‹ La mythologie slaveChapitre 17 sur 32 · LE DIEU SUPRÊME · texte numérisé non relu

LE DIEU SUPRÊME

qui pourrait être un Porenovic, ou Perunovicû, fils de Perunû... et c'est tout.

Ailleurs, Helmold semble indiquer que Svantovit était ce grand dieu — tout en affectant d'ailleurs de le confondre avec saint Vit (II, 12). « S van to vit, le dieu de la terre des Rugiens, a obtenu le principat parmi tous les dieuxMes^Slaves. De notre temps encore, non seulement le pays des Wagriens, mais toutes les provinces slaves lui envoyaient leurs tributs annuellement et le reconnaissaient pour le dieu des dieux (Illum deum deorum esse profitentes). »

Quel que fût le nom de ce Dieu suprême, les Slaves baltiques se le figuraient comme a plein de gloire et de richesses 2), autant qu'on peut en juger par le témoignage d'un des biographes d'Otto de Bamberg. Ebbo raconte (II, 1) que le missionnaire saint Bernard avait entrepris de prêcher la foi catholique dans la ville slave de Julin. Il s'y présenta nu-pieds avec des vêtements misérables. Les indigènes lui demandèrent ce qu'il tenait faire. II déclara qu'il était le serviteur du vrai[Dieu créateur du ciel et de la terre, envoyé par lui pour les arracher aux erreurs de l'idolâtrie : a Comment, lui dirent-ils, pouvons-nous croire que tu es le messager du dieu suprême qui est glorieux et plein de toutes richesses; quand tu es tellement misérable que tu n'as même pas de souliers ?• . . Tu fais injure au dieu suprême. » Otto do Bamberg tint

r)U MYTHOLOGIE SLAVE

compte de cette leçon et se présenta devant les Slaves avec un cortège magnifique. D'ailleurs, le texte d'Ebbo n*est pas clair ; et ce que les Slaves disent du dieu suprême peut en somme s'appliquer au Dieu des chrétiens.

Le traité conclu en 945 entre les Slaves et les Grecs et rapporté par la chronique russe dite de Nestor porte la mention suivante : c Que ceux des russes chrétiens qui violeront ce traité soient punis par le Dieu tout-puissant, que ceux qui ne sont pas baptisés ne reçoivent aucun secours ni de Dieu, ni de Perunû(l). ))Ce Dieu anonyme opposéà Perunfi est peut-être le dieu suprême du panthéon slave, mais il n'a pas de nom particulier; peut-être aussi tout simplement le Dieu des chrétiens a-t-il été introduit dans le texte sur les instances des Grecs auxquels Perunû ne paraissait pas un garant suf* fisant. Perunû parait bien avoir été le grand dieu des Russes. Dans une traduction slavonne de la légende d'Alexandre citée par Afanasiev (2) , Ile mot Perunû traduit le grec Zeus. Dans les chants serbes — où Ton rencontre des traces évidentes de paganisme — on rencontre une adjuration au nom du Dieu très haut et de saint Jean :

Viénjim Bogom i Svetim Jovanom.

Ce dieu très haut est évidemment le dieu chrétien.

La langue tchèque connaît un nom d'homme

il) P. 41 de ma traduction.

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