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LES MONUMENTS FIGURÉS — LA LANGUE

Nous n'avons pas de monuments authentiques ou que l'on puisse attribuer avec certitude à telle divinité. Le christianisme n'a rien laissé subsister

(1) Nous aurons plus loin à déterminer le sens de ce mot kapiéàa. Il peut vouloir dire aussi idoles. Je cite ce texte d'après Polevoj {Histoire delà littérature russes 5« éd., p. 19), n*ayant pas sous la main le texte d'Hilarion.

(2) Voir les auteurs cités ap. Krek, Einleitung^ p. 394 et suivantes.

des temples décrits par Helmold, ëaxoGrammaticus, Thietmar ou les historiens d'Otto de Bamberg. Les idoles qui étaient innombrables ont été détruites; celles qui subsistent sont — sauf les ruines insignifiantes du temple d'Arkona — d'une authenticité douteuse. Tels sont le bas-relief d'Altenkirchen dans Tile de RUgen, Tidole trouvée dans le Zbrucz et conservée aujourd'hui dans les collections de l'Académie de Cracovie, que nous reproduisons, les sculptures informes conservées au Musée de Dantzig et qui ont été reproduites pour la première fois dans VArchiv fur Anthropologie (1894) (1). On en trouvera la reproduction à la fin de ce volume. Si ces monuments sont slaves, comme on peut le supposer, ils ne répondent point aux descriptions des textes du moyen âge. Ils n'ont rien de commun avec les idoles disparues que Thietmar nous présente complaisamment comme les spécimens d'un art merveilleux (2). Un de mes élèves vient de visiter l'Allemagne du Nord; je l'ai prié de rechercher si dans les musées, il ne trouverait pas quelques débris du culte slave. Il n'a rien rencontré.

(1) On me signale encore des statues slaves (?) dans les collections de l'Académie des sciences de Munich Je n*en ai point de photographies sous les yeux.

(2) Fanum de ligno artiflciose compositum.., Hiijus parietes variœ deorum dearumque imaijiyies mirifice insculptai exterius ornant ; interi us autem dii stant manu facti, singulis nominibus insculptis, galeisque atque loricis terribi- Hier vcstiti... (Chron.y VI, 23, ou 17).

La, langue. — Si les monuments figurés ont disparu, les vocables sont restés. Dans un mémoire fort intéressant M. Mikloâich a étudié la terminologie chrétienne des peuples slaves (1). Cette terminologie a hérité elle-même d'une terminologie païenne qui peut être mise à profit. Elle se compose de deux éléments : les uns sont purement slaves, les autres sont empruntés à des langues étrangères. Sans avoir la prétention de dépouiller tout le vocabulaire païen slave, nous en signalerons ici quelques éléments.

Commençons par le nom de la Divinité. Le mot qui veut dire Dieu est encore aujourd'hui dans toutes les langues slaves bog. Il n'a pas été apporté par le christianisme. Nous le trouvons dans les noms de divinités païennes citées par la Chronique russe dite de Nestor : Stribogû, Dazbogû, dans Helmold {Zcerneboh, id est deum nigrum) (2).

Le mot est considéré comme identique au sanscrit thaga. C'est une épithète de Dieu et le nom propre d'un dieu védique (ancien persan faaga, ancien bactrien bagha, dieu). Bhaga en sanscrit signifie aussi bien-êlref bonheur. Il n'est pas facile de déterminer si c'est du premier ou du deuxième sens que procède le mot slave (3). A côté de bog,

(1) Mémoires de l'Académie des sciences de Vienne^ Vienne, 1875.

(2) Chron. Slav., I, 52.

(3) Le germanique Goitj le lithuanien devas n*ont que le sens théologique.

dieu, et de tous les mots qui expriment l'idée de divinité, nous trouvons bogatû^ riche, et ubogù, pauvre, zbozje^ frumentum en petit-russien, zboio, fortuna^ pecus en vsrende de Lusace, en tchèque zbozU fortune, marchandise. Certains auteurs séparent les deux sens et veulent voir deux racines dif * férentes. Cette distinction ne parait pas nécessaire. L'idée de Dieu et l'idée de bien s'expliquent aisément l'une par l'autre.

Comme antithèse au mot panslave bogû, nous trouvons le mot également panslave bésù, le démon, le génie du mal. Il parait antérieur au christianisme qui a tout simplement transcrit les mots dtiSoXoç et ialfuùv. Miklosich le rattache à la racine bi frapper. C'est peut-être ce mot bésû que Ton retrouve dans le nom de cette divinité de l'ilo de Kugen que la Knytlingasaga appelle Pisamar.

Un autre mot, certû^ se rencontre en russe, en petit-russe, en polonais, en tchèque, en wende de Lusace (et en lithuanien) et en Slovène dans le verbe certitiy détester. Ce mot est absolument inconnu en slavon, en serbe et en bulgare. Go a ignoré jusqu'ici son étymologic. Je le rattacherai voloh< tiers à l'ancien haut-allemand scrato (voir plus loin le chapitre sur les Dieux domestiques).

Les lieux de culte. — Le mot boznica (de 6ogù, dieu) désigne dans les anciennes chroniques russes des sanctuaires chrétiens. La langue chrétienne a créé pour désigner les temples chrétiens des mots

comme cerkovî et kostelî qui correspondent à l'ancien haut-allemand chirickha (dérivé lui-même du grec xupeaxov) (1) et au latin castellum.

Pour la période païenne nous avons un mot attesté par Herbord, l'historien d'Otto de Bamberg. C'est le mot contina appliqué par lui aux temples de Tile de Rugen. Ce mot s'explique suffisamment parle slave. Le slavon kqéta (= kontja) veut dire tout simplement la maison ; hontina, de même que chramû veut dire la maison des dieux. Cette étymologie me parait beaucoup plus vraisemblable que celle qui a été proposée par l'éditeur allemand de Herbord : polonais konczyna. Konczyna veut dire simplement : extrémité^ bout, et n'a rien de commun avec Tidée d'un édifice.

Le mot slavon chramû a primitivement le sens d'édifice religieux. Le mot kapisle (2), attesté par de nombreux textes slavons, voulait dire primitivement le lieu où l'on conserve les idoles (feapï). De même kumiriéte est le lieu où se trouvent les idoles.

Pour désigner les idoles nous avons en slavon cinq mots différents : feapï, bolvanû^ istukanû ou stukanûf kumirû et modla.

Kapî veut dire idole, ce mot se rencontre encore

(1) Kluge, Elymologisches Wœrterbuch der Deuischen Sprache.

(2) Voir Sreznevskij, Materialy dlja Slovarja Drevne-Russkago Jazyha (Saint-Pétersbourg, 1896), sub voce.

SOUS la forme kapiéte qui, suivant le sens du suffixe iste (1), veut dire à volonté idole, ou temple des idoles. Il me parait bien difficile de ne pas rapprocher kapï du mot hip qui existe encore aujourd'hui en Slovène, en serbo-croate et qui veut précisément dire : statue. Ce mot kip se retrouve en magyare kép. Il est très probablement d'origine turque : hep, keb en ouigour. Il aurait désigné primitivement les idoles des populations turques voisines des Slaves. Balvanû est un mot turc.

Istukanû est simplement le participe présent passif d'un verbe istukatU sculpter.

Kumiriiy à priori, n'a pas une physionomie slave. Le mot a donné kumiriétef lieu où l'on adore les idoles. Il n'a persisté qu'en russe et n'a pas passé dans les autres langues slaves. On soupçonne, dit MikloSich {Étymolog. Wœrterbuchj sub voce)^ une origine finnoise : kumarsaa, honorer ( Veske (2) écrit kumartaa et rapproche le mordvine komans). Mais cette origine parait peu vraisemblable au savant lexicographe; il n'y a pas, dit-il, d'emprunts si anciens du finnois.

Modla parait bien être d'origine slave et est évidemment en rapport avec le verbe modliti^ prier, qui sous des formes diverses est usité dans toutes

(1) Iste est un suffixe augmentatif; il désigne aussi le domicile, le lieu où une action se fait habituellement.

(2) SlavjanO'FinskijaKulturnyja Otnoéenija^ Kazan, 1890, p. 143.

les langues slaves. Modla^ au sens dMdoIe^ ne se rencontre qu'en tchèque où il a eu aussi le sens de temple, et en polonais où il a aussi le sens de prière. Il manque au russe qui a, d'ailleurs, le verbe molitîsjay prier.

L'idée de sacrifice est exprimée par des mots purement slaves : obétû (la chose promise), zréti (sacrifier), zrutva. Le mot paraît vouloir dire approximativement louer (Mikl., sub voce). Il n'a existé primitivement qu'en slave et en russe.

Zakolû, (Tfayri, ce qu'on égorge (racine feo/, égorger).

Tréb (racine ter6, exiger) tréba, c'est ce que les dieux exigent : I pride (Vladimirù) kû Kievu i tvorjase trebn kumiromû^ a et Vladimirû alla à Kiev et il fît un sacrifice aux dieux » (1).

La racine tréb entre dans un très grand nombre de noms géographiques. C'est une question de savoir si les lieux qu'elle désigne sont d'anciens lieux de culte (2). Ces lieux sont fort nombreux en Pologne, en Bohême, dans les pays habités par les Slaves de l'Elbe, fort rares en Russie. Je me propose d'étudier un jour leur répartition et leur signification.

La prière s'exprime par le verbe modliti sç,

(1; Ljetopisïpo ipatskomu spisku (Saint-Pétersbourg, 187^).

(2) MiklosiéjDie Bildung der Ortsnamen aus Personenamen im Slavischen, p. 65, en énumère en assez grand nombre et les rattache à un nom de personne.

qui appartient à toutes les langues slaves et qui parait se rattacher à modla^ idole. Dans ses études sur la terminologie chrétienne des langues slaves (§ 28), Mikiosich Tavait rattaché à la racine sanscrite mrd, « conterere », et supposait que ce verbe réfléchi, dont le régime est au datif, exprime primitivement une idée de contrition. Modliti sç Bogu : se contrire devant Dieu. Il a depuis renoncé à cette étymologie. Il est en effet bien difficile de séparer modliti de modla (voy. plus haut).

Le prêtre chrétien s'appelle particulièrement svçstenihû. Le mot dérivé de la racine svçt est la traduction du grec icpcvç, du latin s&cerdos. Il veut dire celui qui s'occupe particulièrement des choses sacrées. L'idée de sainteté devait être inconnue des païens et Ton s* est demandé si primitivement cette racine svçt n'exprimait pas tout simplement l'idée de force et de puissance (1). Le mot païen était, chez les Russes, zrîcûy qui veut dire exactement le sacrificateur (voir plus haut). Nous n'avons pas de mot pour les autres peuples slaves.

Chez les Slaves occidentaux, les Tchèques, les Polonais (2), les Serbes de Lusace, on trouve aujourd'hui le mot fenez, fesiçdz, qui proprement veut dire prince et dérive de l'ancien haut-allemand feu-

(1) Krek, Einleitung, p. 397.

(2) Et chez les Petits-Russes et les Lithuaniens par suite de rinfluence du polonais.

ning. C'est un terme respectueux analogue au mot a monseigneur d appliqué chez nous aux princes laïques et aux prélats ou à dont dérivé du latin dominus. Peut-être rappelle-t-il la période païenne où le chef de la tribu était sans doute aussi le sacri- (icateur, l'exécuteur des rites religieux. Remarquons que ce mot s^emploie surtout chez les Tchèques et les Polonais, c'est-à-dire dans les deux pays où les textes n'attestent ni l'existence de temples païens, ni celle d'une caste sacerdotale.

A côté des prêtres nous trouvons le magicien, si. vlûhvûy russe voléebnikû. Ce mot ne se rencontre qu'en slavon et en russe. Il se rattache à une racine ve{8, vlûsnqtiy balbutier; le magicien est celui qui murmure des paroles mystérieuses. Chez les Tchèques et les Polonais il s'appelle carodéjnik^ czarodziejj celui qui fait des enchantements, cary. En tchèque et en wende de Touest, cara veut dire : trait, raie : ne serait-ce pas celui qui trace des signes, des caractères? On trouve encore en tchèque cernokniznik, en polonais czamoksiçznik ; celui qui se sert de livres noirs. Ce vocable est évidemment postérieur à l'époque païenne.

Sur les idées que les Slaves se faisaient de la vie d'outre-tombe le vocabulaire, de même que les textes, ne nous donne que d'assez vagues indications. Le mot navî semble indiquer l'endroit où les morts vont après cette vie. Nous le discuterons à propos des idées des Slaves sur l'immortalité de

rame (1). Le mot raj a élé accepté par la terminologie chrétienne où dans toutes les langues slaves il désigne le paradis. C'est qu'évidemment pendant la période païenne il répondait à une idée analogue. L'Église chrétienne a pu l'accepter sans hésitation.

Sur les rites funéraires les anciens textes nous ont laissé deux mots, s/rat;a et tryzna^ Tun attesté par JornandeSy l'autre par les annalistes russes. Malgré les opinions contraires (voir la discussion ap. Krek, Einleitung, p. 435), je n'hésite pas à voir dans la strava célébrée après la mort d'Attila un mot slave désignant un banquet funèbre.

Les chroniques russes signalent les tryznas célébrées en l'honneur des morts (Létopisï po ipatskomu spiskUy p. 36, 37, 44 ; po lav. spisku, p. 77, 81, 87, 1 !6). Je considère la tryzna comme apparentée à la strava de Jornandes. C'est aussi un banquet funèbre. Le caractère de la tryzna me parait assez expliqué par le message d'Olga aux Drevlianes : « Voici que je vais venir chez vous; préparez beaucoup d'hydromel {medy mûnogy) près de la ville, là où vous avez tué mon mari et je ferai une tryzna à mon mari. »

Après avoir signalé les sources authentiques ou probables de la mythologie slave, il convient de dire un mot des documents apocryphes qui jusqu'à

(1) Krek, Einleitung^ p. 419. Le mot a été employé pour désigner l'enfer, vu nauec/iû, i\ tû TaprasM (Miklosich, Lexicon Paleeoslavenico-grœcO'latinumf 8ub voce).

ces dernières années ont défiguré les ouvrages relatifs à nos études et qui ont introduit en de graves erreurs des savants tels que Grimm, Hanusch, Lelewel, Erben, Jirecek, Palacky, Kotljarevskij. On a encore recours à leurs travaux et il est bon de mettre le lecteur en garde contre les inexactitudes qu'ils n*ont pas pu éviter.

L'une des mystifications les plus audacieuses du xvin* siècle a été la fabrication des idoles dites de Prillwitz et des inscriptions qui les décorent. Potocki, Lelewel, Kollar se sont laissé prendre à ces fictions grossières. Sans entrer dans le détail de cette longue mystification, je me contente de renvoyer le lecteur à l'article de M. Jagic dans VArchiv fur slsLvische Philologie (t. V, p. 193-215, et II, p. 388). A côté des idoles de PrillwiJz et des inscriptions soi-disant runiques de Miekorzyn, on peut placer le lion de la cathédrale de Bamberg, parfaitement authentique en lui-même, mais sur lequel Schafarik a cru à tort déchiffrer une inscription runique donnant le nom du dieu noir (1).

Il faut signaler également comme apocryphe, et de pure imagination, le portrait de Radigast qui orne certaines éditions de Helmold (Lûbeck, 1 659) et d'autres publications allemandes (2).

(1) Il publia sur ce sujet en 1837 dans la Revue du Muséum tchèque un mémoire qui a malheureusement été recueilli dans ses œuvres {Sebrané Spisy, Prague, 1865, p. 96-110).

(2) Voir sur ce portrait Tarticle de Jagié {Arch. fur slav. Ph., tome V, p. 204).

Au XIX* siècle la Bohème a produit toute une série de textes relatifs au moyen âge et dans lesquels les mythologues ont longtemps puisé des matériaux auxquels il faut pourtant renoncer aujourd'hui. Citons d'abord les poèmes connus sous le nom de Jugement de Libuée et de Manuscrit de Kr&lovedvor{i). On leur a emprunté des indications sur certaines divinités, Bies^ Tras, Morana, sur la destinée des âmes après la mort, etc. Une falsification bien autrement grave est celle de la Mater verborum. Elle a empoisonné pendant un demi*siècle toutes les publications consacrées à nos études. La bibliothèque du Musée de Prague possède un manuscrit de la Mater verborum, sorte de dictionnaire latin compilé par Salomon III, évêque de Constance, qui parait dater du xiii* siècle; il est accompagné de gloses allemandes et tchèques. Un certain nombre de ces gloses sont authentiques. Toutes celles qui concernent la mythologie slave ont été fabriquées au xix' siècle. Je les ai naguère énumérées dans la Revue d^histoire des religions (année 1881, t. IV, p. 134 et 135). Je les reproduis ici pour mettre les lecteurs en garde contre l'usage qu'en ont fait un grand nombre de mes prédéces-

(1) Je les ai traduits en français et publiés à la Librairie internationale en 1866. A ce moment leur authenticité me paraissait établie. Elle a été attaquée depuis par de tels arguments que je n*y crois plus aujourd'hui. Des savants fort distingués y croient encore, M. Krek, par exemple. Voir EinleitunÇy p. 418.

seurs(l). Les chants du prétendu Véda slai;e publiés par feu Verkovic, les chansons serbes éditées en

(i) Belboh (le dieu blanc), beel, baal, ydolum.

Besy (les démons), demonibus.

Bas (le diable), genius.

Bevana letnicina i perunova dci (Dievana fille de Letna et de Perunû). Diana Latone et Jovis filia.

Cette glose est une des plus audacieuses. Elle tendait à introduire dans le mythe slave une divinité analogue à Diane fille d'une déesse Letna évidemment identique à Latone et du dieu Perunû qui se trouvait ainsi identifié à Jupiter. Or, la religion slave n*offre jusqu*ici aucune trace d'anthropomorphisme; il n'est jamais question des amours des dieux, moins encore de leurs mariages; on voit toute la gravité de la supercherie.

Ladâ, Venus, dea libidinis, cytherea.

Liutice (La Furieuse), furia, dea infernalis.

Perun (Perunû), Jupiter.

Perunovay Jovis sororem. (Les dieux slaves n'ont pas plus de sœurs que d'épouses.)

Prije (agréable), Aphrodis grece, latine Venus.

Radihostf vnuk krtov. (Radihost petit-fils de Krt, c'est-à-dire sans doute du démon.) Mercurius a mercibus et dictus. Cette glose avait pour but : 1» de faire croire au culte de Radhost en Bohême; 2^ de prêter à ce dieu imaginaire une analogie jusqu'alors inconnue avec une divinité latine.

Svatovit, Ares, bellum. Il y avait primitivement dans le manuscrit : Ares bellum nuncupatur. C'est avec nuncupatur que le faussaire a fabriqué Svatovît. Dans deux autres endroits il a traduit Mars et Mavors par Svatovit.

Sytivrat, Saturnus. Le mot Sytivrat est fabriqué de façon à prêter matière à des interprétations diverses. Jacob Grimm s'y est laissé prendre dans sa mythologie allemande.

Stracec sytivratov syn (Stracec fils de Sytivrat) Ficus, Saturni filius. Straka en tchèque veut dire pie.

Trihlav (à trois têtes), triceps, qui habet capita tria caprae. Les mythographes n'ont pas manqué d'exploiter ces trois têtes de chèvres et en ont tiré une foule de conclusions.

VeleSf Pan, imago hircina.

1870 à Belgrade par Milojevic ont été dès leur apparition convaincus d'imposture (I).

C'est vraiment dommage. Ces recueils fantaisistes élargissaient singulièrement Thorizon de nos études»

Ziva (la vie). Dea frumenti, Ceres, Siva imperatrix. Ce mot a été fabriqué, une fois avec le mot latin aiunt, une autre fois avec le mot s tue.

Je n*ai donné dans cette liste que les noms de divinités, laissant de côté ceux qui se rapportent au culte et qui sont assez nombreux. Tous les traités de mythologie slave ont été infectés par les citations de la Mater Verborum. Il était indispensable que le lecteur fût prévenu une fois pour toutes. Il faut absolument renoncer à chercher en Bohême des divinités sur lesquelles on ne possède que des textes apocryphes.

(i) V. sur le Véda slave mes Nouvelles études slaves (Paris, i880, p. 49 et suivantes).

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