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LES IDÉES DE LAMARCE EN PSYCHOLOGIE

lonté est le résultat immédiat d'un acte d'intelligence, elle est toujours la suite d'un jugement, et par conséquent d'une idée, d'une pensée, d'une comparaison, ou d'un choix, que ce jugement détermine. »

Si la volonté est le résultat d'un acte intellectuel, il est évident que les animaux qui n'ont pas un organe pour l'intelligence ne sauraient exécuter un acte de volonté. Cependant ces animaux agissent, c'est-à-dire exécutent tous, eu général, des mouvements qui constituent leurs actions. Il y a donc plusieurs sources différentes dans lesquelles les actions des animaux puisent les moyens qui les produisent.

Pour Lamarck, il y aurait trois sources distinctes pour les actions des animaux, à savoir : 1° les causes extérieures qui viennent exciter l'irritabilité de ces êtres ; 2" le sentiment intérieur que des sensations émeuvent ; 3° enfin, le même sentiment recevant ses émotions de la volonté.

On regardait la volonté comme la source de toute action chez les animaux, et voilà que Lamarck vient à dire que chez certains animaux, les plus inférieurs, les causes excitatrices des mouvements proviennent uniquement de l'extérieur : les milieux environnants les fourniraient. Une fois de plus, le génie de Lamarck, fait d'intuitions, se révèle à ■ nous. Un siècle plus tard, cette vue tombée dans ^l'oubli sera reprise par une autre pensée géniale, celle de Jacques Loeb. On sait que l'illustre biolo-

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giste américain a donné, il y a déjà une vingtaine d'années, la démonstration expérimentale de ce fait que chez beaucoup d'animaux inférieurs les mouvements résultent directement de certaines forces du milieu extérieur, telles que la pesanteur, la lumière ; de là est sortie la notion nouvelle des tropismes, ou attractions des êtres vivants par les forces extérieures, dont la considération est capitale dans la psychologie scientifique. Lamarck avait entrevu cette notion des tropismes, et en particulier avait parfaitement distingué le phototropisme, ou attraction par la lumière, de la vision. Le passage suivant est tout à fait remarquable à cet égard. « En vain, dit-il, objecterait-on que la lumière fait des impressions remarquables sur certains corps vivants qui n'ont point d'yeux et qu'elle afïecLe néanmoins : il sera toujours vrai que les végétaux, et que quantité d'animaux, tels que les polypes et bien d'autres, ne voient point quoiqu'ils se dirigent vers le côté d'où vient la lumière, et que ces animaux ne sont pas doués du sentiment, quoiqu'ils exécutent des mouvements lorsque quelque chose les irrite ou irrite certaines de leurs parties. » (p. 233.)

Une distinction fondamentale de la psychologie moderne est celle qui a été établie par Loeb, entre les tropismes et les phénomènes associatifs. Les tropismes trouvent leur explication en invoquant la simple irritabilité de la matière vivante, n'exigent pas l'intervention du système nerveux, et n'impliquent pas forcément de sensations de la

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