MYTHOLOGIE DES PERSES
lies myfltèrefl de MUhras*
Gomme dans l'histoire du grand Gyrus, mes bons amis , je vous ai beaucoup parlé des Perses > qui renversèrent l'empire des Mèdes , il faut que j'essaye de vous donner ici quelque idée des dieux qu'adoraient ces peuples dont nous avons admiré ensemble la sagesse et la sobriété ; car vous vous rappelez sans doute que, chez eux, les jeunes gens étaient nourris de pain et de cresson, ce qui ne les empècliait pas de devenir des hommes forts et courageux.
Or, vous allez sans doute être bien surpris lorsque vous saurez que les. anciens habitants de la Perse ne connaissaient d'autres divinités que le feu , l'eau , la terre et l'air, et surtout le soleil et la lune ; mais ils ne leur élevaient point de temples ni d'autels, et c'était sur le sommet des montagnes qu'ils leur offraient en sacrifice la vie de quelques pauvres -animaux.
A présent, mes petits amis, vous comprendrez tûsément que , pour des peuples qui adoraient le soleil et le feu, il n'y avait rien de plus k craindre que la nuit et l'obscurité; aussi lorsqu'ils remarquèrent que la lumière disparaissait chaque soir, ils s'imaginèrent que quelque divinité malfaisante l'obligeait de se cacher, et comme il fallait donner un nom à ce dieu méchant , ils l'appelèrent Ahrimane. Le ténébreux Ahrimonc devint pour
eux rennemi du dieu bon qui feisait le jour, auquel ils donnèrent le nom d'Ormuzd.
Ormuzd et Ahrimane furent donc les principales divinités des Perses ; ils attribuèrent au premier tous les biens, la vie, la santé, la fertilité de la terre , la création de toutes les choses utiles, la lumière surtout ; et au second tous les maux, la maladie , la stérilité de la terre , la création de toutes les choses nuisibles , et enfin les ténèbres, qu'ils avaient en horreur. La demeure d'Ormuzd était supposée dans le ciel, que soutenait une haute montagne , et où Ton arrivait par un pont merveilleux, gardé par un chien fidèle. Ahrimane, au contraire, devait habiter d'affreux abîmes , où la lumière du jour ne pouvait pénétrer. Tous deux avaient pour compagnons de bons ou de mauvais génies, chargés d'accomplilr leurs volontés sur la terre.
Si vous avez bien suivi, mes enfents, ce que je viens de vous dire, vous comprendrez aisément quel rôle jouaient chez les Perses ces dieux si différents l'un de l'autre. Aussi appelaient-ils Ormuzd, le roi des génies blancs, et Ahrimane, le roi des génies noirs , et ils s'imaginaient que chacun d'eux devait être dans une guerre perpétuelle avec l'autre, parce qu'en effet le bien est toujours opposé au mal, comme le jour Test à la nuit.
Ainsi ces jolies fleurs dont vous aimez tant k respirer l'odeur dans les jardins, ce petit chien blanc qui vous aime et vous caresse , cet oiseau qui chante avec tant de gaieté quand il voit le beau temps : tout cela, si vous aviez été élevés
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chez les Perses , vous aurait paru uo présent du bienfaisant Ormuzd. Au contraire , ces chardons piquants qui vous ont ëgratigné le vigage en traversant le jardin du voisin ; cette vilaine couleuvre qui a tenté de piquer votre petit chien blanc, ce hibou si triste qui se retire dans ce vieux chêne de peur de voir le jour : (ont cela vous aurait semblé l'ouvrage du noir Ahrimane. Les jours de congé, Ormuzd aurait donné le beau temps, et Ahrimane aurait causé la pluie.
Mais entre ces deux divinités si différentes Tune de l'autre, mes petits amis, il y en avait une troi* siëmc qui tenait le milieu, et empêchait Ahrimane de l'emporter sur Ormuzd, comme Vichnou chez les Indous se plaçait entre le créateur Brahma et Shiva le destructeur : c'était Mithras^ ou le soleil, cet astre bienfaisant, qui ne permet ni & la lumière ni aux ténèbres de triompher, puisqu'il fait incessamment succéder le jour à la nuit. On l'adorait sous l'image du feu, et au lieu de ces temples magnifiques dont je vous ai fait ailleurs la description, c'était dans desombres cavernes qu'on lui rendait un culte mystérieux. Les prêtres de Mithras étaient ces Mages , doftt parle si souvent l'histoire ancienne, et le plus ancien d'entre eux se nommait Zoroastre : c'était à lui que l'on attribuait l'invention du culte du feu , pour rendre au soleil, sur la terre, des honneurs divins.
Maintenant, mes bons amis , il faut que je vous dise que tous les Perses n'étaient pas indifféremment admis par les mages h célébrer le culte de Mithras^ dans les cavernes sombres où ils l'avaient
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établi ; ceux qui souhaitaient avoir la permission d'entrer librement dans ces grottes sacrées devaient se soumettre à des épreuves qui souvent rebutaient les plus courageux, tant elles étaient rigoureuses. Ce n'était qu'après les essais les plus pénibles qu'ils étaient instruits des secrets de ce culte, que l'on nommait les Mystères de Mithras. Ces épreuves, à la vérité, étaient bien sagement établies pour écarter les curieux et les indiscrets, car on les plongeait alternativement dans l'eau et dans le feu ; on les faisait jeûner dans un désert pendant cinquante jours, au bout desquels ils étaient enterrés dans la ii«ige pendant vingt autres journées. Enfin, lorsque la curiosité leur avait fait supporter courageusement ces cruelles souffrances, un mage les conduisait dans l'endroit le plus secret de la caverne, où Ils apercevaient, au fond d'une grotte lumineuse, tapissée de verdure et arrosée par quelque fontaine limpide, un beau jeune homme, qu'on leur disait être le dieu Mithras.
Les mages enseignaient en même temps à leurs initiés (c'était le nom qu'ils donnaient à ceux qui avaient été admis aux mystères, qu'un jour viendrait où Ormuzd et Ahrimanc se livreraient un dernier combat, après lequel le monde, renouvelé par le feu, deviendrait une terre nouvelle, que le brillant Blithras éclairerait de ses rayons.
Le culte mystérieux de cette divinité perse fut apporté et pratiqué à Rome pendant plusieurs siècles ; dans les premiers temps on y sacrifiait des victimes humaines ; mais l'empereur Adrien défendit ces sacrifices horribles, qui ne furent re-