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la politique des nationalités l’en détourne, et si vivement qu'elle le conduit parfois à prononcer que la Nation est la seule personne du droit des gens (x).
Nous nous proposons simplement de dégager, par une manière de méditation progressive, l’idée de nation sous le regard du droit des gens. Dans le droit pur, l’on entend habituellement par nation l'ensemble des individus qui composent un État. D’une façon plus générale, et dans un sens nouveau, la Nation est considérée comme une réunion d'hommes, groupés par diverses affinités, naturelles, historiques, ou autres, et qui forme un être complet, distinct, en dehors de tout lien politique et de tout cadre juridique. C’est cette conceplion récente qui nous retiendra. Puisqu’elle prétend faire de la Nation une entité bien établie, une véritable personne, non morale, mais, si l’on peut dire, sociale et internationale par le seul fait de sa perfection, nous essaierons d’analyser les éléments que l’on nous propose pour la bien reconnaître.
Les défenseurs de cette théorie usent fréquemment du mot de « nationalité », et nous l’emploierons nous-même, car, si pauvre qu'il soit, il désigne
(1) Surtout Noicow, La Politique internationale, et Mana, Della Nazionalità come fondamento del diritto delle genti.
Te suffisamment tout le système. Le but de cette étude n’est que d'apporter un peu de précision sur l’idée qu’il signifie. — Dans le sens strictement juridique, la nationalité est la qualité pour un individu d’appartenir à tel État; cette qualité s’acquiert et se perd. Un homme est ainsi de nationalité française ou anglaise etc….; la nationalité est pour lui un titre, un droit, il la peut abandonner pour une autre. — Dans un sens nouveau, la nationalité s’entend du groupe lui-même, pris comme une collectivité naturelle, et par opposition à la conception d'État. C’est ainsi que l’on dit : la nation ou la nationalité polonaise, et la Pologne n’est plus un État. L’organisation étatique n’attache plus les internationalistes qui parlent ce langage; en découvrant cette entité indépendante de l’ordre juridique et plus forte que lui, ils se sont donc trouvés dans l'obligation de donner au droit des gens un nouveau fondement et de nouveaux principes. Nous examinerons cette base et ses éléments.
Le mot de nationalité couvre enfin la mystérieuse puissance qui assemble les hommes en nation, et prolonge cette union en dépit des bouleversements, des déchirements. Elle est cette chose sans quoi la Nation
ne serait pas. Elle fait la Nation et la maintüent.