‹ La mythologie slaveChapitre 4 sur 32 · INTRODUCTION V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION V

En réunissant dans le présent volume ces travaux de longue patience, je ne me dissimule pas tout ce qui leur manque pour constituer un monument définitif . Ce monument, personne ne Ta encore élevé : et je doute qu'il puisse jamais exister. Il n'y a point lieu d'espérer que nous ayons jamais pour les Slaves des travaux analogues à ceux dont la mythologie des Hindous, des Grecs, des Latins, des Celtes ou des Germains a été l'objet dans notre siècle. Les matériaux sont trop rares et l'on ne saurait à aucun prix remplacer les textes et les monuments par des hypothèses.

Bien des travaux ont paru sur la mythologie slave depuis le jour où un jeune savant russe, Kajsarovû, fît paraître à Gœttingue — en i 803 — son ouvrage Versuch einer slsCvischen Mythologie in alphabetischer Ordnung (1). Ce travail attira l'attention de

(1) Né en 1782, tué en 1813 à la bataille de Hanau, Kajsarovû a été à plus d*un point de vue un précurseur. En 1806 il présenta à rUniversité de Gœttingue une thèse sur Témancipatlon des serfs : De manumittendis per Russiam servis. Dissertatio inauguralis philosophico-politica. Son essai sur

Dobrowsky qui lui consacra une étude critique dans le volume de mélanges intitulé Slavin (2* édition, p. 263 et suivantes). Dobrowsky n'était point particulièrement versé dans la matière ; mais avec le sens critique qui le caractérise, il mettait Kajsarovû et ses successeurs en garde contre une tendance fâcheuse de la paresse humaine.

ce Je conseille aux futurs mythologues, disait-il, de ne pas s'en tenir aux écrivains postérieurs, mais de citer à propos de chaque article le plus ancien texte. »

Hélas ! nous avons bien peu de ces textes anciens. En ce qui me concerne je crois avoir suivi ce sage conseil du patriarche de la slavistique ; je me suis imposé de relire dans l'original tous les textes latins, grecs ou slaves relatifs à l'objet de ces études. Je crois avoir découvert chemin faisant quelques détails qui avaient échappé à mes prédécesseurs. Je me suis permis également de présenter quelques nouvelles hypothèses.

la mythologie slave a été traduit en langue russe (Moscou, 1807; 2* éd., ib., 1819). M. Suchomlinovù lui a récemment consacré une fort intéressante notice dans le tome LXV du Sbomikû de la Section russe de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg (St.-Pbg., 1899).

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