‹ La naissance de l'intelligenceChapitre 3 sur 56 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

r'étude analytique, et c'est mainlenant par eux, et non par l'homme, que l'on commence. Je consacrerai seulement quelques pages à l'histoire de la psychologie animale^. Tout ce passé métaphysique n'a plus guère d'intérêt ; et d'ailleurs nous ne le connaîtrons que trop quand nous aurons essayé d'étouffer toutes ses survivances. Cependant, j'examinerai longuement les idées de Lamarck, car cela n'est pas du passé : c'est du présent, c'est même presque de l'avenir ; on sera émerveillé en constatant une fois de plus que notre illustre évolutionniste avait eu toutes les intuitions.

Au milieu des ruines, le lecteur, je l'espère, verra déjà s'élever des constructions nouvelles. Quelques chapitres, ceux consacrés aux rythmes vitaux, à la sensibilité différentielle, figurent pour la première fois dans un livre de psychologie comparée. Pour ces phénomènes, comme pour le pouvoir associatif, — qui se manifeste dans l'acquisition de beaucoup d'habitudes et qui, en se perfectionnant, a conduit à l'intelligence, apanage des seuls animaux supérieurs, — j'ai pu donner déjà quelques lois. Leur application à des cas simples chassera, je veux le croire, du domaine des animaux inférieurs certains fantômes tels que la « volonté », dont continuent à user les derniers défenseurs de la métaphysique.

Après une étude analytique détaillée des activités

1. On la trouvera exposée dans le livre de P. Flourens : De l'Instinct et de l'Intelligence des animaux, dont la première édition date de 1841.

4 LA NAISSANCE DE l'iXTELLIGENCB

animales, j'essayerai de donner une vue d'ensemble sur l'évolution probable du psychisme; et alors du domaine des faits, je passerai dans celui des hypothèses. On ne doit pas condamner celles-ci quand elles cadrent avec les faits déjà existants et conduisent à découvrir des faits nouveaux. L'essentiel est de toujours séparer nettement ce qui est faits de ce qui est hypothèses. Au cours des divers chapitres de ce livre, je me suis etforcé de ne pas oublier un instant cette si juste déclaration du D"" Gustave Le Bon : « Ce qu'il y a de plus dangereux peut-être pour l'avancement de l'esprit humain, c'est de présenter aux lecteurs des incertitudes comme des vérités indiscutables. »

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