DEESSES
Le culte des déesses est attesté par différents textes, notamment par Thietmar dans sa description du temple de Radigast et dans le chapitre (VIII, 64) où des Slaves se plaignent d'un affront fait par un Allemand à l'étendard sur lequel figurait une déesse. Nous savons peu de chose sur le nom de ces divi-
(1) Par ex. chez Arnold, Chronica Slavorum : Geromarus (III, 82), leromarus (VI, iO).
nités féminines. Helmold([,52)cite,à côté do Prove, dieu d'Altenbourg, et de Radigast, dieu des Obotrites, Siua, déesse des Polabes. Cette Siva a fait fortune. Elle a été reprise par le faussaire de la A/afer î?er6oriim qui l'interprète par dea frumenti. On sait aujourd'hui qu'il avait fabriqué Siva avec le mot aiunt. Siva figure également parmi les fausses divinités obotrites. Les Tchèques ont interprété Siva par Ziwa (la vie, la vivante) ; le dictionnaire
tchèque de Kott nous donne un article Ziva,Zivena, déesse de la vie de Thomme et de la nature et nom de la déesse Cérès. Toutes ces fantaisies sont venues du texte de Ilelmold. Or il n'est pas même sûr qu'il faille lire Siva. Certains manuscrits donnent Sinna.
L'interprétation Siva = Ziva, la vivante, paraît plus vraisemblable. M. Maretié suppose que c'est Fabréviation d'un nom composé : Dabyziva, utinam sis viva. Un texte slavon du xv* siècle provenant de Novgorodû (cité par Krek, p. 384) mentionne une déesse diva. Dlugosz (1) (xiv* siècle) prétendait retrouver chez les anciens Polonais le culte de Diane sous le nom de Dzevana (2). D'autre part, il signale un dieu de la vie qui s'appelle Zy wie.
Dtugosz mentionne encore une divinité appelée Dzidzilelya qui veillait sur les destinées de lenfance
(1) Voir le travail de M. Briickner, Myth. Studien dans Arch. fur Slav, Philologie, t. XIV.
(2) Dans la littérature orale de la Petite-Russie, la reine des Rousalkas s^appelle Diva, Divka (Mâchai, p. 119).
et qu'il identifie à Vénus. Le mot s'explique aisément {dziecilela, celle qui dorlote les enfants).
Oïl cite souvent les noms de Lada qui aurait été la déesse de la beauté, de Morana qui aurait été celle de T hiver ou de la mort, mais ces noms ne iîgurent pas dans les anciens textes ; ilsappartiennent à la littérature traditionnelle.