‹ La Nation tchèque (volume 2)Chapitre 19 sur 47 · SI · texte numérisé non relu

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Le vendredi soir, 28 juin, avait été adressée à tous les consuls alliés, c'est-à-dire aux consuls de France, de Grande-Bretagne, d'Amérique, du Japon et de la Chine, une note leur faisant part, en la motivant brièvement, de l'action des troupes tchécoslovaques. Les corps de garde et les patrouilles alliés avaient, dans la nuit du vendredi au samedi, été renforcés en conséquence. Le samedi matin des marins britanniques et japonais avaient occupé l'intérieur de la ville à partir de l'état-major de la marine, principalement la gare, le bureau de poste et une partie de la Svietlanskaïa ulitsa. Quelques faibles détachements de marins japonais coopérèrent à l'occupation des hauteurs dominant la ville. Ils arrivèrent même en certains endroits plus tôt que nos troupes, et laissèrent une partie des leurs avec les nôtres. Lors du désarmement des marins à la caserne de la flotte de Sibérie, 4 torpilleurs russes prirent le large et prirent leurs dispositions pour tirer contre les nôtres, mais sur un avertissement du croiseur japonais Asachi, ils n'entreprirent aucune action. L'équipage des bâtiments russes envoya ensuite une députation au commandant de Y Asachi pour lui demander qu'il leur soit permis de regagner Vladivostok. Cette demande ayant été repoussée, les équipages remirent, le dimanche, leurs bâtiments et leurs armes aux Japonais. Le croiseur-amiral américain ne prit pas part à l'action contre les torpilleurs. Une partie du 8e régiment avait pris ses dispositions sur le rivage pour le cas où les torpilleurs auraient voulu aborder.

Lors de l'occupation de la ville, les membres du si-viet se trouvaient, les uns dans les locaux du soviet; les autres en divers endroits où ils furent arrêtés. Dans le cours de l'après-midi, le président Suchanov se rendit auprès du Dr Girsa, membre de la section du C. N. T. et lui demanda que notre ancien militaire fût arrêtée. Le Dr Girsa lui répondit que seul le commandement militaire avait le droit de prendre une décision. Plus tard, Suchanov et plusieurs membres du Soviet se mirent d'eux-mêmes sous la protection de nos troupes.

Lorsque la garde du Soviet eut été désarmée, les membres des partis politiques russes non bolcheviks, socialistes révolutionnaires et socialistes nationaux, se réunirent et déclarèrent

renversé le gouvernement du soviet de Vladivostok. Sous la direction de l'ancien maire Agarev, fut rétabli le pouvoir de l'ancienne administration municipale et locale et un gouvernement sibérien provisoire fut constitué. Aucune intervention des nôtres, n'eut lieu ni dans le domaine politique ni dans le domaine militaire. Le commandant des troupes tchécoslovaques se contenta d'ordonner qu'il fût laissé 200 fusils à la milice. Néanmoins dans, certains établissements publics de l'intérieur de la ville, le service d'ordre fut confié à des détachements tchécoslovaques. Dès qu'un nouveau gouvernement aura été établi, reconnu par les Alliés, et dès que l'ordre aura été assuré, les troupes tchécoslovaques seront cantonnées dans les casernes.

Nos pertes sont de deux morts et 25 blessés. On évalue les pertes des troupes du soviet de 60 à 80 morts. Plusieurs centaines, de personnes ont été arrêtées dont la plupart ont déjà subi un interrogatoire.

(La fin au prochain numéro.)

Les Tchécoslovaques sur la ligne de feu.

(Du correspondant de guerre du Petit Journal, accrédité aux armées.)

Front de l'Aisne, 30 octobre. — Les éléments de l'armée tchécoslovaque, faisant partie de l'armée Gourand, qui tiennent la tranchée, dans le secteur de Vouziers, ont célébré, ces derniers jours, de façon vraiment héroïque, la constitution de leur gouvernement.

Le colonel, qui commandait ces troupes, leur commenta la grande nouvelle en ces termes: « Le colonel compte que tous feront leur possible pour consacrer par une victoire la constitution du gouvernement. Haut, donc, les cœurs, et en avant! » Les unités en ligne depuis six jours, dans une région très malaisée, sous la pluie et dans l'eau des inondations de l'Aisne, accueillirent ces paroles avec un enthousiasme frémissant.

Officiers et soldats, dédaignant la fatigue et se riant de la Camarde, se disputèrent, sur-le-champ, l'honneur d'attaquer, afin que, dans les fastes de la guerre, une victoire marquât d'une pierre blanche cette date mémorable entre toutes.

Le secteur tchécoslovaque faisait face au village en nia d'aigle de Terron-sur-Aisne, bourré de mitrailleuses. Après une préparation d'artillerie de quinze minutes, le bataillon de première ligne, sous les ordres du commandant Husâk, attaqua le village à 15 heures, du sud au nord. Moins d'une heure après, le village était conquis, dans une lutte corps à corps, de maison à maison et de rue à rue, où les servants de mitrailleuses allemands se firent clouer bravement sur leurs pièces.

Officiers et soldats tchécoslovaques rivalisèrent de bravoure, les médecins allant sur la ligne de feu soigner les blessés. Les cadavres ennemis, d'ailleurs, qui jalonnent les positions, soulignent l'importance du combat.

A son tour, l'unité tchécoslovaque, qui, jusqu'alors, n'avait pu être engagée, a fait montre de sa vaillance, récemment au nord de Chestres. Avec un entrain endiablé, elle s'est emparée de l'importante position de la Croix de la Chapognière, malgré les difficultés d'un terrain coupé de bois, faisant, à elle seule, un assez grand nombre de prisonniers, dont un chef de bataillon, et capturant une quantité de mitrailleuses.

A l'heure où le gouvernement austro-hongrois déclare, dans sa demande de paix séparée, adressée au Président. Wilson, reconnaître les droits des Tchécoslovaques, il m'a paru intéressant de rappeler un des récents faits d'armes de ceux-là qui, parmi nos frères, ont droit à toutes les sympathies et qui versent, avec nous, leur sang pour la cause commune.

Lieutenant Fernand Marson.

ÉCHOS ET NOUVELLES

Un représentant diplomatique tchécoslovaque à Londres.

His Excellency, Doctor Benes,

18, rue Bonaparte, PARIS.

British Embassy, Paris.

October 26th., 1918.

Monsieur le Ministre,

I duly forwarded to His Majesty's Government the Note which you were so good as to bring to His Majesty's Embassy on the 15th. instant requesting them to accept the appointment of Doctor Stephen Osusky as Czeco-Slovak Diplomatie Représentative in London.

I hâve the honour, by direction of His Majesty's Secretary of State for Foreign Affairs to inform Your Exccellency that the appointment of Doctor Osusky is entirely aggreeable to His Majesty's Government.

I hâve the honour to be whith the highest considération, Monsieur le Ministre, Your Excellency's most obedient, humble Servant,

Derby.

Traduction:

Ambassade britannique à Paris.

26 octobre 1918.

Monsieur le Ministre,

J'ai fait parvenir au Gouvernement de Sa Majesté la note que vous avez eu la bonté d'adresser le 15 courant à l'Ambassade de Sa Majesté, note demandant au Gouvernement que le Docteur Stephen Osusky soit agréé comme représentant diplomatique tchécoslovaque à Londres.

J'ai l'Honneur, sur l'ordre du Secrétaire d'État de Sa Majesté pour les Affaires étrangères, d'informer Votre Excellence que la

nomination du Docteur Osusky trouve le plein agrément du Gouvernement de Sa Majesté.

J'ai l'Honneur d'être avec la plus haute considération, Monsieur le Ministre, le très dévoué et très humble serviteur de Votre Excellence,

Derby.

M. Borsky* chargé d'affaires des Pays tchécoslovaques à Rome.

Rome, le 24 ocotbre 1918.

Monsieur le Dr Edvard Benes,

ministre des Affaires étrangères du Gouvernement provisoire tchécoslovaque,

Paris.

Monsieur le Minisire,

En me référant à ma lettre du 14 courant en réponse à la Note que Vous avez bien voulu m' adresser le 14 de ce mois, j'ai V honneur de porter à Votre connaissance que le Gouvernement du Roi donne volontiers son agrément à la nomination de M. le DT Léon Borsky comme Chargé d'affaires du Gouvernement provisoire tchécoslovaque à Rome.

Après ce que j'ai eu l'honneur de Vous faire connaître sur les sentiments de l'Italie envers la Nation tchécoslovaque, je tiens à Vous assurer que M. Borsky sera le bienvenu parmi nous et qu'il sera suivi, dans l'accomplissement de sa mission, par la vive sympathie de la Nation italienne.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, les assurances de ma haute considération.

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