‹ La mythologie (volume 2)Chapitre 12 sur 77 · NEPTUNE · texte numérisé non relu

NEPTUNE

Ce dieu , fils de Saturne et de Rhée , eut , pour part de son héritage , l'empire des ondes. Il avait conspiré contre son père ; il tenta plus tard de détrôner Jupiter, et fut banni de l'Olympe. Pendant son exil, il travailla avec Apollon aux murailles de Troie. Mais, frustré de son salaire par l'avare Laomédon , il inonda la ville naissante , où le dieu du jour envoya en même temps la peste.

Le cheval sortit à sa voix des rivages de la mer lorsqu'il disputa à Minerve l'honneur de donner son nom à la ville d'Athènes. On lui consacra ce noble animal. Des courses de chevaux et de chars solennisaient ses fêtes. Son trône est sur un char traîné par quatre coursiers fougueux. Sa stature est imposante ; ses traits sont ceux d'un vieillard ; sa barbe et ses cheveux blanchis semblent humectés de la vapeur des eaux. Il tient à la main le trident qui soulève l'Océan et fait gronder les tempêtes.

Neptune , armé du trident redoutable , De l'Océan soulève tous les flots; Le noir abîme aux tremblants matelots Offre la mort, la mort inévitable.

Parny.

Avec ce trident, il ébranle aussi le monde et

Kfi LA MYTHOLOGIE,

lause les tremblements de lerre. Sous ce rapport, il est le symbole de l'eau, qui, suivant l'opinloa erronée ie plusieurs pliilosophes, causait les secousses au globe.

Il épousa Amphitrite, GUe de l'Océan et de Dons, grâce à l'adresse du dauphin qui sut obtenir la pro-

messe de cette déité. Il plaça parmi les constellations cet hcibile négocinlcnr. Volage dans ses amours, il eut un grand nombre d'ennnits, parmi lesquels on distingue Péliaset Nélée, Arion, Phocus, Polyphèmr,

Agénor et Bellérophon. On pense qu'il enfanta aussi le bélier à la toison d'or, Thésée, le brigand Sinnis, Messape , Tarus , fondateur de la ville de Tarente, les géants Otos et Ëphialte , enfin Orion , qui marchait sur les eaux. Il passe pour être le père des fleuves, et il eut de Thétis, Tancienne Nérée. Celle-ci donna le jour aux Néréides nymphes de la mer ; aux Naïades , qui président aux fleuves , aux rivières , aux fontaines ; aux Dryades, qui habitent les campagnes ; aux Hamadryades , nymphes des bois ; aux Napées , qui régnent sur les prairies et les bocages ; enfin , aux Oréades , protectrices des montagnes. La plus célèbre des Néréides fut Thétis, la brillante épouse de Pelée, roi d'Égine , et mère d'Achille. Ce fut aux noces de Thétis et de Pelée que la Discorde , irritée du mépris qu'on lui témoignait , jeta sur la table du festin une pomme sur laquelle étaient écrits ces mots : — A la plus belle ! Toutes les déesses réclamèrent le fruit fatal, qui fut disputé par Junon, Pallas et Vénus. Nous avons vu que le berger Paris, choisi pour juge dans ce grand débat, donna la pomme à Vénus.

Neptune était aussi le père des Tritons. Parmi les dieux marins inférieurs qui composaient sa cour, on cite Éole , roi des vents ; Protée , intendant de ses troupeaux , et époux de Pomone ; les Syrènes , moitié femmes et moitié poissons , qui habitaient les

rochers voisins de la Sicile, et attiraient, par la douceur de leur voix , les nautoniers qu'elles faisaient périr. Les trois principales étaient Leucosie, Lysie et Parthénope.

Nous citerons encore Charybde et Scylla. La première était une femme cruelle qu'Hercule avait tuée, et qui fut métamorphosée en gouffre. La seconde, s' étant baignée dans une fontaine empoisonnée , se précipita dans la mer, et fut chaugée en gouffre. Ces deux monstres, placés en face Fun de l'autre, dans le détroit de Messine, avalaient tout entiers les vaisseaux qui les traversaient. Ino^ oo Leucothoé , et son lils Portumnus , protecteur des ports , étaient , au contraire , des divinités marines bienfaisantes. Enfin , Glaucus , qui , de simple pécheur, devint un dieu marin, était aussi un favori de Neptune.

A la fable de Neptune se rattache celle d'Ârion, illustre rival d'Amphion et d'Orphée. Ce chantre mélodieux revenait dans son pays natal avec de grandes richesses , lorsque le pilote et les matelots voulurent le tuer pour s'emparer de ses trésors. II obtient d'eux , à force de prières , la permission de toucher sa lyre pour la dernière fois A ses accents , les perfides sont émus , ils hésitent ; puis , la crainte d'être découverts l'emporte , et Arion est précipité dans la mer.... Alors les dauphins, que

éiaieot livrés à d'éternels tourments les grands coupables dont les forfaits avaient épouvanté la terre, les conquérants dévastateurs , les traîtres à leur patrie, les (ils ingrats, les épouses criminelles, les rratricides, les tyrans, les mauvais juges.

Le palais de Pluton était au milieu des Champs- Elysées, séjour enchanteur qu'habitaient les Ames vertueuses.

Elysée, asile où le sage, Vainqueur du Temps et de la Mort , Goûte éternellement les délices du sort Après avoir long-temps lutté contre Torago ; Chez vous jamais la nuit no remplace le jour. Quels moments vos héros donnent-ils à TAmour? Sous ces ombrages frais ils discutent sans cesse Sur la raison , sur la sagesse , Sur les vrais plaisirs , les vrais biens ; El dans ces étemels et graves entretiens ,

Pas un seul mot de tendresse !

A quoi songent-ils donc?... O champ Èlyséen! Notre félicité n'est qu'une ombre légère ; Votre bonheur est un bonheur sans fin , Et la raison veut que je le préfère ; Mais, pour en bien jouir, j'ai l'esprit trop mondain, Et je vais m'arranger avec mon médecin Pour qu'il me laisse encor cinquante ans sur la terre.

Demoustirr.

Pluton, assis sur un trône d'ébènc, tenait à la main un sceptre à deux pointe^ et des clefs, pour marquer qu'on ne sort plus de son empire une fois

92 LA HYTHOLOGIB.

qu'on y est entré. A. ses pieds étaient les trois Parques, déités inexorables chargées de liler la vie des humains : Clotho tenait la quenonille, Ladiésia tournait le fuseau , Atropos , année de ciseaux , coupait la trame. Le fil était blanc quand le Destin acewdait au mortel des jours faeureui , et noir quand sa vie devait être malheureuse.

Souvent le RI du fou croise celui du sage;

L'ignorant croise le docteur.

Et le plaideur l'Aréopage,

Et le satirique l'auteur.

Le fier habitant de la ville

Se mêle aux habitants des bois;

Le berger s'entrelace aux rois; Chez SCS derniers sujciâ le prince se faulile.

DBHOtlSTIBB.

Plutôt), dont l'ospect sinistre et le sombre séjour

LA iVIVniOLOGlh:. ÎM

effrayaient les déesses , ne pouvant trouver une épouse, enleva Proserpine, qui devint ainsi la reine des Enfers. Pour bien ranger les âmes dans les divers lieux de son vaste domaine, il avait dévolu une partie de sa puissance aux trois juges infernaux Minos , Éaque et Rhadamanthe. Minos tenait F urne où étaient les noms de tous les mortels.

Le Sort, dit-on, Ta mise en ses sévères mains; Minos juge aux Enfers tous les pâles humains.

Racine, Phèdre.

Parmi les criminels fameux plongés dans le Tartare, nous citerons : les Titans; Sisyphe , célèbre brigand , condamné à rouler une pierre énorme jusqu'au sommet d'un mont escarpé, d'où cette pierre retombait sans cesse pour être remontée éternellement ; Tantale, roi de Phrygie, qui avait servi aux Dieux voyageurs de la chair humaine: consumé par la soif et la faim , il voyait un fleuve limpide baigner son menton et des arbres chargés de fruits exquis caresser sa bouche impuissante k les saisir ; les Danaïdes , filles de Danaûs, roi d'Argos, qui, obéissant aux cruels avis de leur père, avaient fait périr leurs maris, fils d'Égyptus; la seule Hypermnestre avait épargné le sien ; elles devaient remplir d'eau une tonne percée d'où le liquide s'échappait toujours. Enfin Ixion, qui avait osé faire entendre à Junon

des vœui impurs , était attaché à une roue couverte de serpents. Un vautour déchirait les entrailles de

Tityus, dont l'audace avait attenté à rboniieur de Latone.

['irithfliis , Thésée , Hercule , Énée , Sisyphe et Orphée sont les seuls mortels qui aient pu revenir sur la terre après avoir passé vivants les ondes du Styx.

On ne voit poinl <leux fois le rivage des niorls. Racine, Phèdre.

Parmi les puissances infernales, on distinguait Hécate , dont le corps gigantesque , surmonté de IroÎ!! IHea meniiçantes , gardait l'entrée do Tartare. Cette déesse, qui n'est autre que Phébé el Diane, préside sous ce nom aux mystères de la magie. Les sorciers allaient au milieu de lu nuit creuser une fosse profonde sur le hord de quelque lleuve : li ,

nn'lus (I un long mantciiii couleur d luiir, ils îtiimolaicnt une brebis nuire et appelnieiit sept fois lii déesse redoutable en lui (iri-sentaut un gâteau de miel. Soudain du fond de la fosse s'élevaient les Héciitées , fantdmes mystérieux qui prédisaient :

Aux veuves de jeunes éiwux, Des Pénélopes aux jaloux , A la nympbe des équipages, A la princesse ùe* hommages.

Au sage une verte prairie,

DEHOUSTim.

On oDrait à cette divinité une bécalombe ou le sacrifice de cent taureaux. A. Rome on lui immolait des chiens , dont les hurlements écartent les esprlli malfaisants. De là son surnom de Caiiicide.

MERCURE ou HERMÈS.

Mercure, fils de Jupiter et de Mala, naquit ai Arcadie, sur le mont Cyllène. Messager de l'Olympe, il portait, pour accélérer sa course, des ailes à U tête et aux talous. Le jour même de sa Daîssaoce il

se jeta sur le timide Cupidon et lui arracha son carqQois; il escamota le trident de Neptuue, l'épéede Mars, la ceinture de Vénus, et mérita d'être le patron des voleurs. Mais, en voulant s'emparer du sceptre de Jupiter, il porta la main sur la foudre, qui le brûla. Tant d'audacieux larcins le firent exiler sur la terre. Il y rencontra Apollon, qui gardait les troupeaux d'Admète. Il détourna ses bŒufs et les cacha au fond d'un bois. Le vieux bercer Rnttus, seul témoin du

vol , reçut pour prix de sa discrétion la plus belle vache. Un moment après, Apollon, demandant des nouvelles de son troupeau, offrit deux vaches à Battus, qui vendit le secret et fut changé par Mercure en pierre de touche.

Par elle, de For vrai l'on distingue le faux. Si pour les cœurs, comme pour les métaux ,

Elle avait ce rare avantage,

Dans tous les procédés d'usage, Dans le désir pressant qu'on a de rendre hommage

A la supériorité Des talents d'un rival dont on est enchanté ,

Dans réblouissant étalage Des propos fugitifs, dont la rapidité Forme, en courant, l'esprit de la société, Ainsi que les vapeurs composent un nuage ; Dans Toubli de l'argent que Ton nous a prêté, Dans l'offre qu'on nous fait d'en prêter davantage , Et dans la part qu'on prend à notre adversité , Qu'elle découvrirait d*or faux et d'alliage !

Drmoustibr.

Mercure , pour faire oublier sa faute , fit don à Apollon d*une écaille de tortue dans laquelle il avait placé quatre cordes. Apollon en ajouta trois autres , et perfectionna ainsi la lyre. Mercure reçut en échange une baguette de coudrier qui avait la vertu de concilier tous les êtres divisés par la haine. Il la jeta un jour entre deux serpents qui se battaient.... Soudain ils se réunirent autour do la bagette et for-

-»N LA .MVTIlOLOfili:

murent le catlucée, qui avait la [)r()|jriété d assdupii ci mc^mc de pétrifier ceux à qui le dieu le présentait.

Les bergers rendaient ù Mercure des honneurs particuliers. Us plaçaient devant leurs portes sa statue et mettaient à ses pieds un coq Ils se persuadaient que les voleurs , par respect pour Icm* patron , respecteraient Tasile confié à sa garde.

Apollon et Mercure se mirent à parcourir les grandes villes. Ils y exercèrent Tart de Téloquence. Les rhéteurs représentaient Mercure avec des chaînes d'or qui sortaient de ses lèvres et captivaient ainsi les assistants. Le genre du fils de Latone était plus noble , celui de Mercure plus séduisant. On applaudissait d'ailleurs aux préceptes de Tun , on suivait les maximes de l'autre.

Et voilà ])Oiir quelles raisons Lo (lieu (les arts et celui des larrons De l'éloqutMicc ont partagé Tompire.

DEMOrSTIER.

Mercure , qui n'était pas entièrement guéri de sa passion pour acquérir , se mit à faire le commerce. Il devint le dieu des marchands, qui le représentent tenant d'une main le caducée , de l'autre une bourse pleine. Mais on roconti^ qu'après lui avoir promis d'abord tout l'encens de l'univers pour prix de sa protection , ils finirent par lui en ollrir seulement le

centième , pour lui prouver qn ils avaient profilé de ses principes en matière de bonne foi.

Knfin Jupiter s aperçut de Tabsence de F intelligent messager, et il le rappela dans T Olympe. Mercure y rendit quelques bons ofiSces à Vénus et s'en fit aimer. Il en eut Hermaphrodite. Cet enfant réunissait les talents de son père et les grâces de sa mère. Mais sa froideur Gt le désespoir de Salmacis. Cette nymphe obtint des dieux de le rendre inséparable de celle qui l'adorait. Leurs corps entrelacés n'en formèrent plus qu'un d'une beauté parfaite.

Leurs charmes douteux réunis D'Amour excitent la surprise ; Le berger enflammé croit brûler pour Cypris, La bergère pour Adonis, Et rougissent de leur méprise.

Dbmoustibr.

Cette beauté ambiguë prit le nom SAndro^yne^ qui veut dire homme et femme.

Les noms de Mercure varient avec ses fonctions : Mercure j il est le dieu des marchands; Hermès ^ celui des ambassades et des négociations; Noniius , il préside à la musique et à l'éloquence; 4 cornus , aux places et marchés publics; f^ialis ^ aux grands chemins, sur lesquels il est représenté sous la forme d'une pierre carrée , et il reçoit alors le nom de QuadnUus. Le surnom de Triceps lui vient de ses occupations au ciel , sur la terre et daus les e\\-

fers. Il est l'introdoctenr des Ames daiis l'empire de Pluton. Après un certain nombre de siècles, ces ftmes boivent les ondes du fleuve Létbé , qui leur font oublier le passé ; et il les ramène sur la terre pour les placer dans le corps des enfants <|ue l'Hymen vamettre au jour. C'est sur cette transmigration des ômes que repose le système de ta métempsycose.

Ou représente Mercure jeune , leste et riant , presque toujours nu , quelquefois à moitié couvert d'un manteau. Sa tête et ses talons portent des ailes. Il tient , suivaut la circonstance , un caducée , une bourse, des chaînes d'or, une lyre on uue baguette ; et l'on met a ses pieds un coq , une tortue ou un bélier.

Les Grecs el les Romains célébraient ses îèles principtilement au mois de mai. Ils adossaient souvent sa statue à celle de Minerve et lui oflraieiit les limgues des victimes qu'ils immolaient à la déesse.

sèrerit en pin. Celait sous son ombrage qu'on pluvail ordinairement lu statue de Pan.

Il aima la nymphe itcho, que Junon avait punie de ses indiscrétions en la condamnant à ne plus répéter que les dernières syllahes de tout ce qu'elle entendrait.

Éclio, danâ les vallons, Uans les bois, dans les champs.

Après avoir joui long-tynips

Du priïilÉft»! hftiireux de parler la première, Fut condamiH^o enfin, par un fârheus relour.

10', LA Mvnioi.oiiii-:

A ne parltT i{uv la dcrnicn» , Afin que chacun eût son tour.

Dehoustikr.

Celle nymphe brûlait pour le beau et vain Narcisse (l'une passion funeste. Elle vivait dans les antres el les grottes profondes ; là, sans cesse occupée de l'objet de sa passion , elle 6nit par ae dessécher. Ses os se pétrifièrent , et elle ne conserva plus que la voix. Ses compagnes, touchées de son sort et indignées de TindiiTérence de Narcisse, prièrent r Amour de les venger.

LWmour h^ exauça ; non cet Amour ainiablc

D'un doux lien inséparable;

Mais cet Amour triste, isolé,

D'orgueil, do sotUsc gonflé,

Qui ra]>porte tout à soi-même, Va dans le monde entier ne voit que lui qu'il aime.

Amour qui suit les orateurs,

S'ass(H)it avec leurs auditeurs,

Kt martyrise U» auteurs; Amour de tout pays, ainsi (]ue de tout ài^e. Dont une faible part fut adjuj^ée au saj;e,

Rt la plus forte (1os(î au sot;

Am()ur-}>ropre.,. je dis le mot.

Narcisse , au retour de la chasse , fut guidé par r Amour sur les bords d'une fontaine : il v vit son image; et, épris de sa propre beauté, l'insensé se laissa mourir. Le soir , en descendant des montagnes, les (Véades aperçurenl ce corps immobile.

.Sa U^to, ti> long du rivage, Reposait entre les roseaux.

Ses yeux (>tciiila, fixés sur le miroir dus eaux, Semblaient encore y cliereher son image.

Le beau berger fut changé en une fleur aux pétales jaunes et blancs , qui porte son nom et que Ibs anciens consacrèrent aux Euménides. On en couronnait les urnes et les tombeaux.

Pan, toujours amoureux d'Écho, la chercbiiil dans les antres et les bois, et se plaisait à l'appeler |Kiur entendre et reconnaître sa voix.

Ce dieu , adoré et redouté dans' les campagnes , avait , dit-on , le pouvoir de semer à son gré l'épouvante. Les Gaulois , qui , sous la conduite de Rrennus , envahirent la Grèce , étaient sur le point de piller le temple de Delphes lorsque, frappés toul à coup de terreur , ils prirent la fuite. Cette terrear fut attribuée à Pan, et Ton appelle peurs paniques toutes celles dont la cause est inconnue ou subite. Ce fut par le conseil de Pan que lesdieui, au moment de Tassaut livré par Typhon , prirent la figure de divers animaux ; lui-même se changea en bouc. Plus tard celte dépouille fut transportée au ciel , où elle forme le signe du Capricorne.

On présentait sur les autels de ce dieu du lait el du miel. Révéré parles bergers, il était particulièrement adoré en Arcadie. 11 eut des temples en Egypte et à Rome.

Paies , autre divinité champêtre , n'était point connue des Grecs. Ce fut Romulus qui institua le premier les palilieSj fêtes que Ton célébrait le premier jour de mai , anniversaire de la fondation de Rome. On offrait à celte déesse du lait, du vin cuit et du millet ; on faisait le tour de son autel , et les pasteurs dansaient autour d'un feu de paille.

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FAUNES, SYLVAINS et SATVRKS.

Les Faunes, fils de Picus, roi d*Italie, que In magicienne Circé changea en pivert , étaient les divinités des bois et des plaines. On honorait aussi Picus , et un temple lui fut consacré sur le mont Cœlius.

Les Sylvains étaient les fils du père nourricier de Bacchus. Ce joyeux vieillard avait accompagné son élève dans toutes ses courses. Bien accueilli par Midas , roi de Phrygie , il obtint de Bacchus que le premier vœu de son hôte serait exaucé. Midas demanda le pouvoir de convertir en or tout ce qu'il toucherait. A peine cette prière lui eut-elle été accordée qu'il s'aperçut des dangers d'un semblable don ; les mets qu'il portait à sa bouche se convertissaient en or, et il serait mort de faim si liacchus, qu'il implora de nouveau , ne lui eût conseillé de la\er ses mains dans le Pactole, où elles perdirent la funeste propriété que Tavnre avait souhaitée, (î'est depuis cette époque que ce fleuve charrie de l'or dans ses ondes.

Silène était fort honoré en Arcadie, et on raconte de lui une foule de traits gais et joyeux.

Les Satyres , autres dieux champêtres , étaient regardés comme malfaisants et inspiraient un sage

r,A MYTHOLOGIE.

elTroi aux bergères. Ils avaient des queues , des cuisses , des jambes et des comes de chèvre. Ils portaient tantât un thyrse , tantôt une flûte ou an tambourin pour faire danser les nympbes , dont ils

animaient la joie et enflammaient les sens en précipitant, au gré de leur harmonie bruyante, ta mesure rapide de leurs pas cadencés. On leur offrait des fruits et les prémices des troupeaux.

Priape était le plus célèbre des Satyres. Sa statue, placée dans les jardins, servait d'époavantail. Ce fils de Vénus ressentit les effets de la haine que Junon avait vouée à sa mère. Laid et difforme , il avait des inclinations si vicieuses qu'on en fit le dieu du libertinage. Ses fêtes se célébraient

LA MYTHOLOGIK. I(H)

particulièrement à Lampsaqoe. On lui consacrait Tàne. On le représentait sous diverses formes : divinité des jardins , on ne voyait que la moitié de son corps ; le bas n'était que le reste du tronc d'arbre ou de la pierre qui avait servi à le former. H tenait parfois une faucille.

Les Sylvains étaient des dieux champêtres entièrement semblables aux Faunes et aux Satvres.

Terme était un dieu singulier : il ressemblait tantôt à un tronc d'arbre, plus souvent à une borne ronde ou carrée. Il veillait aux limites des biens ruraux et était vénéré à ce point qu'on dévouait aux Furies le téméraire dont la main sacrilège le dérangeait de sa place.

Terme , qui que tu sois , ou de bois ou de pierre , Tù n'es pas moins un dieu que le dieu du tonnerre : Garde que mon voisin ne me dérobe rien !

Mais dans ton poste inébranlable, Si son avide soc empiétait sur le mien ,

Crie aussitôt comme un beau diable...

Numa Pompilius introduisit son culte à Rome et institua, en son honneur, des fêtes qui se célébraient |e dernier jour de rannée. On le couronnait d'épis au temps de la moisson, et de tleurs à l'arrivée du printemps. Lorsqu'on b<1tit le temple de Jupiter sur le mont Tarpéien , on ne put enlever la statue de Terme, et les augures déclareront que jamais les limites de Tempire ne reculeraient.

représentait encore l'Hiver sous la figure d'un vieillard couché dans une grotte , ou bien sous les traits d'une vieille femme enveloppée de peaux de moutons et tenant un réchaud. On mettait quelquefois une faucille dans la main de TÉté et un chien aux pieds de l'Automne, pour indiquer que ces saisons amènent la moisson et la chasse.

Printemps chéri , doux matin de l'année , Console-nous de l'ennui des hivers; Reviens , enfin , et Flore emprisonnée Va de nouveau s'élever dans les airs.

Qu'avec plaisir je compte tes richesses ! Que ta présence a de charmes pour moi ! Puissent mes vers , aimables comme toi , En les chantant , te payer tes largesses !

L'Inde autrefois nous donna l'anémone ,

De nos jardins ornement printanier ;

Que tous les ans, au retour de l'Automne^

Un sol nouveau remplace le premier^

Et, tous les ans, la fleur reconnaissante

Reparaîtra plus belle et plus brillante.

Elle naquit des larmes que jadis

Sur un amant Vénus a répandues.

Larmes d'amour, vous n'êtes point perdues :

Dans cette fleur je revois Adonis.

Dans la jacinthe , un bel enfant respire ;

J'y reconnais le Gis de Piérus :

Il cherche encore les regards de Phébus ;

Il craint encor le souffle de Zéphire.

Parny , le Printemps.

LliS NYMPHES, LES FLEUVES.

Ces divinités , enfauts de Nérée et de Doris , avalent une Toule d'attributs. Nous avons vu déjà que les Dryades et les Hamodryades présidaient aux furets , les Napét» auv |)rairies et aux bocages ; les NaTades veillaient aux sources des fleuves et des fontaines ; les Oréades étaient les nymphes des montagnes; enlin ]es Néréides commandaient aux Ilots de la mer.

Ili LA MYTHOLOGIE.

On représentait les Fleuves sous la figure de vieillards ayant la chevelure humide et la barbe chargée de gouttes d'eau ; quelquefois , au lieu de barbe et de chevelure , ils avaient sur la tête et ao menton des roseaux fort minces. Souvent ib ont les cornes ou la tdte entière d'un taureau. Ik sont assis par terre et s'appuient sur une urne renversée, d'où s échappe avec abondance la source du fleme qui leur est confié. ^

Au pied (lu mont Adule, entre mille roseaux, L(> Rhin , tranquille et fier du progrès de ses eaux . Appuyc* d'une main sur ^>on urne j)enchante, IKxinait au bruit flatteur de son onde naissante , Lorst[u'un cri, tout à coup suivi de mille cris. Vint d'un calme si doux retirer ses esprits. 11 se trouble, il regarde; et partout, sur ses rives, 11 voit fuir à grands [kis ses Naïades craintives, (^)ui toutes, accourant vers leur humide roi, l*ar un récit alFreux redoublent son effroi.

LA MYTHOLOGIK.

LES CENTAURES. — OHIKON.

Après avoir créé les Faunes el les SylvaJns, l'imagiDation des poètes inventa les Centaures, sorte (le monstres demi- ho m mes et demi-chevaux, dont la partie supérieure était celle d'un homme , le reste avait la forme d'un cheval. La vue des premiers hommes qui domptèrent*des coursiers donna heu à celte Table.

Cliiron , lils de Saturne et de Phylin- , nymphe lie l'Océan , était le plus sa^^c et le plus instruit des 'Centaures. Musique, magie, divination, astronomie '■I mt'decinc lui étaient également l'amihèrrs. Son

histoire se trouve mêlée à celle des principaux héros de la Grèce. Pelée lui dut la vie, et apprit de lui de quelle manière il pourrait triompher des refus de Thétis. Une grotte inaccessible, dans les vallées du Pélion, lui servait de retraite ; il en fut chassé par les Lapithes , et se réfugia sur les rives de la mer Egée. Hercule , en poursuivant les autres Centaures , ne reconnut pas Ghiron, qui avait été son précepteur. Une flèche, trempée dans le sang de Tbydre de Lerne , atteignit au genou le Centaure. D'atroces douleurs lui firent désirer de pouvoir mourir. Jupiter, exauçant ses vœux, lui retira Timmortalité , mais il occupa dans le zodiaque une place sous le nom de Sagittaire. Les Centaures , ses compagnons , furent exterminés par Hercule. Quelques-uns , échappés au carnage , passèrent dans Tile des Syrènes et y moururent de faim. D'autres se fixèrent en Arcadie ; mais y ayant voulu attenter à r honneur d' Atalante , cette chasseresse les perça de ses flèches , et ils disparurent entièrement. Ocyroé, fille de Chiron, savait prédire F avenir. Elle fut métamorphosée en cavale pour avoir annoncé à Esculape sa funeste destinée.

Parmi les disciples de (ihiron , on distinguait Hercule , Esculape , Jason , Castor , Polhx , et Achille , dont il prit un soin particulier.

DIVINITES DES MERS.

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