‹ La nappe et le torchon dramevaudeville en trois actesChapitre 3 sur 38 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

ANNA, entrant doucement, puù EDOUARD.

Ils s'en vont... Quel est donc ce monsieur qo’Edouard reconduit avec tant de politesse ? je suis sûre qu'il le reconduit exprès pour qu’il ne me voie pas. Toujours la même chose... Me cacher... o'est ennuyeux.

Édouard, retenant. Te voilà , bonne amie.

mita. Avec qui cansais-lu?

Édouard. Tu ne le connais pas, c’est un vieil ami de ma famille.

anna. Monsieur, est-ce que vos amis ne doivent pas être les miens?

Édouard. Si fait , si fuit, chère petite...

mais vous savez que je n'aime pas qu’on soit curieuse.

sans. Eli bien! dis-moi tout, et je ne le serai plus.

Édouard , à part. Elle n'a rien entendu.

anna. Tu sais bien que je crois tout ce que tu me dis.

Édouard. Et tu as raison, car je ne te trompe jamais.

Anna. Ah! je l'espère!., car si tu me trompais... mais, tiens, ne parlons pas de ça... seulement, je ne veux pas que ce soit à la campagne comme à Paris, tu t'en vas, tu me laisses seule, tu me renvoies s’il vient du monde. Je te dirai que tout cela ne me convient pas du tout.

Édouard. Anna, voilà de l'injustice, ne m’as-tu pas dit toi-mème, quand tu as voulu absolument m'accompagner dans ce voyage, que tu désirais ne pas le montrer?

que lu avais ici uu frère ?

anna. Je n’en étais pas sûre; mais ce malin j’ai envoyé Georges aux ^formations, il est Ici.

SDooAin. Ton frère ?..

anna. Oui, nous irons le voir, n'est oe pas? Tu ne seras pas fier pour lui ?

Édouard. Aller le voir... à quoi bon ?..

anna. Je l'aime tant! il a toujours été si bon pour moi ; oh je veux que tu l'aimes aussi, quoique vous soyez vicomte.

édouaid. Eh bienl voyons, mon Anna, ne parlons plus de cela... je ne cherche que les occasions de te faire plaisir... Ce matin, tu m’as reproché d’ilre sorti... c’est pour toi...

anna. Pour moi?

édouaid. Oui , j’ai voulu te faire une surprise... j'ai été à Bourges, inviter quelques amis d’enfauce à venir s'amuser ce soir au château... Ce soir tu donnes un bal.

anna. Un bal... cc soir... je vais danser, j'aurai une belle robe, on va m’appeler madame la vicomtesse, n'est-ce pas qu'oa m'appellera comme ça?

ÉDorARD. Sans doute... et moi-même, tu le vois, j’ai bien deviné ce qui pouvait l’être agréable; par exemple, j’ai uue petite recommandation à te faire.

ANNA. Qu’est-ce que cVst?

Édouard. Ecoule, Anna, je suis fier de toi, et ce soir, je te présente à tous mes autis ; je ne voudrais pas que la petite fille perçât Sous les habits de la grande dame.

Tu as quel urfois un air emprunté, un ton naïf, ^uiin’enchanlcntjtnoi.parceque je t’aime, et que je le Irouvetoiijoursbien : mais les autres... surtout les jeunes gens de province, pourraient prendre pour de la gaucheiie...

anna. Est-ce que par hasard vous rougiriez de moi ?

Édouard. Oh] peuz-tu le croire?

anna. Non!., sois tranquille, je ferai tout ce que je pourrai pour être bien gentille, bien jolie, bien aimable, et pour ressembler à une vicomtesse.

Air Le beau Lycos.

Ah! mon ami combien je t'atme !..

Un bal !.. quel plaisir! quel boobeort Je vais avec un soin e thème,

Me parer pour te faire honneur.

Oui , je vais mettre un’ parurecnmplMe, Du grand mono’ dea dam'a eu toilette.

Je aaurai prendre assurément ,

Lea bonn's manières et l'enjouement; Jcaerai même un peu coquette ,

Si tu te veux absolument :

Je tt. lierai d’étre coquette ,

Si lu le veux absolument.

Édouard, souriant. Non!., nonl.. pour cela, je t’en dispense. Allons, allez vous babiller, madame.

aura. J’y Vais, j’y rai»... Ah I quel bonheur 1 quel bonheur.

Elle iort.

Page 1