‹ La Nation tchèque (volume 2)Chapitre 25 sur 47 · PRUSSE · texte numérisé non relu

PRUSSE

^^ ^autze^^Q<*\VYy » 1

^'^\mf%Sif*mm^^ NMèlnik 1 / 1

i — *"Carl&bad

r/V WPjgAOUE \ —

^T) Mi£ E M sg

\Ném.Brlrf

oKlatovy Vj -...■ **--)

Aussitôt que la révolution a éclaté en Allemagne, les Serbes des Lusaces ont réclamé leurs droits. Le 9 novembre, Guillaume II était forcé d'abandonner le pouvoir; le 10 novembre, le roi de Saxe abdiquait. Dès le 13 novembre, le Conseil national dés Serbes de Lusace, présidé par M. Ernest Bart, député serbe à la Diète de Saxe, s'est constitué à Budyëin (Bautzen) et a organisé immédiatement l'action dans les Lusaces. Sa proclamation, publiée dans les Serbske Nowiny (Gazette serbe) du 16 novembre, est à jamais mémorable : « Lusaciens, levez-vous, l'aurore rougit le ciel!... Les frontières qui nous séparaient auparavant n'existent plus... Nous formons tous un seul corps, catholiques et protestants, Serbes de la Haute-Lusace et ceux de la Basse-Lusace. Apportez en masse votre adhésion au Conseil National. Hommes et femmes-, nous devons tous nous unir fermement pour former un bloc solide. »

C'était le premier moment important du mouvement lusacien : la reconnaissance de la nécessité d'une union de tous les Serbes lusaciens. Cette union a été accomplie jusqu'aux dernières conséquences par une organisation politique non-seulement des hommes, mais aussi des femmes.

Cette œuvre d'organisation et de renaissance a été inaugurée dès le 17 novembre par une réunion populaire tenue à Bukecy, à la frontière sud-est du territoire serbô-lusacien. C'était l'assemblée des paysans protestants où le député Bart, lui-même, paysan intelligent, a expliqué, dans un discours ardent, la signification du coup d'État et de l'époque naissante qui, en acceptant les principes de Wilson, promet à tous les peuples, petits et grands, le droit de disposer d'eux-mêmes. L'assemblée a décidé d'entreprendre une campagne pour l'union de tous les Serbes de Lusace et pour leur libération. Trois points principaux y ont été votés : que les Serbes lusaciens ne renonceront pas à leur nationalité; que pour la conserver, ils s'uniront avec celui qui leur garantirait dans leur pays un développement tranquille, et que l'Union serbe (Serbski zwjazk) doit être fondée dans le but de réunir tout le peuple et une organisation solide.

Quelques jours après, le 20 novembre, l'Union serbe était, en effet, fondée à l'occasion de la grande assemblée populaire à

Khréséicy où, en même temps, était votée une résolution par laquelle, pour la première fois, les Serbes réclamaient pour eux le droit à disposer d'eux-mêmes. Cette résolution importante s'exprime ainsi : « Nous autres, Serbes de Lusace, réunis le 20 novembre à Khréséicy, nous basant sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, reconnu par le monde tout entier, réclamons pour nous le droit d'être maîtres de nous-mêmes dans le territoire de la Haute et de la Basse-Lusace réunies, de notre avenir et de nous y administrer indépendamment. Nous acclamons l'idée de fonder l'Union des Serbes des deux Lusaces qui devrait appuyer le Conseil National serbe pour qu'il puisse assurer à notre Lusace, une et indivisible, une libre évolution. A cette fin, nous réclamons que le représentant des Serbes de Lusace soit admis à la Conférence de la Paix. »

Cette résolution a été approuvée à de nombreuses réunions qui ont été organisées, d'abord dans la Lusace saxonne et, plus tard, aussi dans la Lusace prussienne. Ainsi le mouvement s'est rapidement propagé partout où les Serbes habitent. Par cette résolution, les Serbes des Lusaces proclament que leur question est une question d'ordre international et ils refusent de la traiter uniquement avec les Allemands; ils se séparent de facto de l'union germanique; ils réclament l'indépendance et se réservent le droit de décider de la forme de cette indépendance.

Jusqu'à la fin de 1918, 22 grandes assemblées (sans compter de petites réunions locales) ont eu lieu dans les deux Lusaces où l'organisation de l'Union serbe a été accomplie. Cette institution politique est formée d'après les paroisses; chaque paroisse envoie un délégué au Conseil National, chaque village a son mandataire. Les délégués et les mandataires des villages forment un comité local de l'Union serbe, dont le but est d'organiser le réveil politique du peuple et de propager, dans la paroisse, l'idée de l'union et de l'indépendance nationales. Cette idée a été. partout accueillie avec un grand enthousiasme, de sorte que dans la plupart des communes tous le?s hommes et toutes les femmes sont devenus membres de l'Union serbe. D'après les premiers résultats, nous pouvons affirmer aujourd'hui que le peuple tout entier est solidement organisé.

Le jour de Noël, les étudiants lusaciens ont donné leur adhésion au mouvement national. A leur assemblée du 22 décembre, tenue à Budysïn, ils ont voté une résolution énergique où « ils se plaignent devant le monde civilisé tout entier de ce que les Allemands qui prétendent être le premier peuple civilisé du monde, n'aient jamais permis au peuple serbe de Lusace de se nourrir à la source de la civilisation dans sa langue maternelle; que, durant toute l'époque de leur domination sur les Serbes, ils n'aient pas accordé une seule école secondaire aux Serbes ni même une seule école primaire ; que la jeunesse serbe ait été obligée de faire ses études dans les écoles secondaires et dans les écoles supérieures allemandes imprégnées d'un esprit nationaliste hostile aux Slaves et surtout aux Serbes de Lusace, et que, par cette politique scolaire sans merci, les Allemands aient germanisé des générations serbes tout entières. »

Après ces plaintes amères, mais hautement fondées, la résolution continue comme suit :

« Toute oppression de n'importe quel genre doit être abolie... Les Serbes de Lusace habitent un pays à eux qui leur a été légué en héritage par leurs aïeux et où les Allemands ne se sont infiltrés que plus tard pow y établir leur domination. Les Serbes lusaciens veulent être maintenant les maîtres dans leur pays hisacien, où trop longtemps ils ont vécu en esclavage. Le temps de leurs humbles et vaines supplications est passé. Le moment est venu où chaque peuple peut revendiquer ses droits... Nous réclamons énergiquement notre complète indépendance intellectuelle et économique. Aucune autonomie accordée par l'État allemand, même dans sa forme républicaine, ne saurait nous satisfaire. Après toutes nos expériences, nous ne pouvons avoir confiance dans les promesses que les Allemands nous feront de nous accorder une telle autonomie. Nous réclamons la création d'une Lusace indépendante non soumise à l'Allemagne, formée au moins du territoire où d'après nos statistiques, nous avons été en majorité de 1880 à 1884. Nous réclamons en même temps le droit de rectifier ces frontières d'après les besoins de l'État lusacien. La Lusace

serbe décidera elle-même de la forme de son gouvernement et de ses relations avec d'autres États. Nous attendons avec la plus grande confiance que la Conférence de la Paix donnera satisfaction à nos revendicaitons, et — comme nous espérons fermement — elle admettra aussi un représentant des Serbes de Lusace pour présenter les désirs de notre peuple. »

Ayant trouvé un appui si solide et un consentement si profond dans tout le peuple, le Conseil National de Budysfn a publié les premiers jours du mois de janvier, la proclamation suivante:

Se basant sur les principes du président Wilson, le Conseil National réclame l'État indépendant des Serbes des Lusaces, parce que les Serbes des Lusaces sont un peuple slave à part qui, comme tous les autres peuples libres, a le droit de créer son avenir et de prendre soin de sa conservation et de son développement. Il appartient à la Conférence de la Paix d'en décider et les Serbes de Lusace lui confient leur cause.

Pour le Conseil National des Serbes de Lusace,

Le président : Le vice-président :

Ernest Bart; Georges Ducman;

Le tnésorier : Le secrétaire :

Bozidar Dobrucki; Jean Bryl.

Ainsi, la question lusacienne a été clairement et résolument posée. Les Serbes de Lusace ne veulent plus faire partie de l'Allemagne ; ils revendiquent leur indépendance. Ils réclament le droit de décider, d'après leurs propres besoins, de leurs relations avec d'autres États. Dans ce cas, la situation est claire. Les Serbçs de Lusace sont le peuple slave le plus rapproché des Tchèques; ils voisinent avec eux, ils faisaient, jadis, partie de leur État tant que celui-ci était indépendant, il est donc évident qu'ils chercheront à y être rattachés de nouveau dès le moment où la République tehécoslovaque aura été constituée.

Les Allemands ne doutent pas de la possibilité de cette solution, et le peuple serbe des deux Lusaces lui-même se rend bien compte que, vu le chiffre minime de sa population, il ne lui reste

qu'à chercher la protection d'un peuple plus fort. Il ne peut s'agir ici du peuple qui l'a jusqu'ici opprimé et qui, par tous les moyens, a attenté à ses jours, des Allemands; mais qu'il s'agit du peuple avec lequel les Serbes des Lusaces sont unis par la langue, par le passé historique et par une civilisation commune.

Les Serbske Nowiny (La Gazette serbe) du 23 novembre ont analysé l'opinion des journaux allemands au sujet de l'union des Lusaces avec la République tchécoslovaque. Le journal serbe concluait en ces termes: « S'il était vrai comme disent les journaux allemands, que les Lusaces ou au moins les Serbes des deux Lusaces fussent réunis à la République tchécoslovaque, nous échapperions immédiatement à toutes les craintes quant à notre vie et à nos biens, à nos institutions ecclésiastiques et scolaires'. Dieu sait ce qui doit arriver! »

La question lusacienne est posée.

Le peuple lusacien a résolument réclamé son indépendance. Il l'a fait par un plébiscite, parce qu'il ne s'agit pas d'autre chose que d'un plébiscite dans l'organisation consciente de tous les hommes et de toutes les femmes serbes qui, par leur adhésion à l'Union nationale, participent à l'action entreprise pour la libération de la domination germanique. La résolution revendiquant l'indépendance de la Lusace unie est signée et acclamée dans toutes les communes. Les élections des délégués au Conseil national se poursuivent rapidement et seront un fait accompli avant les élections à l'Assemblée nationale allemande. Ainsi les Serbes des deux Lusaces mettent en pratique leur séparation de l'Allemagne et le Conseil national serbe pourra se transformer immédiatement en une Diète qui se chargera de l'administration du pays aussitôt que son indépendance aura été décrétée par la Conférence de la paix.

Aux mains de la Conférence, les Serbes des deux Lusaces confient leur avenir. C'est à elle de décider si ce petit peuple slave doit être arraché à ses souffrances millénaires par la reconnaissance de son indépendance ou condamné à une mort certaine et sacrifié l'Allemagne.

Paris, le 22 janvier.

Adolphe Ôerny.

La Révolution dans les Pays Tchécoslovaques*

La fin de la monarchie des Habsbourgs a été, comme toute son existence, misérable et déshonorante. L'écroulement de cet État, jadis si puissant, a paru soudain et inattendu. Il a provoqué la même surprise que la chute d'un arbre dont on ignorait la pourriture intérieure.

Un mois avant son écroulement, les hommes politiques tchécoslovaques se rendaient fort bien compte que la fin de la monarchie approchait. A ce moment, une grande armée pourvue de tout se tenait à la frontière italienne. Un système de persécutions politiques régnait dans les pays slaves. La censure « blanchissait » les journaux tchèques avec une sévérité inouïe; les réunions politiques étaient interdites, les séances des partis politiques étaient suspendues. Au parlement de Vienne, les orateurs allemands continuaient à prononcer des discours pleins d'un patriotisme faux et exagéré. Tout était calculé pour donner une illusion d'énergie et de vitalité, alors que tout le monde savait parfaitement bien que la bête se mourait.

Mais tout d'un coup Vienne essaya d'entamer des pourparlers avec les Tchèques, leur faisant des promesses dont l'histoire nous a appris à estimer la valeur. Tout fut vain. Finalement l'état-major s'adressa directement aux hommes politiques tchèques, les priant de se rendre sur le front pour empêcher, par leur autorité, la décomposition ds l'armée, au moins jusqu'au moment où le matériel serait sauvé. L'état-major attirait l'attention sur la valeur défensive du matériel entassé derrière le front, rappelant aux Tchèques que c'était en partie aussi leur propriété à eux, et qu'il était, par conséquent dans leur propre intérêt de le sauver. On savait bien que nos soldats, tout en refusant obéissance à leurs commandants, suivraient les ordres et les conseils de leurs chefs politiques qui, au moment suprême du désespoir, semblèrent à l'état-major être la seule force capable d'empêcher la décomposition du front.

Les Tchèques pourtant restèrent muets à ces supplications, et au premier choc, la débâcle était chose accomplie sur le front. Il serait difficile de trouver dans l'histoire une fuite comparable à celle de l'armée austro-hongroise. Sans organisation aucune, les soldats s'enfuyaient pêle-mêle, volant et pillant tout ce qui leur tombait sous la main. Seuls les soldats tchécoslovaques se retiraient en bon ordre et armés. De leur propre initiative, ils cherchaient à empêcher les Allemands et les Magyars d'accomplir leurs agissements criminels.

En même temps, un coup d'État se produisait à Prague. Dix mille Allemands et Magyars y tenaient garnison, chargés, s'il y avait lieu, d'étouffer la révolte par tous les moyens. Le Conseil national tchèque n'avait à sa disposition que des sokols et quelques réformés. Pourtant l'intervention énergique et habile de M. Rasîn, membre du Conseil National, et de plusieurs de ses collègues suffit à faire capituler les bureaux militaires et civils. La révolution s'accomplit sans difficultés et sans effusion de sang. Pas un seul coup de fusil ne fut tiré, il n'y eut pas de blessés. Les maisons des Allemands qui pendant la guerre n'avaient pas manqué une seule occasion de provoquer les Tchèques, restèrent même intactes. Aucun cas de pillage ne fut constaté. Les Allemands, qui s'attendaient à des actes de violence très faciles à comprendre au moment d'un bouleversement complet de tous les pouvoirs, étaient surpris de voir l'ordre avec lequel les autorités et le public tchèques avaient procédé. La révolution s'opéra de la même manière dans les villes tchèques de province.

Dans les villes où les Allemands sont en majorité, les événements se sont déroulés tout autrement. A ûsti (Aussig), à Most(Briix), à Teplice (Teplitz), à Vimperk et ailleurs, les soldats et la populace ont profité de l'effervescence générale pour fomenter des émeutes et pour piller et saccager les magasins. Les préfectures et les administrations de ces villes télégraphièrent à la hâte au Conseil national tchèque, lui demandant de prendre au plus vite ces villes sous sa protection et en son pouvoir, et d'y rétablir l'ordre et la sécurité à l'aide des soldats tchèques qui, de leur propre initiative, ont rétabli l'ordre dans d'autres villes allemandes (Ceskâ Lîpa, Rumburk) où ils tenaient garnison. Les demandes de villes soumises à une administration allemande

affluaient de toutes parts. Si à ce moment le Conseil national avait disposé de troupes suffisantes, l'occupation du territoire peuplé de minorités tchèques se serait accomplie sans aucune protestation et sans difficultés.

Malheureusement, il n'y avait pas de soldats et pas d'armes. A ce moment, les régiments tchèques étaient encore en Hongrie et dans les pays de l'Autriche allemande. On a, d'ailleurs, commis l'imprudence de laisser partir, sans les désarmer, les soldats hongrois et allemands qui tenaient garnison en Bohême et en Moravie. On se fiait à la promesse des autorités magyares et allemandes que les régiments tchèques seraient renvoyés dans les mêmes conditions. Mais en Hongrie les soldats tchèques furent désarmés et dépouillés de tout ce qu'ils possédaient. Ils furent mêmes tyrannisés et tués, s'ils essayaient de résister. Le même sort attendait ceux qui revenaient des Alpes. En traversant le territoire de la Basse ou de la Haute-Autriche, leurs trains furent dételés, les voitures séparées l'une de l'autre et ensuite attaquées et pillées sous la menace des canons et des mitrailleuses. Seuls, quelques détachements réussirent à sauver leurs armes et leur équipement.

Profitant du retard des Tchèques causé par la difficulté des transports et de l'armement, les Allemands d'Autriche envoyèrent dans la Bohème du Nord, par la Bavière, de grandes quantités d'armes provenant de leurs fabriques de Styrie et d'Autriche. Les agitateurs allemands organisèrent immédiatement des milices qui devaient s'opposer à l'occupation tchèque. Bientôt un changement complet se produisit. On commença à recruter des volontaires en leur offrant une solde assez élevée; on distribuait des armes même à la population civile. Les bureaux organisés avec le concours du Conseil national tchèque de Prague furent bientôt transformés en états-majors de la résistance allemande. On alla même plus loin : on voulut faire envahir les régions tchèques voisines par ces troupes sans discipline qui excellaient surtout dans le pillage.

Donnant suite aux appels des minorités tchèques menacées aussi bien que des Allemands modérés, le gouvernement tchèque de Prague envoya à la hâte quelques unités organisées pour rétablir l'ordre, ce qui fut fait promptement et sans grandes

difficultés. Les plaintes allemandes contre la sévérité de l'occupation tchèque sont mal fondées. La meilleure preuve, c'est que pendant toute cette action, pas une seule goutte de sang ne fut versée, sauf dans le cas d'un employé des chemins de fer qui a tué un soldat tchèque, et dans une ville de la Moravie du Sud où une patrouille tchèque a été, par mégarde, fusillée par ses camarades. Les volontaires allemands se sont partout retirés avant l'arrivée des détachements tchèques, et les villes qui réclamaient la protection ont été occupées sans retard. Le gouvernement tchèque a évité de prendre aucune mesure qui pourrait être considérée comme un acte de violence et qui pourrait ainsi porter préjudice à la solution de la question des Allemands de Bohême.

En Moravie le même système qu'en Bohême fut employé. En Silésie, l'occupation violente à laquelle les régiments polonais, indisciplinés et irréguliers, se sont livrés dans la région de Têsîn (Teschen), a eu des conséquences assez graves pour les pays tchécoslovaques. L'occupation par les Polonais des mines de charbon de ce district a occasionné une grave crise de charbon qui a sensiblement gêné l'industrie et l'exploitation des chemins de fer et dont Vienne et la Hongrie même ont eu beaucoup à souffrir. Le charbon a manqué partout et manque encore parce que le bassin minier de Te§în (Teschen) contient les mines de charbon les plus riches des pays tchécoslovaques.

Les Polonais ont aussi occupé la principale et l'unique bonne voie ferrée qui relie la Slovaquie à la Moravie, et qui passe par Bohumîn. Ainsi, faute de communications, la situation en Slovaquie s'est beaucoup aggravée. L'occupation de notre territoire par les Polonais a eu encore une autre grave conséquence : îe bolchévisme a commencé à pénétrer dans nos pays. Il menaçait de troubler leur organisation.

Le gouvernement tchèque a évité d'employer des moyens violents même dans ce dernier cas. Il a préféré chercher plutôt à surmonter les difficultés et à attendre la décision définitive du Congrès de la Paix. A l'arrivée de la mission militaire de l'Entente, les autorités tchécoslovaques ont agi strictement selon ses intentions et avec sa collaboration directe. Ainsi l'occupation définitive des parties des pays tchèques où les Tchèques sont en

minorité et celle de la Slovaquie ont été accomplies par le gouvernement tchécoslovaque au nom de l'Entente et avec son aide.

(c Nous sommes des alliés de grands États, et c'est à leur sagesse de faire une paix durable. Nous ne voulons et ne devons pas non plus agir contre leurs intentions et faire quoi que ce soit qui puisse compliquer la situation de la paix, déjà assez difficile. Ce ne sont pas les méthodes de violence du temps jadis qui pourront assurer notre droit, c'est plutôt le nouvel ordre international qui nous est indispensable. » Tels étaient les arguments qui guidaient les hommes politiques tchèques dans les moments critiques de la révolution où la population, souffrant des désordres des régions frontières, a maintes fois réclamé une sévère intervention militaire.

Les événements se sont développés en Slovaquie d'une manière analogue quoiqu'ils eussent pris un autre caractère. Après la débâcle de l'armée austro-hongroise sur le front italien, les fonctionnaires magyares ont quitté précipitamment la Slovaquie de peu d'être victimes de la vengeance très compréhensible de la population slovaque tyrannisée. Les villes sont restées sans administration. Çà et là les habitants ont réglé leurs comptes avec quelques commerçants juifs qui les avaient provoqués par leur attitude magyarophile et par l'exploitation impudente de leur clientèle. Dans certaines régions, le bolchévisme a commencé à gagner du terrain. Les juifs et les quelques fonctionnaires magyars réclamaient à Prague l'occupation militaire. Le gouvernement ne pouvait envoyer qu'un petit nombre de soldats et de gendarmes chargés d'établir l'ordre en Slovaquie, et d'empêcher tous les actes de violence contre les autorités hongroises et contre les juifs. A ce moment, les Slovaques ont commencé à manifester leur joie d'être délivrés du joug magyar, et à proclamer avec enthousiasme leur adhésion à la république tchécoslovaque. Ce mouvement a effrayé les Magyars qui, après avoir constaté l'insuffisance des forces armées envoyées des pays tchèques en Slovaquie, ont organisé des bandes de déserteurs et de jeunes gens qui, armés de grenades et de mitrailleuses, commandés par des officiers magyars, et dis-

posant d'un train blindé, ont entrepris une campagne contre la population sans défense suffisante, massacrant des femmes et des hommes sans armes. Sur de nouvelles insistances des Slovaques, le gouvernement de Prague a envoyé des détachements plus nombreux en Slovaquie. Les hordes magyares se sont immédiatement retirées en évitant de livrer combat. L'intervention des représentants des armées de l'Entente a définitivement rétabli l'ordre.

Une ligne de démarcation a été fixée sous la direction du général italien Piccione, commandant les légions tchécoslovaques venues d'Italie qui ont accompli l'occupation définitive de la Hongrie. Ce n'est que depuis ce moment que la Slovaquie peut respirer librement. Même dans ce cas, le gouvernement tchécoslovaque est intervenu uniquement pour assurer la protection contre la violence, et n'a procédé à une occupation militaire que sous la direction des grandes puissances alliées.

Vladimir Slavîk.

MÉMOIRES ET DOCUMENTS

Adresse

de l'Assemblée Nationale de la République tchécoslovaque à monsieur Ernest Denis.

Parlant au nom du Peuple libéré, V Assemblée nationale de la République tchécoslovaque, solennellement proclamée le 14 novembre 1918, s'empresse de vous annoncer joyeusement que dès la première séance, votre nom, qui nous est si cher à tous, a retenti parmi nous. Nous nous souvenons en le bénissant du moment heureux ou, au mois de novembre 1872, la destinée a guidé vos pas vers Prague, et où l'histoire de la Bohême et particulièrement celle de la réformation de Jean Hus, ont pénétré votre cœur pour le remplir d'amour du peuple de Jean Hus, du peuple de l'Unité des Frères bohèmes, d'un amour qui ne devait plus s'éteindre dans vore âme. Mais ce n'est pas seulement notre passé qui vous attirait pendant les trois ans de séjour parmi les Tchèques, à côté de Palacky et de ses collaborateurs; lors de vos visites suivantes dans notre pays, vous avez appris à bien connaître les qualités de notre peuple opprimé, et vous avez compati à ses souffrances. Vous n'êtes pas resté indifférent entre les bourreaux et les martyrs; vous avez toujours eu foi en Ut victoire de la justice; voilà pourquoi vous vous êtes attaché à la cause tchèque. Le peuple tchèque a prononcé votre nom avec respect et reconnaissance dès le jour où il a connu votre premier ouvrage sur Jean Hus et sur les guerres hussites, c'est-à-dire sur les sujets qui nous sont les plus chers. Vos grands ouvrages qui ont suivi, La fin de l'Indépendance bohème et La

Bohême depuis la Montagne Blanche, ont rempli les cœurs tchèques d'un sincère amour et d'un tendre dévouement pour vous.

La nation tchèque comprenait avec reconnaissance que vous avez non seulement dépeint les destinées de notre peuple jusqu'à nos jours, d'une manière scientifique et géniale, mais que vous les avez remplies d'un esprit libéral, que vous les avez animées aussi bien d'idées prophétiques que d'amour pour notre peuple. Personne ne pouvait être plus qualifié pour cette tâche que le fils du peuple français, qui se fait et se fera toujours gloire d'avoir constamment été parmi les peuples un ardent apôtre et un chevaleresque champion de la justice et de l'humanité; que l'historien d'un peuple libre qui n'a jamais cherché à éviter l'écueil de la vérité; que l'héritier des braves huguenots; et que le républicain convaincu que vous êtes. Vous avez écrit l'histoire des siècles beaux et néfastes pour nous, pour qu'elle soit pour notre peuple comme un miroir dans lequel il reconnaîtra ses qualités et ses défauts, sa force et les racines de sa faiblesse, qui lui révélera l'image de son vrai esprit, tel qu'il apparaissait à vos yeux lucides d'observateur lointain et impartial. Nos historiens, après Palacky, n'auraient pu oser une œuvre si audacieuse sans risquer de se livrer aux mains du bourreau. Vous avez dépeint les anciens héros tchèques de l'esprit et du glaive qui, sans défaillance, ont toujours été prêts à se sacrifier pour la liberté, pour la foi, et pour les autres idéals de l'humanité; mais qui, dans les œuvres de ceux qui nous haïssaient, avaient été entourés d'obscurité, pour que le peuple tchèque ne reconnût pas les siens; vous avez dépeint les époques glorieuses de notre passé, lequel par les écoles et par des mesures gouvernementales avait été défiguré, afin qu'il apparût aux descendants comme une erreur et comme une méprise néfaste qu'ils n'avaient qu'à renier. Vous avez appris à notre peuple à avoir confiance en lui-même, car vous nous inculquiez la conviction

que même un peuple numériquement faible peut être grand parmi les peuples, quand il a servi les grandes idées de V humanité. Vous avez ainsi fortifié le cœur angoissé des Tchèques dans leur patrie et à V étranger; vous avez acquis à notre peuple les sympathies de vos compatriotes et du monde civilisé en général. Vous avez travaillé pour nous quand nous étions dans les fers et privés de la possibilité de parler.

Si, jusqu'à cette guerre terrible vos œuvres étaient la propriété plutôt des classes intellectuelles, pendant cette guerre, elles se sont répandues dans les maisons des ouvriers et des artisans des villes et dans celles des paysans de nos villages. Notre peuple entier les lisait pieusemen, comme des livres sacrés. Et c'est en prières que se transformaient vos prophéties sur les disciples de Comenius, qui sauront, s'il le faut, devenir de nouveau des guerriers de Ëizka, et sur les peuples occidentaux qui ne veulent pas s'incliner devant la force brutale et réclameront pour tous les peuples, et par conséquent aussi pour le peuple tchèque, le droit de disposer d'eux-mêmes. Jamais peut-être ne s'est accomplie si fidèlement la parole qui dit que l'historien a le droit de juger de l'avenir d'un peuple en se basant sur son passé. Aucune prophétie relative à la nation tchécoslovaque ne s'est accomplie si bien que votre espoir qui entrevoyait notre avenir et que votre fervente conviction que nous, Tchèques, serons un jour libres. Plus la balance de la justice s'inclinait inévitablement vers l'Entente et pour notre bonheur, plus ardemment notre cœur battait pour vous qui nous aviez annoncé le soleil de la liberté, pour vous qui aviez écrit l'hymne de notre Victoire.

Aussitôt que la guerre a éclaté, vous avez mis vos forces et votre génie au service de notre peuple en ce moment des plus graves. Nous avons été extrêmement heureux lorsque, par-dessus les gardes-frontières autrichiens, nous avons entendu votre voix. Nous avons appris avec quel succès vous avez facilité les rapports

de nos émigrés avec le Gouvernement français. Pendant la nuit, portes bien closes, nous lisions dans la revue La Nation tchèque que vous avez généreusement fondée pour nous, vos véhémentes protestations contre V Autriche pestilentielle et contre son indigne dynastie des Habsbourgs. Avec une compréhension profonde, vous avez, par votre ouvrage Les Slovaques, ouvert les yeux aux peuples de l'Entente sur la question slovaque. Pour les souffrances de ces Slovaques, vous avez trouvé des paroles aussi éloquentes que pour prouver qu'ils ne sont qu'une branche de la famille tchèque séparée depuis des siècles du corps de la Nation. Nous savions que depuis longtemps vous rassembliez autour de vous des élèves slovaques et que vous vous intéressiez aux Slovaques dans la même mesure qu'à tous les peuples Slaves. Néanmoins nous avons accueilli votre ouvrage sur les Slovaques avec une double joie parce que nous savions très bien que les Magyars faisaient à ce moment des tentatives suprêmes pour tromper le public européen au moyen même d'un journal écrit en français. Le peuple Tchèque libéré, à qui vous avez mis sous les yeux La fin de l'Indépendance bohème, mais que vous avez en même temps aidé à accomplir la Renaissance de l'Indépendance bohème, tient par conséquent à son devoir d'exprimer, dès les premières heures de sa liberté, au premier de nos amis, de nos maîtres et de nos collaborateurs à l'étranger, ses remerciements infinis pour toute l'affection qu'il porte à notre peuple et pour l'œuvre de toute une existence, que vous avez accomplie pour nous.

Si jadis vous avez écrit que c'est un plaisir pour vous de travailler pour notre nation, veuillez accepter, au nom de tout notre peuple, l'assurance qu'aux heures de ses plus dures souffrances, ce furent pour notre nation des délices, du bonheur et de la joie que de marcher à la lumière de vos œuvres et de se fortifier à leur source fraîche. Voilà pourquoi, aux premiers jours de notre bonheur, nous nous empressons de vous expri-

mer V amour de toute la nation, hommes, femmes, vieillards et jeunes gens, voilà pourquoi nous nous inclinons respectueusement devant vous et vous souhaitons de vivre longtemps en bonne santé et en pleine force, pour que nous puissions par des actes accomplis dans notre libre République sous votre judicieux regard, prouver que nous n'étions pas indignes de votre travail et de votre amour.

Echange des félicitations entre le Président Masaryk

et les Souverains alliés à l'occasion

du Jour de l'An.

Au Président Poincaré :

Monsieur le Président,

Au nom du gouvernement et du peuple tchécoslovaque, je m'empresse de vous saluer au seuil de la première nouvelle année, où notre jeune et libre République prend part au travail des nations libres. Nous sommes heureux de constater que ce fut la France qui ait compris la première l'importance de notre question pour la réédificaiton de l'Europe sur les bases de la démocratie et de la justice, que ce fut la France qui, la première, nous ait offert l'occasion de donner sur les champs de bataille la mesure de notre résolution politique. Je vous prie, monsieur le Président, de vouloir bien interpréter, en cet heureux Jour de l'an, aux citoyens de votre immortelle République, les sentiments de fidèle amitié du peuple tchécoslovaque. Ce sont, d'ailleurs, des sentiments anciens qui viennent d'être resserrés et scellés par la fraternité d'armes et par le sang versé dans cette guerre pour les idéals communs sur les mêmes champs d'honneur.

Au Président Wilson :

Le premier jour de la nouvelle année, dans laquelle, après une longue durée de ténèbres de la guerre, la lumière de la liberté et de la paix commence à poindre sur l'Europe et sur le

monde, je me permets de vous saluer, monsieur le Président, en mon nom et au nom de mon peuple de la capitale libre de la libre République tchécoslovaque. Notre nation n'oubliera jamais que c'est vous-même, monsieur le Président, qui, par votre compréhension nette de la liberté et de la justice, amenâtes la dislocation de la combinaison immorale des États nommés jadis Autriche-Hongrie et que c'est vous qui, par votre ferme décision en faveur de nos droits au moment le plus critique, avez facilité la révolution qui nous a apporté notre indépendance nationale. Nous saluons en vous l'interprète des idéals politiques de la grande République américaine et de ces idéals pour lesquels l'Amérique a lutté et vaincu, ces idéals sont aussi les idéals de notre nation, et ils trouveront toujours dans la libre République tchécoslovaque un défenseur enthousiaste.

Au premier ministre Lloyd George :

Monsieur,

Le premier jour de cette nouvelle année, dont l'importance pour notre libre République tchécoslovaque consistera dans l'organisation et dans l'affermissement des institutions démocratiques de l'Europe centrale, je vous envoie l'expression du dévouement et de la gratitude de notre nation envers votre nation et votre gouvernement qui a si généreusement reconnu notre droit à l'indépendance et dont la déclaration énergique a contribué à la dislocation d'un empire qui empêchait tout progrès de la démocratie et qui, s' étant fait l'instrument des desseins pangermaniques, est devenu une menace pour l'humanité et la civilisation. Nous souhaitons tous que ce nouvel an soit le commencement d'une ère de paix permanente. L'amitié de la Grande-Bretagne, renforcée par la fraternité d'armes que cette guerre a provoquée facilitera à notre nation de contribuer effectivement à la réorganisation démocratique de l'Europe Centrale.

A S. M. Roi d'Italie :

Sire,

De retour dans la République tchécoslovaque unifiée, je saisis avec empressement l'occasion du jour de l'an pour saluer la libre

Italie unifiée, à laquelle nous unissent des liens d'amitié d'idée et d'amitié sanctionnée par la lutte commune, dans le duel où succomba notre ancien ennemi commun l' Autriche-Hongrie. Nous sommes profondément reconnaissants à l'Italie de nous avoir offert si noblement son assistance et de nous avoir appuyés dans la mise sur pied qui nous aida à reconquérir notre liberté. Je suis certain que Votre Majesté formule avec nous le vœu que, dans cette année qui pointe à l'horizon, l'amitié de nos deux nations puise être resserrée et consolidée.

Au Prince Alexandre de Serbie :

Altesse,

L'année qui commence sera, pour nos deux nations une occasion de reconstruire et de créer l'amitié du peuple tchécoslovaque pour le peuple yougoslave, basée sur les origines et les idéals communs. La Serbie traversa de rudes épreuves dans la guerre d'hier. D'autres épreuves, non moindres que les premières l'attendent encore dans la période qui s'ouvre. Notre nation sera heureuse de travailler dans le domaine cultuel et économique avec ses frères yougoslaves.

Au Roi des Belges :

Sire,

Au bout de quatre ans de luttes héroïques, voici la Belgique redevenue libre. Permettez que je présente, à Votre Majesté, au seuil de cette nouvelle année, mes félicitations au sujet de la victoire et de la libération de la Belgique ressuscitée. Nous éprouvons de vives sympathies et un grand dévouement pour la virile Belgique qui a fourni au monde un brillant exemple que le droit des petits États et des petites nations n'a pas à trembler devant la domination de la force brutale. C'est de cet exemple que toutes les nations libérées doivent une éternelle reconnaissance à la Belgique.

Au Roi de Roumanie :

Sire,

Permettez-moi à l'occasion du jour de l'an, de me faire l'interprète de l'amitié du peuple tchécoslovaque auprès du peuple roumain. Nous espérons que la coopération, dont les premières bases solides furent jetées et cimentées par les mêmes souffrances et le sang versé sur les plaines de la Dobroudja, va être approfondie et fortifiée.

Au Roi de Grèee :

Sire,

Le premier jour de cette nouvelle année de paix et de triomphe, je me permets de saluer Votre Majesté, tout en la priant de vouloir interpréter l'amitié de la nation tchécoslovaque libérée à la nation grecque. Bien qu'éloignée et par l'histoire et par la situation géographique de nos pays respectifs, nous avons combattu dans cette guerre côte à côte, du même côté du droit, pour les idéals qui se retrouvent dans notre histoire. Le vif désir de la nation tchécoslovaque est que cette coopération et cette amitié engendrées dans cette guerre, se perpétuent et se coksolident à l'avenir.

Le Président Wilson au Président Masaryk.

Cher Monsieur le Président,

Votre télégramme du 2 janvier m'est parvenu retardé dans sa transmission. Il m'a fait éprouver la joie la plus vive. C'est pour moi la plus profonde satisfaction que le peuple tchécoslovaque reconnaisse en moi son ami et le champion de ses droits et je le prie de croire que je serai toujours heureux de le servir. J'espère que vous voudrez bien me faire savoir de temps en temps quel service de cause ou d'action je pourrai lui rendre. Je me réjouis de son établissement et je souhaite son ardente prospérité.

Paris, le 10 janvier.

Signé: WOODROW WILSON.

Lloyd George au Président de la République Tchécoslovaque Masaryk.

Je remercie cordialement Son Excellence pour ses bons vœux de Nouvelle Année auxquels toute la nation rend la réciproque. En félicitant le peuple tchécoslovaque de l'inauguration de sa République, j'espère et souhaite que l'année qui vient fortifiera les liens de sympathie et d'amitié entre la République Tchécoslovaque et l'Empire Britannique.

Signé: LLOYD GEORGE.

Le Roi d'Italie au Président de la République Tchécoslovaque.

Le roi d'Italie a envoyé au Président de la République Tchécoslovaque la dépêche suivante:

« Rome, Quirinal, 6 janvier 1919.

« Heureux de vous savoir de retour dans votre pays libéré, je remercie Votre Excellence de son télégramme et je vous prie d'agréer mes vœux les plus sincères pour l'accomplissement des aspirations nationales du peuple tchécoslovaque et pour le raffermissement des liens d'amitié qui unissent la nation italienne à la nation tchécoslovaque.

Page 1