LE TRAVAIL, LA SANTÉ, L'ESPÉRANCE, LA LIBERTÉ, LA PROVIDENCE
Fils de TÉrèbe et de la Nuit, le Travail a des épaules robustes; il est fort et de haute taille. Autour de lui sont les instruments dont il doit se servir.
Le travail est mou Dieu , lui seul régit le inonde , Il est rame de tout ; c'est en vain qu*on nous dit Que les Dieux sont à table ou dorment dans leur lit , J'interroge les Dieux, l'air et la terre, et Tonde : Le puissant Jupiter fait son tour en dix ans ; Son vieux père Saturne avance à pas lents ; Mais il termine enfin son immense carrière , Et (lès qu'elle est finie, il recommence encor. Sur son char de rubis, mêlé d*azur et d'or, Apollon va lançant des torrents de lumière. Quand il quitta les cieux , il se fit médecin , Architecte, berger, ménétrier, devin :
Il travaille toujours
Neptune , chaque jour est occupé six heures A soulever des eaux les profondes demeures , Et les fait dans leur lit retomber par leur poids. Vulcain noir et crasseux, courbé sur son enclume, Forge à coups do marteau les foudres qu'il allume.
Voltaire.
La Santé porte aussi le nom d'Hygie. Elle est assise sur un trône, près d'un autel qu'entoure un serpent. Elle tient une coupe à la main.
A Rome, deux temples furent consacrés à T Espérance. Elle avait une corne d'abondance , des
LA MYTHOLOGIE. iSS
fruitâ, des (leurs el une ruche k miel. Souvent elle s'appuie sur une ancre.
La Liberté porte le bonnet phrygien ; elle n
un sceptre , un joug rompu est a ses pieds. Parfois elle est sur un char. Souvent elle s'appuie sur une table des lois, et dans sa main est l'épée qui doit les défendre.
[^ Liberté , vierge féconde, R6gne aux deux , qui lui sont oii\ De Béra!>
La Providence est représentée sous les traits d'une femme Agée, qui tenait d'une main une corne d'abondance, et de l'autre une baguette pour proléger le einbe du monde.
i'M) LA MYTHOLOGIE.
LA UENOMMÉE.
Elle était la messagère du souverain des Dieux. Virgile lui donne une taille énorme et la dépeint couverte d'yeux, d'oreilles et de bouches.
Quelle est cette déesse énorme , On plutôt ce monstre difforme, Tout couvert d'oreilles et d'veux , Dont la voix ressemble au tonnerre .
lit qui, des pieds touchant la terre, iA\c\\c sa tète dans les cieux?
i^est l'inconstante Renommée, Qui , «ms cesse les yeux ouverts.
Fait sa revue accoutumée Dans tous les coins de l'univers :
Toujours vaine , toujours errante , Et messagère indifférente Des vérités et de l'erreur, Sa voix , en merveilles féconde , Va chez tous les peuples du monde Semer le bruit et la terreur.
J.-B. RorssEAu.
Entre le ciel , la terre et l'empire des ondes , S'élève un vieux palais aux confins des trois mondes : Là, sur toiis les pays l'œil se |)orte à la fois; Là, de tous les humains l'oreille entend la voix. Au sommet d'une tour qui n'est jamais fermée. C'est là que nuit et jour veille la Renommée. On y voit en tout temps cent portiques ouverts, fiches de tous les bruits (pii courent l'univers. Ce palais merveilleux , bâti d'airain sonore ,
Rend le son, le répète, et le répète encore. La voix roule à travers cent tortueux détours : Ce ne sont point des cris , mais des murmures sourds , Pareils au bruit lointain de la mer mugissante , Pareils aux roulements de la foudre mourante. Un peuple curieux en assiège les murs : Il vient, il va, revient, et cent récits obscurs. Amas tumultueux de confuses paroles , Mêlent aux vérités des mensonges frivoles. L'un dit, Tautre redit; la rumeur en son cours Grossit de bouche en bouche, et le faux croît toujours.
Ovide.