‹ La mythologie (volume 2)Chapitre 47 sur 77 · LA LICENCE, LA MOLLESSE · texte numérisé non relu

LA LICENCE, LA MOLLESSE

L'Abondance est représentée sous la ligure d uno femme robuste qui renverse une corne remplie de fruits.

La Nature, Hlle ou femme de Jupiter, préside à tout ce qui existe. C'est une forte femme, avant un double rang de mamelles, pour marquer combien elle est féconde et le soin qu'elle prend de nourrir tous les (^trcîs. Dans le wSuperbe bas-relief du musée Pio-(ilémentin, on la voit sous les traits d'np enfant.

Les Prières, lilles de Jupiter, sont humbles, li-

uiidfS, boiteuses, car elles sont sumenl iiialtiuitées. tlles suivent, les yeux baissés, Até ou l'Injure, qui parcourt le monde d'un pied léger. Kévérées par l'homme, elles se chargent d'olTrir ses vœux à Jupiter et lui ouvrent la voie du bonheur. Méprisées, rejetées, elles livrent h la vengeance d'Até l'impie et

l'orgueilleux.

La Nécessité, fille de la Fortune, commande aux

liommes et aux Dieux. Elle a des mains de bronze

et tient de longues chevilles et des coins acérés.

Corinthe lui éleva un temple.

Le Mensonge est représenté sous les traits de Mercure , qui est le dieu des larrons et de l'élotjuence trompeuse.

La Volupté est une femme presque nue , cou-

ronnée de roses, et tenant une coupe d'or dans laquelle boit un serpent.

On voit la Licence frappée de la foudre vengeresse au moment où elle s'efforce de briser une table des lois et la balance de la justice.

La Mollesse , compagne de la Paresse , est fille de la Nuit et du Sommeil. La tortue et le limaçon lui furent consacrés.

La Mollesse en pleurant sur un bras se relève , Ouvre un œil languissant, et, d'une faible voix. Laisse tomber ces moL^ qu'elle interrompt vinjiçl fois : 0 Nuit! que m'as-Ui dit! Qiiel démon sur la terre Souille dans tous les cœurs la fatigue et la cuerre? Hélas! qu'est devenu ce temps, cet heureux temps. Où les rois s'honoraient du nom de fainéants, S'endormaient sur le trône, et, me servant sans honte. Laissaient leursceptreauxmainsou d'un maireou d'un comte? Aucun soin n'approchait de leur paisible cour, On reposiiit la nuit, on dormait tout le jour: Seulement , au printemps , quand Flore dans les plaines Faisait taire des vents les bruvantcs haleines. Quatre bœufs attelés, d'un pas tranquille et lent. Promenaient dans Paris le monarque indolent.

0 toi! de mon repos compagne aimable et sombre, A de si noirs forfaits prêteras-tu ton ombre? Ah! Nuit! ne permets pas... La Mollesse oppressée. Dans sa bouche, à ce mot, sent sa langue glacée; Et, lasse de parler, succombant sous l'effort. Soupire, étend les bras, ferme l'œil et s'endort.

BoiLKAr, h Lutrin, chani n.

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