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VARIABILITÉ DES RÉACTIONS DES ANIMAUX

quand on saisit le crabe par une patte, celle-ci se détache à la base; c'est le phénomène de l'autotomie ; mais cette réaction présente une grande variabilité. M"® Drzewina en a fait une étude analytique soignée : 1° La variabilité peut être d'origine organique, chimique. Quand le grapse a subi une dessiccation dans les rochers abandonnés par la mer et ensoleillés, l'autotomie se fait difficilement, ou même plus du tout ; — 2°. La variabilité peut être d'origine périphérique, réceptive. On porte la même excitation mécanique (pincement), tantôt sur un segment de la patte, tantôt sur un autre, et on obtient des réponses différentes : dans un des cas seulement, il se produit une rupture de la patte. Il y a variabilité des réactions, et celle-ci peut fort bien être due, comme dans le cas des deux segments du branchellion, à une différence dans les réceptions périphériques des deux segments du membre, inégalement et différemment sensibles. D'autre part, on porte sur le même segment deux sortes d'excitations mécaniques : tantôt des chocs, tantôt de légers pincements, et on obtient des réponses différentes ; dans le second cas seul, il se produit une rupture de la patle. Il y a variabilité des réactions, et il se peut fort bien d'origine périphérique : on sait que certaines dispositions des terminaisons nerveuses se prêtent beaucoup mieux aux excitations par pincement qu'aux excitations par choc. Dans ces divers cas, on ne peut pas conclure au caractère psychique de la réaction, et encore moins au ca-

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ra€tère volontaire. Mais on pourrait parler de psychisme, si la réponse à une excitation mécanique de la patte était influencée par les réceptions diverses de l'œil, par les sensations visuelles, car, alors il faudrait faire intervenir des phénomènes associatifs, une combinaison quelconque dans le système nerveux central. Mais les observations de M"® Drzewina n'ont rien montré de semblable. — Piéron, au contraire, a confondu les variabilités àe diverses origines, et a invoqué le « psychisme », la « volonté » de l'animal dans les cas où il y avait, soit une simple variation chimique de la matière vivante, soit une variation dans les réceptions périphériques. On ne saurait trop s'élever contre des interprétations aussi fâcheuses.

11 ne faut pas confondre la variabilité d'origine périphérique ou réceptive avec la variabilité d'origine centrale ou associative, qui seule peut impliquer le psychisme. Il ne faut jamais oublier que, chez un animal pluricellulaire, les cellules périphériques forment comme un écran interposé entre le milieu extérieur et les cellules internes, en particulier les cellules des centres nerveux, écran qui ne laissp passer que certaines qualités et quantités de l'énergie du milieu extérieur.

De l'analyse, encore trop imparfaite, que je viens de faire, il ressort nettement que la variabilité des réactions est un caractère insuffisant pour apprécier le caractère psychique de celles-ci;

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