CARE: RE
Ce besoin d'écrire, qui le sollicite sans cesse, est caractéristique
encore; 1l écrit chez lui et rédige, avec une incohérence que le
- D' Dubousquet avait constatée, les cours du soir auxquels il assiste,
sans rien y comprendre. Il écrit à Mazas, des lettres interminables et il ne faudrait pas ,le presser beaucoup pour lui faire rédiger ses mémoires.
D... n'a pas la tenue d'esprit, l'énergie suffisante pour contevoir et pour comiettre un crime aussi compliqué dans l'exécution, que celui dontil est inculpé. Il ne pourrait pas l'avoir tenté sous l'influence d’un accès de folie impulsive, il n’y a rieu ehez lui qui révèle un semblable état ; c’est un masturbateur, un ümide ; les crises hallucinatoires délirantes qu'il a eues à plusieurs reprises ne comportent pas une série d'actes que tout démontre avoir été exécutés par un homme déterminé.
Pour nous, D..., fils d'un alcoolique, est un dégénéré, faible d'esprit. Chez lui la débilité mentale s’accuse par des actes aussi imprévoyants que puérils, par un besoin de parler, d'écrire, de se mettre en scène, et de jouer un rôle actif dans des aventures dont son imagination a été frappée. En cela ilest semblable aux enfants qui, sinon de toute pièce, du moins sur des données incomplètes inventent une histoire mensongère, la complètent et, finissant par l'apprendre par cœur, la répètent avec un luxe de détails auxquels se laissent parfois prendre ceux qui n ont pas l'habitude de ces mensonges compliqués.
Evidemment, D... n'a pas conscience de la valeur morale de ses actes ; il agit sans discernement. Mais deux fois déjà par ses fausses dénonciations, il a compromis la réputation, le repos et, un peu plus, la liberté de ceux qu'il accusait. Il est donc nuisible et il importerait de l'empêcher de nuire.
Cet exemple montre la transition entre la forme vaniteuse simple et la forme maligne de la mythomanie qui s'associe aux manifestations si variées de l’instinet de destruction, depuis la simple malice jusqu’à la férocité la plus acharnée.
La forme malicieuse comprend la série des fabulations
orales, écrites, ou machinées que leurs auteurs organisent
contre autrui.
À cette catégorie appartiennent les mystificateurs qui, par tempérament, par tendance instinctive, sont poussés à organiser des fables destinées à tromper et à provoquer
chez leurs victimes toute une série de réactions le plus sou-