‹ La mythologie (volume 2)Chapitre 4 sur 77 · JUPITER · texte numérisé non relu

JUPITER

Les nymphes du mont Ida , auxquelles Cybèle avait confié son fils , relevèrent avec soin ; mais ses cris pouvant appeler l'attention de Saturne et de Titan , les Ëorybantes inventèrent une sorte de danse bruyante appelée Dactyle^ dans laquelle ils s'entrefrappaient avec des boucliers d'airain. Sa nourrice fut la chèvre Amalthée qu'il plaça au ciel parmi les constellations, après avoir fait de sa peau l'égide, et de l'une de ses cornes, qu'il donna en présent aux nymphes, la Corne d'abondance.

Qui passa tant de main en main , Que l'on ignore son destin.

Cependant on la croit en France , Aux greffes de Thémis , ou bien Entre les mains de la finance ; Mais ces messieurs n'en disent rien.

Demoustier.

Au sortir de l'enfance Jupiter eut à lutter contre les Titans, qui lui disputèrent l'empire. Parmi ces géants terribles on remarquait Porphyrion et Alcyonée, Gljtius, Encelade, le plus vigoureux de tous; Pallas, à qui Minerve arracha la peau; Hippolytus, Gration, Agrios, Thaon, Polybotôs, Eurytus, Ephialte et Olys; Briarée, qui avait cent bras

et cinquante têtes. Ils commencèrent par entasser des montagnes pour escalader le ciel; puis ils lancèrent contre l'Olympe des rochers et des arbres enflammés. Les dieux se défendirent d'abord avec courage; mais, à Taspect du monstrueux Typhée, tous, excepté Bacchus, prirent la fuite et se réfugièrent en Egypte, où ils se cachèrent sous diverses formes. G'e^t ce qui explique les honneurs que les Égyptiens rendirent aux animaux et même aux légumes. Quant à Bacchus, il prit la figure d'un lion et combattit bravement, animé par Jupiter qui lui criait : Ëvohé ! courage ! courage !

Les Titans furent foudroyés et écrasés sous les montagnes dont ils s'étaient servis pour préparer leur vengeance.

Encelade, malgré son air rébarbatif, Dessous le mont Etna fut enterré tout vif.

Là , chaque fois qu'il étemue.

Un volcan embrase les airs ;

Et (}uan(l par malheur il remue.

Il met la Sicile à l'envers.

Demoi'stier.

Plusieurs fois , mais en vain , les Titans essayèrent de venger leur défaite , et Pluton , dieu des enfers, plus exposé à ces secousses violentes, put s'écrier :

Les efforts dun jj;éant (jnen croyait accal)lé Ont fait encor j^émir le ciel , la terre et Tonde ;

LA MYTHOLOGIE. ii

Mon empire s'en est troublé Jusqu'au centre du monde; Mon trône en a tremblé.

L'affreux Typhée , avec sa vaine rage , Trébuche enfin dans des gouffres sans fonds. L'éclat du jour ne trouve aucun passage Pour pénétrer les royaumes profonds Qui me sont échus en partage.

Le Gel ne craindra plus que ces fiers ennemis Se relèvent jamais de leur chute mortelle, Et du monde ébranlé par la fureur rebelle Les fondements sont affermis.

QuiNAULT, "opéra de Froserpine.

Après sa victoire, Jupiter, qui avait chassé Saturne du ciel , épousa Junou , sa sœur. Le commencement de leur union fut heureux. C'est ce qu'on nomme le siècle d'Argent , c'est-à-dire une ère de vertu, moins pure cependant que celle du siècle d'Or. Bientôt le crime commença h paraître. Lycaon, roi d'Arcadie, massacrait ses hôtes; il eut la cruauté de faire servir à Jupiter, au milieu d'un festin, les membres d'un esclave. Son palais fut réduit en cendres, et il fut changé en loup. De là le nom de Jupiter Hospitalier^ c'est-à-dire vengeur des lois de rhospitalité.

11 parait que la souflrance se montra aussi sur la terre , car Bacchus , errant au milieu des sables de l'Arabie , fut pris d'une soif si ardente qu'il fut réduit à désirer quelques gouttes d'eau. Jupiter se

LA HVTHOLOGIE.

présenta à lui sous la Tonne d'un bélier, frappa du pied la terre et en lit jaillir une source abondante. De là le titre de Jupiter Jmmon ou des Stihles.

Il avilit créé des hommes. Prométhée, petit-fils d'Uranus, eut l'audace de l'imiter en faisant des statues qu'il animait avec du feu enlevé au char du Soleil. Il fut attaché sur le mont Caucase, où un vautour lui déchirait les entrailles , qui toujours renaissaient pour éterniser ses tourments. Malgré cet exemple terrible, les autres dieux créèrent aussi une femme, qu'ils appelèrent Pandore, c'est-à-dire formée des dons de tous. Jupiter ne pouvant les punir, comme Prométhée, fit présent à cette femme d'une boite où étaient renfermés tous les maux de la

nature. Pandore , poussée par la curiosité , ouvrit cette botte, et

la terre en vit nattre

Dans un instant tous les fléaux divers Qui depuis lors inondent l'univers.

II ne resta au fond de la boîte que T Espérance.

Salut, ô divine Espérance!

Toi dont le charme séducteur Donne une aile à la jouissance, Ote une épine à la douleur I Sur ton sein quand l'homme repose , Ah! qu'il goûte un doux abandon!

Si le plaisir est une rose, L'Espérance en est le bouton !

Malgré les verrous effroyables, Dans un cachot tu suis nos pas; Si les enfers sont redoutables.

C'est que tu n'y pénètres pas.

Dans l'arc-en-ciel , c'est ton image Qui rassure le laboureur ; C'est toi qui , sur un bord sauvage , Rends des forces au voyageur ; Au temple mémo de la Gloire Courrait-on par d'âpres chemins , Si les palmes de la Victoire N'étaient offertes par tes mains?

Des Amours cliarmante nourrice , Que seraient-ils sans ton secours?

Ce sont tes soins , ton lait propice Qui les font croître tous les jours.

En vain , après bien des traverses , Ils sont au comble de leurs vœux , Sur tes genoux quand tu les berces , Ils sont souvent bien plus heureux.

Je te vois repousser dans l'ombre Et les craintes et les regrets , Et sur l'avenir le plus sombre Jeter un voile plein d*attraits.

Par la mort quand Tâmc épuisée Touche à l'heure où tout n*est plus rien , Au loin tu montres l'Elysée, Et la mort nous parait un bien.

Hymne a V Espérance, par Philipon de la Madelaine.

Alors commença l'âge de Fer. Jupiter lui-même s'abandonna sans réserve à toutes les passions fougueuses, l'amour, la jalousie et la vengeance. 11 aima Antiope, AIcmène , Danaé, Léda , Sémélé, lo, Europe , Éginc , Calisto , et une foule d'autres déesses ou mortelles. Les principaux surnoms donnés à Jupiter sont ceux de Stator , de Lapis , de Capitolin, deTarpéien, de Tonnant, de Fulminant, de Vengeur, de Dieu du jour, de Dieu des mondes , enGn d'Olympien. Il habitait l'Olympe, dont les poètes nous ont tracé des tableaux tour à tour magnifiques ou riants.

Les dieux divers , grands , moyens et petits , Dînaient au ciel , et de leur souverain Ils partcigeaient le délicat festin.

Leur nourriture est friande et légère.

Quelques liiurus envoyés sur la terre Leur apportaient le parfum des aulels; Sur des plats d'or on mangeait l'ambroisie , Et l'on buvait dans l'agate polie Ce doux nwtiir qui fait les immortels.

l\\HNV.

LA MVTHOLOGiE. ÏS

Les Tigures de Jupiter ont varié suivant les circonstances et eo raison des temps ausquels od les destiDâit. On l'a fait en cygne , en taureau , en pluie d'or, en coucou; mais Homère semble avoir inspiré les plus nobles idées aux statuaires de l'antiquité. Le poète divin représente ce roi des dieux assis sur un trône d'or, au pied duquel sont deux coupes qui versent le bien et le mal. Son front est chargé de sombres nuages ; ses yeux menaçants brillent sous des noirs sourcils ; son menton est couvert d'une barbe majestueuse. Il tient le sceptre d'une main ; de l'autre, il lance la foudre. Les Vertus sont à ses cdtés; à ses pieds est l'aigle qui tîeutla foudre. Un seul froncement de ses sourcils fait trembler le monde.

Les jeux Olympiques, fêtes instituées en son boniieur , se célébraient à Olympie.

i() LA MYTHOLOGIE.

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