‹ La mythologie (volume 2)Chapitre 48 sur 77 · LA TERREUR, LA DISCORDE · texte numérisé non relu

LA TERREUR, LA DISCORDE

LA CALOMME, L'ENVIE.

La Faim , surnommée Malesuada , ou donneuse (le mauvais conseils , est fille de In Nuit ; elle habite les Enfers. Les Lacédémoniens lui avaient dédié un autel dans le temple de Minerve. On la représente misérable , hâve , pâle , maigre , abattue, les yeux creux, le teint plombé, les dents jaunes , les bras décharnés et les mains derrière le dos.

Moitié femme , moitié serpent , la Fraude sourit pour mieux tromper; sa queue est armée du dard mortel d'un scorpion.

La Terreur précède le char de Mars. Sur un corps de femme elle a une tête de lion ; son regard est farouche. Elle a dans les mains un poignard , une torche et des serpents.

La Discorde, fille de la Nuit, est mère d'une nombreuse famille, dont voici Ténuméralion : l'Oubli, la Faim , la Douleur, les Combats , les Meurtres , les Balailles, les Destructions, les Disputes, l'Injustice, riniquité, le Serment. Elle ne fut point admise aux noces de Thétis et de Péléc , et on sait que , pour

ifii LA MYTHOLOGIE.

se venger, elle jeta sur la table du Testin ane pomme

avec celte inscription : A la plus belle.

GoilTée de serpents , elle tient à la main une torche ardente, et, de l'autre, uue couleuvre et un poignard. Son visage est livide , l'écume sort de ses lèvres , son regard est farouche. Jupiter la chassa du ciel.

Ln Calomnie et l'Envie sont lilles de la Nuit. Les poètes i]ui ont éti> leurs victimes ou qui leur ont

sacnfié les ont célébrées dans leurs vers. J.-B. Rousseau dit , en parlant de la Calomnie :

Quel ravage affreux N'excite point ce monstre ténébreux , A qui TEnvie, au regard homicide, Met dans la main son flambeau (mrricide , Mais dont le front est fait avcKr tout Tart Que peut fournir le Mensonge et le fard ? Le faux Soupçon, lui consacrant ses veilles. Pour l'écouler ouvre ses cent oreilles; Et l'Ignorance aux yeux distraits Sur son rapport prononce nos arrêts Voilà quels sont les infidèles juges A qui la Fraude, heureuse en subterfuges, Fait avaler un poison infernal ; Et tous les jours , devant son tribimal , Par les cheveux l'innocence traînée Sans se défendre est d*abord condamnée.

J.-B. RoiISSEAir.

l'rnvie et son antre.

Au pied du mont où le fils de Latone Tient son empire, et du haut de son trùno Dicte à ses sœurs les savantes loçons Qui de leurs voix régissent tous les sons , La main du Temps creusa les voûtes sombres D'un antre noir, séjour des tristes ombres. Où l'œil du monde est sans cosse éclipsé , Et que les vents n'ont jamais caressé.

lÀ , des serpents nourrie et dévorée , Veille l'Envie, honteuse et retirée.

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Moiistro ennemi des mortels et du jour, Qui de soi-même est l'éternel vautour, El qui , traînant une vie abattue , Ne s'entretient que du fiel qui la tue : Ses yeux caves, troubles et clignotants Do feux obscurs sont chargés en tous temps. Au lieu du sang, dans ses veines circule Un froid poison qui les gèle et les brûle. Et qui , de là porté par tout son corps, En l'ait mouvoir les horribles ressorts. Son front jaloux et ses lèvres éteintes Sont le séjour des soucis et des craintes. Sur son visage habite la pâleur, Ht dans son sein triomphe la douleur, Qui sans relâche à son âme infectée Fait éprouver le sort de Prométhée.

J.-B. Rousseau, Allégories.

Nous avons cité quelques-unes des divinités allégoriques les plus remarquables; mais nous n'avons pas eu r intention de les faire connattre toutes. Le nombre en est si grand que cela serait difficile. Il en est de même de cette foule de rois, d'empereurs et de personnages puissants qui eurent la folie de se croire des dieux , et trouvèrent des hommes assez lâches pour leur accorder, de leur vivant, un culte et des hommages. Tels furent la plupart des monarques de TEgypte et les empereurs romains.

En terminant , nous parlerons de quelques fables

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qui sont intimement liées à la mythologie grecque, et doivent la compléter.

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