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M. Novicow le pense fermement, car la nationalité seule fournit latmosphère convenable au développement des artistes, dans les salons de son élite. L’essentiel est qu’une assemblée se forme de gens très riches et « n’ayant aucune occupation matérielle ». Par elle, la Nation prend un cerveau. « Les hommes que la fortune rend indépendants sont le foyer qui entretient la vie intellectuelle de la Nation (1). » Ces riches désœuvrés ne font pas que ménager une clienitèle aux poètes, ils composent eux-mêmes « les cellules sensitives de l’organe intellectuel de la Nation (2). » La force qui les dégage de la masse, les affine, les « différencie » et leur donne cette qualité de points nerveux, c’est la richesse. Hors d’elle, tout est contrainte, soumission à l’État, aveuglement. Avec elle arrivent la liberté, la facilité, le luxe, le règne de l'esprit.
Cette société est donc le cerveau; sa boîte crânienne, s’il est permis de dire, sera le salon. L’auteur y attache un grand prix. « Le salon, dit:il, n’est, possible que dans la phase de la nationalité. C’en est le fruit le plus doux et le dernier (3)... » Son rôle est essentiel. Là s’épurent les plaisirs de l’esprit, surtout par le ministère de la femme; là se précisent les sentiments, la langue. Ses lumières rayonnent sur toute la Nation et lui tiennent lieu de phare. Il ne s’agira plus que d’ame-
(x) Novicow, Politique internationale, p. 28. (2) Id., ibid., p. 30.
(3) Id., ibid., p. 37.