en temps sur la terre, sons forme d'un rayon brillant . et choisissent le el'lrp^ qui doit leur donner asile sur la terre, pour perpétuer la vraie doctrine. Les principaux n'apparaissent (|u'une fuis; d'autres , plus spécialement appelés Boudilhisatoas , s'incarnent à diverses reprises, jusqu'à ce que, par des épreuves successives . ils aient atteint le rang des premiers. Dans l'âge actuel de l'univers , quatre Bouddhas ont déjà paru. Le dernier est Chakiamouni. Avant la fin du monde il eu paraîtra un cinquième, que les habitants de Ceyiau nomment Maidari ou Maitri. Son incarnation aura lieu cinq mille ans après la mort de son prédécesseur, c'est-àdire l'an 4437 de notre ère.

BOUDHA. Dieu qui, dans la mythologie hindoue, passe pour le génie de la planète Mercure. 11 a pour mère Tara, femme deVrihaspati, et pour pèreTchandra, le dieu de la lune , qui avait enlevé Tara. Le jeune Boudha, élevé par Soukra, pontife des Daïtias ou titans, fait de tels progrès dans toutes les sciences, que Sounda, roi des Daïlias. donne àSoukra l'ordre de l'abandonner .Mais ce dernier veut en faire son gendre et son successeur ; un des Daïtias tranche la tête à Boudha. Soukra le rend à la vie par ses enchantements. Un autre génie le met en pièces, et disperse de tous les côtés ses membres en lambeaux. Soukra réunit ces débris divins, et Boudha est rappelé à l'existence. Les Daïtias irrités brûlent son corps, il renait de ses cendres. Les titans ne perdent pas courage : le fils de Tara tombe de nouveau sous leurs coups; ils réduisent ses os en poussière et les font avaler à Soukra dans un breuvage ; le pontife s'aperçoit de la trahison ; il a recours aux plus puissants secrets de la magie ; son élève ressuscite dans sou corps. Des tortures affreuses viennent l'assaillir; il se fend la poitrine, après avoir appris à Boudha les formules par lesquelles on peut retirer un cadavre des ténèbres du néant . et meurt dans ce douloureux enfantement. Mais Boudha, qui possède son secret, le ressuscite sur-le-champ. Le fils de la lune monte alors dans les Souargas, auprès des dieux. 11 découvre sa céleste origine. Tchandra est le dieu de la guerre , et Boudha , comme Kchatria ou guerrier, refuse d'épouser la fille de Soukra le pontife, qui appartient à la caste des Brahmes, fait uni démontre la haute antiquité de la légende. La jeune fille maudit l'ingrat qui l'abandonne, et. par suite de cette malédiction, Boudh.-i , m lieu de recevoir l'adoration de tous les hommes , est réduit au rôle de conducteur de la planète Mercure, et préside au mercredi, qui est un jour fatal. Mais il maudit à son tour la fille de son précepteur, qui, dans la suite , épousa laïati , arriere-petit-fils de Pouroii et aïeul des Tchandravansi (enfants de la lune), ou Kchatrias occi' dentaux. Boudha s'unit ensuite à la fille de Vaivaçouata, souche des Souriavansi , ou enfants du soleil , nommée lia , qui avait été tour à tour fille et garçon, et qui avait recouvré son premier sexe en chassant dans la lorêt de (jaouri.

Cette fable se retrouve , en partie , reproduite dans les mvthologies des peuples de l'Asie occidentale, de l'Egypte cl"de la Grèce. Soukra n'est-il pas Proméihée , abandonnant la cause des titans pour s'allier aux enfants de Cronos'? Boudha, destiné à imposer son jouç aux titans indiens, n'a-t-il pas de grands rapports avec Jupiter enlevant aux titans l'empire d"u monde? Si Boudha est mis à mort par les titans et ressuscité par Soukra. Jupiter n'éprouvel-il pas le même sort . et n'est-il pas rappelé à la vie par Mercure? Les membres dispersés d'Absyrte , de Pélias I coupé en morceaux par ses filles, Jason, Eson, Osiris ,

Adonis, Alys, ne nous rappellent-ils pas les trisles aventuiTs de Boudha?

BOll.«I.*Xï-''S»- La belle histoire , en vérité , que celle do cette pauvre divinité nantaise ! On découvre, dans la cité bretonne , une inscription latine avec ces mots : Den Bouljano (au dieu Bouljanus). Les savants ont la puce à l'oreille; ils se mettent en campagne; ils interrogent, d'un œil avide et inquiet , leurs oracles in-folio; le dieu Bouljanus les empêche de dormir. BouJ, dit l'un, le révérend père de Longueval , dans son Histoire de l'Eglise gallicane, houl, en langage celtique, signifie monde, univers ; janus est évidemment Janus; Bouljanus est donc le Janus du monde! En voulez-vous une autre preuve , irrécusable, irréfragable, irréfutable? la voici (un savant n'est jamais embarrassé) : une ancienne figure représente Janus avec trois faces ; or. les anciens ne connaissaient que trois parties du monde (le bovibomme oubliait la Trinité), donc les trois faces de Janus désignaient l'Europe, l'Asie et l'Afiiquc, ou, en d'autres ternies, le globe; mais si boul, en breton, veut dire univers, il doit, par cela même, avoir le sens de globe. Bouljanus est doue bien le Janus du monde. Non pas , s'il vous plait , dit un autre, qui vise à l'Académie des inscriptions et belles-lettres; houl n'est pas gaulois; houl est chaldéen; Boul est Baal; janus, c'est l'hébreiijaïn défiguré; or, Ùaal signifie seigneur, ja'm signifie vin ; Bouljanus est donc le Seigneur du vin ; Bouljanus est donc Noé , c[ui planta la vigne. Le père de Longueval ne se tenait pas pour battu ; il compulsait , il compulsai! toujours. Un cri de joie lui échappe; il a fait, pour le coup, unedécouvcrte que nul ne viendralui contester. Il prouve, parun passage authentique d'un auteur latin bien sonnant, que le temide de Bouljanus a été abattu , vers l'an 519, sous le régne et par l'.-iutorité du grand Constantin. Mais arrive le perc Dcsmolets {Mémoires de Littérature). Il démontre que l'inscription a été mal lue, et qu'il s'agit tout bonnement d'un triLunnl de commerce élevé dans la ville de Nantes, du consentement du dieu Janus, par des oflicicrs romains qui rendaient naturellement leurs devoirs au dieu de la mère patrie. Pauvre dieu Bouljanus! pauvre père de Longueval! Ileureux Desmolets!

BOUA'MIO. Léda japonaise qui, au milieu de sa richesse, ne pouvant avoir d'enfants de Simmio.s-Dai-Mio- Sin, pria les Kamis, groupe brillant de héros divinisés, de suppléer à l'insuffisance de son mari. Bounsio sans doute était belle ; les Kamis se rendirent à ses désirs, et l'épouse stérile, exaucée au delà de ses espérances, pondit cinq cents œufs. Un seul, ou deux même, l'auraient probablement mise au comble du bonheur ; un si grand nombre l'épouvanta. Elle craignit, par un nouveau prodige, d'en voir sortir toute une armée de monstres et de betes farouches. Prenant alors un coffre, elle y renfcrnia en toute hâte sa couvée, qu'elle abandonna au cours du flruvc Riou-Sa-Gava, après avoir toutefois écrit (iucb|ues mots sur le couvercle de l'arche fragile. Un vieux pécheur recueillit le coffret et porta tout joyeux les œufs dans sa cabane. Sa femme, plus sensée, pensa que des œufs ainsi jetés dans le courant du fleuve ne pouvaient rien valoir, et, refusant de se donner la peine inutile de les préparer pour leur frugal repas, elle voulait ,i toute force que son mari les remportât où il les avait pris. Le bonhomme tint bon, et, tombant enfin d'accord avec sa moitié, les exposa à la chaleur d'un four. Et bientôt, figurez-vous son étonncment, de chacun des œufs sortit un enfant.... d'autres mêmes ont poussé jusqu'à six! Voilà donc notre pêcheur avec trois mille bambins sur les bras. Nous savons comment, à sa place, s'en fût débarrassé le père du Petit-Poucet. Notre homme pouvait mieux faire ; usant du bénéfice de la loi qui permet à tout pruli'laire jnponais de ( onduire nu marché sa progéniture, il lui était I ;ile de réparer en celte occasion l'injustice de la fortune, rar i' était pauvre. Il se décida pourtant à garder ses trois milh enfants. Il les nourrit longtemps de feuilles d'armoise et de riz ; mais l'appétit croit avec l'âge ; les trois mvlle frères se firent voleurs pour manger. Un jour, dan* «ne de leurs courses aventureuses, ils ren.iuitent le liinu-Sa- Cava et arrivent devant la maison d'un biuuiiie célèbre par sa richesse. Us assiègent la maison ; la dame du logis,

api)renant qu'ils sont nés de cinq cents œufs renfermés dans un colfret. les reconnaît et fait préparer, pour fêter cet heureux événement, un banquet magnifique dans lequel elle but en l'honneur de chacun d'eux le sokana avec une Heur de pêcher. Beau dénoùment sans contredit ! Nos vaudevillistes n'auraient pas trouvé mieux. La légende japonaise pourtant ne s'arrête pas en si beau chemin. Elle nous apprend que Bounsio. nommée depuis lors Bensaïten, fut mise avec ses trois mille fils au nombre des Kamis. Bensa'iten préside à la richesse et peut-être à la population, source de prospérité publique qui méritait certainement de rentrer dans ses attributions. Les Japonais célèbrent en son honneur une des cinq grandes fêtes de l'année, la fête des Pêches (Sangouats-Sanils), solennisée surtout par les jeunes filles, qui donnent chacune dans la maison de leurs parents un festin où sont

convoqués tous les amis de la lamille. Une salle splendidement ornée est remplie de jouets d'enfants et surtout de poupées, représentant la cour du Daïri. C'est le jour de l'an du Japon, où, comme chez nous, on se fait mutuellement des visites. Nous ne ferons nu'indiqner le rapport du cofl're de Bounsio avec l'arche, dans laquelle on déposait en Egvpte, en Syrie, en Grèce, des enfants, les membres d't)siris, le symbole mystique delà génération, etc., et l'analogie po<'iiblo des onifs divins (|u'elle avait pondus avec les ànifs des Hiosrui'cs, l'ii'uf (irphique, ceux de Bhavani, etc. Bounsio d'ailleurs, comme dcesse de la richesse et de la population, a les plus grands rapports avec les déesses mères de l'Inde, de la Chaldée, de la Grèce et de l'Ecvple.

icO! itKII.4X!i>. Dieux des Kalmouks et des Bour.tis, ([ui -e divisent en bons et en méchants, comme dans la mythologie persane. On dépeint les premiersavec un visage riant et gracieux ; les seconds, au contraire, .sont représentés avec des formes monstrueuses, des bouches horribles et grimaçantes, des yeux hagards et des traits sur lesquels se lisent la colère et la menace. C'est ainsi que chez tous les peuples la laideur physique et la laideur morale ou le mal, marchent de pair. A l'article \)mvs, nous ferons ressortir ce contraste, qu'on ueut voir, du reste, sans s'égarer dans les pl.deaux île la Tartarie ou dans les montagnes de la Perse, sur les portails de uns églises gotlii(iuès. Les BourKhans, et surtout ceux (|ui passent poiir bieufiisanls, sont ordinairement représentés assis sur des nattes, avec un sceptre dans une main et une cloche dans l'autre. Leurs statues, faites ordinairement de cuivre fondu et doré, sont creuses et atteignent

quelquefois seize pieds de hauteur. Elles sont posées suides piédestaux également creux, qui contiennent rliarun un petit cylindre fait avec les cendres des saints dont les corps ont "été animés par le dieu qui surmoiUc le pie lestai. Les principaux des dieux Bourkhans sont : Tingri- Rourkhan, le dieu suprême auquel on attribue la création de l'univers; Chakiamouni, le quatrième et le dernier des Bouddhas qui oni sanctifié la terre, et qui a paru cinq ccr.t quarante-trois ans avant notre ère, Abida ou Abid.bn, Erlik-Kan, Ourdara-Oltangatouçoua.

BOLTO. La matière primordiale, la nuit primitive, /a masse des eaux ténébreuses, d'où le Démiurge devait faire jaillir un jour l'univers, le chaos en un mot Telle est liouto dans la mythologie égyptienne, Boulo, qu'on trouve nommée tour ii tour Sable-et-Eau, Limon, la Foret, c'est-à-dire la matière, mais la matière déjà fccmdée renfermant dans son vaste sein les germes confondus de tous les êtres animés ou inanimés, les germes mêmes des dieux et des mondes. C'est donc avec raison qu'on l'a appelée la Nourrice des Etres, l'Eau mère de tout, la Grandmère. A cùté de Boulo, la Passivité femelle, c'est-à-dire au-dessus, se place nécessairement le principe générateur coexistant, le Feu, Knefou Fia. Nous ntrouvons donc dans

Bnulolc grand axiome de la philosophie ancienne, l'union du fcii et de l'eau, de l'actit et du passif, du chaud et de l'liuniiili\ i]ui forme le fond de toutes lescosmogonies, avec ceUe différence que tantôt c'est l'eau, tantiit le feu. qui parait dominer, à moins qu'on ne place sur la même ligne ces deux grands agents de la nature révélée. Boulo, souvent nommée mère des dieux, passait en particulier pour la génératrice du soleil, car le soleil est sorti, comme le rc"ste de l'univers, de la niasse chaotique primitive, idée parfaitement exprimée par Plutarque lorsqu'il dit qu'Haroéri se forma au milieu des exhalaisons humides et des nuages {Traité d'Isis et d'Osiris) C'est Bouto qui, après la mort d'Osiris, recueille la jeune Karoéri qu'elle élève dans l'ile llotlante de Chemnis, qu'Hérodote dit avoir vue lui-même sur le grand lac aux abords duquel s'élevait la ville de Bouto. Elle réabsorbe souvent en elle Isis et Pooh et surtout Neith et .\thor. Les Grecs, ajuste titre, la confondaient avec Latone, qui est aussi la mère du soleil, qu'elle elévB dans l'ile llottante de Délos, et ils donnaient à la ville de Bouto le nom de Latopolis. Les rapports de Bouto avec Baaùt et Mot de la théogonie phénicienne sont plus étroits (Micurc, et la comparaison peut servir à développer le liant sens philosophique de Boulo, passant par des phases •lilferentes sous l'intluenced'un principe supérieur. Bouto,

dans son mode d'être primitif, est la nuit-matièrc-liumide, Baaùt; arrive la fécondation, elle devient Mot, le limon, la matière déj.à criblée des germes par la force active de l'univers, Piromi délégué en Fta, ou, si l'on prend les termes de Sanchoniaton. Kolpia, le vent primitif, se révélant nar le désir de l'amour, ce qui se rapporte au .système hindou de la Mimosa. (Voy. Brailma.)

L'Egypte avait donné à trois de ses villes le nom de la grande déesse. L'une était placée sur le bord du lac Bouto (aujourd'hui Bourlos). à peu de distance de la mer; la seconde, nommée par les Grecs Latopolis. s'élevait sur la rive gauche du Ml, dans la Thébaîde ; elle porte aujourd hui le nom d'Esneh: la troisième, dont le bourg d'Errahoué occupe remplacement, était située à l'ouest du Delta. C'est dans la première qu'on lui avait dédié un temple monolithe, haut de quarante coudées, et qui devait peser primitivement sept millions et demi de kiloirammes. On nourrissait oans ses temples des musaraignes, animal qui passe pour aveugle comme la taupe et Sont on fit l'emblème de la nuit primitive, et on lui consacrait l'ichneumon, ami des eaux.

BR.&UM. Forme neutre par laquelle on désigne l'être suprême, irrévélè. absolu des Hindous, appelé aussi P.\n.\BiiAUMA (grand Brahma) ou Baghavas, et souvent nommé Tad (il, lui.) Biahm. (|ui ne diffère point d'Adibouddha, est tout, et tout est lui ; si quelque chose parait i votre faible raison exister en dehors de cette substance éternelle, c'est Maïa, on illusion toute pure. Mais l'absolu peut se révéler sous des formes diverses dans le monde de la matière comme dans celui de l'intelligence; mille et mille formes, en effet, frappent nos yeux "ou sont perçues par notre esprit, qui ne peut éch.ipper à la fascination de Maïa. Le plus élevé de ces modes d'être de l'absolu c'est la Trimourli, composée de Brahma, le dieu créateur; de Vichnou, le conservateur, et de Siva, le destructeur, ou plutôt le modificateur. A côté d'eux et en eux sont la substance et la force, qui modifie la substance; la force, en tant qu'énergie, est appelée Sacli ; considérée comme mère, elle est Matri; elle devient Souacha {elle), en tant qu'être femelle par excellence.

Les membres de la Triade, contenant nécessairement Sacti, Matri et Souacha, sont donc comme Parabralima lui-même, mâle et femelle tout ;i la fois Brahma se dédouble donc en Saraçouati, Vichnou en Lachmi, Siva en Bhavani, toutes trois sœurs-épouses et se réabsorbant dans la Trimourti dont Maïa seule les sépare comme la Trimourli elle-même se réabsorbe en Parabrahma. Mais ce n'est pas tout. La Trimourli, sous l'inlluence de Maïa, se délègue en une foule de triades inférieures : Mana- Ahankara-Mahanatma ; Uiruniagharba-Pradjapati-Prana ; Brahma Indra-Varouna-Iama ; le soleil-l'air-le feu; le soleil-la lune-la terre ; la lerre-1'eau-le feu; l'or-l'argentles diamants ; le noir-le bleu-le rouge, symboles destrois qualités ; les trois Kalas ou temps ; les trois grandes régions de la géographie mystique ; les trois notes modèles, les trois angles du triangle qui furment l'ioni; les trois écorces du sjTiibole de la généra lion ou arbre de vie, etc. Et au fond de toutes ces distinctions divines ou terrestres, spirituelles ou matérielles, que trouvons-nous? Toujours l'unité suprême, « dont les pouvoirs, les facultés, les opérations, bien que distinctes, se croisent, se combinent, se permutent entre eux de mille manières ! Ce sont les trois couleurs d'un même rayon, les trois rameaux d'une même tige, les trois formes d'un même principe. Toutes les divinités mâles rentrent les unes dans les autres ; de là leurs alliances mystiques ; de là les attributions qu'elles échangent mutueilenient. Il en est de même des divinités femelles. Les premiLU-es semblent se concentrer toutes en Siva; les secondes en Parvali-Bhavani. Siva et Bhavani se réunissent à leur tour dans l'herniaplirodile .\rddhanari, qui lui-même a sou type dans Biahm-Maia. .\insi, tout se ramène à l'unité où réside la dualité première, source et principe de toute créature. » Mais de ce que chacune des personnes de la Sainte Triade se fond en Brahm, il est résulté qu'on a pu. snns |)orlei atteinte à l'orthodoxie, iirondre tel ou tel membre de la Trimourti pour ParaiSrahma lui-même. C'est ce qui est arrivé en el'let.

LA MYTIIOLOGII<: ILLUSTRI

BRAII.ua. Le premier membre de la Trimoiirti. t'iiianatioii de Br.ihrn, c|iii. iioiir descendre jusqu'à lui, avait passé par dix formes dillurcutes. Dans l'espace sans bornes s'étendait la masse immense des eaux, environnées d'une lénélireusc atmosnliére Un silence profond résinait sur cet océan primordial dont aucun souflle ne venait ayitericsvagues endormies. Tout à iciupun lotus vient épanouir il la surface des (lul^ ses feuilles Imniides, et sou large calice, sur lequel Braliina se trouve assis. Etonné d'être, etne sachant pas encore se rendre coniple de son

existence, il tourne de tous les cotés les huit yeux de sa ijuadruplc tète, et, saisi d'etVroi à la vue de cet océan sans liiiiiïon, couvert d'une nuit éternelle, il demeure immobile sur son fragile kamala, et s'absorbe dans une conleniplatiiui muette. Des siècles s'écoulent; un son a frappé son oreille; une voixlui conseille d'implorer Bhagavan(liraliin). Il obéit, et Bhagavan lui apparaît sous la fiu-nie d'un lioinnic à mille tètes. Brahma s'incline avec respect : les ténèbres disparaissent, et aux regards surpris de llralinia appaiaisseiU les i|uatorze mondes, à l'état de geriiie. dans

l'être innni de l'.liagavan, qui lui donne le pouvoir de les faire jaillir de son sein lumineux. Ebloui de ce spectacle magnillqne, de celte grandiose et sublime vision, Brahma reste cent années divines t56,OIIO ans) plongé dans une extatifjiie couteniidalion ; et, revenant enfin à lui-même,

pioreile à la Lsniiid vre de la eréalioM.ll produit d'abord

les sept Souaigas (lu eieux iHiiilés. éi'l.iires par les corps resplendissants des Dévalas, puis Mrilloka (la terre) avec le soleil et la lune, et euliii les sept l'atalas ou régions inlérieures qui ont pour soleil et pour étoiles huit escarliouclcs, placées sur la lète des biiil serpents. Il crée ensuite les purs esprits, Mouiii et les sept liic liis. dont ein([ deviennent ses auxiliaires. Il eousniuiMe alors siui liynieu avec Saraçouati, sa so'ur, qu'il avait longtemps poursuivie de sou amour, et devient |ieri' de cent lils, dont l'ainé, Dakclia, donne naissance ,\ ciiKiuaiite lilles. Treize de celles-ci s'unissent ,à Kaeiapa. lils de iMaiilelii et pelillils de Brahma. l/une d'elles. Adili, enlanle les Devatas, génies bienfaisants et lumineux qui habitent les cicux, et

une autre, Diii, met au monde les Da'itias ou Açouras, génies des ténèbres et du mal. La terre était encore sans liabitants; de la bouche, du bras droit, de la cuisse droite et du pied droit de Brahma sortirent les chefs des ((u.itre grandes castes, Brahman, tige des Bralimes; Kcliatria, père des guerriers; Vaïcia, père des artisans, etSoudra, d'où tire son origine la caste des ilotes, auxquels il iloiina quatre femmes, "et, chose curieuse, celle (^l'il accorda à lirabmau était issue de la race impure des .\eourns.

Ln cosmogonie du livre de Manon et celle du code de pliiloscjphie nommé Mimosa nous oll'rent sur la créalion un lablean cjui diffère de celui des Vedas que nous venons d'i'xposer. D'après le code antii|ue de Manou, Brabin, voulant faire sortir de son èlre divin le monde, des contingences et des formes, s'émane en eaux primordiales dans lesquelles il déposeun germe, (le genne devient un O'uf brillant comme de l'or. Les eaux étaient api>e|èes Ni'iiAs, pane (|u'elles étaient la production du Nara (esprit divin), et c'est en elles qu'eut lieu le lu-emier mouvement

du Nara, (|ui en coi)séi|iiciice fut nommé Naïayana (celui i|iii se ment sur les e?ux). Ot œnf donne naissance à Itrahma, nonniic |iour celle raison Hiraniaghaiba (IT'lerus d'or), qui n'esl ([iie Bralim déterminé, c'est-à-dire Brahm se révélant au monde parMaïa (l'illusion). Brahma nommé aussi Ponroucha (l'hommei, développe Brahmanda (l'œuf qui renfermait tous les germes. Alors se révèlent trois hautes cminalious du grand étie, Mana, l'intelligence indélinie; Ahankara, l'iulelligence déterminée, principe de l'individualité, et Mahanatma. qui répand la vie dans le monde et développe les oualités ou modes qui tombent sous les cinq sens; triade divine, qui au fond ne dill'ére point de la 'Trimourti ordinaire. Ces cinq éléments sont déterminés par Ahankara et vivifiés par Mahanatma ; Brahma-Mana en forme tous les êtres animés. Voici comment s'opéra la création :

Brahma-Mana divisa en deux l'œuf qui lui avait donné naissance, et en forma le ciel et la terre. Au milieu il plaça l'atmosphère, les huit régions célestes et le réservoir permanent des e?.ux. 11 tira les molécules des cinq éléments de la conscience de lui-même. Cha«iue élément acquiert la qualité de celui qui le précède, (le sorte que le plus éloigné dans la série est toujours le plus parfait. I.e souverain maître produisit ensuite une multitude de dieux ou Devas, la troupe invisible de génies ou Sadhyas, le sacriGce, institué des le commencenienl, les Védas, le feu, l'air, le soleil; il créa le temps et les divisions du temps; les constellations, les planètes, les lleuves, les mers, les montagnes, les plaines. Pour établir une différence entre les actions, il uistinîua le juste et l'injuste, et tout être consen'e jusque àans les générations les plus éloignées les qualités bonnes ou mauvaises qu'il a reçues primitivement. La terre était inhabitée encore ; il produisit de lui-même (de la manière que nous avons néj,-» fait connaître) les chefs des quatre castes, et, se livrant à une dévotion austère, le divin mâle se délégua en .Manou, pour opérer la création subalterne. Manou produisit d'abord dix saints, seigneurs des créatures, qui créèrent sept autres .Manous, les Devas, les Yakchas ou Gnomes, lesRakchasas ou géants, les Pisatchas ou vampires, les Ganaharbas ou musiciens célestes, les Apsaras (voy. ce mot), les Asouras ou titans, les Nagas ou dragons, les Sarpas ou serpents, les Souparnas ou oiseaux, et les Pitris ou tribus des ancêtres divins, puis les éclairs, les foudres, les nuages, les arcs colorés d'Indra, les comètes et les étoiles, lesKinnaras, les singes, les poissons, les oiseaux, les bestiaux, les bêles sauvages, les hommes, les animaux carnassiers li deux rangées de dents, les vermisseaux, les vers, les sauterelles et les corps privés de mouvement.

La Mimosa, qu'on attribue àDouipaïana-Viaça, donne une troisième cosmogonie, moins orthodoxe, mais'dans laquelle se reflète admirablement l'esprit de la philosophie hindoue. Brahm existe seul dans les solitudes immenses de l'espace. C'est Maïa, c'est l'illusion, qui fait sortir l'être absolu des profondeurs où il vit isolé ; c'est Maïa qui produit la mer de lait, Kama (l'amour) et les mondes. Quant au système bouddhiste, nous l'avons exposé à l'article BocDDii.v PEEMIER. En résumé, c'est Brahm qui domine tout, et Brahraa qui produit tout. Brahma. enorgueilli de .sa puissance et surtout de la création des Védas, livres sacrés de l'Inde, se croit supérieur aux deux auti'es per- -sonnes de la Trimourti, Vicnnou et Siva ; il les raille et les insulte, et s'approprie une partie de l'espace, de sorte que les dieux après avoir place au-dessus des sept cieux, le ciel Brahmaloka pour Brahma, Vraikounta pour Vichnou el Kailaca pour Siva, et placé la ten-e appelée Bhoulota ou Mriloka, il ne restait plus de place pour recevoir le>'araka ou enfer. Mais Brahm s'intitule le vengeur de l'orgueil, et il réduisit l'empire de Brahma d'une quantité égale à celle qu'il s'était appropriée de sa propre autorité. Brahma poursuivit ensuite de sa passion mcestueuse Saraçouati, sa sœur ou sa QUe, il la poursuivit dans le monde entier, il la poursuivit jusque dans les cieux, où elle avaitcherché asile, et les dieux le précipitèrent dans le fond de l'abime avec sa demeure Brahmaloka. Le grand coupable se soumet aux plus dures pénitences. « Si lu veux obtenir ta grâce, lui dit le Très-Haut, conrbe-toi sous le poids de

l'humiliation, et passe par quatre incarnations pendant le cours des quatre .iges. » Le dieu obéit. Il apparut pendant le Satiaïouga sous la ligure de Kakabhousonaa. le corbeau poète; pendant le Treiaïouira, sous les Iraits du tchandala ipariai Valmiki, d'abord brigand, puis pénitent révéré, savant interprète des Védas et auteur du Baniaîana. Pendant le Douaparaïouga, il fui Viaca pénilenl, poêle et auteur du fameux poème intitulé le MaltabharataA» Bhagavit et de plusieurs Pouranas. Pendant le Kaliouga, enfin, il se montra sous la figure de Kalidàça, le grand poète dramatique, l'auteur de la Bague eiichantee, le restaurateur des ouvrages de Valmiki. Quelle explication donner de ces métamorphoses de Brahma? Elles ressortent de sa nature même. « Brahma, dit Creuzer, c'est l'énergie créatrice de Brahm, c'est l'être descendant dans la forme, la substance se révélant dans le phénomène, l'esprit venant animer la matière, le moi universel, le roi de la nature, la loi du Très-Haut gouvernant le monde, qu'il a fait d'après les lois invnriables que lui-même s'est prescrites. Brahma, c'est l'âme du monde; c'est la marrice des êtres, le père, le générateur, le plus ancien des dieux, le maître de toutes les créatures, le régulateur des éléments, le frère aîné du soleil, le type du temps et de l'année, l'oracle du destin, la couronne de l'univers. Brahma, c'est l'intelligence incarnée dans le monde et dans l'homme 'c'est pourquoi il est appelé Pouroucha, l'Aoïnmeparexcellence) au commencement du temps; s'y incarnant de nouveau dans le cours de chaque âge. à chaque révolution de l'univers. Il est la parole par qui tout fut créé, tout est vivifié. Il est le chef invisible des brahmanes, le premier ministre de Brahm, le prêtre, le législateur par excellence, la sicnce, la doctrine, la loi, la forme des formes. »

Brahma. dieu moins populaire que Vichnou et Siva, est en revanche mis par la caste sacerdotale comme bien au-dessus des deux autres membres de la Trimourti. Les brahmanes l'invoquent malin et soir, en jetant trois fois sur la teiTC et vers le soleil de Tenu qu'ils prennent dans le creux de la main. A midi ils l'invoquent de nouveau, en lui offrant une simple fleur. Dans le sacrifice du feu, ils lui offrent du beurre clarifié. — On le représente ordinairement avec quatre têtes, désignant les quatre points cardinaux, les quatre régions du monde, les quatre âges ou lougas, les quatre Vedas, les quatre castes; une barbe épaisse descend de ses quatre mentons, il tient dans ses quatre mains le feu du sacrifice, le poinçon à écrire, et la chaîne mystique à laauelle sont suspendus les mondes et les Védas. Au-dessus de ces quatre têtes s'élèvent, sur une conque représentant l'élément huruide, le symbole mystique du réceptacle des germes et une flamme pyramidale, symbole de la puissance fécondatrice de l'univers. On le voit aussi assis sur des feuilles de lotus ou couvant l'œuf du monde; et souvent il est monté sur le cygneaigle llamsa. II offre des rapports remariiuables avec le Jupiter des Grecs. Jupiter est, comme Branrna, le chef d'une trimourti, dont les deux autres membres sont Neptune et Pluton : comme Brahma, il a sa sœur pour épouse; Homère lui donne line chaîne d'or, comme celle du dieu hindou, et nous retrouvons le cygne-aigle de l'Inde dans l'aigle oiseau sacré de Jupiter el dans le cygne de Léda, incarnation du maître des dieux.

BRAIUI.4DIKAS. Génies créés par Brahma, et qui , sous sa direction , travaillent à la création des mondes , et s'appliquent i y faire régner l'ordre et la symétrie. On leur donne aussi le nom de Pradjapatis et des Dix Brahmas ou Grands Brahmanes. Ils sont immédiatement inférieurs aux quatorze Manous. et commandent aux Pitris ou patriarches qui habitent le globe lunaire. Peutêtre les Brahmadikas ne sont ils que des Mounis ou des Richis. Différentes légendes les font naître du premier Manou, émanation de Brahma , qui exécute une partie de la création. Selon d'autres, neuf d'entre eux sont sortis, comme les chefs des quatre castes , du corps même de Brahma , qui est lui-même un Brahmadika , mais le premier de tous.

BR.4UUAX. Le fils aîné de Brahma , le premier et le plus noble des pères de la race humaine, le chef de la caste sacerdotale. Brahma lui donna pour héritage les

quatre Védas, c'est-à-Jire le code religieux de l'Ilindouslan. Mais Braliman, étant destine A l'interprétation du livre sacré, à rétnJc et à la prière, n'avait point reçu de femme, comme Kehatria, Vaiçia et Soudra. souches des guerriers, des artisans et des esclaves. Brahman s'en plaignit. Le dieu lui fit des observations; il insista, etBralinia, irrité, lui donna pour femme une fille de la race maudite des Rakchasas ou géants, d'où sortirent les brahmes.

Ii!8i:%'t,iill. L'une des Apsaras ou des Gopis, qui prc'viilo aux jeux et aux plaisirs. Lorsque ces délicieuses criMlnrcs forment, sur le bord des rivières, leurs danses ravissantes, aux sons mélodieux d'une musique qui ne parvient pas aux oreilles trop grossières des hommes , c'est Ih'inghi qui, avec Vichnou-Krichna, occupe le centre du ebo'ur divin, dont elle dirige les gracieuses évolutions.

BROC'K. Nain de la mythologie Scandinave. C'est lui qui fit présent à Freir de ce sanglier merveilleux dont les soies d'or sont si élincelantes, que le dieu auquel il sert de monture y voit aussi clair la nuit que le jour.

RROUI^. Le dieu suprême des Géogbis, secte des Banians. Brouin a créé le monde; il est tout lumière, et l'homme ne sauvait supporter l'éclat de sa divinité. L'imagination même ne saurait entrevoir ses splendeurs, et il serait aussi absurde qu'impie de chercher i le représenter par des images. Il s'est fait représenter sur la terre par Mécis, son plus fidèle adorateur, qui, à vrai dire, est l'incarnation même de Brouin.

Bl.i«.%«'riK ou phitùt POtrB.*STI. Fille d'Osiris et d'Isis. Les Grecs la prenaient avec raison pour Diane. Les traits de rcssemhlance sont frappants : Poubasii aida sa mère à élever le jeune Ilaroén (Ilorus), son frère, comme Diane aida Litone à élever son frère Apollon , et Poubasti , comme Diane llithie, présidait aux accouchements. Si, d'ailleurs, on se rappelle qu'II.Troéri ii'élail qu'une émanation d'Osiris et Osiris lui-même, on en conclura naturellement que Bnbastis doit également se réabsorber en Isis , sa mère; or, Isis est la lune. Pour que la conclusion fût parfaite, il faudrait, puisque llar.iéri est le soleil enfant, le soleil nouveau, i|ue Poubasti fût la lune nouvelle, et c'est là prêcisémenl la siguiiicatiou de son nom , selon Jablonski. Savary rcmar.|iic, à ce sujet, que le croissant, ou la nouvelle lune, parait trois jours après la conjonction du suleil et de la lune, et que dans la ville d'Ilithia , près de Latiqidlis, le troisième jour du mois lunaire était particulièrement consacré ,i Poubasti, comme le rapporte Eusèbe ( Pro'jwrot., liv. 111). Poubasti était surtout honorée dans une ville qui porlait son nom, située sur une des branches du Nil, et une foule nombreuse accourait tous les ans à sa fêle. Pendant les jours qui précédaient cette solennité, dit Hérodote, le Nil était couvert de barques richement ornées, et chargées de voyageurs et de musiciens qui descendaient le cours du lleuve pour assister ;'i la fête. On n'entendait, jour et nuit, que chants et concerts. Cet historien évalue même à sept cent mille le nombre des pèlerins qui se donnaient rendez-vous à cette époque dans la ville de Bubaste.

Poubasti avait pour symbole un chat, et, si l'on en croit les Grecs , cet animal lui était consacré parce qu'elle s'était métamorphosée en chat lorsque Typhon avait déclaré la guerre aux dieux. 11 n'était point de difficulté que les Grecs n'expliquassent , ou plutôt n'éludassent avec un pareil système. 11 est plus probable que le chat était regardé comme le symbole de la lune A cause de l'extrême dilalatinii de sa prunelle , cnii oll're beaucoup de rapports avec les formes diverses alVcctées |iar la lune dans ses )diases. Plutar(|ue et Porphyre (n'éleiident i|n'on lui immolait des victimes bumnincs; m.iis lli'inilnle . d'un autre cêjtè, affirme ((lie les Kgypii.'ns n'ont j.unais fait couler le sang liunriin sur les autels de leurs ilieux.

BUCil, BOm ou KOI :«. Le principe du mal chez les 'Tongouscs. Tout ce qui peut nuire à l'homme dans la création, les animaux dangereux, les plantes vénéneuses, les gaz méphitiiiUes, les maladies <•! les pestes, rentre dans' les attributions de Bugi, (jui ne le cide en

Iiuissance qu'au seul Boa. C'est le typhon, le Siirlur, le .oke, PAhriman des Tongouscs. L'homme après lequel il B'ailiarne et celui qui redoute sa colère peuvent néan-

moins le fléchir au moyen de prières et de sacrifices. Mais ce que Bugi préfère, du moins selon la doctrine ensei<;néc par ses prêtres , ce sont les présents , et les plus beaux sont les plus efficaces.

BBJSîE. L'Adam des Scandinaves , fils du rocher de glace du monde primitif, et père de Bor. (Voy. Ymer )

€A!^'OPÎ3, ou mieux C.i^r^'OB. Dieu égyptien représenté par un vase, et dont les Grecs, qui voulaient timt rapporter ;'i leur pays , avaient fait un pilote de Mènèlas, mort penilant le séjour de ce monarque en Egypte, et divinisé ensuite sur les bords du Nil. Le ridicule d'une pareille prétention n'a pas besoin d'être démontré. Les Egyptiens n'accordaient pas n.ênie à leurs rois les honneurs de l'apothéose; comment donc ce peuple, dont on connaît la répulsion profonde pour les étrangers, aurait-il élevé des autels ;\unnantonier Spartiate? Canope était véritablement un dieu égyptien, malgré les assertions contraires de |j1usieurs savants modernes. Son culte acquit surtout de l'importance sous la domination étrangère. Canope était un dieu-eau; Canope était le Nil même; aussi est-il souvent confondu avec Sérapis, qiii , selon Creuzer, n'est que Canob enilii'lli, développé, (^anob, auquel on donna, sous la période ^i-ccquc, les attribuls des plus hautes divinités. A vrai dire, en elfet. Canoh n'est qu'une des formes de Knef, et ces deux noms, comme on le voit, sont fort rapprochés, puisque les consonnes élémentaires qui constituent la charpente des deux mots se suivent dans le même ordre; nous trouvons même une forme intermédiaire dans Knonph-Nil , ou Knef présidant au Nil, divinité qu'on dépeint avec un vase d'où s'échappent les eaux (lu fleuve nourricier. Ce vase, celte urne, symbole dn dieu, détachée de ses mains , ne cesse point d'être encore Knoupli- Nil , et prend alors le nom de Canob. On voit même, sur une médaille du temps d'Adrien, rni-ne-Canope environnée dii serpent Agathodénion, symbole de Knel. Kanob est donc Knef, et on peut, eu conséquence, le regarder non point seulement comme le dieu de l'eau lluvialile en kgvpte, mais aussi comme le génie des eaux ilans leur vaste ensemble , comme le génie même des eaux primitives fécondées parle grand Knef.

fîanope était ordinairement représenté sous la forme d'un vase à large ventre , surmonté d'un cou et d'une tête d homme ou d'animal; quebiuefois aussi le vase esl remplacé par un coi'ps humain, inerte, sans mouvement, (|iii, par l'éiiorr.ie développement du ventre, nous ramené toujours au lype primitd", le vase. Ce vase était à peu près semblable "à ceux dont on se servait en Egypte pourren-

fermer les eaux du Nil, et que los Grecs nomniiiieiil baucalion et qu'on appelle aujourd'iiui baiilak. 11 était formé, comme ces derniers, d'une terre légère et poreuse qui, ,à l'époque du débordement , laisse flltrer l'eau chargée de limon el de détritus de toutes sortes. Une multitude de vases canopiques nous sont parvenus ; souvent ils sont surchargés d'ornements hiéroglyphiques. Un des plus intéressants est celui de la villa Albani , qui est en basalte verte. Il est surmonté d'une tète d'homme, et on voit sur le ventre sphérique du dieu plusieurs divinités et emblèmes de l'Egypte : un autel surmonté de deux épervicrs qui se regardent; au-dessous, deux jeunes enfants accroupis, et, autour de l'autel. Osiris, Anubis ,i tête de chacal, llor ou Uarpocrate le doigt sur la bouche, Hermès cynocéphale. La partie inférieure du vase est occupée par un grand scaraoée les ailes déployées , tenant ,i la bouche un globe de chaque côté duquel se dresse un serpent.— On a pensé, et non sans fondement, que c'est la figure du dieu l^anope qu'on a transportée dans les cieux, ou elle forme le signe du verseau. Une ville de la Basse-Egypte portait .son nom, ainsi que la branche du Nil sur laquelle elle était située. Il y était |iarticuliérement honoré , ainsi que Sérapis (voy. ce mot), dont le temple était une véritable académie. Ruffin, dans son Histoire de l'Eglise, liv. Il, rapporte une curieuse histoire relative au dieu Canob. « Les Chaldéens , dit-il, transportant le feu, qui était leur dieu, dans toutes les provinces , offraient de le faire combattre contre ceux des autres peuples, ;i condition que, s il restait vainqueur, on l'adorerait. Un prêtre de la ville de Canobe accepta le défi et imagina cette ruse. On fabrique en Egypte des cruches d'une terre extrêmement poreuse, à travers laquelle l'eau filtre et se purifie. Il en prit une, boucha les pores avec de la cire, et l'ayant peinte de diverses couleurs, la remplit d'eau et ou fit son

dieu. Il l'avait couverte de la fie d'une ancienne statue que l'on disait être celle du pilote de Ménélas. Les Childéens se présentent; le combat commence. Ils allument du feu autour du vase , la cire fond, l'eau coule à travei's les pores et éteint le feu. La fraude du prêtre donna la victoire à Canobe sur la divinité des Chaldéens. Depuis ce moment , son simulacre a été représenté avec des pieds très-courts , un col étroit, le ventre et le do.s arrondis en forme de cruche. C'est sous celle forme qu'on l'adorait comme le vainqueur de tous les dieux. » Ruffin , en racontant le pieux artifice du prêtre égyptien , nous permet d'.iiiprècier en même temps la polémique tortueusedes premiers athlètes du christianisme. Tout ce qui passait |i.'ir

leur plume en sortait plus ou moins dénaturé. Mais, tout en repoussant les détails parasites de son récit , nous no répugnons pas à croire au fond historique de cette dispute religieuse, qui alors aurait eu lieu pendant la domination persane en Egypte.

CÉI.ESTK. Déesse carthaginoise. Philastrius dit que c'est la même divinité qu'on appelait ailleurs Reine du ciel. Céleste ne différerait donc point de la lune ou de Vénus-Uranie, qui devient, suivant les points de vue sous lesquels on la considère, le principe humide de la nature, le réceptacle des germes, une déesse mérc. Capitolin dit que Céleste était représentée portée sur un lion, et qu'elle rendait des oracles. ConslaïUin lit détruire, ver."î l'an 541, son temple, sur l'emplacemint duquel les chrétiens d'Afrique élevèrent une église en 599. (Voy. EiA-

GABAt.)

('II.4lB.1R ou KAB.IR. Divinité arabe qui, selon le père Kircher, était identique au dieu Lunus desMésopotamieus, et recevait aussi les noms de Baalsamen, roi du ciel, ou de Belisama, reine du ciel, par suite de l'andro- "vnisme de la plupart des divinités orientales. Chabar, en liébreu, signifie nmlliplicT, et on pourrait en conséquence prendre cette déesse pour une Vénus Génilrix ou une grande mère.

CIIAKA'TEÏJCTl.I ou CnAK.lKOIilOUH- QSJI. Dieu du commerce dans la mythologie mexicaine. On célébrait tous les ans en son honneur deux fêles qui attiraient une foule immense. On se livrait à la joie ; on faisait de grands festins et on immolait au dieu des victimes humaines.

ClIASBEï'lSESou4'.%5ïES»Has, c'est-à-dire Gardien de l'Egypte, primilivement appelé Cham ou Ilam. Isis, dans Stobèe, dit à son fils Uaroéri (le soleil enfant) que Chamephis est le père de toutes choses et le plus ancien des êtres. Mais Damascius \Aneed. grec?.) fait mention de trois Chamephis et ajoute que le premier est l'aïeul, le second le père du soleil, et que le troisième est le soleil lui-même. Chamephis est donc un nom personnel et générique appliqué ,i une personnalité divine une et triple. Chamephis, en d'autres termes, est un nom trinitaire qui peut-être, dans les auteurs que nous avons cités, aurait dû être lu Chnouphis. Quoi qu'il en soit, le passage de Damascius ne nous laisse aucun doute sur les personnes do cette triade. Kncf. Fia, Fré en sont les trois membres, se réabsorbanl en Kncf, qui lui-même n'est qu'une émanation d'Ict-on ou Piromi. .Mais toute haute personnification divine est nécessairement susceptible de dédoublement, d'où il suit que la triade se transforme en groupe senairc et devient une ogdoade (groupe de huit) "en y joignant Piromi et Bouto, son dédoublement femelle. Nous venons de faire connaître la tétrade mâle de celte ogdoade si célèbre parmi les mythographes. Quant à la tétrade femelle, nous la composons de Bouto, Neith, Athor et Tpé. Nous devons ajouter toutefois que les dieux égyptiens passant sans cesse d'un rôle et d'un nom .'i un autre rôle et à un autre nom. sans cesser d'être identiques à eux-mêmes, on peut facilement, dés lors, changer plusieurs des termes de l'ogdoade ou même de la triade.

t'U,MO.« ou CBÏEMO!^, dont le véritable nom est Cham ouChem, la grandedivinité des Ammonites et des Moabites. Il est à remarquer que Cham ou Chem devient, par une forte aspiration, le Ilam ou Amon égyptien, et que son nom même se retrouve dans celui d"es Ammonites, ses adorateurs. Le mot Chamaïm ou Chamanim, en sjTiaque, désignait même les pyrées. Or, eham en hébreu veut dire soleil, et chaman, bVùler. L'identité de cette divinité et du soleil devient donc évidente. Mais le soleil, dans lesmythologies anciennes, est considéré sous un certain nombre d'aspects ; idéalisé, il devient le créateur, le démiurge, le génie solaire antérieur et supérieur ;i l'astre lui-même; il est représenté jeune, adolescent, viril ou mourant. Dans ce dernier cas, il porte les noms d'Osiris, d'Adonis, d'Atys; il est en rapport avec Isis et Astnrté, et on célèbre en son honneur des fêtes lugubres. Isa'ie nous montre (xv, 2) le peuple de Moab montant sur ses hauts lieux pour pleurer, et nous voyons dans les Rois [m, XI — IV, xxxm) que le culte de Chamos était uni

LA MYTIIOLOGIt: ILLUSTRÉE.

à celui d'Aslarlc. On est donc autorisé à rei^artlerCliamos comme le soleil a sa période de déclinaison, le soleil passant dans une autre hémisphère et mesurant à la notre les jours les plus courts et les plus tristes. Kircher, dans son OEdipe égyptien, prend Chanios pour le Priape moabile. On peut le comparer graphiquement à Sem, Djem, Clion, qui sont trois noms de l'Hercule égyptien, aux Sanianéens. aux Chamans ou Kania hindou, à Bouddha Sonionokodom, etc.

CIIAO.*S. Le Chaos, matière primordiale, informe, lénéhrcusc, aqueuse, inerte, d'où le monde est sorti par la volonté artive, par la force génératrice d'un être supérieur, préexistant ou coexistant, figure comme élément primitif dans les théogonies de tous les peuples. Par f|ncl travail de l'esprit, par quelles déductions philosophiques, les nations dispersées sur toute la surface du monde sont-elles arrivées à formuler ce système cosmogonique proclamé par la science moderne elle-même? Est-il nécessaire de recourir à une révélation divine pour expliquer cet accord de tous les peuples si étonnant au premier ahord'.' Nous ne le croyons pas. L'homme procède toujours du connu à l'inconnu, et c'est ainsi qu'il s'élève de conquêtes en conquêtes dans le domaine de la science. Tout être qui, par une existence éphémère, se manifeste à la surface de la terre, n'était, avant de recevoir l'enveloppe vitale qui l'individualise, qu'une masse inerte et cli.ioiiquo, qu'un germe sans vie, qu'une matière informe qui, à la suite de phases nombreuses, de développements successifs dans la nuit humide et chaude à la fois du sein maternel, s'est enfin organisée, a passé du néant à la vie, des ténèbres à la lumière. Cette simple observation, naturellement appliquée au monde lui-même, donna naissance à toutes les cosmogonies. L'humidité et la chaleur se combinant dans les lénèbres qui pn-céilonl l'enfantement, on fut amené à grouper ces trois idées, matière humide, matière ténébreuse et chaleur. La matière fut regardée comme l'élément femelle, le réceptacle des germes, la chaleur ou le feu comme le principe mâle et fécoudateur, et ce dernier rôle dut être nécessairement attribué au soleil, source intarissable de lumière et de chaleur. Il serait inutile de pousser plus loin les déductions. Elles se présenteront en foule à l'esprit du lecteur. Nous ajouterons seulement que les phénomènes de l'incubation ovulaire contribuèrent singulièrement à l'agencement des systèmes cosmogoniques. Nous n'avons maintenant qu'.i renvoyer aux mots OEuf, Bouio, Braiima, Viciiriou, Ymer, O.mokka, Fta, Cneph, etc., etc., où l'on trouvera de nombreux détails à ce sujet.

C]Ill:.UI^ ou KUl'!:ui:V ou CSSS':.UI'vIM. Grande divinité des Caraïbes , divinité essentiellement bienfaisante. C'est ainsi du moins qu'en parlent certains auteurs. D'autres prétendent que Chemin était un terme générique, par lequel les femmes désignaient les bons génies que les hommes appelaient Ichiii.

CIIi:^'A. Dieu des peuples et de l'ile de Casamanza en Sénégambie. Les nègres célèbrent en son honneur une grande fête annuelle qui a lieu vers la fin du mois de novembre, c'est-à-dire à l'époque des semailles du riz, qui forme la base de la nourriture dans ces chaudes régions. La statue du dieu, représeutanl une tète de veau ou de bélier, est faite tantôt en bois et tantôt eu pâle de farine de millet, pétrie avec du sang et mêlée de cheveux cl de plumes. .\u nioinenl de la solennité, la foule se réunit, on |ireiid rid(de sur son autel, et on la porte en grande pompe à l'endroil désigne pour le .sacrifice. Le grand prêtre, tenant une longue perche, ornée d'une bannière de soie et à laquelle sont attachés des épis de riz et des os de jambes, ouvre la marche ; le .sacrilite ronsisie en miel qu'on fait brûler. Les dévots font ensuite leurs nIVrandes, et se niellent à fumer; des prirres pour obtenir une récolte favorable terminent la céréiiinnie

<'llIIOU!V. Dieu égyptien, aucpiel i)n allrihuail le pouvoir de chasser les maladies, de rajeunir ou de ri-p:irer l'organisme altéré, de ressusciter même. Cliui.imi est donc un dieu médecin, comme Esc-ulape cl rKsiuouii ph''iiicieM; mais, dans un sens plus élevé, il est souvent confondu avec Mendes ou Mandou, le fécond.ilcur univer-

sel, car guérir, c'est donner la vie. Chniouu n'esl alor.'; qu'une forme inférieure du dieu générateur. Il a aussi beaucoup de rapports avec l'Agathodœmon, le dieu bon par excellence.

CH^.% ou CIIKAS. Personnification de la nation phénicienne, (jui portait son nom. suivant Etienne de Byzance. 11 est évident que Chna est absolument le même mol que Chanaan, qui sert dans la Bible .i désigner les Phéniciens et le pays qu'ils habitaient. Chna, par suite d'une altération profonde, devint, en Grèce, Agcnor, après avoir passé par les formes Achnas et Ochnas. Dans Sanchoniaton Chna est le même que Phénix, qui donna son nom ,i la Phénicie. Phénix en outre ne parait point différer d'Erythras, et signifie rowgf, comme ce dernier mol, ce qui nous reporte nécessairement sur les bords de la mer Bouge, où régnait Erythras, et d'où partirent les colonies qui vinrent peupler la Phénicie. iVoyez Oan.nès.) Plusieurs auteurs même appellent les Phéniciens Erythréens, et le Manethon d'Annius de Viterbe représente Phénix quittant les rivages du golfe arabique pour aller civiliser la Phénicie.

CIIRVMOK ou mieux CnUSOR. Dieu phénicien que nous trouvons mentionné dans la co.smogonic Shénicienne de Sanchoniaton. Il était fils d'.Vgréos ou 'Aliéos, descendants d'IIypsuranios (le très-liaull. il découvrit, avec son frère, le fer et l'art de le travailler, se distingua par le talent de la parole, des enchanlemenis et de la divination; inventa l'hameçon, la ligne et la navigation. L'auteur ajoute qu'il est le même (|ue Vulcain, et Vulcain lui-même est Fta, le feu daus toute son extension, et en particulier le feu créateur et générateur, le, feu qui répand dans le sein de la matière inerte les germes de la vie.

t'ÊESj. Ce que nous aurions à dire .sur le ciel, au point de vue cosmogonique, le lecteur le trouvera aux articles Bocto, Braiima, Cnepo, Omorea. OEvf, etc. (Juant aux notions Ihéologiqiies, constatons d'abord que, dans la pensée des anciens philosophes, le ciel n'était que l'hémisphère de la luniiéie 0|iposé à celui des ténèbres. Mais, de même qu'un glnnd contient en germe une forêt, ainsi, au fond d'une idée, un monde entier frissonne et palpite. D'un fait purement phvsique, on en vint bientôt à des abslraclions métaphysiques. La lumière fut assimilée au bien moral et matériel ; les ténèbres au mal et au vice, l-ln peujila rhéiiiisphére supérieur de génies bienfaisants, de créatures ravissantes et délicieuses, et l'hémisphère inférieur d'êtres hideux et funestes. Telle fut la marche suivie par l'esprit humain pour arriver au dualisme philosophique et religieux, dont les conclusions extrêmes sont le ciel et l'enfer, avec le système des récompenses et des peines futures, éternelles pour les peuples qui repoussent la métenipsychose. temporaires pour ceux qui croient a la transinigialion des ,imes. L'édifice construit, il ne resl.iit plus qu'à l'orner et à l'embellir, et l'imaginatinii des peuples, ti'ôusfigurant dans ses fantastiques conceplions qucl(]ues observations physiques et astronomiques, remplit d'éblouissantes merveilles les hauteurs incommensurables des cieux.

Elevons-nous au-dessus de l'Albordi. la montagne du inonde, d'où le soleil, à la parole d'Orniouzd. s'élança jadis pour éclairer l'univers; laissons l'astre brillant du Jour tourbillonner sous nos pieds, montons plushaiit, plus haut encore, en suivanttoujours le poiitTchinevad. avec les âmes des justes qui ont dépouillé leur terrestre enveloppe. Nous voilà dans le Gorotman, le royaume éiincelant d'Ormouzd, séjour fortuné des fidèles adorateurs de Zervan- Alvérène et du feu. Franchissons la première sphère, traversons sans nous y arrêter la seconde; pénétrons enfin dans le nehecht. C'est là qu'habite Orinouzd, le roi de la liiiiiicie. Autour de lui siègent les sept Amschaspands. les viii-t-liuit Izcds et lescohortcs innombrables des Fcrvirs. layoniMiils prototypes de tous les êtres de la riiiiliiiii. di|iiiis OriiHuizd' lui-même jusqu'à l'homme, jiisqu'.in paiiilldii qui voltige sur les tleurs embaumées, iiisi|ir;iii linii d'herbe balancé par la brise légère. — nuilliiiis le Zend pour les Vcdas. Au-dessous de nous s'èlcndeiit les .sept Patalas , ténébreuse habitation des

LA M\TII0LO(;iE ll.LLSI lu':!':

SI

D.nïliiis ou Aïoiii-iis. Mais disons .ulicu pour un monu'iil an Mrilliika lia Icire). (jlissons lajiidcment el sans Iniiil il travers les |ii( iniers cicux. habites ]iar les ^'rltts, (ïénies aci'iens i|iii ne chriThentmr.i nuire aux linninios; arrivons dans le paradis il'Indra ( Innraloka ' , le dieu du pur cl brillant othcr. Itéjà devant nous s'élève U ville d'Aniravali, avec ses donics de saphir et ses coupoles de diamants. (Juel édifice nous apparaît au milieu de la cité resplendissante? Nos yeux mortels ne peuvent en supporter l'éclat. Les mille' et mille colonnes dont il est orné sont autant de jets de pierreries Osés dans les airs. C'est le Vedjac;anla; c'est le palais d'Indra. Tout autour s'étend le Naiidana. jardin délicieux, planté d'arbres d'or, de rubis, qui, gonllés par une sève divine, étendent au loin dans les airs leurs rameaux couverts de larges feuilles aux reflets d'énieraudo et de fleurs, sur lesquelles le puissant Indra a fondu tontes les nuances de son arc aux couleurs magimics. Là, sur des gazons moelleux dansent les chu'urs charmants des .\psàr.is, mêlées aux génies célestes dirigés pas Ghandarva. Le paradis d'Inàra nous a trop longtemps retenus. .\n-dcssus de nous s'étendent les snhcrcs étoilécs, et se déroulent les cercles concentriques des sept Souargas, ou les fidèles jouissent des délices du nirvana. Gardons-nous de les troubler et passons. Traversons ensuite le Ivaïlaça ou ciel de Siva, et le Vaikounta ou ciel de Vicluioii, r(envre la plus merveilleuse de Vicouakarma, l'architecte des dieux. .Nous avons atteint le Èrahmaloka ; quels accords ont frappé nos oreilles'? C'est l'orchestre de Saracouati, sœur, fille et femme de Brahma, dont Haydn et liecthoven, en leurs heures de ravissement et d'extase, n'ont qu'à peine entendu les échos les plus aflaiblis. Le divin concert, exécuté par les seize mille Ragliinis, est dirigé |iar Mahaçouaragrama (la grande échelle des sonsi. Les sept Souargas retentissent de celte suprême hannonie; les Apsaras, pour l'écouter, interrompent leurs danses dans le paradis d'Indra, et les Daitias même en recueillent avec aridité les accords lointains au fond des Palalas éclairés par huit escarbouclcs.

Après ces tableaux magnifiques que nous offrcnlles livres sacrés du Brahmapoutre, du Sind et du Gange, irons-nous avec les tribus américaines chasser le buUle el le daim dans les forêts des cieux '? Nous sentirions-nous même le courage d'assister avec les favoris d'Odin aux grands festins du Valhalla, égayés par l'hydromel pétillant dans les coupes toujours pleines'/ Si vous m'en croyez, Icctcnr, nous mettrons ici pied à terre, pour recommencer à l'article G1MI.E notre vovasc aérien.

CBgXSÎS»H Ou'kSES", ^'EF, XEV, SiOljF, ^'OCJ.M, nommé par les Grecs Cnouphis, Cnoubis, Cnnumis, etc. Divinité égyplieune, une des formes d'Amon. Kiiepb, dont le nom correspond au latin //orc, souffler, est l'esprit incréé, le souffle vital, l'ilme universelle, source de tous les biens moraux el physiques. Principe de toutes choses, il anime, pénètre et soutient le monde. Kneph est le créateur, le grand démiurge. Avant lui, le monde existait à l'état chaotique et ténébreux, et au-dessus de cette masse informe planait dans des profondeurs inaccessibles à la pensée humaine Piromi, le même sans doute qu'Iclon, l'incréé, l'absolu. Piromi comme Brahm voulut sortir de la .solitude qui l'envirounail; il voulut voir rouler au-dessous de lui les soleils et les ptanêtes; il voulut répandre ilans l'espace sans bornes les êtres à profusion et la vie par lorrents.

Mais laissons parler Hermès Trismégiste (dans le Pimander) : « J'avais sous les yeux un grand spectacle! Tout élait devenu lumière, lumière si douce et si suave, qu'elle nie remplissait de délices, moi qui la regardais. (Cette lumière était Piromi voulant se manifester par la créalion.) Peu de temps après, une ombre épaisse et affreuse se répandit, et celle ombre devint une nature humide (Bouto-Athor) agitée par un exprimable tumulte. Une grande vapeur s'en écliappa avec un bruit, et de ce bruit .sortit une Voix (Neiih) que je jugeai êlre la voix de la lumière (Piromi). De celle voix de "la lumière le Verbe crée sortit (Cneph). Ce Verbe, se tenant sur la nature humide, la réchauffait, et des entrailles de cette masse aqueuse, que Kneph avait transfnrnièp en une seule masse, en une

splu^re. en un o'iit iniinense (|n'il tenait a la bouche, un feu subtil (Fia) se dégageani bientôt (comparez avec iij passage de Plularque ciii- article Bocto). monta dans les hauteurs du ciel, l'n air léger, obéissant à l'espril, se plaçait en même temps dans la région inlermédiaire. entre le feu et l'eau. Mais la terre cl l'eau étaient confondues à tel point, que la face de In terre couverte d'eau n'apparaiNsait nulle part. Le Verbe spirituel cpii était porté sur elles les sépara. Le dieu Mens (âme. esprit. Piromi) avec son Verbe (l'Iai. prodiiisil l'aulre .Mens Tré, le troisième dr^miurgi). l'Ouvrier. I!e dieii-f(>u. celle divinité- esprit, fabriqua ensuite sept recteurs, qui enilirassenl dans leurs cercles le monde sensible, dont la disposition est ce qu'on appelle le destin. Le dieu Ouvrier elle Verlie procédèrent ensuite à la création. Des éléments inférieurs furent formés les animaux qui n'ont pas la raison. L'air produisit les oiseaux, el l'eau les poissons ; la terre les animaux qu'elle avait au dedans d'elle : les quadrupèdes, les reptiles, les bêtes féroces el domestiques. Dieu le Père créa ensuite l'homme semblable à lui.

Cneph est donc la première personne de la grande trinité égyptienne. Il a pour mère Neilli, volonté de Piromi, manifestée par la parole. Il est le logos, le verbe, l'esprit qui se remue à la surface de l'abime, un Brahma naraiana (flottant sur les eaux), cet esprit, ce souffle divin que la Genèse nous représente flottant sur la ténébreuse matière primordiale. Comme nous l'avons dit, Cneph n'est qu'une des formes d'Amon ; on trouvera donc à ce dernier article des données qu'il serait inutile de reproduire ici. A un point de vue moins élevé, Cneph présidait sans doute à la santé sous les noms de Chnoum el d'Lsnioun, et sous ceux de Noutc-Fcn ou fleuve qui fertilise l'Egypte. Cneph enfin est Canope (voy. ce mol), c'est-à-dire l'eau fécondanle et le bon génie ou Agathodémoii. Il était particulièrement adoré par les Thébains, qui le regardaient comme un pur esprit. Ses principaux attributs sont les cornes de bouc, symbole de la force génératrice, le grand serpent Urœus, emblème de la puis.sance de vie et de mort.

COBOL.3>S et COliFI ou KOIiFI. Génies qui, d'après la mythologie germaine , habitent les en - Irailles de la terre. Espiègles et nurbanls, ils se plaisent à tourmenter les hommes. Les mineurs surtout sont en butte à leurs tracasseries, car les théories du communisme n'ont pas encore pénétré chez ces êtres primiiifs qui ne nous cèdent qu'à regret leurs souterraines habitalions. Le bruit de la pioche el du marteau, d'ailleurs, frappe désagréablement leurs oreilles, el les explosions des mines leur causent de mortelles frayeurs. Les mineurs ne l'ignorent point; aussi craignent-ils la vengeance des Coljûlds. Ont-ils oublié dans leurs sombres galeries un oulil ou un vêlement, leurs invisibles ennemis s'en emparent aussitôt et remportent au fond de leurs retraites les plus inaccessibles. Se dirigent-ils d'un pas tremblant et une lampe à la main dans les détours les moins connus des catacombes qu'ils ont creusées, un de ces malfaisants génies prend son vol et d'un coup d'aile éteint la vacillante lumière ! Heureux d'avoirdécouvcrt un filon avantageux, redoublent-ils d'énergie pour arracher à la terre le trésor qu'elle recèle, les Kolfi font tout à couji jaillir sous la pioche du mineur un torrent d'eau qui lui laisse à peine le temps de mettre sa vie en sûreté. Une autre fois c'est un éboulement inattendu qui vient enterrer vivant le malheureux ouvrier, ou le feu grisou qui se déchaîne pour les dévorer. Moins vindicatifs au milieu de ces pauvres Irlandais dont ils prennent sans doute le sort en pitié, lesCobolds, sous le nom de Rnokkers, viennent partager les travaux des mineurs. Armés comme eux de la ]iioche ou du marteau, ils abaissent et relèvent rinslriiment en suivant tous leurs mouvements avec une précision merveilleuse et ne prennent de repos que lorsque l'ouvrier fatigué abandonne lui-même son travail.

fOIiïXliA ou K01.iXDA , nommé aussi Koléda. Dieu slave qui présidait à la paix. Il était particulièrement adoré par les habitanls de Kiev, qui l'opposaient à Lédu ou Led, le dieu de la guerre. Peut-être fautil voir dans ces divinités les génies de l'été et de l'hiver.

t'OSaiIABîAXE. Il avait bien raison ce prèlre égyptien qui disait au législateur athénien : Oh ! Solon, Solon, vous autres Grecs, vous êtes tous des enfants! Les voyez-vous, en effet, ces pauvres gens, ébahis et stupéfaits, parce qu'un de leurs compatriotes, après s'être endormi dans une grotte, ne s'était réveillé qu'au bout do cinquante ans! Beau miracle en vérité! Combadaxe fil mieux. Le Grec, il est vrai, n'était qu'un philosophe, cl Combadaxe étaitun bonze. Des l'âge de huit ans, il se sentait fatigué de la vie. Le spleen est moins précoce en Angleterre. Combadaxe donc annonça qu'il voulait dormir, non pas un siècle, non pas vingt siècles, mais dix millions d'années, et courut s'enfermer dans une grotte placée au fond d'un temple magnifique qu'il avait bàli. De |ieur des importuns, il fit murer bel et bien l'ouverture de la caverne, et Combadaxe dort encore ! Je vous laisse ■i penser en quel élat il trouvera le Japon à son réveil ! Vous ligurez-vous son étonnement si, eh secouant tout à co"p .sou somiiiuil, il entendait retentir à ses oreilles un

Vcni, Creator on un Ave, Maria? C'est pourtant la surprise que lui ménagent nos missionnaires.

COSSI ou KOK!>iI. Dieu des Congues, qui préside aux pluies, au tonnerre, à la pèche et à la navigation. Il est représenté par un sac rempli de terre blanche et surmonté de cornes, et a pour temple une cabane couverte de feuillage.

CROMO, KROnO ou CIlROnOR. Dieu de l'air, du temps et des saisons, dans la mythologie slavonne. Il était fils de la Terre, et on le représentait sous les traits d'un vieillard , avec une longue barbe et une longue chevelure , tenant dans sa main droite un panier rempli de fruits et de roses, et dans sa main gauche une roue. Sous ses pieds était un poisson (une perche) placé horizontalement sur une colonne. Une bancle de toile lui servait de ceinture. 11 avait à llartz , près de Goslar. dans le Hanovre , un autel qui fut détruit par Charleniagiie. (Juelques auteurs ont nensé que son nom élaut fort rapproché de Kronos, le Ssaturne grec, son culte venait sans

doute de la Grrcc. — La roue (pi'il lient à la main est vraisemblablement le symhiile ilii l('iii|;s; son iianier plein de roses et de IVuils représeiili' les saisons; la perche, les eaux lluvialili's . ipii s'écoiilcnl couinie le temps, et la colonne, l'lnimul;il)ililé dans la mobilité, le temps considéré comme éternel.

Iiiscnsûsl nous disons

Ah I comme le temps pnssc!... et c'est nous qui passons!

CtJPAlilIN ou HOl B°.%I>0. Dieu des anciens Slaves ; présidail aux fniils des arbres et à ceux qui sortent du sein de la terre, c'csl-a-ilire aux céréales. On célébrait en son honneur nue f'Ie ipii avait lieu an solstice d'été , le 24 juin. Le peuple fiiNail alors des las de paille et de loin auxquels on niellait le feu. Iloiniiies cl femmes, enfants et vieillards , dansaient autour, cl la plupart des assistants sautaient par-dessus ces feux de rrpiuissance. l.es mr-mes cérémonies s'ub-ervaienl à lloiiie cil avril), à liii|:nine |i,ir il. Hidol, M, miil (rniv), Mir I." ilii'li.'S i\c! K,h

la fête de Paies, protectrice des troupeaux, dont elle favorisait la multiplication. Mais ce qui est plus curieux encore, c'est qu'en France les habitants des campagnes cl ceux même des villes dansent encore tous les ans aiilnur de ces feux légers , et précisément le 25 juin, connue les adorateurs du dieu Koiqialo. Il est vrai que le peuple, chez nous, croit alors fêter saint Jean. Cupalus , suivant quelques inylhnlogues. était le premier des dieux slaves après l'eiduii (celui qui frappe), le dieu de la foudre, dont le culle sulisislail encore au sixième siècle. Les anciens adoraleurs de Cupalus ont donné son nom à sainte .\grippine (Conpalnitsa!, dont la fête tombe également vers le solstice d'été.

l'lJa».*V ou K01'I»A1. Divinité américaine qui, chez les Péruviens , jouait un rôle ahriinanien et salanique. Un crachait sur terre chaque fois qu'on voulait prononcer son nom. Les liabilanls de la Floride le regardaient comme le dieu du sombre empire et du mcMule inférieur, ce qui aîlK'vc de le classer parmi les dieux tyidioniens.

nABAIB.%. La çrande déesse des habitants de risllinio de Panama, qui la regardaient comme la mère des dieux et croyaient uéanmoms qu'elle avait mené sur la terre une existence mortelle. C'était elle qui décliaiuait les éclairs et dardait sur la terre la foudre vengeresse. Les fêtes qu'on célébrait en son honneur étaient précédées de trois jours de jeunes et accompagnées de sacrifices humains.

D.IGODA. Les dieux des vents principaux chez les Slaves sont Posvide et Dagoda. Posvide soulevait les vents impétueux, excitait les tempêtes, et faisait gronder le tonnerre; rien ne lui résistait : c'était Borée. Dagoda, au contraire, rafraîchissait la terre, répandait le calme dans les airs et faisait naître les beaux jours.

DACiOX. Dieu syro- phénicien qu'on représentait, comme Atergatis et Dercéto, sous une figure pisciforrae. Il avait des temples magnifiques à Gaza, à Aiol et à Xsalon. Lorsque le sort de la guerre eut fait tomber entre les mains des Philistins l'arche sainte de Jehovah, ils la placèrent dans le temple de Dagon. Mais le lendemain ils trouvèrent l'idole tombée de son piédestal et comme prosternée devant l'arche; les prêtres la relevèrent, et le lendemain ils la trouvèrent renversée de nouveau avec les bras et la tête séparés du tronc il", Rois, v, 5). Tel est du moins le récit de la Bible. Dagon était regardé comme un dieu civilisateur, et passait pour avoir enseigné l'usage de la charrue, ce qui le faisait appeler Zeus laboureur par les Grecs sjTÎens. Le nom de Dagon est évidemment le même que celui d' Atergatis, dag, moins la première syllabe addir, qui signifie gi'and. Dagon est donc synonyme de poisson, étjniologie prouvée d'ailleurs par la forme sous laquelle on "le représentait, et par son identité avec ce fils d'Atergatis, appelé Ichthys ipoisson) par les Grecs, qui. suivant leur habitude, traduisaient ceux des noms étrangers dont le sens leur était bien connu. Dagon, fils d'Atergatis, mais fils non addir, non grand, peut donc être ideulilié avec sa mère, comme Selden l'a pensé. Atergatis étant, dans le sens le plus étendu, la production universelle, et dans un s-ns plus restreint, Cyb^le, la terre aux mamelles fécondes, on comprend parfaitement qu'on lui ait donné pour fils, ou, en d'autres termes, comme attribut, la production agricole personnifiée.

UACiOUX. Le dieu créateur dans la mytholosie du Pçgu- C'est lui qui, après la destruction du mou3e par Kiakiak, en fera paraître un nouveau plus parfait que le précédent. Le temple de ce dieu s'élève au sommet d une haute moutagnc. Les bonzes seuls y peuvent pénétrer.

DAftOljR. C'est le jour dans la mythologie Scan-

dinave. Les téuL-bres ayant précédé le débrouillement du chaos, on a donné pour mère à Dagour, Nott. la nuit, et pour père, Dellingour, le crépuscule du matiii. Ce dieu |iarcourt l'espace, emporté par Skiufaxe (crinière de lumière), coursier rapide, qu'il a reçu du grand Odin. lo père de la création, et qui, serouant sur le monde son otincelante crinière, leremjilitde rayons lumineux.

ra.tUIIAX. Un des vingt-huit "izeds. C'est lui qui reçoit les âmes des justes des mains de Séroch, l'izcd chargé de garder la terre et de protéger les hommes contre les mauvais génies qui cherchent à les faire pécher. Quand on a perdu un parent, on adresse des prières à Dahman pour obtenir la rémission des péchés mortels du défunt. Trente prières doivent être prononcées pour r.ime d'un fils Oii a'une fille, d'un père ou d'une mère, d'uu frerc ou d'une sœur. Si la parenté du mort est plus éloignée, le sectateur de Zoroastre en prononce de cinq à vingtcinq, suivant le degré de consanguinité.

D.AIBOCI. C'est le Plutus de la mytliologie slave.

5>AIB01'II. Grande divinité des" Japonais dont le nom paraît être composé de dai (divin) et Both oxiliourid (Bouddha), et qui par conséquent ne différerait point du dieu réformateur de l'Inde. Comme Bouddha, en effet, Daiboth est représenté avec un scinde femme etavecdej cheveux crépus, laineux et bouclés. Sa tête est entourée de rayons d'or chargés d'images de divinités inférieures, ses oreilles sont très-larges, et une flamme s'élève sur son front. Sa pagode, très-vaste, est peinte en rouge et soutenue par des piliers de bois brut.

DAI-MO-'^O-ISB!*!. Dieu japonais, dont la fêle, qui tombe en juillet, est signalée par une procession magnifique. On y voit défiler l'armée, cavaliers et fimtassîns, les nobles montés sur des chevaux richement caparaçonnés, les prêtres rangés deux à deux, et des femmes qui, par leurs allures, rappellent les bacchantes de la Grere. Un cheval magnifique porte la statue du dieu, suivie de deux jeunes garçons portant, l'un son arc, ses llèches et son carquois^ et lautre son faucon. L'idole (St ensuite placée sur une litière et portée par vingt hommes.

IS-AfriAS. Génies malfaisants de la mythologie hindoue. Nous avons présenté aux mots Ciel et UtixoiZE

quelques observations sur l'origine des bons et des mauvais génies que nous avons expliquée par les allernalives de bien et de mal qui se succèdent et se combattent dans le monde comme les ténèbres et la lumière. L'examen attentif du Zond-Avesta, de l'Edda et des livres sacrés des autres notions, nous confirme pleinement dans celle opinion. Le principe une [ois posé, tout évéuemcut fu-

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