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jours plus grandes d'individus. C’est l’agglomération dans les villes qui multiplie les relations et qui fait chacun moins indépendant. C’est enfin le progrès des moyens de communications, qui facilite les rapports entre les hommes, qui crée de nouveaux liens d’affaires et de relations entre les individus, entre les villes, entre les peuples quelle que soit la distance qui les sépare, en sorte que, sur toute la terre bientôt, plus aucun homme ne pourra dire ni penser qu’il n’y a rien de commun entre lui et tel autre homme qu'il n’a jamais vu et dont il ne connaît ni la langue ni la patrie.
De ce fait de la solidarité humaine voici la conséquence que nous tirerons et dont nous avons fait le second des principes qui doivent nous diriger dans cette étude. |
Il n’est pas permis, il ne peut pas être permis à l'individu de n'avoir souci que de son propre intérêt, comme s’il était seul ; #7 faut, au contraire, qu'il se plie aux exigences qui résultent à son encontre, de la loi de la solidarilé humaine. Corrélativement l'individu a le bRo1T de profiter de cette loi et de réclamer, en vue de son propre perfectionnement, le concours de ses semblables.
Cette loi inéluctable de la solidarité — à la fois terrible, puisqu’elie fait porter à tous la peine du mal qu’un seul à accompli, et bienfaisante, puisqu'elle fait profiter l’ensemble
- des efforts de chacun, — n’a pas été, nous le disions plus haut, comprise dès l’abord par les hommes.
Ils l’ont subie d’abord sans l’apercevoir. C’est elle qui fit les
premières sociétés humaines, les premières familles agglomérées, les premières tribus, c’est elle qui groupait les habitants d’une même contrée, les riverains d’un même cours d'eau, et créait entre ces êtres les premières ébauches de
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peuples. Parmi ces créatures presque inconscientes encore, | elle agissait mécaniquement pour ainsi dire, comme aujourd’hui encore elle gouverne certaines espèces d'animaux.
Quand l’homme prit conscience de ces liens qui l’unissent à ses semblables, ce fut pour les subir le plus souvent d’assez mauvaise grâce, comme une nécessité imposée par une puissance supérieure; et s'il ne pouvait s’y soustraire entièrement, il essaya de se mettre au-dessus de ses ordres et, en amassant des richesses ou en conquérant le pouvoir, de se rendre aussi indépendant que possible. Chacun s’efforça de tirer de la vie en société tous les avantages qu’elle pouvait lui fournir, mais fit en même temps tout ce qu’il put pour esquiver ses charges.
C’est ce qui, sur bien des points existe encore aujourd’hui. Mais l’homme a dû peu à peu reconnaître que cette loi de la solidarité gouverne sans qu’il puisse s’y soustraire la majeure partie des phénomènes dont la succession forme son existence. Aussi là où il ne peut échapper à son empire, il l’accepte; ici avec joie, là avec résignation, tentant souvent encore de se refuser quand cela lui est possible et quand il croit que son intérêt personnel et immédiat souffrirait de son obéissance volontaire.
Ce n’est que dans des cas beaucoup trop rares que l’on voit l'homme se soumettre volontairement et de bonne grâce à ce qu'exige de lui la loi de solidarité, dût-il lui en coûter un dommage ou une peine.
Mais si elle n’est pas encore sérieusement respectée par les hommes, du moins les faits se chargent de rappeler son. existence et ils la font parfois cruellement sentir à ceux qui tentent de s’en jouer.
Combien de fois dans la vie des peuples ne l’a-t-on point vu manifester ses effets . Quand par ses actes un homme apporte
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des entraves au développement, au progrès normal d’un ou plusieurs de ses semblables, il cause dans un groupe social plus ou moins considérable un trouble, un arrêt, un malaise plus où moins prononcé, et immanquablement, par un juste retour, ce trouble, ce malaise auront leur répercussion sur lui-même, sur son propre bien-être, sur son propre développement; selon la parole biblique, le mal qu'il aura fait, s’il risque de faire souffrir autrui retombera aussi sur lui-même et tel est le jeu des lois naturelles que, la plupart du temps c’est sur lui et sur sa postérité que les conséquences de ses actions pèseront le plus lourdement.
Les exemples ne nous manqueraient pas à l'appui de cette thèse; bornons-nous à rappeler combien de fois des citoyens honnêtes, mais indifférents ou insouciants, ont pâti de crises sociales qu'ils n'avaient point tenté de prévenir alors que leur intervention en temps opportun aurait suffi pour les détourner (1).
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LE MILIEU SOCIAL FAVORABLE CONSTITUÉ PAR LA COMBINAISON DES DEUX PRINCIPES DE LIBERTÉ ET DE SOLIDARITÉ