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personne humaine ou une réunion d'hommes, non un appareil du droit.
Il n’est donc pas seulement en question de composer l’État à l’intérieur selon la nationalité, mais de le faire disparaître lui-même comme représentation politique, et de mettre en sa place une véritable entité juridique : la Nation. « La Nation est un État constitué d’après la nature et non point d’une manière artificielle et violente (1). » De cette qualité, M. Carnazza- Amar: déduit que toute nation est, par elle-même, un État, mais que tout État n’est pas une nation. Il reproche, en effet, à l’État de pouvoir se passer des conditions d'existence ‘d’une nation, et surtout de la « conscience de la nationalité », de constituer ainsi une « violation permanente des droits de ceux qui le composent, un outrage flagrant au droit des nations, à la hberté et à l’indépendance ». Et c’est un véritable enfer dantesque qu’il peint : « Assemblage de peuples tourmentés et violemment enfermés dans un cercle de fer qui les maintient dans une position contre nature et pleine d’angoisses dans laquelle ils gémissent, fermentent et s’agitent continuellement. »
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À quoi peut-on reconnaître une nation ? Si le désir de ces théoriciens se réalisait et si, tout à coup, tombaient tous les gouvernements, ne laissant plus sur le
(1) Cannazza-Amari, Traité de Droit international, I, p. 222 et suiv.
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monde que des peuples livrés à eux-mêmes, quelle force tracerait les limites des nations et à la fois assemblerait les hommes qui doivent poursuivre en commun leur destinée ? C’est la nationalité qui engendre la personnalité, c’est elle qui fait la Nation. Mais quels sont ses éléments, ses caractères distinctifs et constitutifs ?
Tandis que Fiore (1) met l’unité morale à la base de la personnalité, Mancini trouve dans la nationalité le premier agent de cette unité. Et celui-ci, examinant le cas de son propre pays, en fait une analyse qu’il généralisera en loi universelle. Pour lui, les facteurs naturels — territoire, langue, race — et historiques — traditions, coutumes — ont, en soi, la vertu de former la Nation. Sous l'influence de ces facteurs, les populations peuvent rester inconscientes, et alors elles n’ont pas la personnalité; ou bien elles acquièrent cette conscience de leur nationalité, dans ce qui les diversifie et les unit, et elles peuvent se constituer au dedans ou se manifester au dehors.
A. Le Fatalisme de la Nature. — Le premier élément de la nationalité est l’élément géographique : le territoire.
Remontant au déluge, M. Carnazza-Amari cherche la trace lointaine des peuples sur le monde. Avec les philosophes et les historiens qu’il déclare « les plus compétents » — c’est Wiseman et Balbo — il finit par
(1) Nouveau Droit international public, X, p. 245.