IDÉE JUIVE ET EMPIRE
LA fourmilière n'est pourtant pas capable de marcher à la conquête du monde, en vertu du seul appétit. Il fallait lui donner d'autres étendards. La fourmi à deux pieds veut qu'on la flatte sur ses raisons d'agir, et qu'on les loi colore d'illusion. Sur les enseignes de l'invasion, les savants et les prêtres ont peint deux ou trois idées d'homme.
La seule race d'Europe, qui voulût être
une race, s'est trouvée dans un accord fatal avec la seule race qu'on forçât à toujours en être une, quoi qu'elle en eût. Les Israélites d'Allemagne ont donné à l'Empire une force sans [)areille, en le fournissant d'idées universelles. Service que l'ingrate fourmilière n'a d'ailleurs pas reconnu, mais qu'elle exploite. Entre autres harnois solides pour la vie, la fourmilière n'a pas d'égale en ingratitude.
Renan admirait déjà combien l'Allemagne était injuste pour ses Juifs. J'y vois un calcul de la race : pour que le.^ Juifs gardent toute leui' valeur de race, il est bon que la race allemande les tourmente, les excite par le dédain, les embrasse étroitement, sans leur permettre de se confondre en elle.
Un peu de haine aide au frottement.
En tout ce que fait l'Allemand, il y a toujours de la haine. (Partout où l'on ne traite pas d'égal à égal, la haine vit entre les hommes.) Au contact l'une de l'autre, les deux races ne perdront rien de leur virulence. Ainsi, les Israélites ont sanctifié dans la fourmilière l'orgueil d'être une race élue : ils lui ont transmis leur propre mission ; ils l'associent à leur Messie ; et ils attendent de l'Allemagne qu'elle les associe à sa puissance.
On ne peut le nier : l'idée socialiste est profondément juive. Elle l'est dans les princes du capital comme dans les
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docteurs de l'Église ouvrière. Elle mène à la théocratie de la science. Le nom et la forme des dieux importent moins que les fidèles et le Messie. Marx et la Science, ou Jéovah et Isaïe, le fond reste le môme. L'idée socialiste est juive; mais l'État socialiste est profondément allemand.
Marx est né d'un Allemand et d'une Juive. Lassalle, Engel, Leuthner, Bernstein, beaucoup d'autres pères do la nouvelle Église sont Israélites de naissance. A l'idée juive, l'Allemagne prête la forme rigoureuse de l'État. Elle la réalise dans la caserne, qui est l'image de la discipline absolue, presque toujours étrangère aux idées juives. La caserne figure l'ordre dans le siècle. Tordre immuable (jui manque souvent aux Israélites. En
retour, l'idée juive, naturellement universelle, et qui veut être directe à tous les hommes, purge la fourmilière, au moins en apparence, de ce qu'elle a d'étroit, d'animal et d'égoïste.
Voilà comment l'Allemagne socialiste fil croire au monde que les Allemands avaient cessé d'être uniquement allemands. Cette fiction a duré un demi siècle. C'est le prestige socialiste qui permet aux Allemands de se donner une mission. Les uns portant les autres, les Israélites d'Allemagne ont cédé aux Allemands leur titre à être le peuple de Dieu, dans l'espoir qu'ils sont élus ensemble à faire le règne de Dieu sur la terre. Mais comme la fourmilière est athée, et l'a été dès le principe; comme les Juifs le sont
devenus, laccord des Juifs et des Allemands a des effets plus terribles que ne le fût jamais la force d'Assur avec la théologie de Ninive.
Sans le moindre doute, l'Élat allemand est le Messie que l'Allemagne entend imposer au monde. Le dieu de cet évangile est la Science. La chimie, la mécanique et l'hygiène sont les trois faces de la nouvelle Trinilé. L'armée et les unions ouvrières sont l'assemblée des fidèles, en guerre et dans la paix.
La nouvelle Église a sa hiérarchie d'évêques, de prêtres, de diacres que les universités recrutent. Les grades désignent partout le degré, depuis l'étudiant jusqu'au recteur magnifique, et du simple soldai au maréchal de camp. L'armée des
professeurs et des docteurs n'est pas formée d'une autre manière que l'armée des ingénieurs ou l'armée des militaires. Elle n'est pas animée d'un esprit différent.
Toutes ces enceintes de l'État sont concentriques les unes aux autres. Ils y feront tout entrer, l'Asie après l'Europe, l'Afrique avec l'Asie, la mer avec la terre, et la'lune après l'océan.
Le maître d'école et le sergent, le contremaître et le bachelier en théologie sont la même fourmi, l'une enseignante, l'autre soldat, l'autre ouvrière. La différence des religions n'y change rien : c'est la fourmi qu'il faudrait changer. Caliioliques, socialistes ou réformés, toutes ces fourmis sont païennes semblablement.
Comme les soldats ont le même casque
et les mêmes armes, tous les prêtres, làbas, ont la même morale, dogme d'État.
Le catholique sert dans l'artillerie, et le réformé dans la ligne. Ingénieurs, prêtres, ofiBciers, ils dressent tous la foule à servir dans l'une des casernes sociales. Les prêtres se servent de ce qu'ils appellent Dieu, comme les chimistes de la chaleur ou de l'électricité.
Dieu est uniquement lu raison dernière de l'intérêt, la mystique du ventre, le père de la race enfin. Comment ne serait-il pas allemand, dans la fourmilière allemande?
Il est chargé de suppléer dans les fourmis à tout ce qui pourrait lenrraster de conscience, et premièrement à les en délivrer.
Le dieu allemand est un ressort de la machinr allemande, qui fail bien rire les
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chimistes : « Dieu est à l'usage privé de l'Empereur, » a dit le philosophe des engrais, Ostwald : c'est le seul mot spirituel de ce bouffon, si méchant.
Un Dieu qui débarrasse l'homme de tout scrupule, et qui rend la charité criminelle, il fallait la fourmilière pour produire un tel monstre : s'il en fut jamais un, c'est le dieu de la machine. Il ne faut rien de plus aux cellules de fer et de charbon.
Au total, les Juifs ne vivent que pour la justice. Le juste est leur mesure : le royaume de Dieu est le règne de la justice, selon eux. Parce qu'ils veulent le bonheur aussitôt et sur la terre, ils
cherchent la justice et y aspirent uniquement. Elle est l'ordre dernier et leur ordre. En ses deux testaments, toute la Bible en est pleine. Il faut bien avouer qu'avant de faire cet ordre, la justice est féconde en toute sorte de désordres et d'égarements. Le sens propre n'est jamais si sûr de soi que dans la passion du juste. Celui qui veut la justice, et qui croit la tenir, y sacrifie le monde entier : périsse l'univers, pourvu que le juste triomphe. 11 ne se dit pas que, sans l'univers, le juste n'a pas grande chance de triompher. Le Messie, qu'ils ont avec eux depuis les siècles des siècles, a longtemps rassuré les Israélites sur l'anarchie qu'ils portent.
Trois Juifs ensemble font souvent quatre j)artis : chacun en faisant un, et
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le quatrième formé de deux ensemble contre l'autre. Or, l'Allemagne est la machine à niveler tous les partis. Avec les Allemands, l'idée juive est sauvée du désordre ; et tel est l'État socialiste. Ils se sont donc persuadés qu'ils doivent concourir à faire le bien du monde. Il n'y aura de fourmilière accomplie que la leur. De la sorte, jamais guerre à leurs yeux ne fut plus juste ni plus légitime. Et pour la France, cette guerre est la guerre du droit à tel point, que le droit se confond absolument avec le devoir unique de la faire. L'extrême beauté de la France est que son droit ne réside pas dans son intérêt propre ; mais que son intérêt ne fait qu'un avec le droit et la liberté de tous le? humains.