‹ La Nation et le Droit des GensChapitre 8 sur 42 · OT · texte numérisé non relu

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plus d’ardeur peut-être qu'aucun autre, le professeur sicilien glorifie la Nation. Pour lui, la nationalité est une forme de la personnalité humaine (1), et il en veut l'entière et libre manifestation. D’une manière générale, l’État, pour ces auteurs, apparaît monstrueux. Ils songent à des tyrans, à des Louis XIV qui se flattent d’incarner l'État. Rien n’exprime mieux leurs griefs que ce passage de Mancini : « Cherchez dans l’État les principes du droit international, et vous serez conduits à respecter, non point l’homme et ses facultés, mais le Gouvernement dont il dépend, et, par conséquent, vous ne vous croirez pas juridiquement astreints à recueillir dans votre sein le sauvage qui, rejeté de toute société civile, se réfugie dans votre patrie. Cherchez dans l’État le principe de la loi internationale, et vous trouverez que le gouvernement est créé par la force brutale, et qu’il est défendu par elle, que la justice naît de la volonté des gouvernements internationaux, que les peuples ne sont pas susceptibles de droit, et que, semblables à des bestiaux, à des troupeaux et à des bêtes de somme, ils peuvent être partagés et séparés; que les nationalités hostiles peuvent être accouplées pour former une union odieuse.… » L'État qu’ils considèrent issu de la « force brutale », et qu’ils confondent, dans leur haine de toute suprématie, avec le Gouvernement, n’a aucun lien avec les intérêts et les sentiments de la nation qu’il dirige. C’est une

(1) Loc. cit., p. 106.

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