SUC
- en mil-
de cou-
en
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cursa-
lions
ronnes
Réserves
les
de cour.
Zivnostenskâ Ban-
ka
Banque de Crédit
Banque de Crédit
de Prague ....
Banq. industrielle
tchèque
Banque générale
des caisses d'é-
pargne tchèques
Banque tchèque .
Banque agraire
et industrielle
de Moravie .. .
Pozemkova Banka
Banque « Bohe-
Cap
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Nombre
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millions
Dividende
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mill. de
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Report
Banque pour l'in-
dustrie de la
bière
Banque de la Mo-
ravie et de la
Silésie
Banque agraire .
Banque de l'in-
dustrie et de
l'architecture ..
Total
La finance tchèque n'aurait probablement jamais pu vaincre la concurrence de la haute finance allemande, si elle n'avait pas trouvé le moyen de s'appuyer sur les vastes couches de la population tchèque. Des mesures heureuses ont permis de gagner la confiance du paysan et de l'ouvrier tchèque et ainsi de mobiliser la plus grande partie de la fortune nationale.
Ce sont d'abord les caisses de prêts simples ou système Raifeisen qui, s'adressant seulement à un cercle de clientèle très restreint, ont fait prendre l'habitude de la petite épargne. En 1910, il y avait 780 caisses tchèques de prêts qui opéraient avec un milliard de couronnes, et il y avait 1915 caisses système Raifensen, dont le capital atteignait 140 millions de couronnes.
A côté des caisses de prêts, fonctionnaient aussi des caisses d'épargne tchèques, dont on comptait, en 1912 :
en Bohême 177 en Moravie 53 en Silésie 3
total 173 (en 1915, le nombre était déjà de 176).
Leur capital s'élevait à 1.063.537.956 couronnes.
Tous ces petits établissements se servaient des grandes banques comme de leurs banquiers et, connaissant parfaitement le
besoin de chaque arrondissement et de chaque commune, ont aidé au développement agricole et industriel des pays tchécoslovaques. Les banques s'occupent activement du commerce; elles fondent de nouvelles entreprises commerciales et industrielles et nous voyons une banque comme la 2ivnostenskâ Banka de Prague construire des sucreries dans les Balkans et concentrer chez elle la vente de la production du sucre de 26 sucreries.
En tout, les banques tchèques opèrent annuellement avec cinq milliards de couronnes. Il n'est pas nécessaire de souligner l'importance de ce chiffre en vue d'une concurrence avec la finance allemande.
Telles sont, en résumé, les richesses des Pays Tchécoslovaques. On a pu remarquer qu'au cours de cet exposé, nous n'avons pas pris en considération le quatrième pays de l'État tchécoslovaque : la Slovaquie. Ce n'est pas par négligence que nous avons agi de telle sorte, c'est seulement parce que ce pays, qui couvre 54.000 kilomètres carrés, ne possèdent aucune statistique particulière, les Magyars ne permettant pas d'établir des statistiques officielles, ayant peur que le monde se rende compte de la richesse naturelle d'un pays qui subit la plus monstrueuse oppression que l'on puisse imaginer au vingtième siècle. Nous avons pu quand même réunir quelques chiffres qui, dans leur ensemble, donnent une image assez exacte de l'état économique de ce malheureux pays.
La densité relative de la population en Slovaquie est de 62,3 par kilomètre carré, mais dans le comté de Nitra, elle atteint 77,7 habitant par kilomètre carré. D'après les statistiques magyares, il y avait, en 1900, en Slovaquie, 69 % de Slovaques, 18,8 % de Magyars, et 9,7 % d'Allemands. Il est intéressant de constater que, d'après les mêmes statistiques, il y avait à Budapest 25.168 Slovaques!
Le sol fertile forme en Slovaquie 93,8 % :
Sol arable 40 %
Prairies 19,3 %
Forêts 34,5 %
Sol fertile 93,8 %
Il est intéressant de voir comment il est réparti :
Leur
Nombre exprimé
Couvrant lu
Les terres de :
nombre :
en % :
surface en ° g :
1 à 10 hectares.
plus de 500 —
69,3 % du sol arable est en possession des propriétaires de terres entre 1 à 100 hectares.
La valeur totale de la récolte dans les 1 1 comtés était en 1901 de 342.218.237 couronnes.
Le tableau suivant indique combien on a récolté de différentes céréales :
Quantité de quintaux Valeur en couronnes
Froment 1.771.125 34.813.108
Seigle 1 .435.056 27.693.793
Orge 3.094.710 58.292.584
Avoine 1.484.391 28.604.497
Quantité de quintaux Valeur en couronnes
Pommes de terre ... 13.888.986 35.652.288
Maïs t 695.296 8.916.743
Autres plantes » 130.245.224
Total 342.218.237
La Slovaquie est donc un pays agricole, mais malgré cela, les Slovaques sont la nation la plus industrielle de toute la Hongrie.
Agriculteurs chez les Slovaques: 65,7 %; dans le reste de la Hongrie: 67,4 %;
Industriels et commerçants chez les Slovaques, 22, 1 % ; dans le reste de la Hongrie, 20 %.
Le sous-sol de la Slovaquie est abondamment pourvu de minerai de toutes espèces. En 1905, on a extrait en Slovaquie 8.971.612 quintaux de minerai de fer, tandis que dans la même période on n'extrayait dans le reste de la Hongrie que 7.631.972 quintaux. Pendant les 60 dernières années la production du fer a augmenté en Slovaquie de quatorze fois. 50 % du minerai de fer
est exporté. à l'étranger, parce que l'état primitif de l'industrie métallurgique ne permet pas de le traiter dans le pays. Malgré cela on a en Slovaquie, même en 1905, 2.285.328 quintaux de fer d'une valeur de 18.721.249 couronnes. Le minerai de fer est extrait en 30 endroits et travaillé en 21 endroits.
Ce qui peut beaucoup faciliter le développement futur de la métallurgie est que la Slovaquie possède de riches gisements de charbon. La presque totalité du charbon hongrois se trouve en Slovaquie. Les mines se trouvaient en 1905 en 16 endroits où l'on a extrait 14.225.000 quintaux de lignite. Quoique les sociétés ne se servent pas des machines modernes, elles sont quand même toutes capables de payer de hauts dividendes.
Pour l'État tchécoslovaque, il est très important que la Slovaquie possède du sel, qui manque complètement aux trois autres pays tchèques. La production du sel est actuellement le monopole de l'État. Elle atteint 59.000 quintaux, d'une valeur de 1.150.000 couronnes.
La composition de la terre se prête très bien à la fabrication de la céramique; elle a donné, déjà, dans les temps reculés, naissance à cette industrie qui est devenue célèbre et dont les produits sont bien connus des collectionneurs. En 1900, on a compté en Slovaquie 1.326 personnes s'occupant de la poterie et 11 fabriques. Mais comme cette branche d'industrie est entièrement slovaque, le gouvernement hongrois a favorisé l'importation de la céramique étrangère, pour ruiner les artisans slovaques. Ainsi, en 1905, on a importé pour 5.575.000 couronnes de céramique.
Etroitement unie à la céramique est aussi la fabrication d'excellentes briques, dont le nombre de fabriques augmente tous les ans. A part cela, il y a encore trois fabriques de ciment.
La verrerie, qui a connu en Slovaquie une ère de grande prospérité, dépérit actuellement pour les mêmes raisons que la poterie: le gouvernement magyar ne veut pas que le peuple s'enrichisse. Malgré cela, il y a encore des verreries en 17 endroits.
Une autre industrie est répandue dans tous les comtés, c'est la fabrication du papier. Mais de véritables fabriques ne se trouvent que dans sept endroits.
Il est évident qu'un pays qui, comme la Slovaquie, a de si splendides forêts, ne peut manquer d'avoir une grande industrie du bois. Il y avait en 1900, 12 fabriques de meubles en bois et de nombreuses scieries.
La fabrication du cuir est aussi relativement très active. En 1900, on travaillait le cuir en 25 endroits. La fabrique de chaussures de Stavnica, où travaillait 75 ouvriers, est très connue.
Les moulins qui se trouvaient autrefois un peu partout, sont maintenant remplacés par des minoteries à vapeur. Il y en a en 16 endroits et elles occupent 1.021 ouvriers.
Il y a 9 sucreries, qui occupent 7.648 ouvriers et fabriquent 1.372.122 quintaux de sucre (dans toute la Hongrie on fabrique 2.604.577 quintaux en tout). Le sucre est exporté surtout dans les Indes Orientales pour 10 millions de couronnes et en Angleterre pour 4 millions de couronnes.
La distillerie est florissante et outre 1.469 personnes qui brûlent l'alcool pour le vendre, il y a encore 7 distilleries.
Des brasseries se trouvaient autrefois dans presque toutes les communes. Aujourd'hui, il y a 7 grandes brasseries.
La Slovaquie a même une industrie chimique, quoique assez primitive. Les entreprises de ce genre sont au nombre de 24. Les plus importantes sont les deux fabriques de dynamite et de cartouches de Pressbourg, où en 1900, travaillaient 778 ouvriers.
Les quelques chiffres que nous avons pu réunir sur les différentes branches d'industrie situées en Slovaquie se trouvent groupés dans le tableau ci-joint. Ces entreprises sont au nombre de 83 et disposent d'un capital de 129.929.000 couronnes. Entre 1905 et 1906 on a fondé d'autres entreprises de différents genres au nombre de 22, avec un capital de 19.210.000 couronnes.
.Nombre Capital en
Sociétés, Entreprises des Socié- milliers de Sociétés
ou Usines tés couronnes actives Bénéfices
Moulins 8 2.895 5 192.162
Sucreries 5 9.200 5 884.148
Brasseries, Distilleries,
Malteries
Scieries
Mines de houille . . .
Mines de fer
Carrières de pierre à bâtir Matériaux de maçonnerie.
Maçonneries
Tanneries, Mégisseries . .
Raffineries de pétrole . . .
Papeteries et fabriques de
celluloïd
Imprimeries
Nombre
rlrs Sociétés.
Capital en milliers èe couronnes .
Sociétés actives,
Bénéfice».
Sociétés, Entreprises ou Usines.
Report
Filatures
Industries chimiques . . ,
Usines électriques
Villes d'eaux
Usines à gaz
Verreries
Associations hôtelières .
Amidonneries
Fabriques de conserves.
Fabriques d'armements .
Totaux
L'effort économique de nos frères slovaques a rencontré les plus grands obstacles; l'émancipation financière de la Slovaquie a sans doute offert le plus de difficultés. Quoique le premier établissement de crédit ait été fondé par les Slovaques vdès 1845, il n'a pu se développer, car les six autres établissements qui ont été fondés en 1868 et 1885 ont mal réussi et la plupart sont tombés aux mains des Magyars. Cette circonstance a provoqué une aversion pour toute nouvelle fondation et dans la période suivante, entre 1886 et 1895, on ne peut noter que la fondation d'une banque et d'une société financière. Une nouvelle période commence à partir de 1896 et s'étend jusqu'à 1904. Pendant cette période, les Slovaques ont montré un assez vif esprit d'entreprise. Plusieurs banques ont été fondées et ont commencé à prospérer d'une façon tout à fait satisfaisante. A partir de là, les Slovaques font des efforts considérables pour se libérer de la domination de la finance germano-magyare. Cela leur réussit, grâce aussi à l'aide de la finance tchèque, qui a compris son devoir national et a prêté son appui à la naissante finance slovaque.
En 1910, année où s'arrêtent nos statistiques, il y avait en 54 endroits des établissements de crédit slovaque. 40 banques possédant 18 succursales fonctionnaient et leur capital était de 9.538.067 couronnes. Dans ces banques les dépôts ont atteint 48.270.453 couronnes. Les deux banques les plus importantes sont la Banque Tâtra, fondée en 1886, dont les dépôts sont de 10 millions de couronnes, et la Banque de Crédit de Ruzomberk, qui a un capital de 2 millions de couronnes et dont les dépôts s'élèvent à 5 millions.
Comme la Bohême, la Slovaquie également est riche en eaux minérales. Des villes d'eau comme Pestyœn (Pist'any) jouissaient déjà avant la guerre d'une renommée universelle et dans l'avenir, arrachées à la domination magyare comme Karlsbad, Franzensbad, Marienbad le seront à la domination allemande, toutes ces villes d'eaux pourront accueillir des centaines de mille malades des pays alliés et l'argent qu'on y dépensera ne servira plus à enrichir les peuples ennemis et oppresseurs.
Nous avons essayé de dépeindre dans les pages précédentes la situation économique actuelle de la Slovaquie. Le tableau est imparfait, mais deux conclusions s'en dégagent: 1° la Slovaquie est un pays riche; il a devant lui un grand avenir. Son sous-sol riche en tant de minerais et si divers qui n'ont pas encore été rationnellement exploités, transformera le pays en peu d'années en une des contrées les plus industrielles de l'Europe. Pour cela, il faut seulement que les capitaux nécessaires puissent pénétrer dans le pays; 2° Ce pays a été jusqu'à présent exploité sans vergogne par les Magyars et artificiellement tenu à un bas degré économique et intellectuel. Pour qu'il puisse se développer, il faut qu'il soit libéré de l'oppression infâme qui pèse sur lui. Le peuple est doué d'une rare capacité de travail et là où il a pu librement développer ses aptitudes, comme par exemple en Amérique, il a fait preuve, non seulement d'une grande modestie, mais aussi d'une grande intelligence et d'une droiture de caractère. Ces qualités lui assurent un bel avenir.
Quoique la Nation tchécoslovaque soit forte, et quoiqu'elle possède un pays très riche, elle est consciente du danger dont elle est menacée du fait du voisinage du peuple allemand. La lutte entre la nation tchécoslovaque et la nation allemande a existé et existera toujours. Si la nation tchécoslovaque ne veut pas succomber dans cette lutte, elle doit s'appuyer sur d'autres peuples qui ont les mêmes intérêts qu'elle. Parmi ces peuples, la première place revient au peuple polonais qui ne connaît actuellement aucun ennemi plus dangereux que les Allemands. Cent cinquante ans de démembrement de l'État polonais et d'exploitation de la nation polonaise par les trois gouvernements oppresseurs: le Prussien, le Tsariste et l'Autrichien, ont amené les pays polonais au bord de l'abîme. Si l'État polonais veut redevenir fort et uni, indépendant de toute influence germanique, il ne peut que s'appuyer sur l'État tchécoslovaque. L'unité d'intérêts est ainsi clairement démontrée. Il s'agit maintenant d'examiner
si les intérêts économiques de ces deux États permettent un rapprochement intime entre eux.
Quand la paix sera signée, et que l'État polonais commencera sa vie propre, il aura à lutter contre une misère sans bornes que la présence des Allemands lui a laissée comme souvenir. Ses provinces, jadis riches et prospères, sont aujourd'hui totalement ruinées par les invasions successives des armées ennemies et par l'exploitation honteuse des Germains qui ont là, comme en Belgique et en France, en Serbie, en Roumanie et en Russie, procédé de la même façon et ont détruit tout ce qu'ils pouvaient détruire pour se débarrasser des concurrents et rendre possible la domination allemande sur le monde entier. Le secours doit être porté aussi vite que possible; l'industrie et le commerce polonais doivent se rétablir dans le plus bref délai. A cet effet, il ne faut pas que les Polonais aient recours à l'industrie allemande pour ne pas faire le jeu des Allemands, mais l'industrie des Pays tchécoslovaques qui est si hautement développée, doit apporter l'aide nécessaire. Par ce procédé, non seulement la Pologne retrouvera vite ses forces anciennes sans que l'Allemagne en puisse profiter, mais l'industrie et le commerce tchécoslovaques» qui auront besoin eux aussi d'une aide efficace, la trouveront dans le marché polonais qui leur permettra d'écouler leurs produits et de se passer du marché allemand. Parmi les produits qui pourront servir d'échange entre les deux pays, notons surtout les produits suivants: tous les produits métallurgiques, surtout toutes sortes de machines, et particulièrement les machines agricoles; les produits textiles, le charbon, le sucre, la bière, le blé et les fruits. Par contre, la Pologne pourra nous procurer le pétrole, le bois et le cuir. De quoi la Pologne a surtout besoin, c'est d'une aide financière. Celle-là pourra lui être fournie partiellement par les banques tchécoslovaques. Déjà avant la guerre la finance tchécoslovaque était très intéressée en Pologne et en Galicie. Plusieurs banques tchèques avaient des succursales dans des villes polonaises, telles que Cracovie, Lvov, Jaroslav et Varsovie. Pour bien fonctionner, ces relations auront besoin de nombreuses voies de communication. A côté de celles qui existent déjà, on procédera à la construction d'une ligne qui ira de Varsovie à Bratislava (Presbourg) et de là à Trieste, laquelle ligne sera internationalisée et servira à relier la mer Baltique à la mer Adriatique. Elle sera complètement construite sur les territoires des trois États slaves et laissera ainsi de côté l'Allemagne. L'État tchécoslovaque et l'État polonais auront aussi la possibilité de se servir de nombreuses voies fluviales, car des canaux en partie déjà construits ou qui seront construits, leur permettront de se servir de moyens de communication très bon marché. Ainsi la
Vistule reliée avec l'Oder et celui-ci à la Morava permettront d'envoyer directement les marchandises de la mer Baltique à la. mer Noire via Danube.
Cette grande voie fluviale permettra au commerce polonais de participer à l'approvisionnement en produits industriels du marché balkanique et deviendra une énorme source de richesses pour le Pays.
L'État polonais qui est beaucoup plus grand et qui a beaucoup plus d'habitants que l'État tchécoslovaque, n'aura rien à craindre de l'aide que l'industrie et le commerce tchécoslovaques lui prêteront au début de son existence. L'industrie et le commerce tchécoslovaques ne sauraient devenir dangereux pour l'industrie et le commerce polonais et l'invasion économique de la Pologne par les produits tchèques n'est pas à craindre.
L'État tchécoslovaque est tout prêt à rendre ses relations avec l'État polonais aussi intimes que possible, et un grand nombre de spécialistes de la Bohême sont des partisans chaleureux de l'union douanière de l'État tchécoslovaque avec la Pologne.
Les Yougoslaves ont dès le début de la guerre lié le sort de leur nation au sort de la nôtre, continueront à être non seulement nos amis, mais aussi nos frères.
La Serbie dévastée, appauvrie, privée de milliers et de milliers de ses meilleurs fils tombés sur le champ de bataille en défendant leur patrie traîtreusement attaquée et trahie; les autres pays yougoslaves qui n'ont jamais été qu'exploités par tous les gouvernements austro-hongrois, auront sûrement besoin de l'aide que l'État tchécoslovaque pourra leur prêter. Comme à la Pologne, l'État tchécoslovaque est tout prêt à aider aussi la Yougoslavie dans la mesure du possible. Notre industrie textile, notre métallurgie, notre fabrication de machines agricoles, notre fabrication de papier et de sucre pourront approvisionner les Pays yougoslaves. De cette façon, l'Allemagne sera exclue du marché balkanique, la barrière économique se dressera devant elle, et les pays qu'elle voulait conquérir lui échapperont même au point de vue économique. Nos ingénieurs, nos géomètres, nos techniciens et notre jeunesse intellectuelle, trouveront un grand champ d'action dans les pays yougoslaves et collaboreront ainsi au relèvement de pays si injustement négligé par les Habsbourgs.
Les banques tchécoslovaques, qui, avant la guerre, avaient déjà si adroitement concurrencé la finance allemande dans les Balkans, pourront maintenant développer pleinement leur activité. Les Pays yougoslaves n'auront pas à s'en plaindre non plus que les Pays tchécoslovaques. C'est en effet grâce à l'activité de
nos banques, à leur patriotisme, que les Pays tchécoslovaques ont réussi à élever leur industrie et leur commerce au degré qu'ils avaient atteint avant la guerre.
Ni l'Italie, ni l'Entente, ni les Pays yougoslaves, ne souffriront de cette activité tchécoslovaque; les Allemands seuls en subiront les mauvaises conséquences.
En fait de communication avec les Pays yougoslaves, nous aurons la ligne internationale de Bratislava (Pressbourg) à Trieste et l'autre ligne internationale qu'est le Danube. Celui-ci, relié à la Vlatava et à l'Elbe à la Morava et à la Nitra, permettra d'envoyer directement des bateaux des quatre pays tchécoslovaques à Belgrade.
Il est tout naturel que ces trois États adopteront le même système monétaire qui sera probablement le système latin. Ils renforceront ainsi l'union monétaire latine.
Un des pays avec lesquels nous entrerons sûrement en des relations très étroites, c'est la Roumanie. Il n'est pas nécessaire de souligner l'importance de telles relations, les Pays tchécoslovaques auront, selon toute probabilité, une frontière commune avec la Roumanie, une ligne de chemin de fer directe sera construite de Jassy en Slovaquie et le Danube nous permettra d'écouler directement nos marchandises en Roumanie et dans les ports de la Mer Noire. Les richesses agricoles de la Roumanie, son pétrole, constitueront des marchandises d'échange pour nos produits textiles, métallurgiques, etc., etc.
L'État tchécoslovaque et la Roumanie signeront une série de contrats économiques par lesquels le commerce allemand et le commerce magyar, et par là toute influence des Allemands et des Magyars, seront bannis de la Roumanie.
Dans l'avenir économique de l'État tchécoslovaque, l'Italie jouera un grand rôle. Jusqu'à présent, elle avait tout à craindre de la concurrence autrichienne et de l'influence du capital austro-allemand. Après la guerre, elle aura affaire à des États slaves qui lui seront reconnaissants de l'intérêt qu'elle a pris à la cause de leur libération nationale, et de l'aide qu'elle leur a apportée dans cette tâche difficile.
Avant la guerre, les Pays tchécoslovaques expédiaient déjà pour plus d'un demi-milliard de couronnes, de marchandises en Italie. C'était surtout des produits textiles, métallurgiques, et de l'amidon. Les Empires centraux battus, l'État tchécoslovaque pourra non seulement continuer à fournir à l'Italie les produits qu'il lui fournissait déjà, mais il pourra augmenter cette quantité,
il pourra aussi vendre à l'Italie du charbon dont elle a tant besoin, et de cette façon, la rendre complètement indépendante du charbonnage et de la métallurgie allemands.
Telles sont à peu près les perspectives d'avenir économique de l'État tchécoslovaque et de l'Europe centrale libérée du joug germano-magyar. L'État tchécoslovaque est le centre de cette nouvelle constellation qui surgit à la place de l'Autriche-Hongrie. Entouré par des Allemands il est peut-être le plus intéressé de tous à élever une barrière solide contre l'Allemagne.
L'État tchécoslovaque est riche, il est fort, mais il serait trop faible pour résister s'il était isolé. Il peut jouer un grand rôle dans l'histoire future de l'Humanité, mais il ne peut le jouer qu'à la condition de pouvoir s'appuyer sur ses Alliés naturels; les Polonais, les Yougoslaves et les Roumains.
Vratislav Trcka.