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voitures canadiennes débouchent de toutes parts, arrivent par tous les chemins, et viennent, en lignes serrées, se ranger devant le porche de l’église.
Dans ce pays, occupé depuis quaraate ans à peine, la viabilité est demeurée dans un état très primiuf. La plupart des chemins ne sont que des pistes encombrées d'ornières, et ne peuvent être suivis que par des véhicules d’une construction toute spéciale. Aussi, quels chefs-d'œuvre de légèreté sont les voitures canadiennes! Deux longues planches flexibles posées sur les essieux et supportant deux légères banquettes en composent la partie essentielle. Ce simple véhicule se ploie à toutes les apérités du sol. Avec cela on passe partout; au grand trot des vigoureux chevaux canadiens, au milieu des cahots et des heurts, on franchit les ornières, on monte les côtes et l’on descend les ravins.
Des chemins semblables joignent entre eux les principaux centres de la région du lac Saint-Jean, et font communiquer les villages des bords du lac avec la ville de Chicoutimi et le Saguenay. Bientôt une voie ferrée, aujourd'hui en construction, fera elleméme ce trajet, ouvrant de nouvelles facilités à la colonisation et reliant y ar une double issue la région du lac Saint-Jean aux régions du Sud : d’un côté, par la ligne ferrée de Québec qui existe déjà, de l’autre, par la voie fluviale de Chicoutimi et du Saguenay.
Le mouvement de colonisation qui, à l'extrême ouest de la province, s'’avance vers le Nord par la vallée de l'Ottawa et le lac Temiscamingue, est plus
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récent encore que celui du lac Saint-Jean, mais il n'est pas moins audacieux. En 1863, les rives du lac Temiscamingue, bien qu'avant été, elles aussi, reconnues dès le dix-septième siècle, étaient absolument désertes; seul un poste de la Compagnie de la baie d'Hudson s'y dressait solitaire, et les chanüers d'exploitation forestière n'atteignaient même pas l'extrémité méridionale du lac.
Aujourd'hui, une colonie florissante, due à l'initiaüve des Pères Oblats, occupe une portion de ses rives, et les bûcherons se sont eux-mêmes avancés bien au delà vers le Nord.
Les communications de la colonie du Temiscamingue avec la ligne ferrée du Pacifique canadien, qui passe à 150 kilomètres au sud, sont assurées par un service de petits bateaux à vapeur remontant le cours de l'Ottawa. Plusieurs rapides interrompent la navigation, et partagent la rivière comme en trois biefs successifs, sur lesquels trois embarcations différentes font le service. Les bagages et marchandises sont transportés de l’une à l’autre à l’aide d'un tramway, de construction très primitive, mais très économique, ce qui, dans un pays neuf, est une considéra-
tion qui doit l'emporter peut-être sur celle du luxe et du confortable.
Le trajet se fait en deux jours. Les voyageurs trouvent à mi-chemin une auberge suffisamment confortable pour la nuit, car les embarcations n'offrent aucun abri et consistent en de simples chalands
trainés par des remorqueurs. ji