MYSTÈRE DE LA RACE
N tout, l'Allemagne est une race.
En tout, rAllemagne pense, sent,
veut et agit comme une race.
Qu'il y ait ou non des races, au sens de l'histoire naturelle, il en est dans l'histoire, et l'histoire les connaît. La race n'est sans doute que l'idée qu'en ont les hommes, qui se vantent d'en être : une idée fondée sur les moeurs qu'elle crée. Mais enfin elle est ce qu'ils la font.
Une façon commune vlo sentirai dépenser unit tous les individus ensemble pour en faire un seul corps. L'éducation en fait une habitude, et la discipline une fatalité.
La race n'est pas la nation. Elle en est même le contraire. Car la nation est un esprit.
Elle est un espriL <juand on fait le total de ce qu'elle fut et peut être. Nous savons d'ailleurs qu'il n'est point d'esprit sans corps sur la terre : la chair et le sol portent l'àme : elle en dépend, comme la bonté du vin est soumise aux qualités de la côte, du climat et de la vigne. A diviser la matière et l'esprit, on ne distingue peul-ùtre (jue des dej^rés et des
élats. -Unis entre un état et l'autre, l'intervalle est immense : de la matière et de kl race à l'esprit de la nation, il y a tout l'abîme qui sépare la culture de la civilisation.
L'idée de race éclaire toute Tliisloire des Allemands. Elle est la racine et le support du polypier. Elle est le clos et le rucher de toutes les ruches. Elle est l'immuable tyran qui fait Tordre, qui règne en tout temps sur toutes les formes <le l'anarchie et maintient l'unité. Sous la rébellion et les servitudes allemandes, c'est toujours la race des Allemands.
Le monstre allemand n'est rien déplus, pour le malheur de l'Europe, que la race conslituée en Étal, au milieu d'États qui
sont des peuples déjà loin de la race : cl plus peuples ils sont, moins ils sentent la raoe et plus ils tendenl à relâcher les liens de l'État.
On s'étonne de la sui'pi'isc et de l'horreur que la révélation de rAllemagne donne au monde. Mais c'est faute d'une idée. Toute masse d'hommes (pii formerail un étal puis--ant par les moyens, formidable par la science cl par le nombre, .sans cesser d'être une rave, ferait courir au monde et à la société des nations le même danger que les .Mlcmands.
La race est la forme charnelle de la nation.
Elle est le corps qui ne peut se tremper d'espril ; mais au contraire elle corrompt