‹ La naissance de l'intelligenceChapitre 20 sur 56 · DO SYSTÈME NERVEUX DANS LES RÉACTIONS · texte numérisé non relu

DO SYSTÈME NERVEUX DANS LES RÉACTIONS

cellules, l'une fusiforme, l'autre étoilée (fîg. 3) ; la première, dite cellule réceptrice ou sensitive *, reçoit les impressions du milieu extérieur; celles-ci sont transmises à la seconde, cellule motrice m, qui les convertit en particulier en incitations motrices.

Chez les êtres pluricellulaires les plus inférieurs (hydres...)» les cellules nerveuses sont disséminées à la périphérie du corps, ne lormant guère que de petits chaînons isolés.

Chez les étoiles de mer, les oursins,... on voit apparaître l'ébauche d'un système nerveux central,

sous forme d'un anneau d'où s'échappent cinq rubans radiaires. De même chez les vers annelés, mais la disposition est tout autre : dans chaque segment se trouve une paire de petites masses nerveuses, ou ganglions; ceux-ci sont réunis entre eux de manière à former une sorte d'échelle ventrale, rattachée par un collier qui entoure l'œsophage à une double masse dorsale, céphalique, cerveau rudimentaire.

Cette disposition se retrouve chez les articulés, c'est-à-dire les crustacés, les insectes (fîg. 4). Mais ces animaux ont une physionomie à part : le

Fis. 3.

Chain* dt itttx cellules nerreasM, reliant U lorface externe da corpi S à an mascle M ; s est la cellule sensitive ; m, la cellule motrice; les prolongements ramifiés de ces cellules se touchent.

corps est revêtu d'une sorte de cuirasse de chitine formée de pièces articulées ; les organes des sens, l'œil en particulier, subissent des perfectionnements parfois considérables ; presque toutes les fonctions sont extériorisées. Une tendance opposée se rencontre chez les vertébrés, où le squelette est interne ; le système nerveux central prend une importance qu'il n'a dans aucun autre groupe du règne animal : on sait que la moelle épinière et l'encéphale constituent un axe dorsal d'où se détachent de nombreux nerfs, et qui est protégé par les vertèbre et les os du crâne.

Il faut voir sans doute dans cette protection si efficace une des causes de la prédominance du système nerveux : les divers tissus de l'organisme sont en lutte les uns avec les autres, et il y a lieu de tenir compte des conditions qui avantagent tel ou tel autre.

FiG. 4.

Système nerveux d'un insecte, formé d'un cordon ventral d'où s'échappent les nerfs et, en avant, du cerveau g c logé dans la tête. — C'est là le type du système nerveux des vers, des crustacés, des insectes.

Lamarck avait déjà donné une classification des animaux basée sur le perfectionnement du système

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nerveux, et il déniait, non seulement l'intelligence, mais encore le sentiment, à ceux qui n'ont qu'un -ystème nerveux diffus. De nos jours, les auteurs >nl loin de s'entendre sur la question de savoir il faire commencer le psychisme. Certains, comme Lamarck, le limitent aux animaux qui ont un système nerveux central bien différencié; d'autres raccordent à ceux qui n'ont qu'un système nerveux périphérique diffus, tels que les polypes ; d'autres, enfin, le font commencer encore plus bas dans l'échelle animale. « Si les formes les plus élevées du psychisme exigent la présence du système nerveux et de l'association des cellules nerveuses, il ne s'ensuit pas que ses formes les plus basses ne puissent se développer là oii il n'y a ni association de cellules nerveuses, ni même de système nerveux. » Telle est en particulier l'opinion de Bechlerew, qui ajoute : « Les organismes les plus simples manifestent un choix indépendant de leurs mouvements ; ce choix indépendant prend ,?a source dans l'élaboration interne des excitations externes; force est donc d'admettre que, malgré Tabsence du système nerveux, ces organismes possèdent tout de même une activité psychique, lùtelle la plus élémentaire. L'absence chez eux de système nerveux n'a pas à nos yeux de valeur essentielle dans la question qui nous occupe. Estce que l'absence de système musculaire chez les infusoires ne pourrait servir de prétexte à nier leurs facultés motrices; l'absence d'estomac chez eux ne plaiderait-elle pas en faveur de l'abscr -'■

de digestion? Et cependant des observations authentiques disent absolument le contraire... Les fonctions psychiques sont aussi inséparables du protoplasma que n'importe quelle autre fonction biologique... Il n'y a aucune raison de croire que, dans la série animale, les manifestations de l'énergie doivent absolument être liées au système nerveux.

Là où ce dernier existe, tel est le cas des animaux supérieurs, il constitue, sans contredit, un milieu spécialement approprié à la manifestation de l'énergie... » Bechterew termine par l'exposé d'un fait des plus suggestifs : le protoplasma de l'amibe (fig. 5), c'est-à-dire de l'être unicellulaire le plus simple, posséderait une composition chimique bien plus voisine de celle du système nerveux des animaux supérieurs que le protoplasma de n'importe quelle cellule de ces derniers.

Au fond, il ne faudrait pas s'exagérer l'importance de ces divergences de vue : le psychisme, c'est un mot, auquel on a attribué des significations diverses ; toutes les fois qu'on l'emploie, il fautpréciser le sens que Ton adopte. Les Allemands de la nouvelle école ne parlent plus de psychisme,

Fig. 5.

. Amibe en moovement. — Ces' le plus simple de tous les êtres vivants ; elle est formée d'une simple masse de matière vivante qui se déforme constamment, envoyant des prolongements, a, dans la direction du déplacement.

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