LES IDÉES DE LAMARCK EN PSÎCUOLOGIE
part de l'animal ; les associations, au contraire, se font entre sensations et au sein du système nerveux. Or, Lamarck avait déjà entrevu cette distinction. A maintes reprises, il insiste sur la nécessité de bien distinguer Virintabilité de la faculté de sentir. « Les conditions qu'exige la production du sentiment sont, dit-il, de toute autre nature que celles qui sont nécessaires à l'existence de rirritabilité. » L'irritabilité n'exige aucun organe spécial ; la production du sentiment nécessite, au contraire, « la présence d'un organe particulier, toujours distinct, compliqué et étendu dans tout le corps de l'animal » ; il se compose de « deux parties distinctes et essentielles, savoir : 1° d'un foyer particulier, ou foyer de sensations, qu'il faut considérer comme un centre de rapports, et où se rapportent effectivement toutes les impressions qui agissent sur nous ; 2" d'une multitude de nerfs simples, qui partent de toutes les parties sensibles du corps, et qui tous viennent se rendre et se terminer au foyer des sensations ». Grâce à un pareil système d'organes, toutes les parties du corps, ou à peu près, participent également à chaque impression faite sur certaines d'entre elles. Le système nerveux est un appareil d'harmonisation.
Lamarck voit également dans le système nerveux une sorte d'accumulateur de Vénergie du milieu extérieur. Il insiste sur le « transport de la force productrice des mouvements de l'extérieur dans l'intérieur de l'animal ».
28 LA NAISSANCE DE l'iNTELLIGENCB
« La nature, dit-il. ayant opéré peu à peu et graduellement ses diverses productions, et créé successivement les différents organes des animaux, variant la conformation et la situation de ces organes, selon les circonstances, et perfectionnant progressivement leurs facultés, on sent qu'elle a dû commencer par emprunter du dehors, c'est-àdire des milieux environnants, la force productrice, soit des mouvements organiques, soit de ceux des parties extérieures ; qu'ensuite elle a transporté cette force dans V animal même; et qu'enfin, dans les animaux les plus parfaits, elle est parvenue à mettre une grande partie de cette force intérieure à leur disposition. »
Lamarck exprime la même idée de multiples façons : « Si la nature, ajoute-t-il, s'en était tenue à l'emploi de son premier moyen, c'est-à-dire d'une force entièrement extérieure et étrangère à l'animal, son ouvrage fût resté très imparfait ; les animaux n'eussent été que des machines totalement passives, et elle n'eût jamais donné lieu, dans aucun de ces corps vivants, aux admirables phénomènes de la sensibilité, du sentiment intime d'existence qui en résulte, de la puissance d'agir, enfin, des idées, au moyen desquelles elle pût créer le plus étonnant de tous, celui de la pensée, en un mot, l'intelligence. »
C'est dans le système nerveux que se fait le transport de la force productrice des mouvements.
Aujourd'hui on considère les centres nerveux