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VARIABILITÉ DES RÉACTIOMS DES ANIMAUX

faut, dans tous les cas, rechercher avec soin l'origine de cette variabilité. Dans son récent livre, Marguerite Washburn arrive à une conclusion analogue : « Une machine aussi compliquée qu'un organisme animal, même s'il n'était rien de plus qu'une machine, doit montrer, dit-elle, des irrégularités dans son fonctionnement ». Quand il y a psychisme, il y a variabilité ,' mais toutes les fois qu'il y a variabilité, il n'y a pas, forcément, psychisme. La variabilité. des réactions est une condition nécessaire du psychisme, mais non une condition suffisante.

La variabilité psychique est d'origine associative. C'est là même le critérium donné par J. Loeb, qui voit, dans tout phénomène psychique, l'intervention d'une «~ mémoire associative », d'une combinaison entre les sensations présentes et passées. Loeb n'a jamais nié la psychologie comparée, et il a indiqué que celle-ci doit être basée sur la recherche des phénomènes qui révèlent une mémoire associative.

Pour avoir le droit de parler de «psychisme», et à plus forte raison de « volonté», il est insuffisant d'avoir reconnu que l'animal varie ses actes; il est également insuffisant d'avoir constaté qu'il a appris, qu'il choisit. «Apprendre », «choisir», ce ne sont là que des cas particuliers de « varier ses actes ».

«Apprendre», voilà un mot qui signifie bien des choses différentes. On sait que le bois d'un violon dont on a joué beaucoup résonne mieux qu'au

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début; à la longue, il s'est produit un arrangement moléculaire favorable au phénomène de résonnance; on pourrait dire que le bois du violon «a appris» à vibrer à l'unisson des cordes; dans ce phénomène, il n'y a, évidemment, rien de psychique. Dans une forge, les muscles des ouvriers subissent des modifications lentes qui les rendent plus aptes à agir dans l'acte de battre le fer : ils « apprennent », mais « apprendre » a, dans ce cas, un tout autre sens que dans celui où un apprenti se met rapidement au courant de son nouveau métier. Ces exemples, cités par Marguerite Washburn, sont très frappants. Chez les animaux inférieurs, il y a bien des manières différentes d'apprendre : la docilité ou habileté à apprendre est une caractéristique du protoplasma; chez un animal pluricellulaire, il peut y avoir un apprentissage musculaire, un apprentissage sensoriel, un apprentissage du système nerveux central; le système nerveux étant une des parties les plus sensibles de l'organisme, son éducation se fait en général beaucoup plus vite que celle des muscles et celle de la matière vivante ordinaire. Chez les animaux supérieurs, il y a encore d'autres manières d'apprendre : outre l'association, l'imitation, le raisonnement.

Pour beaucoup d'auteurs, l'habileté à profiter de l'expérience est un critérium suffisant des processus mentaux; Yerkes fait observer, avec juste raison, que l'emploi de ce seul critérium est, non seulement insuffisant, mais encore absurde.

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