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LES IDÉES DE LAMARCK EN PSYCHOLOGIE

perfectionné des cerveaux simples, c'est-à-dire des cerveaux qui sont dépourvus d'hypocéphale, puisqu'au leur aboutissent les nerfs de plusieurs sens particuliers. S'il en est ainsi, dans tous les animaux, depuis les insectes jusqu'aux mollusques inclusivement, le système nerveux produit le mouvement musculaire et donne lieu au sentiment ; mais il ne saurait permettre la formation des idées.

H Enfin, beaucoup plus perfectionné encore, le système nerveux des animaux vertébrés offre une moelle épinière, des nerfs et un cerveau dont la partie supérieure et antérieure est munie accessoirement de deux hémisphères plicatiles, plus ou moins développées, suivant Vétat d'avancement du nouveau plan. Alors ce système donne lieu non seulement au mouvement musculaire, au sentiment et à la faculté d'éprouver des émotions intérieures, mais, en outre, à la formation des idées, qui sont d'autant plus nettes et peuvent être d'autant plus nombreuses, que ces hémisphères ont reçu de plus grands développements. » ,

Ainsi se trouvent retracées, d'une façon très nette déjà, à la fois l'évolution du système nerveux des animaux et leur évolution psychique. Il faut remarquer que Lamarck est un des rares évolutionnistes qui aient été conséquents avec eux-mêmes : révolution psychique accompagne l'évolution organique; l'ensemble des phénomènes si complexes que l'on a coutume de désigner sous le nom d'mtelligence ne se rencontre pas encore chez les animaux inférieurs. Pour qu'il y ait intelligence, il

faut qu'il y ait Torgane spécial dans lequel s'élaborent des idées complexes, des pensées, des comparaisons, des jugements, etc. Cet organe, c'est le cerveau des animaux à vertèbres : mais chez les poissons et les reptiles, le cerveau, qui ne remplit pas entièrement la cavité du crâne, est encore très imparfait, et les actes d'intelligence sont extrêmement bornés; chez les oiseaux et les mammifères, au contraire, l'organe et les différents actes de Tintelligence atteignent une grande perfection, et il est alors possible de parler de « volonté ».

Lamarck, en n'attribuant l'intelligence et la volonté qu'aux seuls animaux supérieurs, a su éviter le danger anthropomorphique, dans lequel sont tombés Darwin et ses disciples, et que nous avons encore à combattre. A cet égard, le chapitre VI, « de la volonté », est tout à fait remarquable ; il devrait être lu par ces jeunes philosophes aux prétentions scientifiques, qui attribuent à tort et à travers « la volonté » aux animaux inférieurs sous le seul prétexte que certains des actes de ces animaux varient suivant les circonstances.

K Je me propose de prouver, dans ce chapitre, dit Lamarck, que la volonté, qu'on a regardée comme la source de toute action dans les animaux, ne peut avoir d'existence que dans ceux qui jouissent d'un organe spécial pour l'intelligence, et qu'en outre, à l'égard de ces derniers, ainsi qu\à celui de l'homme lui-même, elle n'est pas toujours le principe des actions qu'ils exécutent... La vo-

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