LE PSYCHISME ET LA PSYCHOLOGIE COMPARÉS
ne servirait à rien ; mais chez les anémones de mer, comme spontanément certains mouvements s'arrêtent, reprennent, la conscience apparaît avec le « désir » ; celui-ci précéderait les sensations, le sentiment... Ce raisonnement est bien faible. Pour Wasmann [Instinkt und Intelligenz im Tierreich, S' éd., 1905), bien que les animaux possèdent la faculté d'apprendre, ils n'ont pas l'intelligence, la raison, qui ne se montre que chez l'homme où les formes d'acquisition sont plus variées ; mais, en revanche, ils peuvent être conscients, et, en cela, ne sont pas de simples machines : la conscience aurait son influence sur le fonctionnement des rouages. Je n'insiste pas sur les arguments de Wasmann, qui critique vivement Loeb, sans bien connaître son œuvre, sans l'avoir compris. Si j'ai signalé Lukas et Wasmann, c'est pour mettre en garde contre les deux livres de psychologie animale écrits par ces auteurs, et non au courant d'ailleurs des récents progrès de cette science.
Bien entendu, je ne parlerai pas ici de la conscience des animaux. Je ne la nie pas, mais je ne peux rien savoir à son égard. Je parlerai de psychisme, ce mot désignant la complexité de phénomènes que je parviens à analyser plus ou moins. Si je conserve certains termes du langage psychologique, comme celui de « sensations », c'est pour désigner, non les faits de conscience inaccessibles pour moi, mais les processus nerveux auxquels ils sont superposés.
Je rappellerai, en terminant, que l'on doitàCla-
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parède, de Genève, une éloqucnle protestation contre la négation de la psychologie comparée : la Psychologie comparée est-elle légitime? L'autevr sépare bien, dès le début, le problème de la conscience des autres problèmes du psychisme, et critique l'exagération mécaniste. Il cherche à montrer que la suppression de la psychologie comparée conduirait à celle de la psychologie humaine, et rendrait impossible toute comparaison de l'activité humaine avec l'activité animale. Il insiste sur la question du langage : le nouveau langage proposé, si obscur, ne serait qu'un grossier trompel'œil, que la traduction en grec du langage psychologique; celui-ci : 1° n'offre aucun danger; 2° est souvent indispensable; 3° est commode, même li où l'on peut s'en passer.
Je ne suis pas tout à fait de l'avis de Claparède : les mots peuvent offrir un danger quand ils servent à masquer la complexité des phénomènes auxquels souyent, par défaut d'analyse, on applique la même étiquette quand en réalité ils sont de natures variées. Mais employons les mots les plus simples, en cherchant à toujours voir derrière eux des faits positifs, des choses... N'en créons pas de nouveaux, ce serait embrouiller inutilement le problème.
Nous allons nous engager dans l'étude des faits.