‹ La mythologie racontée aux enfants (volume 2)Chapitre 9 sur 11 · DES EGYPTIENS · texte numérisé non relu

DES EGYPTIENS

qu'on le jetAt dans le Nil, ce qui fut exëcutd à Finstant même.

Je vous laisse à penser quelle fut la douleur de la reine Isis lorsqu'elle apprit la perfidie de Typlion et la mort de son mari ; dans son chagrin, elle se couvrit de vêtements de deuil , et abandonnant son' palais et son royaume & son Ois Horu8^ elle se mit en route pour ticher de retrouver le coffre où était le corps du pauvre Osiris , et lui rendre les derniers devoirs. Typhon profita de son absence |iour s'emparer du trône et en chasser son neveu.

Or les eaux du Nil, en descendant vers la mer, avaient entraîné le corps d'Osiris jusqu'à un lieu voisin de la ville de Byblos, en Egypte ,, où le coffre s'était arrêté sous une plante de lotus, qui en trèspeu d'années devint si prodigieusement grande, que le cercueil d'Osiris s'y renferma tout entier. Le roi de Byblos, ayant remarqué cette plante merveilleuse, la trouva si belle, qu'il la fit couper pour en former~une des colonnes de son palais.

Pendant ce temps, mes petits amis, Isis, toujours inconsolable , avait déjà parcouru bien des pays, sans avoir recueilli aucune nouvelle de ce qu'elle cherchait; la plupart de ceux qu'elle rencontrait sur son chemin ne savaient ce qu'elle voulait leur dire , et les autres lui tournaient le dos sans lui répondre ; car il y a beaucoup de gens qui ne s'œcupent guère de consoler les affligés. Enfin elle rencontra des enfants qui fui*eiit plus compatissants, et qui lui apprirent que Tobjet qu'elle demandait avait été porté par le fleuve du

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oôté de la ville de Byblos; U hooiie 1m les roDiero cia de grand cœur, et pour les récompenser de leur ûbligcaDce, elle leur accorda le.dôn de la divination, c'est-à-dire la faculté de devini»* tout ce qu'ils voudraient savoir; puis elle pouitsuivit sa route avec empressement.

Eire arriva ainsi aux portes de Byblos, l'une des plus grandes cités de^ce temps, où elle s'assit tristement au bord d'une fontaine^ espérant que quelque passant charitable pourrait lui don<» ner des renseignements sur l'objet de ses recherches ; mais elle y resta bien longtemps sans qu'il se présentât personne; elle commençait déjà à se désoler, lorsque les servantes de la* reine de Byblos vinrent puiser de l'eau à la fontaine, et se demandèrent entre elles ce que faisait là cette étrangère qui paraissait si affligée; Isis, qui les entendit , s'approcha d'elles , et touchant avec sa main leurs longs cheveux, qu'elles portaient flot*tants, elle répandit sur toute leur personne l'odeur d'un parfum exquis, ce qui les remplit de surprise.

Cependant ces femmes étant [allées raconter it leur maîtresse le don merveilleux qu'elles avaient reçu de l'étraneère, cette princesse fut si charmée de cette découverte précieuse, qu'elle pria Isis de devenir la nourrice de son fils, qui était encore tout petit. La déesse y consentit de bonne grâce, sans se faire eonnaitre , parce qu'elle était persuadée que c'était dans ce pays-là qu'elle re*** trouverait le corps de son mari.

Il y avait déjà quelque temps qu'Isis nourrissait le petit prince de Byblos en lui mettant son

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doigt, dans la bouchOt car elle n'avait point de lait à lui donner, et elle avait même pris tant d'afTec^

^ti<m pour cet. enfant, que chaque nuit elie Tenvironnait de flammes célestes , dans l'espoir de le rendre aussi immortel , lorsqu'elle découvrit enfin dans le palais la colonne où était renfermé le coffre d'Osiris, Aussitôt, se métamorphosant en hirondelle, elle se mit à voltiger autour de cette colonne ; mais -la reine , l'ayant surprise dans celte occupation, jeta un cri si perçant en voyant son enfant environné de flammes , qu'Isis, repre« nant sa première forme, lui avoua qui elle était. la reine, touchée du récit de ^es malheura , lui accorda la permission de reprendre ce coffre tant ch^^rché , ce qu'elle fit aussitôt sans endommager la colonne qui soutenait le palais, colonne qui devint par la suite un objet sacré pour les Egyptiens.

Alors elle s'embarqua sur le fleuve avee son I»réeicux fardeau, et s'en retourna dans une ville nommée Buto, où le jeune Horus était secrètement élevé, de peur que son oncle Typhon ne le découvrît et ne le fît mourir. Ce fut auprès de Buto qu'elle éleva un petit tonibean, où elle déposa le corps de l'époux qu'elle pleurait.

Depuis ce temps, l'arbuste lotus, qui avait con-*

' serve le corps d'Osiris, devint une plante révérée des Egyptiens, qui la regardaient comme limage de la fécondité que le Nil répand sur leur pays, parce que l'apparition de cette fleur aquatique annonce chaque année l'apparition du débordement du fleuve.

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La 4éf«Me de Vyplioii.

Pendant ce temps, mes petits amis, le traître Typhon était resté paisible possesseur du trône de son frère , et Osiris était descendu aux enfers , où les Egyptiens croyaient que se rendaient toutes ''les âmes des hommes après leur mort, et il y était même devenu roi de ces lieux funèbres, sous le ' nom de Sérapis.

Un jour que Typhon était h la chasse aux ours, chasse qu^il faisait ordinairement au clair de la lune, il arriva justement près du lieu oà se trouvait le tombeau d'Osiris, et apprit bientôt qu'il renfermait le corps de son frère : dans sa fureur, il/ le €oupa en quatorze morceaux , qu'il jeta de tous côtés et même dans le Nil , afin qu'Isis ne pût pas les retrouver, et encore moins les réunir; mais cette princesse, ayant appris le nouveau crime de ce méchant, se mit aussitôt à la recherche des débris du corps de son mari, et fit tant qu'elle parvint & les retrouver tous, à l'exception d'un seul, que les poissons xiu fleuve avaient dévoré.

Cependant le temps approchait où Osiris devait revenir des enfers, et chasser le cruel Typhon du trône qu'il avait usurpé ; en effet le bon roi, ayant reparu sur la terre , se joignit à son fils Horus , qui, h la tête d'une armée, parvint & vaincre rusurpateur,^et même à le charger de fers ; mais Isis, qui était bonne, voyant son ennemi abattu, en eut pitié, et brisa ses chaînes, de sorte que Typhon, prenant la fuite, se relira dans les déserts, d'où il n'est jamais sorti depuis.

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Le prince Horits fut tellement irrite que son ennemi lui^ eût échappe, qu'oubliait le respect qu41 devait k sa mère; il lui arrâcba le diadème dont son front était couronné; mais la reine s'en consola en mettant sur sa tète des cornes de vache, avec lesquelles elle est souvent représentée.

Après leur mort, tous les personnages dont je viens de vous raconter l'histoire reçurent les lionpeurs divins, et on leur éleva des temples et des édifices nombreux en différents endroits de l'Egypte; la plus grande des pyramides, que Ton voit encore aujourd'hui auprès des ruines de Mempbis, passait pour avoir été le tombeau d'Osiris ; et l'image de ces divinités se retrouve sur tous les monuments que le temps a respectés. Osiris et Isis étaient considérés chez les Egyptiens comme les grands dieux , les dieux du bien et de l'abondance, et Typhon comme celui du mal et de là stérilité. Un fils d'Osiris, nommé Anubis^ qui avait, dit^on, aidé Isis à chercher le corps de son jnari, leur fut associé, et on le trouve souvent figuré à côté d'eux avec une tête de chien , pour exprimer la sagacité dont il fit preuve dans celte occasion.

Horus et Ânubis ne furent pas les seuls enfants des deux grands dieux ; on leur donnait encore pour fils Harpocrate^ qui, en sa qualité de dieu du Silence, est toujours représenté immobile H ayant un doigt sûr sa bouche. Les Egyptiens et les autres peuples de l'antiquité le plaçaient h la porte de leurs temples, ce qui signifiait que les mystères dont la Divinité s'environne doivent toujours être respectés.

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A présent, il fiittiqae je rous dise sous quelles' formes bizarres les anciens adoraient ces dieux^ auxquels ils reodaiî^nt de si grands honneurs.

Osîris est ordinairement représenta comme un personnage robuste, tantôt avec une tête d'homme, tantôt avec une tête d'épervier, sorte d'oiseau de proie dont l'œil perçant regarde fixement le soleil;

[Première figure d'Osiri?.]

quelquefois aussi avec une tête d'ibis, autre oiseau honoré en Egypte, parce qu'il faisait la guerre aux petits serpents dont la terre restait couverte après

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te» jnoiMbUûaa da NiK Souvmt on trou?e la figura de ce dieu eonronnée d'une fleur de lotus, facile & reconnaître à ses einq feuille» i il tient dans sa main un bâton «uVmoAlé d'une (été d'oiseau huppe.

[Seconde figure d^Osiris.]

et 9ur son épaule un fléau à battre le grain ^ à cause de l'agriculture , dont Tinvention lui était attribuée. C'est pour cela que le bœuf, qui se«eonde le laboureur dans ses travaux, lui était con« sacré; et le hcdutApis, que les anciens Egyptiens adoraient comme une divinité ,, n'était autre que

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le symbole du labourage, que cette sage nation honorait avec raison, comme celui de tous les arts qui est le plus utile aux hommes.

Souvent aussi Qsiris a pour coiffure un bonnet pointu, un globe ou une trom*pc d'éléphant; c'est par CCS divers ornements qu'il est fréquemment caractérisé sur les anciens monuments; mais ce qui le rend surtout reconnaissable, c'est une espèce de clef qu'il tient à la main , pour signifier qu'il dispose à son gré^des inondations du Nil, dont les eaux bienfaisantes sont la seule cause de la fécondité de l'Egypte.

Lorsque Osiris était invoqué sous le nom de SérapiSy dieu des enfers, sa figure était celle d'un vieillard vénérable^ dont le front était surmonté d'un boisseau propre à mesurer le grain; on le voyait assis sur untfône, ayant à ses pieds un chien h trois ^étes.

La déesse Isis est souvent figurée sous les traits d'une belle femme, dont la tctc, portant deux ailes de vautour déployées, est couronnée d'une longue paire de cornes entre lesquelles est placé un globe ou un disque rond. Elle tient dans sa main gauche un bâton, à l'extrémité duquel se trouve une tête d'oiseau huppé , et dans la droite la clef du Nil. 'Quelquefois aussi Isis est représentée ass^e, et tenant sur ses genoux un enfant ; devant son front se dresse un petit, serpent aquatique, nommé Urœus, que les Egyptiens regardaienrcomme le symbole de la royauté ; d'autres fois encore, au lieu d'un visage de femme, le corps de celte déesse porte une tête de vache avec ses cornes.

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