LA RÉVOLUTION ET LA CONSÉCRATION DE L’INDIVIDUALISME NATIONAL
Dès la Déclaration des droits de l’homme, l’idée révolutionnaire de la Nation apparaît. Le mot y est prononcé, mais non défini. l’article 3 dit simplement : « Le principe de toute souveraineté réside dans la Nation ». En 1789, cette formule ne signifiait qu’un renversement de la théorie monarchiste, applicable à la nouvelle organisation interne. Du trône, le pouvoir suprême passait à la masse du peuple. Le corps de la Nation, non précisé, l’ensemble des sujets du roi de France, devient souverain, et la Nation ne s’entend ici que comme une collectivité, soumise hier à un chef qui était tout, aujourd’hui établie son propre chef.
Cette affirmation ne nous renseigne pas sur la Nation, mais lui donne une qualité royale. Elle suppose une formation politique préexistante tout à coup pénétrée d’une âme nouvelle. La Révolution ne crée pas la Nation, mais la fait personne juridique, et la plus haute.
Avant d’en tirer les conséquences de droit international, que d’ailleurs les assemblées révolutionnaires ont elles-mêmes indiquées, l’on peut dire de l’article 3