Le droit à l'insurrection
Tout en admettant en principe le droit de la majorité, certains théoriciens et même une constitution du siècle dernier ont proclamé que, dans certains cas spéciaux, une fraction du peuple pouvait posséder le droit à l'insurrection.
Il nous semble qu'il y a là contradiction formelle. Du moment que l’on reconnaît à la majorité le droit de commander, il faut imposer à la minorité le devoir strict d'obéir et de se soumettre. La volonté de Ïa majorité doit faire loi pour tous les citoyens, les ordres de la puissance sociale qu’elle établit doivent être obéis par tous les associés. Cela nous paraît inéluctable, Les individus qui s’insurgeront contre cette volonté pourront et devront être remis à la raison au moyen de la force que la majorité possède par cela même qu'elle est telle.
Il est nécessaire de développer quelque peu cette proposition en passant en revue rapidement les diverses classes d'individus que l’on voit parfois s’insurger contre la loi établie par la majorité des citoyens.
Dans une première catégorie nous trouvons des gens forts
(1) Il faut malheureusement constater que, jusqu'ici, l’idée de la représentation proportionnelle des minorités paraît avoir fait peu de progrès au sein de nos démocraties. Il faut d’ailleurs ajouter que souvent la faute en est à ces minorités ; tout en demandant à être représentées dans les assemblées délibérantes, elles laissent entendre qu'elles y joueront un rôle d'opposition irréductible et systématique. D'autres fois — et il serait facile de citer des exemples — les minorités diverses se coalisent pour présenter aux électeurs des listes dites de représentation proportionnelle, où sont représentés tous les partis en effet... sauf celui qui compte le plus grand nombre d’adhérents.