ETATS
vrais Aryens (Scandinaves ou Germains) et les Celto- Slaves (1) ».
Encore que les anthropologistes, les historiens, les philoloques, ne s’entendent pas bien sur cette question, elle n’en est pas moins extrêmement grave en droit international. La plupart des mouvements de peuples actuels se font en son nom. Ces peuples ne s’arrêtent pas à mesurer les indices céphaliques; ils affirment entendre « la voix du sang », comme d’autres la voix de la terre, et ils en déduisent un droit à se constituer selon cette loi. Mais la même « loi » s’interprète aussi bien pour eux que contre eux. Qui les partagera, et réglera leurs revendications ?
Que l’on parle de races, ou, comme le fait M. Fouillée, de types (2) simplement, il ne nous apparaît pas que la solution s’en trouve avancée. S'il y a un type français, un type anglais, un type allemand, et non plus des races françaises, anglaises, allemandes, qui nous les décrira avec assez de vérité pour que, dans les relations internationales et les aspirations nationales, nul ne s’y puisse tromper? Quel sera le point de vue juste et raisonnable ?
Les peuples, d’ailleurs, et les types nationaux, changent de siècle en siècle, sous des actions à peine discernables qui rendent impossible un jugement définiuif et tout essai de remaniement de la carte
(x) « La Psychologie des peuples et l’Anthropologie » (Revue des Deux Mondes, 15 mars 1895, p. 365).
(2) Loc. cit., p. 367.