‹ La mythologie slaveChapitre 5 sur 32 · INTRODUCTION VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VII

En dehors de Tétude sur KajsarovO, Dobrowsky n'eut point Toccasion de s'occuper de la mythologie slave. Elle devait nécessairement appeler l'attention de Schafarik. Outre ses mémoires sur les Rusalki, sur Svarogû et hélas ! le travail sur le prétendu Cernoboh (dieu noir) de Bamberg, réimprimé dans le volume III des œuvres complètes {Sebrané Spisy, Prague, 1865) il avait dressé un index des noms mythologiques slaves qui figurent dans les appendices duIP volumedesAnfi9uiMs(2*édition, Prague, 1863). Cet index était le programme d'une mythologie slave qu'il n'a point écrite. On y voit figurer bien des noms qui doivent aujourd'hui être rayés des cadres mythologiques et renvoyés dans le domaine de la fantaisie (Karus, Karevit^ Krodo, Potel) ou du folk-lore {Koscej^ Hasterman, Kesna, etc ).

En 1842 Hanuâ publiait à Lwrôw (Lemberg) son livre Die Wissenschaft des Slawischen Mythus; l'ouvrage ne pourrait pas être consulté aujourd'hui sans danger. On en peut dire autant des travaux de Hanuâ en langue tchèque relatifs à la mythologie (sauf toutefois son Bajeslovny Kalendâf qui est plutôt un répertoire de folk-lore) . Tous les ouvrages

de cette période sont d'ailleurs défigurés par remploi de documents apocryphes.

En Russie» Sreznevskij fit paraître à Charkovû, en 1846, son mémoire fort instructif sur les sanctuaires et les rites des Slaves païens.

Dans les articles qu'il donna au Slovnik Naucny (Encyclopédie tchèque) de Rieger et à la Revue du Musée de Prague^ Charles Jaromir Erben a fourni d'importantes contributions pour l'étude de la mythologie slave. Il méditait de la résumer dans un ouvrage qui eût été à coup sûr intéressant, mais qui n'aurait pas eu un caractère absolument critique et définitif. La mort ne lui a point permis d'accomplir cette entreprise. Outre qu'il employait des documents apocryphes, Erben confondait volontiers la mythologie et le folk-lore. Ainsi en 1866 il lut à la Société royale des Sciences de Prague et

publia dans le Casopis Ceského Musea (même année, p. 35) un travail sur la Cosmogonie des Slaves païens diaprés les chansons des Ruthènes de Galicie. Ce mémoire, je m'en souviens, fit grand bruit dans le monde des mythologues. En réalité il n'apprenait rien de slave et rien de neuf. Les chansons ou légendes galiciennes dont Erben s'occupait sont

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